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CHANSON POUR ELLE (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021


 


 

Carrie Vielle (12) [1280x768]

CHANSON POUR ELLE

Si ton corps était de fine dentelle
Je le broderais par les quatre bouts
Et puis m’en ferais des nappes si belles
Que nous mangerions l’amour à genoux

Si tes yeux étaient de vieilles étoiles
De celles qu’on voit mais qui ne sont plus
J’y regarderais derrière la toile
De ce grand tableau de bleu suspendu

Si tes cheveux fous étaient la misaine
Et que de ton coeur je fisse un bateau
Tout en remontant le cours de la Seine
Tu serais Paris et moi matelot

Si ton astre noir où je m’illumine
Était le calice et si j’étais Dieu
J’y boirais la Mort jusqu’à la racine
Et puis m’en irais refaire les cieux

Si les soleils morts des plaines célestes
Descendaient un jour dans ton corps éteint
Il luirait encore à tes seins modestes
Un peu de leur flamme un peu de ma faim

Un peu de leur flamme un peu de ma faim…

(Léo Ferré)

Illustration: Carrie Vielle

 

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UNE VIERGE (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021




UNE VIERGE

Non, non! Éloigne-toi de moi! Je l’ai laissée peu après.
Je ne souillerai pas mon fourreau avec une moindre clarté,
L’air qui m’entoure brille autrement désormais;
Ses épaules sont fines et pourtant elles m’ont dirigé
Et enveloppé comme dans une brume d’éther;
Comme dans un doux feuillage , ou une subtile blancheur.
Oh j’ai trouvé de la magie dans son contact
Pour m’envelopper à moitié de son enveloppe.
Non, non! Éloigne-toi de moi! J’ai encore son parfum
Doux comme le vent du printemps entre les bouleaux.
Vert comme les arbrisseaux d’avril,
Comme la blessure de l’hiver, dont elle étanche le sang,
Pareil à la teinte des arbres :
Blanche est leur écorce, blanche est ma Dame.

(Ezra Pound)

Illustration: Eliane Marque

 

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Retouche à l’été (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



 

Dao Hai Phong ha_do___dao_hai_phong_146_1_

retouche à l’été

des images à peau fine
fraîches et pleines de sucre
allaitent le silence
dans un paysage de vitres

(Daniel Boulanger)

Illustration: Dao Hai Phong

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Les yeux ouverts (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020


Quand les filles mangent
Loin d’elles on pense
A leur fines fourrures cachées
Aux doigts joints vers un visage
A l’eau qui sur le corps
Ruisselle, glace
Aux douces mains opérant
Une besogne fangeuse
A des bêtes mourant
Avec la vue
De leurs yeux larges ouverts.

(Jean Follain)

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Qui taillera cette vigne (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Alphonse Mucha Winter 1897 32x73cm panel [1280x768]

Qui taillera cette vigne
Au pâle soleil d’hiver ?
— Là-haut, passeront des cygnes ;
Là-bas, les blés seront verts —

S’il te regarde d’ici,
Il te verra frileuse et fine ;
Mais il aura d’autres soucis
Que ta fine beauté divine ;

Et nul autre, d’heures en heures,
Jour par jour, et saison par saison
— Que tu souries ou pleures
Au long de tes horizons —

Nul autre, attentif et grave,
Souriant et triste à la fois,
Ne suivra le geste suave
De ta lèvre qui chante à mi-voix.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Belle (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019




Belle

Belle,
pareil à l’eau qui sur la pierre fraîche
de la source
ouvre son grand éclair d’écume,
est ton sourire,
belle.

Belle,
aux fines mains, aux pieds déliés
comme un petit cheval d’argent,
fleur du monde, marchant,
je te vois moi,
belle.

Belle,
avec un nid de cuivre enchevêtré
clans la tête, un nid
d’une brune couleur de miel
où mon coeur brûle et se repose,
belle,

Belle,
aux yeux trop grands pour ton visage,
aux yeux trop grands pour la planète.
Il y a des pays, des fleuves
dans tes yeux,
ma patrie se tient dans tes yeux,
je vagabonde à travers eux,
ils donnent sa clarté au monde
partout où s’avancent mes pas,
belle.

Belle,
tes seins sont pareils à deux pains
– terre froment et lune d’or -,
belle.

Belle,
ta taille
mon bras l’a faite comme un fleuve
mille années parcourant la douceur de ta chair,
belle.

Belle,
rien n’a le charme de tes hanches,
la terre en quelque lieu caché
a peut-être, elle,
la courbe de ton corps et son parfum,
en quelque lieu peut-être,
belle.

Belle, ma belle,
ta voix, ta peau, tes ongles,
belle, ma belle,
ton être, ta clarté, ton ombre,
belle,
tout cela est mien, belle,
tout cela, mienne, m’appartient,
lorsque tu marches ou te reposes,
lorsque tu chantes ou que tu dors,
lorsque tu souffres ou que tu rêves,
toujours,
lorsque tu es proche ou lointaine,
toujours,
ma belle, tu es mienne,
toujours.

(Pablo Neruda)

Illustration: Jean Léon Gerome

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La fille aux cheveux de lin (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Lauri Blank -    (39)

La fille aux cheveux de lin

Sur la luzerne en fleur assise,
Qui chante dès le frais matin ?
C’est la fille aux cheveux de lin,
La belle aux lèvres de cerise.

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ta bouche a des couleurs divines,
Ma chère, et tente le baiser !
Sur l’herbe en fleur veux-tu causer,
Fille aux cils longs, aux boucles fines ?

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ne dis pas non, fille cruelle !
Ne dis pas oui ! J’entendrai mieux
Le long regard de tes grands yeux
Et ta lèvre rose, ô ma belle !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Adieu les daims, adieu les lièvres
Et les rouges perdrix ! Je veux
Baiser le lin de tes cheveux,
Presser la pourpre de tes lèvres !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: Lauri Blank

 

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La plus fine pointe de l’âme du silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018


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La plus fine pointe de l’âme du silence
comme une fenêtre ouverte aveuglée de soleil

(Michel Camus)

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L’été est plein de fibres (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



l’été est plein de
fibres
le soleil, grand luminaire
de raphia,
les oranges, dont tu
écartes les cloisons
de peau très fines…
plein de fibres, l’été,
d’herbes sédatives
que tu mâchonnes, appuyé
contre la maison…

(Katell Antoine)

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La plus fine pointe de l’âme (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



 

La plus fine pointe de l’âme
la conscience sans nom,
la conscience sans moi.

(Michel Camus)

Illustration

 

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