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Poésie

Posts Tagged ‘film’

Hasard (Patrice Blanc)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



Illustration    
    
Hasard

des pluies de sang

au creux de l’oubli
au bout de l’angoisse
le hasard ne brille pas

tu es déshabillée
lumineuse et heureuse
je te prends par le cou
pour mieux sentir tes vaisseaux
ta texture de vie
tes humeurs
tes tissus

des pluies de sang
dans un corps à corps

le hasard est un film …

(Patrice Blanc)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: De sang, de nerfs et d’os
Traduction:
Editions: du Contentieux

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Je me souviens des films (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018




   
Je me souviens des films avec le chien Rin-Tin-Tin,
et aussi de ceux avec Shirley Temple,
et aussi des poésies de Minou Drouet.

(Georges Perec)

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

   

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Films (Célie Diaquoi-Deslandes)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018


 


 

W2054C3

Films

Matin. Ciel bleu. Nuages légers.
La montagne. Les arbres. Les fleurs.
Le soleil derrière la montagne.
Le parc.
Les bancs. La balançoire.
Les enfants avec leurs bonnes.
Le jardinier costaud, vif, bel homme.
Les jeunes filles en mini-jupes.
Les jeunes femmes les admirent.
Les vieilles femmes le regard oblique.
La rue.
Les autos foisonnent. Les coussins sont brûlants.
Les klaxons s’énervent.
Le pavé s’amollit sous la chaleur.
Les cyclistes imprudents. Les signaux lumineux.
Les piétons marchent à grands pas.
Les jeunes filles sont très jolies.
Les jeunes femmes élégantes.
Les vieilles femmes vont lentement.
Le policier avec ses lunettes noires.
Les magasins luxueux.
Les enfants avec leurs mamans.
Les jouets qu’ils réclament.
La radio des restaurants.
Les jeunes filles à l’allure désinvolte.
Les jeunes femmes souriantes.
Les vieilles femmes soucieuses.
L’église.
Les fidèles prient. L’autel au fond de l’église.
L’harmonium de l’église à gauche.
Les statues à droite.
Les jeunes filles qui s’exhibent.
Les jeunes femmes qui s’agenouillent.
Les femmes qui prient, prient fort.
L’atmosphère de piété.
L’heure du retour.
Les provisions pour le dîner.
L’heure du dîner. Les plats succulents.
Les jeunes filles qui mangent peu.
Les jeunes femmes qui mangent bien.
Les vieilles femmes qui mangent trop.
La conversation qui s’anime.
L’après-midi frais et gai.
La glace au chocolat.
La musique au salon.
Les jeunes filles se déhanchent.
Les jeunes femmes balancent mollement les hanches.
Les vieilles femmes chuchotent, chuchotent.

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration: Gifford Beal

 

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Je m’aperçois que je me suis laissé partout (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
Je m’aperçois que je me suis laissé
Partout où je suis passé depuis que je suis né
Et je traîne derrière moi un film déjà bien long
Alors si nous achetions une ombrelle japonaise
Nous venons de l’ouvrir en arrivant
La joie qui a jailli de ses violets
A repoussé les six parois de la chambre
Comprenez-vous maintenant pourquoi le monde est plus grand l’été

(Pierre Albert-Birot)

 

Recueil: Poèmes à l’autre moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire
Editions: Gallimard

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De l’extérieur (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



De l’extérieur

Vendredi. La séance au Fox
resplendit de gens comme il faut.
Mais moi je reste à l’extérieur.
C’est que l’argent me fait défaut.

Rien qu’aujourd’hui? ou la semaine?
Le mois entier? J’ai échangé
mes livres pour quelques billets:
c’étaient les doigts, non les anneaux.

Mais pas assez pour voir le film
de Theda Bara l’ophidienne.
Qu’importe le film? L’important
c’est la ciguë de cet instant.

La donzelle de mes pensers
mais qui à moi pense si peu,
surgit, camélia souriant.
Moi, je joue à l’indifférent.

Entre, nuage coloré,
entre, musique faite corps.
À peine me sait-elle ici,
raide, maigre, droit comme un I.

Elle ne me voit, ni ne me
verra. Chaque soyeux pétale
de son ensemble naturel
me fait délicieusement mal.

Ça n’a aucun sens, ou bien trop,
d’attendre deux heures durant
qu’elle sorte du cinéma
comme un poème sort de moi.

Tortueuse leçon, j’apprends
à jouir de la douleur des choses.
Ce qu’elle a vu, intrigue, écran,
ne vaut ce à quoi je m’amuse,

le jeu lancinant qui consiste
à penser en vain à ma dame,
de l’extérieur, de ce côté
qui demeurera du passé

et qui vit encore: pouvoir
de sentir, plus que le vécu,
ce qui pouvait avoir été,
ce qui est, sans être jamais.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Pendant la guerre (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016



 

Pendant la guerre
(la mondiale)
nous vivions. Déjà.

On colore de vieux films d’elle

mais l’odeur des ruines
on ne peut la représenter
suffocante.

Mais la faim ne crie pas aux entrailles du spectateur.

C’est comme l’histoire d’une antiquité très ancienne
Qu’un érudit raconterait
à des gens dont le corps, le corps n’est pas
ne peut pas être
de la partie.

(Marie-Claire Bancquart)

 

 

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Regardez le vide (Patrice Delbourg)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2016



regardez le vide
qui danse sur le fil
de nos vies saltimbanques
la ligne de soif de tant d’iris mortes
nul ne reviendra jamais de cet obscur vertige
regardez la vigie mascarade
qui gigote sous le film
de nos mémoires anthropophages
nul ne pourra
longtemps encore se tenir debout
arc-bouté contre le tsunami de l’enfance

(Patrice Delbourg)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

 

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Il est faux de penser (Jim Morrison)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2016



Il est faux de penser que l’art ait besoin d’un spectateur pour exister.
Le film continue même sans les yeux.
Le spectateur ne peut exister sans le film.
Qui assure son existence.

(Jim Morrison)

Illustration: René Magritte

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Poésie…Sylvestre et autres…

Posted by arbrealettres sur 19 février 2016


***

Bon l’original est quand même mieux!

***

Quelques autres « machines » « inutiles »!

***

Emotion

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Terra Cognita (Paul Henri Lezac)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2015


vieil homme banc
Sous le ciel les nuages
Sous les nuages un arbre
Sous l’arbre un banc
Sur le banc
Un vieil homme
Et
Sur le banc le vieil homme
Se rejoue
Le film de sa vie.
Et
Sous le ciel
Sous les nuages
Sous l’arbre
Sous le banc
Sous les pieds du vieil homme
La terre
Où le vieil homme
Se fondra bientôt

(Paul Henri Lezac)

Textes de Prisonniers: lecercledespoetesdetenus

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