Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘finir’

Céder (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




    
Céder
Aux migrations de sel
– Quand le vent s’ouvre
Aux oiseaux finissant à des portes de cèdre
Aux jardins couchés des collines

Tes mains portaient l’eau douce sur les roses
Posaient dans l’herbe une peur d’enfant

Elles semblaient venir
De la jeune ombre des nuages
Sans marquer la terre des lampes.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre
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NUAGES (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
NUAGES

Dits, dédits, amours, méprises,
et jour et nuit, l’un dans l’autre,
le blanc valant le noir et tous

fil blanc perdu dans les bois,
fleuve plein de gestes et d’appels,
mare aux canards miteux — tous

s’en vont finir dans le pur océan
et nul n’y revendique : moi, moi,
moi, comme ici, nul

qui cherche à bâtir pour lui seul
une barque pérenne, un nom
contre le temps et gravé

dans la pierre, nul
car le ciel est à eux, qu’ils dénouent
et font bouger, les nuages.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Éloge pour une cuisine de province
Traduction:
Editions: Gallimard

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Racines (Edouard Glissant)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Racines,
racines,
je n’en finirai pas de tirer
sur vos mamelles fécondes.

(Edouard Glissant)

 

Recueil: Le sel noir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme toi (Roque Dalton)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Comme toi,
j’aime l’amour, la vie, le doux enchantement
des choses, le paysage
céleste des jours de janvier.

Aussi, mon sang bout
et mes yeux rient
qui ont connu le jaillissement des larmes.

Je crois que le monde est beau,
que la poésie est comme le pain, pour tous.

Et que mes veines ne finissent pas en moi
mais dans le sang unanime
de ceux qui luttent pour la vie,
l’amour,
les choses,
le paysage et le pain,
la poésie pour tous.

***

Yo, como tú,
amo el amor, la vida, el dulce encanto
de las cosas, el paisaje
celeste de los días de enero.

También mi sangre bulle
y río por los ojos
que han conocido el brote de las lágrimas.

Creo que el mundo es bello,
que la poesía es como el pan, de todos.

Y que mis venas no terminan en mí
sino en la sangre unánime
de los que luchan por la vida,
el amor,
las cosas,
el paisaje y el pan,
la poesía de todos.

***

Like you I
love love, life, the sweet smell
of things, the sky-
blue landscape of January days.

And my blood boils up
and I laugh through eyes
that have known the buds of tears.
I believe the world is beautiful
and that poetry, like bread, is for everyone.

And that my veins don’t end in me
but in the unanimous blood
of those who struggle for life,
love,
little things,
landscape and bread,
the poetry of everyone.

(Roque Dalton)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: oemas Clandestinos/Clandestine Poems
Traduction: Jack Hirschman
Editions: Curbstone

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LA JUMENT FAMILIÈRE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Véronique Favereau
    
LA JUMENT FAMILIÈRE
A Maurice Genevoix.

Une grande jument morte
Qui galope dans mes nuits.
Ce n’est pas un cauchemar
Mais un soupir de l’enfance.

Une grande jument blanche,
Grave, douce et débonnaire,
Dans un silence de tonnerre
Passe entre les haies en fleurs.

Mon grand-père tient les rênes,
Chapeau melon sur les yeux.
La fumée des cigarettes
Monte droit dans le soir bleu.

Buissons fleuris d’amertume…
La rivière parle bas;
Le village dort au son des enclumes,
Puis s’allume, feu par feu.

Mais voici, mangée de pluie,
Mangée de neige et de vent
La grande nuit intérieure
Où je me penche souvent,

Où la jument trotte l’amble…
Grande et douce jument morte
Qui fut de notre famille
Et qui finit humblement.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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MONDE (Federico García Lorca)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



MONDE

Angle éternel,
la terre et le ciel.
Avec bissectrice de vent.

Angle immense,
le chemin droit.
Avec bissectrice de désir.

Les parallèles se rencontrent
dans le baiser.
Oh, cœur
sans écho !
En toi commence et finit
l’univers.

(Federico García Lorca)

 

 

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LE SOIR D’AUTOMNE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration: Goyō Hashiguchi
    
LE SOIR D’AUTOMNE
Tchang-Tsi

La vapeur bleue de l’automne, s’étend sur le fleuve ;
les petites herbes sont couvertes de gelée blanche,

Comme si un sculpteur avait laissé tomber sur elles
de la poussière de jade.

Les fleurs n’ont déjà plus de parfums ;
le vent du nord va les faire tomber,
et bientôt les nénuphars navigueront sur le fleuve.

Ma lampe s’est éteinte d’elle-même,
la soirée est finie, je vais aller me coucher.

L’automne est bien long dans mon cœur,
et les larmes, que j’essuie sur mon visage, se renouvelleront toujours.

Quand donc le soleil du mariage
viendra-t-il sécher mes larmes ?

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Indompté dans ce déluge de terre (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



 

Indompté
dans ce déluge de terre —
où finissent les semences
qui annoncent le proche — tu feras retentir
le choeur tonitruant
de la mémoire, et tu suivras
le chemin des yeux. Il n’est pas de route
plus longue pour toi : dès l’instant
où tu t’ouvriras les veines, les racines commenceront
de dire le massacre
des pierres. Tu vivras. Tu construiras
ici ta maison — tu oublieras
ton nom. La terre
est le seul exil.

(Paul Auster)

Illustration: Ai Xuan

 

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Qui sait quoi dire (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




    
qui
sait
quoi
dire
pour
en
finir

donc
bien sûr
au début
on n’a pas su
qui

alors on va sans
savoir au vrai vers
quoi

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Caisse claire
Traduction:
Editions: Points

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Quelque chose (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018




    
Quelque chose

Quelque chose de perdu.
Quelque chose d’irrésistible.
De grand comme un arbre.

Ça n’en finit pas d’être,
Quoi ? dit-il. Ce n’est rien.
Il n’y a que nous chez nous.

Comme un plein d’air
Entré par le jardin,
Un moment qui ne passe pas.

Mais ce coeur perdu ? À qui,
À qui est-il ? dit l’enfant.
Voilà il ne respire plus.

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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