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Poésie

Posts Tagged ‘finir’

PULSATION (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



 

PULSATION

Ceci qui s’éloigne
se rapprochera de nous
de l’autre côté du jour.

Automne : une simple feuille
mangée de lumière : et la verte
vision du vert sur nous.
Où la terre ne finit pas,
nous, aussi, nous deviendrons cette lumière
à l’instant où la lumière
meurt
dans la forme d’une feuille.

OEil béant
dans la faim du jour.
Où nous n’avons pas été
nous serons. Un arbre
prendra racine en nous
et s’élèvera dans la lumière
de nos bouches.

Le jour sera devant nous.
Le jour nous suivra
dans le jour.

(Paul Auster)

 

 

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Mon bien-aimé (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017




    
Mon bien-aimé élève la voix,
il me dit:

«Lève-toi, ma bien-aimée,
ma belle, viens.

Car voilà l’hiver passé,
c’en est fini des pluies, elles ont disparu.
Sur notre terre, les fleurs se montrent.
La saison vient des gais refrains,
le roucoulement de la tourterelle se fait entendre
sur notre terre.
Le figuier forme ses premiers fruits
et les vignes en fleur exhalent leur parfum.

Lève-toi, ma bien-aimée,
ma belle, viens!

Ma colombe, cachée au creux des rochers,
en des retraites escarpées,
montre-moi ton visage,
fais-moi entendre ta voix.»

(Mahmoud Darwich)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Quand la vie a fini de jouer (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2017




    
Quand la vie a fini de jouer

Quand la vie a fini de jouer
la mort remet tout en place
La vie s’amuse
la mort fait le ménage
peu importe la poussière qu’elle cache sous le tapis
Il y a tant de belles choses qu’elle oublie
La belle vie

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Fatras
Editions: Le Point du Jour

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Si vous chercher la petite bête (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Si vous chercher la petite bête,
vous finirez bien
par trouver Dieu.

Sainte Coccinelle.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Fatras
Editions: Le Point du Jour

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La pauvre tête de mort (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




    
La pauvre tête de mort,
elle éclate de rire, au souvenir de la vie terrestre.

Au souvenir de ses passions, de ses rêves, de ses amours,
la pauvre tête de mort,
elle éclate de rire.

Elle se rappelle ses orgueils, ses croyances,
et ce qu’elle appelait ses pensées,
et elle éclate de rire,l’horrible tête de mort,
pendant que les vers, qui grouillaient en elle,
la quittent, ayant fini leur oeuvre.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Ta main s’élève (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Christian Schloe    
    
Ta main s’élève en un adieu
que je n’ai pas vu retomber.
Nos bouches n’ont pu finir leurs baisers
qui restent entre nous comme un pont coupé

Ton dernier regard est une jetée
pour la vie dont je touche le fond
de toute ma peau sans visage,
de tout le poids de la terre

Bientôt l’espace se mettra entre nous
et nous ne serons plus que deux êtres
en qui dure tout un passé de joie
comme un peu de soleil éclaire encore

les murs qu’il vient de quitter.
Ton corps ne bougera pas plus
qu’une fenêtre allumée dans la nuit
chassée par le vent et la pluie.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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INVOCATION (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
INVOCATION

le ciel s’éteint
les yeux s’éclairent

ne nous pardonne rien

comme le couteau
de l’arc-en-ciel
qui tranche
le grand froid de la nuit

quand la mort
n’en finit pas
de chasser la vie

ne pardonne rien
aux hommes consumés
d’aube et de crépuscule

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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On croit qu’on vieillira doucement (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



Illustration: Jérôme Royer
    
On croit qu’on vieillira doucement
qu’on finira sa course
à bout de souffle
Un filet d’eau
qui se perd dans le sable
Mais non
La bête de l’âge
vient d’un bond sur la scène
elle déchire à l’envi
la robe du patriarche

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Marie (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017



Illustration: Abel Dominique Boye
    
Marie

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

(Guillaume Apollinaire)

 

Recueil: Alcools

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SOUVENIR (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



 Illustration

    

SOUVENIR

il est des souvenirs heureux
sous des horizons merveilleux

où les nuits sont pleines à ravir
de passion péché et désir

de baisers à n’en plus finir
qui font mourir de plaisir

des restes de pur bonheur
Cachés là dans mon coeur

mais il me souvient aussi
combien vous étiez jolie

le temps passe sans retenir
Une reste que le souvenir

il est des souvenirs heureux
sous des horizons merveilleux

il me revient cette euphorie
avec ses effluves d’empathie

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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