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Qui taillera cette vigne (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Alphonse Mucha Winter 1897 32x73cm panel [1280x768]

Qui taillera cette vigne
Au pâle soleil d’hiver ?
— Là-haut, passeront des cygnes ;
Là-bas, les blés seront verts —

S’il te regarde d’ici,
Il te verra frileuse et fine ;
Mais il aura d’autres soucis
Que ta fine beauté divine ;

Et nul autre, d’heures en heures,
Jour par jour, et saison par saison
— Que tu souries ou pleures
Au long de tes horizons —

Nul autre, attentif et grave,
Souriant et triste à la fois,
Ne suivra le geste suave
De ta lèvre qui chante à mi-voix.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Belle (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019




Belle

Belle,
pareil à l’eau qui sur la pierre fraîche
de la source
ouvre son grand éclair d’écume,
est ton sourire,
belle.

Belle,
aux fines mains, aux pieds déliés
comme un petit cheval d’argent,
fleur du monde, marchant,
je te vois moi,
belle.

Belle,
avec un nid de cuivre enchevêtré
clans la tête, un nid
d’une brune couleur de miel
où mon coeur brûle et se repose,
belle,

Belle,
aux yeux trop grands pour ton visage,
aux yeux trop grands pour la planète.
Il y a des pays, des fleuves
dans tes yeux,
ma patrie se tient dans tes yeux,
je vagabonde à travers eux,
ils donnent sa clarté au monde
partout où s’avancent mes pas,
belle.

Belle,
tes seins sont pareils à deux pains
– terre froment et lune d’or -,
belle.

Belle,
ta taille
mon bras l’a faite comme un fleuve
mille années parcourant la douceur de ta chair,
belle.

Belle,
rien n’a le charme de tes hanches,
la terre en quelque lieu caché
a peut-être, elle,
la courbe de ton corps et son parfum,
en quelque lieu peut-être,
belle.

Belle, ma belle,
ta voix, ta peau, tes ongles,
belle, ma belle,
ton être, ta clarté, ton ombre,
belle,
tout cela est mien, belle,
tout cela, mienne, m’appartient,
lorsque tu marches ou te reposes,
lorsque tu chantes ou que tu dors,
lorsque tu souffres ou que tu rêves,
toujours,
lorsque tu es proche ou lointaine,
toujours,
ma belle, tu es mienne,
toujours.

(Pablo Neruda)

Illustration: Jean Léon Gerome

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La fille aux cheveux de lin (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Lauri Blank -    (39)

La fille aux cheveux de lin

Sur la luzerne en fleur assise,
Qui chante dès le frais matin ?
C’est la fille aux cheveux de lin,
La belle aux lèvres de cerise.

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ta bouche a des couleurs divines,
Ma chère, et tente le baiser !
Sur l’herbe en fleur veux-tu causer,
Fille aux cils longs, aux boucles fines ?

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Ne dis pas non, fille cruelle !
Ne dis pas oui ! J’entendrai mieux
Le long regard de tes grands yeux
Et ta lèvre rose, ô ma belle !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

Adieu les daims, adieu les lièvres
Et les rouges perdrix ! Je veux
Baiser le lin de tes cheveux,
Presser la pourpre de tes lèvres !

L’amour, au clair soleil d’été,
Avec l’alouette a chanté.

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: Lauri Blank

 

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La plus fine pointe de l’âme du silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018


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La plus fine pointe de l’âme du silence
comme une fenêtre ouverte aveuglée de soleil

(Michel Camus)

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L’été est plein de fibres (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



l’été est plein de
fibres
le soleil, grand luminaire
de raphia,
les oranges, dont tu
écartes les cloisons
de peau très fines…
plein de fibres, l’été,
d’herbes sédatives
que tu mâchonnes, appuyé
contre la maison…

(Katell Antoine)

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La plus fine pointe de l’âme (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



 

La plus fine pointe de l’âme
la conscience sans nom,
la conscience sans moi.

(Michel Camus)

Illustration

 

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SAINTE CHAPELLE (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017




SAINTE CHAPELLE

Monte la plus fine
Taille de Paris
Robe de dauphine
Le dessin suffit
Le geste d’ondine
La reine des gris

Ami, disait Blanche
Qu’amour ne t’enivre
Sourire de l’ange
Qui lit dans le livre
Louis fait vendange
Les oiseaux sont ivres

Sainte libellule
Le roi peut entrer
Sans lampe qui brûle
Mon coeur est gardé
Dieu dans ma cellule
Ne fait que chanter.

(Henry Bauchau)

Illustration

 

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Les fines branches des saules pleureurs (Fumiko Araï)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2017



Les fines branches des saules pleureurs
se mêlent et se démêlent
sous le vent printanier

(Fumiko Araï)

Illustration: Claude Monet

 

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AUX CHOSES LENTES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




AUX CHOSES LENTES

Blasons, prenons le temps de vous bien déchiffrer
prenons le temps de tout compter
et de lire l’écriture fine
que modela la belle inconnue
un jour qu’elle était pâle et nue.
Dans un monde touffu se mêlent
les frissons de la maladie
les armes de la médisance
le visage du laboureur
l’éclat de l’amour inconnu
et les yeux bleus du travailleur
celui au front couvert de signes
s’appuyant au bras de sa fille
portant le poids de sa beauté
traquée à l’abri du corset
femme au regard rejoignant
la douceur d’une feuille qui tremble.

(Jean Follain)

Illustration

 

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LE PRINTEMPS DE ROSE (Yves Lisy)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2017




LE PRINTEMPS DE ROSE

La grâce d’une fleur et la saveur d’un fruit,
Cupidon modela l’amphore de ses hanches
Et lui peignit des yeux plus bleus que des pervenches.
Achevé son ouvrage, il se sauva sans bruit.

— Le petit dieu malin fit toujours bien les choses.
Depuis mille printemps il en rit, voyez-vous,
Il n’a pas oublié que les hommes sont fous
De se croire artisans de la beauté des roses —

Elle avait la peau blanche et sur son cou nacré,
Un veiné transparent de porcelaine fine.
Le temps qui hait la chair, qu’il griffe et qu’il ravine,
Pour épargner la sienne en fit un lieu sacré.

Ses cheveux déversaient les eaux de leur cascade,
Noyant sa fraîche joue et son joli sein rond.
Une mèche rebelle en travers de son front,
Aux caresses du vent tendait une embuscade.

Voilà comme était Rose au lit de ses amours !
Au gré de son humeur provocante ou pudique,
Nue elle s’étirait sur un tapis antique
Dont ses tendres amants torturaient le velours.

Combien furent séduits par la belle en son antre,
Grisés par ses parfums d’ambre et de patchouli ?
La paupière cernée et le corps amolli,
Tous ont pris du plaisir aux mousses de son ventre.

(Yves Lisy)

Illustration: Elina Brotherus

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