Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘fixe’

Helen Schjerfbeck (Hanner Bramnes)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2019



Illustration: Helen Schjerfbeck
    
L’étude la plus importante
d’Helen Schjerfbeck est celle
qu’elle fit de son propre visage
à mesure qu’elle vieillissait
son regard devenait plus fixe
sa peau plus claire
son teint pastel

avec le temps
elle fit disparaître toute symbolique
de sa propre expression

***

Sin største studie
gjorde Helen Schjerfbeck
i sitt eget ansikt
etter som hun ble eldre
ble blikket fastere
huden klarere
fargen pastell
med tiden
fjernet hun all symbolikken
fra sitt eget uttrykk

(Hanner Bramnes)

 

Recueil: Le poids de la lumière
Traduction: Anne-Marie Soulier
Editions: Erès

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA CHAISE (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



> 
LA CHAISE

La chaise qui fut branche, résonance
d’ailes à venir
et qui maintenant n’a que le silence
pour se souvenir,
la chaise hantée de volante neige,
de vent, de soleil,
s’étonnant d’avoir été prise au piège
d’un fixe sommeil,
cherche à s’éveiller, à fuir de la chambre.
— Je l’entends, la nuit,
gémir à tâtons et toute se tendre
vers l’ancien pays.

(Anne-Marie Kegels)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Par les rêves inconsolée (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




Par les rêves inconsolée
Je m’éveille à ce morne jour :
Libre arbitre, destin fixé,
Presciente providence,
Et fourvoyée la vie,
Toute possibilité
Réduite à ce triste lit.

***

By dreams uncomforted
I wake to this blank day:
Free-will, fixed fate,
Foreknowing providence,
And life astray,
All possibility
Narrowed to this weary bed.

(Kathleen Raine)

Illustration: Lionel Le Jeune

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Orange (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018




Orange

Petit soleil,
immobile sur la table,
midi, fixe.
Quelque chose lui manque:
nuit

(Octavio Paz)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 2 Comments »

SPHINX (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Gustave Moreau
    
SPHINX

Toutes les femmes sont des fêtes,
Toutes les femmes sont parfaites,
Et dignes d’adoration,
Sous les fichus ou sous les mantes
Toutes les femmes sont charmantes,
Oui, toutes, sans exception;

Toutes les femmes sont des Belles
Sous les chapeaux ou les ombrelles
Et sous le petit bonnet blanc;
Toutes les femmes sont savantes,
Les princesses et les servantes,
Les ignorantes… font semblant;

Toutes les femmes sont des reines :
Impératrices souveraines
Et grisettes de magasin,
Et premières communiantes,
Avant comme après si liantes
Avec les lèvres du cousin;

Toutes les femmes sont honnêtes,
Le coeur loyal et les mains nettes,
En sabots, ou sur les patins;
Adorables prostituées,
Nous mériterions vos huées :
C’est nous qui sommes les… pantins.

Toutes les femmes sont des saintes,
Surtout celles qui sont enceintes
Tous les neuf mois sans perdre un jour,
Et qui de janvier à décembre
Se pâment la nuit dans leur chambre
Par la volonté de l’Amour.

Toutes, toutes, sont bienheureuses
D’élargir leurs grottes ombreuses
D’où l’amour a fichu la peur
Par la fenêtre… déchirée,
« Et la fille déshonorée »?
Rit dans sa barbe… de sa peur,

Plus fines que nous et meilleures,
Efles nous sont supérieures…
Chaque Français, dans tous les cas,
S’il les aborde se découvre
Et c’est le plus grand, dans le Louvre,
Qui sait saluer… le plus bas,

Belle, parfaite, reine, sainte,
Honnête si ce n’est enceinte,
Tout cela s’applique fort bien
A la femme que tu veux être…
Mais… si l’on pouvait Vous connaître,
Ah!… quant à moi… je ne sais rien…
Devant Vous je songe, immobile,
Tel, droit, sur son cheval Kabyle,
Bonaparte, au regard de lynx,
Sans suite, seul, un grand quart d’heure,
Au soleil des sables, demeure
Fixe et rêveur, devant le Sphinx!

(Germain Nouveau)

 

Recueil: La Doctrine de l’Amour Valentines
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Le sapin (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



sapin

A la modeste peinture de toits et de feuilles
presque immobile dans la lumière, seul il donne de la hauteur.
Sa cime invisible, si je ne me penche à la fenêtre
je pourrais croire qu’elle se perd au ciel.

Arbre blessé où monte une sève inactive il incline lentement ses bras.
Pour qu’encore tu t’élances quand tu ne seras plus,
à l’angle du mur, dans l’ombre que font les touffes pendantes à tes branches,
j’ai planté le sapin qui deviendra ton double.

Pivot des vents, fixe aiguillon des étoiles,
et plus semblable à toi que nos fils à nous mêmes,
il survivra, veilleur noir et clair

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Les serres et les bois (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



    

Les serres et les bois

Dans les serres silencieuses
Où l’hiver invite à s’asseoir,
Sous un jour blême comme un soir
Fument les plantes précieuses.

L’une, raide, élançant tout droit
Sa tige aux longues feuilles sèches,
Darde au plafond, comme des flèches,
Les pointes d’un calice étroit.

Une autre, géante à chair grasse,
Que hérissent de durs piquants,
Ne sourit que tous les cinq ans
Dans une éclosion sans grâce.

Une autre, molle en ses efforts,
Grimpe au vitrail, et la captive
Regarde en pitié l’herbe active
Qui tient tête au vent du dehors.

Pas un souffle ici, rien ne bouge ;
Toutes versent avec lenteur,
A flots lourds, la fade senteur
De leur floraison fixe et rouge.

Celui qu’elles charment d’abord,
Dans cet air qui bientôt lui pèse,
Envahi par un grand malaise,
Descend de l’ivresse à la mort.

Ah ! Que mille fois plus aimée
La violette, fleur des bois !
Et que plus saine mille fois
La chambre qu’elle a parfumée !

Son baume, loin d’appesantir,
Allège et fait l’âme nouvelle ;
mais fine, il faut s’approcher d’elle,
La baiser, pour la bien sentir.

(Sully Prudhomme)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je voudrais vous donner quelque chose (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Illustration: Alexander Sigov
    
Je voudrais vous donner quelque chose,
qui vous réconforte vraiment,
mais je n’ai que des mots,
des noms, des choses non.

Mais ô lumière bienfaisante,
superbe lumière blanche, diffuse,
descendez sur elle et ne la privez
plus de votre céleste rayon.

Elle est si calme, si douce
comme vous et bien sûr
vous êtes pour elle — comme
l’eau pour un poisson.

Je ne sais si vous venez d’elle
lumière, lorsque sa bouche
reprend son souffle, ou si
de vous elle est venue
et hors de vous s’est figée.

Elle est comme le soleil doré du jour,
la dernière prière automnale
des arbres et des herbes
jusqu’au soleil, tout là-haut.

Elle flotte argentée
délicate lumière rougissante
lumière, haut dans le ciel,
dorée à l’automne.

Ses yeux grands-ouverts voient
au-delà de mon regard fixe,
elle éclaire d’or et d’argent
les visages des gens.

Elle ne connaît pas sa lumière,
elle est toute de tristesse,
je voudrais pouvoir lui donner quelque chose
éclairer l’obscurité de la vie.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mes Miroirs (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Mes Miroirs

Je n’ai qu’un geste à faire
Pour que les murs de ma chambre
Tous les murs de ma chambre
Se recouvrent de miroirs
Ils ne m’aiment pas les miroirs

Ils me guettent
Avec leurs yeux mille facettes
Leurs yeux fixes et froids de félin
Leurs reflets de caméléons
Et leurs langues de verre
Dures et glacées

Ils me renvoient mon image les miroirs
Comme une grimace
Comme une insulte
Comme on lance une pierre
Comme un griffe-visage

Je peux bien les frapper à mon tour
Les broyer en petits morceaux
Leur jeter des étoiles en pâture
Les provoquer les caresser
Les démonter pièce par pièce
Ils se reconstruisent d’eux-mêmes
Ils restent là au bord de mes plaies

Vous qui m’aimez
Ne me laissez pas seul
Face à mes miroirs
Quand tous les marteaux du monde
Quand tous les cailloux de la route
Ne briseraient pas
L’éclat de rire de leur verre

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES YEUX BLEUS (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Amedeo Bocchi  
    
LES YEUX BLEUS

A une dame aux yeux noirs

Vous m’avez dit dans un sourire,
Que les yeux bleus (souvent songeurs),
Semblaient refléter et décrire
Les intimes penchants des cœurs.

Vous m’avez dit – lèvres sincères –
Que vous aimiez ce bleu profond,
Où vos yeux trouvaient plus sévères
Ces regards où tout se confond.

Ces regards fixes qui résument
La haine ou la joie ou l’amour,
Ces regards bleus qui vous consument
Et font tout un siècle d’un jour.

Vous les adorez, chère Dame,
Aussi je les chante pour vous,
Mystique, divine est leur flamme ;
Vous les trouvez si doux… si doux!

Vous m’avez dit dans un sourire
Que ces yeux dictaient les espoirs.
Pourtant… (laissez-moi vous le dire)
Pourquoi vos beaux yeux sont-ils noirs ?

(Gaston Couté)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :