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Poésie

Posts Tagged ‘firmament’

L’infini qui nous désaltère (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: coeur de hêtre au microscope
    
L’infini qui nous désaltère
Nous fait un même firmament…
Mais tronc de bois ou coeur de chair
Nous n’avançons que dans nous-mêmes.

(Jules Supervielle)

 

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Feu de la Saint Jean (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Feu de la Saint Jean

À la question : QU’EST-CE QUE LA BEAUTÉ ?
je levais la main pour répondre…

— C’est une étoile et mieux qu’une étoile,
je ne saurais vous dire comment cette étoile brille au firmament de mon ciel.

L’assemblée éclata en un délire d’applaudissements,
on voulut me porter en triomphe
et je penchais modestement la tête de côté en fermant les yeux.

Puis ils me jetèrent dans les flammes du bûcher pour
voir si je tiendrais mes promesses en me consumant.

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Ethan Cranke

 

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Au pavillon de Xie Tiao : banquet d’adieu pour le réviseur Yun, mon oncle (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018




    
Au pavillon de Xie Tiao : banquet d’adieu
pour le réviseur Yun, mon oncle

Le jour d’hier m’abandonne, jour que je ne puis retenir
Le jour d’hui me tourmente, jour trop chargé d’angoisses
Sur dix mille li, le vent escorte les oies sauvages
Face à l’ouvert, enivrons-nous dans le haut pavillon !
Comment oublier les nobles esprits, les génies de Jian-an
Et le poète Xie Tiao dont le pur chant hante ce lieu?
Hommes libres, superbes, aux rêves sans limites :
Monter jusqu’au firmament, caresser soleil et lune !

Tirer l’épée, couper l’eau du fleuve : elle coule de plus belle
Remplir la coupe, y noyer les chagrins : ils remontent, plus vifs
Rien qui réponde à nos désirs en ce bas monde
A l’aube, cheveux au vent, en barque, nous voguerons!

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Partout, en tous les firmaments tu trouves sa trace (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



Partout, en tous les firmaments tu trouves sa trace,
tous espaces sont emplis de ses signes secrets,
toutes hauteurs, toutes profondeurs de son écriture
qu’il sait seul déchiffrer.

Ô puissant, pourquoi ne nous enseignes-tu à lire ton livre.
Pourquoi ne passes-tu le long des signes ton doigt
pour nous apprendre à épeler et comprendre
comme des enfants.

Non, tu ne le veux pas. Tu n’es pas un maître d’école.
Tu laisses les choses comme elles sont.
Incompréhensibles comme elles sont.

Mais un jour au soir des temps, vas -tu à nouveau
tout effacer,
pour que tout redevienne ténèbres, comme cela était
avant que tu ne te lèves de tes songes
et ne marches au loin les inscrire,
le charbon ardent dans ta main?

***

Överallt, i alla himlar finner du hans spår,
alla rymder är fyllda av hans hemliga tecken,
alla höjder, alla djup av hans skrift, som han bara själv
kan tyda.

O väldige, varför lär du oss inte läsa din bok.
Varför för du inte ditt finger utefter tecknen
och lär oss stava och förstå så som barn.

Nej, det gör du inte. Någon skolmästare är du inte.
Du låter det vara så som det är. Obegripligt så som det är.

Och engång i tidernas afton, skall du då stryka ut
alltsammans igen
och låta allting bli mörker, så som det var innan du reste
dig ur dina tankar
och vandrade bort för att uppteckna dem på din väg
med det glödande kolet i din hand ?

(Pär Lagerkvist)


Illustration: Michel Ange

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Constellation de la Vache (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Constellation de la Vache

Cette traîne d’étoiles est mon linceul
dans le ciel déplié
au-dessus du champ d’oliviers
où pleure la flûte seule

Tu savais mes yeux comme des puits
où tu venais te rafraîchir
mais si tu veux me voir partir
c’est au firmament que je suis

Mes sabots sonnent dans la nuit
ma queue frappe, mon museau brille
ma robe de lait et de suie
forme des lacs et des villes

Ce soir regarde les signes
gravés le long de mon collier
ô chant tremblant et oublié
d’un berger d’une autre colline

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’énigme en lettres de feu (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Illustration: Boyan Dimitrov
    

L’énigme en lettres de feu
S’écrit sur le mur orbe et sourd.
Un songe de pavots rouge et or
Se penche sur moi et m’oppresse.

La nuit je me cache dans les grottes,
Où j’oublie les austères miracles,
À l’aube — des chimères bleues
Miroitent sous la voûte éclatante.

Je fuis dans les instants passés,
J’ai peur et je ferme les yeux,
Au milieu du livre qui froidit —
Une tresse d’or de jeune fille.

Déjà le firmament se penche,
Un songe noir m’étreint la poitrine.
Ma fin est écrite, elle est proche,
Là-devant — la guerre et l’incendie.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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J’écoute… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
J’écoute…

J’écoute dans moi-même, au delà de mes sens,
Comme un chant qu’un écho trop sourdement m’apporte,
Un langage inconnu dont m’échappe le sens;
Je suis un étranger au seuil de cette porte.

O lierre, ô mousse, ô rive, où donc est-il l’envol
Du son qui me parvient et que tout balbutie:
Les sapins étalant leurs mouvants parasols,
Le soleil endormi sur l’onde appesantie?

Où donc est-il le mur qu’on puisse renverser,
Fait d’argent translucide et de nue impalpable,
Où donc cette langueur d’un immortel baiser,
La bouche sans mensonge et l’étreinte qui dure?

Ne jamais posséder l’éther du firmament,
Ne jamais embrasser la courbe de la terre,
Ne jamais enlacer d’un geste véhément
Qu’un secret qui s’efface et l’ombre d’un mystère!

Nuls dieux, et ce besoin de tomber à genoux
Dans la fragilité de l’instant qui s’écoule!
Parmi l’odeur des fleurs nouvelles que je foule,
Ah! comme il est profond le chant frais des coucous!

(Marie Dauguet)

 

 

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GEORGE ROGER, PHOTOGRAPHE, À BERGEN-BELSEN, 1945 (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2017



Illustration: George Roger
    
GEORGE ROGER, PHOTOGRAPHE, À BERGEN-BELSEN, 1945

ni ciel, ni firmament, ni étoiles, ni soleil, ni lune, ni planètes
seuls les morts étaient là

ni feuilles, ni vagues, ni campagnes, ni lampes, ni toits, ni portes,
seuls les morts étaient là

ni silences, ni oiseaux, ni bicyclettes, ni fauteuils, ni livres, ni cerises,
seuls les morts étaient là

ni enfants, ni parents, ni frères, ni mères, ni compagnons, ni amants,
seuls les morts étaient là

ni robes, ni souliers, ni bagues, ni lunettes, ni jouets, ni montres,
seuls les morts étaient là

ni boues, ni mains, ni os, ni orbites, ni fumées, ni âmes, ni cendres,
seuls les morts étaient là

les morts, les morts seuls, les morts étaient là

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Je suis un crabe ponctuel
Editions: Gallimard

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L’aube paisible (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Caspar David Friedrich
    

L’aube paisible

L’harmonieux silence erre au fouillis des branches
Et dans l’immense paix d’un matin du dimanche,
Calme extatiquement,
Rien qu’un envol de cloche au fond du firmament.

L’aurore a suspendu sa luisante mantille
Sur le potager bleu où, traînant sa coquille,
S’attarde l’escargot
Zébrant d’argent mouillé les feuilles des pavots.

Les lierres enlacés aux murs qui les étayent,
Répandent leur parfum qu’exaspéra la nuit,
Et les pêchers s’éveillent
Déployant leur fraîcheur où l’abeille bruit.

Un chat muettement, plissant ses yeux de jade,
Glisse à travers les haricots et les salades.
Calme extatiquement,
Le vieux jardin repose au mol égouttement

Des cloches dans l’espace. Et parmi sa glycine,
La maison qu’un trait rose au bord du ciel dessine,
Sur le verger dormant
Ouvre, aux frais angélus, portes et contrevents.

(Marie Dauguet)

 

 

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A qui est depuis longtemps confiné dans la ville (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



A qui est depuis longtemps confiné dans la ville,
Il est fort doux de perdre son regard
Dans le beau visage ouvert du ciel — d’exhaler une prière
En plein sourire du bleu firmament.
Qui serait plus heureux, lorsque, le coeur comblé,
I1 se laisse choir, très las, en quelque délicieuse couche
D’herbes onduleuses, et, lit une courtoise
Et douce histoire sur l’amour et ses peines ?
Rentrant au logis, le soir, l’oreille attentive
Aux plaintes de Philomèle, et l’oeil
Epousant la course d’un petit nuage brillant qui passe,
Il se lamente qu’un tel jour ait pu si vite s’enfuir,
S’enfuir comme une larme répandue par un ange
Qui tombe dans la transparence de l’éther, silencieusement.

***

To one who has been long in city pent,
‘ Tis very sweet to look into the fair
And open face of heaven — to breathe a prayer
Full in the smile of the blue firmament.
Who is more happy, when, with heart’s content,
Fatigued he sinks into some pleasant lair
Of wavy grass, and reads a debonair
And gentle tale of love and languishment ?
Returning home at evening, with an ear
Catching the notes of Philomel, — an eye
Watching the sailing cloudlet’s bright career,
He mourns that day so soon has glided by :
E’en like the passage of an angel’s tear
That falls through the clear ether silently.

(John Keats)

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