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Poésie

Posts Tagged ‘finir’

Ta main s’élève (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Christian Schloe    
    
Ta main s’élève en un adieu
que je n’ai pas vu retomber.
Nos bouches n’ont pu finir leurs baisers
qui restent entre nous comme un pont coupé

Ton dernier regard est une jetée
pour la vie dont je touche le fond
de toute ma peau sans visage,
de tout le poids de la terre

Bientôt l’espace se mettra entre nous
et nous ne serons plus que deux êtres
en qui dure tout un passé de joie
comme un peu de soleil éclaire encore

les murs qu’il vient de quitter.
Ton corps ne bougera pas plus
qu’une fenêtre allumée dans la nuit
chassée par le vent et la pluie.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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INVOCATION (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
INVOCATION

le ciel s’éteint
les yeux s’éclairent

ne nous pardonne rien

comme le couteau
de l’arc-en-ciel
qui tranche
le grand froid de la nuit

quand la mort
n’en finit pas
de chasser la vie

ne pardonne rien
aux hommes consumés
d’aube et de crépuscule

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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On croit qu’on vieillira doucement (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



Illustration: Jérôme Royer
    
On croit qu’on vieillira doucement
qu’on finira sa course
à bout de souffle
Un filet d’eau
qui se perd dans le sable
Mais non
La bête de l’âge
vient d’un bond sur la scène
elle déchire à l’envi
la robe du patriarche

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Marie (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017



Illustration: Abel Dominique Boye
    
Marie

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

(Guillaume Apollinaire)

 

Recueil: Alcools

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SOUVENIR (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



 Illustration

    

SOUVENIR

il est des souvenirs heureux
sous des horizons merveilleux

où les nuits sont pleines à ravir
de passion péché et désir

de baisers à n’en plus finir
qui font mourir de plaisir

des restes de pur bonheur
Cachés là dans mon coeur

mais il me souvient aussi
combien vous étiez jolie

le temps passe sans retenir
Une reste que le souvenir

il est des souvenirs heureux
sous des horizons merveilleux

il me revient cette euphorie
avec ses effluves d’empathie

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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Le poème immobile (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017


 

 

Le poème immobile

C’était      à n’en plus finir…
Cette âme en orties
Ce feu qui se dégrade
La foudre de toute souffrance
injectée dans la moelle
Les entailles du cri.

C’était     c’était     c’était :
comment traduire ce jour
son espoir dépecé
la tête cherchant murs où partir en éclats?

C’était     c’était     c’était…
Captif comme solitude
Plus malade qu’agonie

C’était     c’était encore
Cependant je le jure :
pour distancer l’écorce
pour dissoudre tout l’amer

C’était     ce fut
Ensuite :
en deçà des abîmes
Renommer la terre d’herbes
Donner lieu à l’espace
Et délivrer les souffles
pour revivre en cette vie !

(Andrée Chedid)

 

Recueil: cavernes et soleils
Editions: Flammarion

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Écrire de la poésie est un leurre (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017




    
Écrire de la poésie est un leurre.
Si on insiste trop, tout s’évanouit.

Mais quelle conscience pleine
peut-elle laisser les choses à moitié faites ?

Et le poète conscient finit d’habitude
par la poésie non écrite.

***

Escribir poesía es un engaño.
Si se insiste demasiado, todo se desvanece.

Pero, e qué conciencia plena puede
dejar las cosas a la mitad?

Y el poeta conciente suele acabar
por la poesía no escrita.

(Juan Ramón Jiménez)

 

Recueil: Poésie en vers
Traduction: Bernard Sesé
Editions: José Corti

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C’est l’espoir (Bernard Mazo)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



 

C’est l’espoir
qui n’en finit pas
de nous rêver
dans l’insomnie
du sommeil

(Bernard Mazo)

Illustration: Bruno Di Maio

 

 

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Bleus de la profondeur (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2017




    
Bleus de la profondeur,
Nous n’en finirons pas
d’interroger votre mystère.

L’illimité n’étant
Point à notre portée,
il nous reste à creuser, ô bleus

Du ciel et de la mer,
Votre mystère qui n’est autre
que nos propres bleus à l’âme.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Ma liberté (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



 

Jean-Pierre Augier_enlacés [1280x768]

Ma liberté

Ma liberté
Longtemps je t´ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
C´est toi qui m´as aidé
A larguer les amarres
Pour aller n´importe où
Pour aller jusqu’au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune

Ma liberté
Devant tes volontés
Mon âme était soumise
Ma liberté
Je t´avais tout donné
Ma dernière chemise
Et combien j´ai souffert
Pour pouvoir satisfaire
Tes moindres exigences
J´ai changé de pays
J´ai perdu mes amis
Pour gagner ta confiance

Ma liberté
Tu as su désarmer
Mes moindres habitudes
Ma liberté
Toi qui m´as fait aimer
Même la solitude
Toi qui m´as fait sourire
Quand je voyais finir
Une belle aventure
Toi qui m´as protégé
Quand j´allais me cacher
Pour soigner mes blessures

Ma liberté
Pourtant je t´ai quittée
Une nuit de décembre
J´ai déserté
Les chemins écartés
Que nous suivions ensemble
Lorsque sans me méfier
Les pieds et poings liés
Je me suis laissé faire
Et je t´ai trahie pour
Une prison d´amour
Et sa belle geôlière

Et je t´ai trahie pour
Une prison d´amour
Et sa belle geôlière

(Georges Moustaki)

Illustration: Jean-Pierre Augier

 

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