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Poésie

Posts Tagged ‘fissure’

Tu fixes ces visages (Yang Lian)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 

tu fixes ces visages s’incrustant dans le bois
noirs les coins des yeux putréfiés
volent en éclats

tu fixes
les visages qui s’entrechoquent
sur le mur fissuré
te méprisent toi devant le miroir

(Yang Lian)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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LA PAROLE (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018




    
LA PAROLE

Je n’ai pas eu besoin de me tenir sous
la Chaire pour entendre
Jean. J’ai vu la diaphane
fleur d’oranger, la fleur d’arbousier
qui penchée, ruisselait de lumière ou la sauvage
fleur, dans la fissure de la pierre,
que nul Oppenheimer
ne pourrait réaliser.

Et j’ai vu tous les yeux, de ceux
de l’enfant à ceux de la plus petite
libellule de mon jardin,
pleins de ciel : J’ai vu la Parole.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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La rose (Gaspard Hons)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Je cherche dans les fissures de l’être la rose
qui ouvre la porte du vide inhabité

(Gaspard Hons)

Illustration: Patrick Caulfield

Découvert chez Lara ici

 

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Gravitation (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




    
Gravitation

Sous le grand âge du printemps
L’eau sourd en gouttes de regret

Des bouquets sonores exultent
Poudroyants

Mais la demeure saigne
Et sa fissure

Nous avions construit ici notre logis
Sur un escarpement de pierres heureuses.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Je tremble du saccage (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Béatrice Douvre
    
Je tremble du saccage et du poème sans membre.
Décision de blottir, d’amoindrir,
la blessure est patiente,
réduire cette fissure à une bouche close.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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VILLE HAUTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Duccio di Buoninsegna
    
VILLE HAUTE

Des robes à la nuit sont bâties
par d’indociles ouvrières
aux voix vives
à l’odeur de chairs actuelles
au milieu de pierres usées.
Au jour on reverra encore
grilles, piliers, tourelles,
tuiles jaunes, murs fissurés
dans la clarté d’une cité
édifiée au haut d’un rocher
contemplation des voyageurs.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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FIN D’ÉTÉ (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

FIN D’ÉTÉ

Déluge boréal, et la nuit entière, lâchée
à l’heure diluvienne de l’oeil. Notre volonté
aux os brisés, contrant le flot
de pierres dans notre sang : vertige
depuis les hauteurs d’hélium
de la langue.

Demain : une route de montagne
bordée d’ajoncs. Ensoleillement
dans les fissures de la roche. Dénuement.
Comme si nous pouvions retenir un simple souffle
à la limite du souffle.

Il n’y a pas de terre promise.

(Paul Auster)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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Il sortit des fissures une lueur phosphorescente (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



il sortit des fissures
une lueur phosphorescente
(la pluie avait encore fait des siennes)

aucune poétique de la planète
ne peut négliger les agissements de la pluie

le mouvement et la musique de la pluie.

***

there was a phosphorescent gleaming
from the fissures
(the rain had been secretely at work again)

no poetics of the planet
can neglect the workings of rain

the movement and the music of rain.

(Kenneth White)

Illustration

 

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Je subis tout ceci, de l’Autre je pâtis (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Je subis tout ceci, de l’Autre je pâtis,
moi dont ne NON évoqua tout ceci,
qui me reniant fit apparaître l’Autre;
il y a quelques joints à cette cuirasse,
pour le passage si rare de la liberté,
communément les actions désintéressées,
petit jeu articulaire.

L’ignorance me recouvre,
moi dont le NON contempla toute existence,
connut l’Autre, vit la sagesse;
il y a quelques joints à cette cuirasse,
pour le passage si rare de l’intuition,
communément cinq sens, fissures limitées.

Et je dis: Je!
et la haine m’isole,
torturant le NON dans la complexité de ma forme,
moi dont le NON évoqua tout ceci,
vit toutes choses une seule,
la Niée devant le NON s’affirmant,
et qui fit d’elle et de lui l’union;
il y a quelques joints à cette cuirasse,
pour le passage si rare de l’amour,
communément des gestes d’épouvante, de joie et de désespoir,
échangés avec l’Autre
par les joints d’une autre armure.

(René Daumal)

 

 

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Nuit d’exil (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



Ainsi je fus, dans cette nuit d’exil,
prison et prisonnier et lueur à la fissure,
indéchiffrable signe en moi-même gravé,

exilé dans mon corps, dans ce fuseau de pierre,
oisif et prisonnier de lianes et de nerfs,
aveugle, traversant une secrète nuit

de bêtes enlacées, d’insectes et de dards,
où s’effrite la pierre, où s’usent le regard
et la bouche et le coeur à des limes funèbres,

m’alourdissant de tous mes songes, terrassé
par des meutes sorties de l’eau, dont les abois
cernaient, traquaient les gestes et les voix.

Je poursuivais un souvenir de branche
et de neige, un souvenir d’oiseau volant bas
dans le silence pourpre d un ciel pulmonaire,

sur un rivage où neige, branche, oiseau
n’étaient que l’ombre exsangue et plus lointaine
d’une beauté violente en fuite sur les eaux.

(Jean Joubert)

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