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Poésie

Posts Tagged ‘firmament’

PERLE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Vladimir Kush

    
PERLE

Quand la perle brille, elle est une étoile.
Comme bris d’étoile, elle tombe en grains.
Elle tombe en grappe, en luisants raisins.
Elle est goutte d’eau, lueur fraîche et pâle…

La motte de terre est blême, vois-tu ?
Elle est perle aussi… mais difforme et brune.
Le sillon l’enfile. Il en suffit d’une
Pour parer la terre à l’air triste et nu.

Ta main est pour moi l’étoile rêvée.
Elle est sur ma tête un espoir divin.
Une large motte, oui, telle est ma main
S’effritant bientôt sur ton coeur de fée.

Oh! la tendre étoile a fui lestement.
La motte, la motte à nos yeux s’effrite.
Lа perle, à nouveau, sera firmament,
Unira nos coeurs que l’Amour visite !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus
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L’OMBRE S’ALLONGE… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
L’OMBRE S’ALLONGE…

L’ombre s’allonge, on voit au ciel
les étoiles qui étincellent;
déjà brûlent leurs hautes flammes,
et selon l’ordre intransigeant
tourne, comme astre au firmament,
ton manque dans mon âme.

La nuit, telle une mer qui râle
sa passion d’hydre végétale,
m’étouffe en ses relents odieux.
Viens, jette au fond de ces abysses
le filet de désir et hisse :
hisse-moi vers tes yeux !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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J’ai regardé du fond du soir les roues dentées du firmament (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



J’ai regardé du fond du soir
les roues dentées du firmament –
des fils scintillants du hasard
y fut tissée la loi du temps!
Du fond de mes rêves déments
j’ai coulé un nouveau regard
et vu que ledit tissu tend
à crever toujours quelque part.

(Attila Jozsef)


Illustration

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Avec des paroles d’homme (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Avec des paroles d’homme

1

Ô forêt millénaire aux feuilles juvéniles,
Tu chuchotes la nuit de sauvages secrets.
C’est là que sont tapis, dans leurs plaisirs tranquilles,
D’odieux assassins. Et les voilà tout prêts

A tourner… retourner… dans un geste sauvage
Le dard de ton sourire en mon cœur pantelant.
Ailleurs, amours… beautés… offrent une autre image
Et font en fredonnant le berceau de l’enfant.

Ta blondeur est le ciel quand apparaît l’aurore.
Je la poursuis sans trêve en essoufflé dément.
L’homme bouleversé qu’un feu d’amour dévore
Fait des pas d’une lieue et touche au firmament.

Et son désir si vif, incandescente échelle,
Enjambe l’infini. Tel autre n’a pas su
Appliquer son échelle. Il titube, il chancelle.
Il n’atteint pas le ciel. Partout il a couru.

Le bronze de ton sein est une motte ronde.
Sens-tu l’odeur de germe où mainte déité
Veut rêver d’une terre infinie et profonde?
Je désire l’étreindre en sa féminité

Quand le déluge a fui, lorsque son corps immense
Halète… exhale. Et toi, étreins-moi, fais-moi roi!
Dans l’instant, j’étreindrai toute femme, je pense,
Toute fille. Et toutes à la fois. Grâce à toi.

2

Oh! la belle inconnue, authentique maîtresse!
Elle a le corps qui chante. En haut de notre cœur,
Elle trône, elle vit. A ce cœur plein d’ivresse,
Elle nous mène aussi, toute force et douceur.

Afin que nous osions gravir sa raide pente,
Son vaste amour s’étend le long d’un champ profond.
Alors, de temps à autre, une comète ardente
Dans notre âme vient choir, procédant de son front.

Son rire? Un océan, jaillissement limpide.
Et c’est ce triste éclat que… purificateurs,
Affamés, les rires d’autres femmes avides
S’empressent de rejoindre, ineffables fraîcheurs.

Toujours caresseront ses mains douces et pures,
Et de ses tendres yeux des perles jailliront.
De nos sourdes douleurs, éternelles blessures,
Des violes pour nous tout à coup écloront.

(Attila Jozsef)


Illustration: Alexandre Séon

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Leur coeur est ailleurs (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018


 

Leur coeur est ailleurs

Leur coeur est ailleurs
Au ciel peut-être
Elles errent ici en attendant
Mon coeur est parmi d’autres astres parti
Loin d’ici
Et sillonne la nuit d’un cri que je n’entends pas
Quel drame peut-être se joue au loin d’ici?
Je n’en veux rien savoir
Je préfère être un jeune mort étendu
Je préfère avoir tout perdu.

Pour chapeau le firmament
Pour monture la terre
Il s’agit maintenant
De savoir quel voyage nous allons faire

Je préfère avoir tout perdu
Je préfère être un jeune mort étendu
Sous un plafond silencieux
À la lumière longue et sans heurt de la veilleuse
Ou peut-être au profond de la mer
Dans une clarté glauque qui s’efface
Durant un long temps sans heures et sans lendemain
De belles jeunes mortes, calmes et soupirantes
Glisseront dans mes yeux leurs formes déjà lointaines
Après avoir baisé ma bouche sans un cri
Avoir accompagné les rêves de mes mains
Aux courbes sereines de leurs épaules
et de leurs hanches
Après la compagnie sans cri de leur tendresse
Ayant vu s’approcher leur forme sans espoir
Je verrai s’éloigner leur ombre sans douleur…

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Paul Delvaux

 

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Si tu me suis encore (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Si tu me suis encore
Comme un amant,
Je me ferai carpe
Dans un étang
Et jamais tu n’auras
Mon coeur content

— Si tu te fais carpe
Dans un étang,
Je me ferai pêcheur,
Pêcheur pêchant
Et pêcherai la carpe
Dedans l’étang.

— Si tu te fais pêcheur.
Pécheur péchant,
Je me ferai rose
Dans un vert pré,
Et jamais tu n’auras
Mes amitiés

— Si tu te fais rose
Dans un vert pré,
Je prendrai la forme
Du jardinier,
Et cueillerai la rose
Dans le vert pré.

— Si tu prends la forme
Du jardinier,
Je me ferai étoile
Au firmament,
Et jamais tu n’auras
Mon cœur content.

— Si tu te fais étoile
Au firmament,
Je me ferai nuage,
Nuage blanc,
Et je suivrai l’étoile
Au firmament.

— Si tu te fais nuage,
Nuage blanc,
Je te donnerai
Mon cœur content
Car tu m’auras conduite
Au firmament.

(Anonyme)

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Autrefois (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Autrefois

Autrefois j’ai fait des poèmes
Qui contenaient tout le rayon
Du centre à la périphérie et au-delà
Comme s’il n’y avait pas de périphérie mais le centre seul
Et comme si j’étais le soleil: à l’entour l’espace illimité
C’est qu’on prend de l’élan à jaillir tout au long du rayon
C’est qu’on acquiert une prodigieuse vitesse de bolide
Quelle attraction centrale peut alors empêcher qu’on s’échappe
Quel dôme de firmament concave qu’on le perce
Quand on a cet élan pour éclater dans l’Au-delà.

Mais on apprend que la terre n’est pas plate
Mais une sphère et que le centre n’est pas au milieu
Mais au centre
Et l’on apprend la longueur du rayon ce chemin trop parcouru
Et l’on connaît bientôt la surface
Du globe tout mesuré inspecté arpenté vieux sentier
Tout battu

Alors la pauvre tâche
De pousser le périmètre à sa limite
Dans l’espoir à la surface du globe d’une fissure,
Dans l’espoir et d’un éclatement des bornes
Par quoi retrouver libre l’air et la lumière.

Hélas tantôt désespoir
L’élan de l’entier rayon devenu
Ce point mort sur la surface.

Tel un homme
Sur le chemin trop court par la crainte du port
Raccourcit l’enjambée et s’attarde à venir
Il me faut devenir subtil
Afin de, divisant à l’infini l’infime distance
De la corde à l’arc,
Créer par ingéniosité un espace analogue à l’Au-delà
Et trouver dans ce réduit matière
Pour vivre et l’art.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

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ILLUSTRE TEMOIGNAGE (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2018




    
ILLUSTRE TEMOIGNAGE

Et même si je ne le savais pas (si
il était invisible pour moi)
il me suffirait d’une seule
fleur
pour deviner l’existence
d’un soleil
en haut dans le firmament.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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L’infini qui nous désaltère (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: coeur de hêtre au microscope
    
L’infini qui nous désaltère
Nous fait un même firmament…
Mais tronc de bois ou coeur de chair
Nous n’avançons que dans nous-mêmes.

(Jules Supervielle)

 

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Feu de la Saint Jean (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Feu de la Saint Jean

À la question : QU’EST-CE QUE LA BEAUTÉ ?
je levais la main pour répondre…

— C’est une étoile et mieux qu’une étoile,
je ne saurais vous dire comment cette étoile brille au firmament de mon ciel.

L’assemblée éclata en un délire d’applaudissements,
on voulut me porter en triomphe
et je penchais modestement la tête de côté en fermant les yeux.

Puis ils me jetèrent dans les flammes du bûcher pour
voir si je tiendrais mes promesses en me consumant.

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Ethan Cranke

 

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