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Dix mille ans enveloppant un caillou (Anne de Staël)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019




    
Dix mille ans enveloppant un caillou
Ne le recouvrent pas
la seconde est coup de pierre
Sa paume : la terre
De dos à la face du mot

Le caillou
L’ouvrir : être ce dont il est le centre
la fêlure, le filin
Éclair muet

(Anne de Staël)

Recueil: Le cahier océanique
Traduction:
Editions: La lettre volée

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LES TRAQUÉS (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



LES TRAQUÉS
(fragment)

Où sommes-nous sur le dos du monde ?
Nous avons tant roulé
d’un sabord sur l’autre
et piqué du nez dans l’embrun
que les méridiens sont brisés.

Le froid du vent ne trouve plus d’obstacle
sur le spardeck nu
c’est un torrent d’herbes mouillées qui dévale.

De la nuit, rien ne naît que ce filin
qui tombe dans ma main durcie.
On entend, comme d’un cachot, rôder la vie
et la Vie c’est la mer façonnant nos destins.

Le vie c’est aussi ce filin dans ma main
ce filin rude et froid qui vient d’en haut
du ciel peut-être
et qui vibre dans ma main.

Je le tirais á moi lorsque j’étais enfant
et la cloche éclatait d’orgueil !
Puis la nuit se peuplait d’étoiles vagabondes
qui glissaient en cercle vers moi
et l’église emmurait alors la voie lactée.

Si je tirais la cloche
dans ce vent d’herbes mouillées
viendraient-ils les vieux de mon village
sur la mer illimitée ?

Si j’éveillais le bruit des heures sur nos têtes
l’église de la nuit serait-elle assez grande
pour accueillir tous ces errants que j’ai perdus ?

Mais les heures ne sont plus saluées par des cloches
dans les sillons de nuit la guerre nous a vidés
loin des villages
loin des étoiles qui vagabondent.

Le vent nous reste, avec la mer, avec la nuit,
près de la Mort qu’il faut servir.

La cloche des heures ne sonne plus
mais les glas sont infinis

(Pierre Béarn)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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LE SIGNE (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
LE SIGNE

Signe, étoile au creux de ma main
Que je cache et que je retiens.
Pour quelle profonde aventure
Quel navire diriges-tu?
Verrai-je un jour son équipage
Et toucherai-je ses cordages?
Donnez-moi vite ces hublots
Pour que j’y passe un peu la tête,
Timon, filins et matelots,
Tout ce qu’il faut dans la tempête
Aveugle étoile, chaude et douce,
Par un clin d’oeil ou quelque mousse
Descendu d’un mât dans les nues
Réponds-moi que tu m’as compris,
Étoile, larcin que je fis
Un jour, au plus fort du sommeil,
Aux nuits mangeuses de soleil.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES LIGNES DE NOS MAINS (Bernard Dadié)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2015



mains

LES LIGNES DE NOS MAINS

Les lignes de nos mains
ni Jaunes
ni Noires
ni Blanches
Ne sont point des frontières
des fossés entre nos villages
des filins pour lier les faisceaux de rancoeurs.

Les lignes de nos mains
sont des lignes de vie,
de Destin
de Coeur
d’Amour,
de douces chaînes qui nous lient les uns aux autres
les vivants aux morts.

Les lignes de nos mains
ni blanches
ni noires
ni jaunes,
Les lignes de nos mains
Unissent les bouquets de nos rêves.

(Bernard Dadié)

 

 

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LA MER (Henry Jacques)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015



LA MER

Poètes de tous poils dont les pieds ont des bottes,
Dont l’aile est repliée au mitan des capotes,
Par ce que nous savons, par ce que nous aimons,
Par le vent et le sel qui brûlent nos poumons,
Par les hivers du Cap tatouant nos mains bleues,
Les torrides soleils où flambent nos cheveux,
Par l’espace cabré que domptent les filins,
Par les bois et le fer, par le chanvre et le lin,
Nous chanterons d’instinct, toute âme, toute chair,
N’importe la musique et n’importe le vers ;
LA MER !

(Henry Jacques)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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