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Poésie

Posts Tagged ‘firmament’

L’aube paisible (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Caspar David Friedrich
    

L’aube paisible

L’harmonieux silence erre au fouillis des branches
Et dans l’immense paix d’un matin du dimanche,
Calme extatiquement,
Rien qu’un envol de cloche au fond du firmament.

L’aurore a suspendu sa luisante mantille
Sur le potager bleu où, traînant sa coquille,
S’attarde l’escargot
Zébrant d’argent mouillé les feuilles des pavots.

Les lierres enlacés aux murs qui les étayent,
Répandent leur parfum qu’exaspéra la nuit,
Et les pêchers s’éveillent
Déployant leur fraîcheur où l’abeille bruit.

Un chat muettement, plissant ses yeux de jade,
Glisse à travers les haricots et les salades.
Calme extatiquement,
Le vieux jardin repose au mol égouttement

Des cloches dans l’espace. Et parmi sa glycine,
La maison qu’un trait rose au bord du ciel dessine,
Sur le verger dormant
Ouvre, aux frais angélus, portes et contrevents.

(Marie Dauguet)

 

 

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A qui est depuis longtemps confiné dans la ville (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



A qui est depuis longtemps confiné dans la ville,
Il est fort doux de perdre son regard
Dans le beau visage ouvert du ciel — d’exhaler une prière
En plein sourire du bleu firmament.
Qui serait plus heureux, lorsque, le coeur comblé,
I1 se laisse choir, très las, en quelque délicieuse couche
D’herbes onduleuses, et, lit une courtoise
Et douce histoire sur l’amour et ses peines ?
Rentrant au logis, le soir, l’oreille attentive
Aux plaintes de Philomèle, et l’oeil
Epousant la course d’un petit nuage brillant qui passe,
Il se lamente qu’un tel jour ait pu si vite s’enfuir,
S’enfuir comme une larme répandue par un ange
Qui tombe dans la transparence de l’éther, silencieusement.

***

To one who has been long in city pent,
‘ Tis very sweet to look into the fair
And open face of heaven — to breathe a prayer
Full in the smile of the blue firmament.
Who is more happy, when, with heart’s content,
Fatigued he sinks into some pleasant lair
Of wavy grass, and reads a debonair
And gentle tale of love and languishment ?
Returning home at evening, with an ear
Catching the notes of Philomel, — an eye
Watching the sailing cloudlet’s bright career,
He mourns that day so soon has glided by :
E’en like the passage of an angel’s tear
That falls through the clear ether silently.

(John Keats)

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Viens lentement t’asseoir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



 

Illustration: Jeanie Tomanek
    
Viens lentement t’asseoir

Viens lentement t’asseoir
Près du parterre dont le soir
Ferme les fleurs de tranquille lumière,
Laisse filtrer la grande nuit en toi :
Nous sommes trop heureux pour que sa mer d’effroi
Trouble notre prière.

Là-haut, le pur cristal des étoiles s’éclaire :
Voici le firmament plus net et translucide
Qu’un étang bleu ou qu’un vitrail d’abside ;
Et puis voici le ciel qui regarde à travers.

Les mille voix de l’énorme mystère
Parlent autour de toi,
Les mille lois de la nature entière
Bougent autour de toi,
Les arcs d’argent de l’invisible
Prennent ton âme et sa ferveur pour cible.
Mais tu n’as peur, oh ! simple cœur,
Mais tu n’as peur, puisque ta foi
Est que toute la terre collabore
A cet amour que fit éclore
La vie et son mystère en toi.

Joins donc les mains tranquillement
Et doucement adore ;
Un grand conseil de pureté
Flotte, comme une étrange aurore,
Sous les minuits du firmament.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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J’ai regardé du fond du soir les roues dentées du firmament (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2017



J’ai regardé du fond du soir
les roues dentées du firmament –
des fils scintillants du hasard
y fut tissée la loi du temps!
Du fond de mes rêves déments
j’ai coulé un nouveau regard
et vu que ledit tissu tend
à crever toujours quelque part.

(Attila Jozsef)


Illustration

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MÊME FÉERIE (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



 

Caspar David Friedrich  cygnes

MÊME FÉERIE

La lune mince verse une lueur sacrée,
Comme une jupe d’un tissu d’argent léger,
Sur les masses de marbre où marche et croit songer
Quelque vierge de perle et de gaze nacrée.

Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux
De carènes de plume à demi lumineuse,
Sa main cueille et dispense une rose neigeuse
Dont les pétales font des cercles sur les eaux.

Délicieux désert, solitude pâmée,
Quand le remous de l’eau par la lune lamée
Compte éternellement ses échos de cristal,

Quel coeur pourrait souffrir l’inexorable charme
De la nuit éclatante au firmament fatal,
Sans tirer de soi-même un cri pur comme une arme?

(Paul Valéry)

Illustration: Caspar David Friedrich

 

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LES DEUX PIGEONS (Jean de La Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Gustave Doré
    
LES DEUX PIGEONS

Deux Pigeons s’aimaient d’amour tendre.

[…]

Amants, heureux amants , voulez-vous voyager?
Que ce soit aux rives prochaines ;
Soyez-vous l’un à l’autre un monde toujours beau,
Toujours divers, toujours nouveau ;

Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste.
J’ai quelquefois aimé : je n’aurais pas alors
Contre le Louvre et ses trésors,
Contre le firmament et sa voûte céleste,

Changé les bois, changé les lieux
Honorés par les pas, éclairés par les yeux
De l’aimable et jeune bergère
Pour qui, sous le fils de Cythère,

Je servis, engagé par mes premiers serments.
Hélas! Quand reviendront de semblables moments?
Faut-il que tant d’objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète?

Ah! si mon coeur osait encor se renflammer!
Ne sentirai-je plus de charme qui m’arrête?

Ai-je passé le temps d’aimer?

(Jean de La Fontaine)

 

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Au-delà des étoiles (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017




    
Au-delà des étoiles il y a d’autres mondes,
Il y a d’autres formes d’amour à naître.

Des perspectives infinies s’ouvrent devant toi,
Des centaines de caravanes sont en marche.

Ne te satisfais pas de ce monde de la couleur et du parfum :
Il existe d’autres jardins, d’autres nids.

Pourquoi te chagriner de la perte d’un nid ?
Il existe d’autres lieux pour les cris et les plaintes.

Tu es un faucon royal qui prend son essor :
Il y a devant toi d’autres firmaments!

(Mohammad Iqbal)

 

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Retouche au firmament (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017



Illustration: Florence Miailhe
    
retouche au firmament

trois ampoules sur un fil
et dessous les amis dansaient
peu de questions se posaient
ni quand Dieu viendra-t-il

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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Les femmes (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



Les femmes sont sur la terre
Pour tout idéaliser;
L’univers est un mystère
Que commente leur baiser.

C’est l’amour qui, pour ceinture,
A l’onde et le firmament,
Et dont toute la nature,
N’est, au fond, que l’ornement.

Tout ce qui brille, offre à l’âme
Son parfum ou sa couleur;
Si Dieu n’avait fait la femme,
Il n’aurait pas fait la fleur.

A quoi bon vos étincelles,
Bleus saphirs, sans les yeux doux?
Les diamants, sans les belles,
Ne sont plus que des cailloux;

Et, dans les charmilles vertes,
Les roses dorment debout,
Et sont des bouches ouvertes
Pour ne rien dire du tout.

Tout objet qui charme ou rêve
Tient des femmes sa clarté;
La perle blanche, sans Ève,
Sans toi, ma fière beauté,

Ressemblant, tout enlaidie,
A mon amour qui te fuit,
N’est plus que la maladie
D’une bête dans la nuit.

(Victor Hugo)

Illustration: Paul Delvaux

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La mer propulse le désir (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017




    
la mer propulse
le désir et se replie
dans le désert

après la nuit
l’aube remonte
au firmament

seul l’amour
sans nom retient
son secret

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

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