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Poésie

Posts Tagged ‘fille’

Le monde prolongé (Miroslav Krleža)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022




    
Le monde prolongé

Un moine de Zagorje que le vin fait pleurer
et la fille de serf aux seins durs comme des coings

d’où viennent les martyrs au corps marbré de bleu
et pourquoi le soleil si soudain il décline ?

Il neige pour nos luges dans le brouillard
sanglant le monde est mort ô mon amour de noir ennui

— pourtant d’un seul éclat de rire
il fait savoir qu’il est là.

***

 

(Miroslav Krleža)

Traduction d’Alain Borer

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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LIBERTÉ (Robert Gelis)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022



Illustration
    
LIBERTÉ

Elle est blonde
Parfois brune
Fille du monde
Soeur de la lune
Ses yeux tombés du ciel
Sont pleins d’étoiles et de miel
C’est un oiseau sauvage
Échappé de sa cage
Une abeille une fleur
Une source un bijou

Mais au bord de ses joues
Une trace de pleur
Abîme sa beauté
Elle se nomme LIBERTÉ

(Robert Gelis)

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La terre les porte (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022


L’abrupt des consciences
tout le jeu des atomes
les yeux du pain
ceux de la pierre face au silence
l’étreinte des mains de chair et d’os
les aréoles de seins
d’une fille qui s’isole au bord de la mer
la terre les porte.

(Jean Follain)

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Difficile (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2022



 

 

La fille savait
Ou ne savait pas que son corps

Etait de la nature
Du tissu des pétales.

Toi tu le savais
Tellement

Que c’était difficile
De ne pas le crier.

(Jean Follain)

Illustration: Alexandre Nedzvetskaya

 

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Une jeune fille (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2022




Une jeune fille dans la chambre blonde
grandit atrocement belle

(Jean Follain)

Illustration: Andrzej Malinowski

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j’aimerais éclaircir avec toi quelques points (Guillaume Marie)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2022




    
j’aimerais éclaircir avec toi
quelques points

qui es-tu
quelle est ta position préférée

et autres détails
prenons rendez-vous

quelle est la fréquence
de tes rapports

as-tu une photo de toi
sous la douche

fixons un moment
dans nos agendas

comment tu t’appelles
aimes-tu le risotto

c’est important
mardi je ne peux pas

connais-tu la bible
as-tu déjà nagé

dans une mer
jeudi non je vois Yves

tu fais du combien
es-tu un garçon

ou une fille
accessoirement

ne réponds pas
maintenant

as-tu tous tes doigts
je m’interroge

quelle est la distance
de la terre à la lune

je me suis toujours demandé
ce soir non je suis fatigué

manges-tu du poisson
d’élevage

note les questions
s’il-te-plaît

la semaine prochaine
je suis pris

es-tu ok avec le tutoiement
tu me diras

on le fait
ou pas

deux fois deux moins
trois ne réponds pas

dans un bar ça me va
si tu aimes le café

cinq moins trois plus douze
fois deux

couleur des cheveux
taille des pieds

films préférés de zéro à cinq
jeudi oui mais alors pas le soir

je pourrais me libérer
dis-moi

(Guillaume Marie)

Recueil: Le désir en nous comme un défi au monde 84 Poètes d’aujourd’hui
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Le sable enflammé (Kazushi Hashioka)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2022



Illustration 
    

Le sable enflammé
Et si les os de ma fille
se trouvaient dedans?

(Kazushi Hashioka)

Recueil: L’insurrection poétique Manifeste pour vivre ici
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Voilà (Barbara Pravi)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2022




    
Voilà

Écoutez moi
Moi la chanteuse à demi
Parlez de moi
À vos amours, à vos amis
Parler leur de cette fille aux yeux noirs et de son rêve fou
Moi c’que j’veux c’est écrire des histoires qui arrivent jusqu’à vous
C’est tout

Voilà, voilà, voilà, voilà qui je suis
Me voilà même si mise à nue j’ai peur, oui
Me voilà dans le bruit et dans le silence

Regardez moi, ou du moins ce qu’il en reste
Regardez moi, avant que je me déteste
Quoi vous dire, que les lèvres d’une autre ne vous diront pas
C’est peu de chose mais moi tout ce que j’ai je le dépose là, voilà

Voilà, voilà, voilà, voilà qui je suis
Me voilà même si mise à nue c’est fini
C’est ma gueule c’est mon cri, me voilà tant pis
Voilà, voilà, voilà, voilà juste ici
Moi mon rêve mon envie, comme j’en crève comme j’en ris
Me voilà dans le bruit et dans le silence

Ne partez pas, j’vous en supplie restez longtemps
Ça m’sauvera peut-être pas, non
Mais faire sans vous j’sais pas comment
Aimez moi comme on aime un ami qui s’en va pour toujours
J’veux qu’on m’aime parce que moi je sais pas bien aimer mes contours

Voilà, voilà, voilà, voilà qui je suis
Me voilà même si mise à nue c’est fini
Me voilà dans le bruit et dans la fureur aussi
Regardez moi enfin et mes yeux et mes mains
Tout c’que j’ai est ici, c’est ma gueule c’est mon cri
Me voilà, me voilà, me voilà
Voilà, voilà, voilà, voilà
Voilà

(Barbara Pravi)

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Madame (Briceida Cuevas Cob)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2022



Illustration: Eugène Prévost-Messemin

    
Madame,

tes seins sont deux filles qui jouent
à se frapper quand tu laves ton linge
L’arc-en-ciel de ton regard est tendu dans l’écume
Qui te verrait soutiendrait que tu ne souffres pas
Il ne saurait pas qu’au pied de ton bac à lessive
s’entasse une partie de ton histoire
Le sifflement que tu entonnes
est le fil sur lequel tu accroches ta fatigue
Le vent est un gamin moqueur
qui tire et tend ton linge
Sur les arbres de l’orient
le soleil est un nouveau-né
qui répand ses larmes tièdes et jaunes

(Briceida Cuevas Cob)

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Depuis combien de temps (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2022




    
Depuis combien de temps
sa main
n’a-t-elle pas touché une autre main ?

[…]

Aujourd’hui,
il aimerait
que sa main approche le tissu
qui enveloppe le corps
de la fille qui marche.

Il la suit.

Au village,
quand le soleil dessinait son ombre devant lui,
il s’arrêtait.
Il caressait sa propre ombre.
Pour qu’elle ne le quitte pas.

L’ombre d’un homme,
c’est précieux.
Ça dit à l’homme
qu’il existe sur la terre.

(Jeanne Benameur)

L’exil n’a pas d’ombre 2019

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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