Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘finir’

Je ne veux ni acheter ni vendre (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



 

Illustration: Galya Bukova    
    
Je ne veux ni acheter ni vendre
mais que les dettes soient annulées
À quoi bon ? Les autels sont en cendres
Dans le temple un oiseau a brûlé

Je ne veux ni lire ni écrire
mais que la page soit envolée
J’ai perdu et ma plume et ma lyre
Dans le temple un oiseau a brûlé

Je ne veux finir ni entamer
faire chanter ni d’amour souffrir
Je ne veux ni charbon ni saphir
mais seule contempler la fumée

La forêt en est tout assombrie
Les lièvres épient le ciel et disent
qu’il est temps d’appeler l’éclaircie
en dansant ce que la mort ne brise

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les lointains sont invisibles (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




    
les lointains sont invisibles
nos larmes dépareillées
les morts inexperts reviennent
chercher dans nos voix désertes
un peu du poids qui leur manqua

avec des bribes d’enfance
des jeux qui n’en finissaient pas
des rires au goût de fruit mûr
des regards à la dérobée
nous ne ferons pas même une heure

la paix du galet sur ta paume
ne la bois pas toute entière
laisse au vent prendre sa part
des mots dont tu voudrais qu’ils crient

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si la craie s’effrite entre nos doigts (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018



 

    
si la craie s’effrite entre nos doigts
si les doigts entre nos mots tremblent
si les mots entre nos nuits cèdent
si les nuits sans finir fuient
écrirons-nous avec des tessons d’aube

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand ma main caresse ton visage (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



    
— Quand ma main caresse ton visage,
dans ma main toutes les mains,
dans ton visage tous les visages,
rien ne commence qui ne finit,
rien ne finit qui n’a commencé,
et le regard qui me fait voir tes yeux
naît des regards qui ont vu d’autres yeux,
fait naître les regards qui verront d’autres yeux,

Même le néant naît du néant,
et quand ma main caresse ton visage,
elle recueille les traces de toutes les caresses,
elle y laisse une trace qui ne s’effacera pas ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que de barrières entre les êtres (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    

Que de barrières entre les êtres
et même entre ceux qui s’aiment !

Lorsqu’on a fini de détruire ces conventions
qui se dressent autour de nous,
il reste encore tout ce qui surgit de soi
avant même qu’on ait eu le temps de le surprendre.

Tout ce qui naît d’un geste maladroit ou d’un oubli
et qui porte en soi ce poison qui déforme.
Si l’on n’est pas en éveil,
tout nous sépare et nous enferme chacun dans sa propre cage.

(Andrée Chedid)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Si l’homme parfois (René Char)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2017



Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux,
il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé.

(René Char)

Illustration: Eugeniusz Zak

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Le langage muet de cœur à cœur (Ramana Maharshi)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration
    
Le langage muet de cœur à cœur vaut tous les langages.
Toute conversation doit finir dans le silence seulement.

(Ramana Maharshi)

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Je voudrais pas crever (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017



Illustration: Martin Matje
    

Je voudrais pas crever
Avant d’avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d’argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d’égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu’on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j’en aurai l’étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j’apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d’algues
Sur le sable ondulé
L’herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L’odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l’Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J’en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu’on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort…

(Boris Vian)

 

Recueil: Je voudrais pas crever
Traduction:
Editions:

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour finira (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration: Montserrat Gudiol
    
L’amour finira avant que j’aie l’Amour
je le verrai comme d’une prison
on voit les fleurs
si belles
qu’elles ont l’air de marcher
et que les yeux sont en larmes
de se répandre jusqu’à elles.

L’amour finira mais je dirai
qu’une certaine nuit
de drap de paupières de vent et de cigale
je suis entré dans le jour de ton corps

Je dirai
que j’ai vécu de toi
et que je meurs
en descendant pétale à pétale
l’escalier du souvenir.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dit de la Force et de l’Amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Dit de la Force et de l’Amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre

Tu rêvais d’être libre et je te continue.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poèmes politiques
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :