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Poésie

Posts Tagged ‘fin’

L’usine (Leslie Kaplan)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2021



Illustration: Ernest Zobole
    
L’usine, la grande usine univers, celle qui respire pour vous.
Il n’y a pas d’autre air que ce qu’elle pompe, rejette.
On est dedans.

Tout l’espace est occupé : tout est devenu déchet.
La peau, les dents, le regard.

On circule entre des parois informes.
On croise des gens, des sandwichs, des bouteilles de coca,
des instruments, du papier, des caisses, des vis.
On bouge indéfiniment, sans temps.
Ni début, ni fin. Les choses existent ensemble, simultanées.

A l’intérieur de l’usine, on fait sans arrêt.

On est dedans, dans la grande usine univers,
celle qui respire pour vous.

(Leslie Kaplan)

 

Recueil: L’excès – l’usine
Traduction:
Editions: Hachette

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Notre canari s’est échappé (Shiki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

Notre canari s’est échappé
la journée de printemps
touche à sa fin

(Shiki)

Illustration: Hokusaï

 

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LE JOUR DE L’ANNONCIATION A PASSÉ (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021




    
LE JOUR DE L’ANNONCIATION A PASSÉ

À vue de corbeau
le quartier est d’un blanc indécent
à la fin de juin.
Une femme arrose les fleurs et regarde
de loin les reflets noirs et aveuglants
de l’oiseau dans la cage
qu’un enfant accroche sur le balcon d’en face.
Un jour l’enfant va oublier
de fermer la porte de la cage.
Un jour la femme va traverser
l’unique mur de verre de sa boîte en béton
et ils vont se rencontrer dans l’infini
de cinq mètres entre les immeubles :
quand quelqu’un se jette dans le vide
Dieu construit un pont pour lui,
lance une échelle
ou bien lui envoie un oiseau.

Mais peut-on sortir d’un paysage
gravé dans l’œil
d’un corbeau empaillé ?

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fin dernière (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



Fin dernière

Le ver
dans le fruit
La paille
dans le fer
La faille
sans bruit
Qui détruit
jour et nuit
La fin avec
des oiseaux noirs
Qui lardent
de coups de bec
Les ombres du soir
qui s’attardent.

(Jean-Baptiste Besnard)

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A la fin de l’histoire (dicton indien)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



A la fin de l’histoire, tout finit par s’arranger.
Si tout n’est pas arrangé,
c’est que ce n’est pas encore la fin

(dicton indien)

Illustration: Anna Lea Merritt

 

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gREVE GENERAIe (Ghérasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2021




    
— gREVE GENERAIe
sans fin
ni commencement.

(Ghérasim Luca)

 

Recueil: Ne pas détacher le vide du sol
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mon amour c’est ma bien-aimée adorée (Ghérasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2021



Illustration: Carole Cousseau

    

Mon amour c’est ma bien-aimée adorée
et ma bien-aimée est à adorer dans ma bien-aimée
et j’adore l’adorée, l’ardente, la toujours-adorée, la partout-odorante,
je l’adore, j’adore son odeur,
ce tout et ce non-tout éventés par ma bien-aimée partout et cette aimantation adorée
qui est son non-ventre adoré, adorant et amoureusement fabriqué en or fabriqué dans l’âge d’or fabriqué de mon Amour,
comme un grand vide troué dans un grand trou à vider jusqu’à la fin des âges.

(Ghérasim Luca)

 

Recueil: Ne pas détacher le vide du sol
Traduction:
Editions: Gallimard

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La musique seule (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2021




    
n°13

La musique seule
peut occuper le lieu de la pensée.
Ou son non-lieu,
son propre espace vide,
son vide plein.

La pensée est une autre musique.

Et la pensée seule
peut à son tour occuper le lieu de la musique
et s’infiltrer comme elle
à l’extrémité la plus lointaine de ce qui existe,
comme un presque animal si conséquemment fin
qu’il peut alors toucher jusqu’à ce point
où l’être cesse d’être l’être
pour être un peu plus que l’être.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Dixième poésie verticale
Traduction: François-Michel Durazzo
Editions: José Corti

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MIROIR (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Christiane Rabasse
    
MIROIR

L’évidence du blanc est aussi obscène
que l’été littoral de l’adolescence.
La chaux coagulée dans les bassins attire
les mouches que le soir n’effraie pas.
Avec un manche à balai, je les repousse
vers le fond, encore vivantes, et je les vois
disparaître dans la matière immaculée. Parfois,
lors de ces fins de journée, le vent se lève,
agite les branches des amandiers où
les fruits commencent à sécher; ici et là, les
feuilles voltigent. L’eau de la chaux acquiert
une transparence inattendue, et
un visage surgit dans son miroir : toi,
que le temps a emportée il y a longtemps, tu me regardes,
de nouveau, comme si tu n’avais jamais
cessé de le faire.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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JE CONTINUE (Jean-pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2021



Illustration: Flo DS
    
JE CONTINUE

L’air bleu fraîchit, les visages s’effacent
Au fin grésil. Mes pas brouillent leurs traces.
Tu regardes longtemps ton papier et tes mains
L’enfant que tu étais : moins qu’un rêve.
Alouette au miroir. Tu n’as pas faim.

Le marchand de tabac. Le quartier qui s’allume.
Hier j’ai passé ici, j’y passerai demain
Ô ma forme qui fuis en avant, qui m’échappes,
Tu te penches de plus en plus. Tout s’éteint.

(Jean-pierre Schlunegger)

 

Recueil: Je est un autre Anthologie des plus beaux poèmes sur l’étranger en soi
Traduction:
Editions: Seghers

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