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Poésie

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La sphère n’a pas de centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2022



    

La sphère n’a pas de centre.
Son centre est fixe et mobile,
proche, lointain, hors du temps,
chaque fois perdu.

Centre. Sphère.
D’un rien rayonne
la profusion de l’immense.

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Longtemps (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021




longtemps
fixés
sur la route

les yeux
sans
l’entrevoir
(Silvia Baron Supervielle)

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La vue (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2021


la vue plie dehors sur dedans

île de nuage et de bulle
à l’intérieur ce pli de rien

le toi s’y replie sur l’autre
même toi que toi tout en rien

le corps s’apprend par le désir
les yeux le perdent là fixé

toujours l’âme s’empaille
de quelque regard d’ange

(Bernard Noël)

Illustration: Fabienne Contat

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L’Olona (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2021



 

Olona  2

L’Olona

L’aube regarde avec des yeux d’agnelle.
La lumière est blanche et fixe,
Pour qu’elle bouge il suffit que cette
Colombe tourne la tête.
Clarté prise dans le brou,
Voici que le chant du coq
Et le sang de sa crête
Mettent le feu et la bagarre.

***

L’Olona

L’alba guarda con occhi d’agnella.
La luce è bianca e fissa,
Basta a muoverla quella
Colomba in un giro di testa.
Chiarezza chiusa nel mallo,
A metter fuoco e rissa
Ecco il canto del gallo
E il sangue della cresta.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

 

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Parmi tous ces remuements (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2021



Parmi tous ces remuements
Que tu sens autour de toi,

Tu te prendrais parfois
Pour un point fixe.

(Guillevic)

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SCÈNE DE RUE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Konstantin Razumov
    
SCÈNE DE RUE

Dans un coin du café, ce que tu recherches, c’est que le
poème
te dise qui tu es, pourquoi tu te caches, quel est le nom
de la fille qui t’a regardé fixe-
ment. Et tu n’as pas de réponse. La réponse
était sur les lèvres de cette fille que
ton silence n’a pas su interroger;
et dans le vent qui balayait l’esplanade, em-
portant feuilles et papiers. L’automne :
une image, celle de ta propre vie, que
tu n’as pas su ignorer; pour que d’une
banale conversation avec l’inconnue,
surgisse une image, cette autre, de la
vie que tu aurais aimé ne pas perdre,
à chaque instant, entre tes doigts et tes vers.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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J’ai fait s’asseoir mon enfant à mon chevet (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2021




    
J’ai fait s’asseoir mon enfant à mon chevet,
et quand j’ai regardé fixement son visage,
elle a détalé.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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L’aube regarde avec des yeux d’agnelle (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



L’aube regarde avec des yeux d’agnelle.
La lumière est blanche et fixe,
Pour qu’elle bouge il suffit que cette
Colombe tourne la tête.
Clarté prise dans le brou,
Voici que le chant du coq
Et le sang de sa crête
Mettent le feu et la bagarre.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

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Soi (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2020




    
Soi n’est pas la demeure fixe de soi
Seulement le lieu du retour

(Bernard Noël)

 

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En marchant la nuit dans un bois (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020



    

En marchant la nuit dans un bois

I

Il grêle, il pleut. Neige et brume ;
Fondrière à chaque pas.
Le torrent veut, crie, écume,
Et le rocher ne veut pas.

Le sabbat à notre oreille
Jette ses vagues hourras.
Un fagot sur une vieille
Passe en agitant les bras.

Passants hideux, clartés blanches ;
Il semble, en ces noirs chemins,
Que les hommes ont des branches,
Que les arbres ont des mains.

II

On entend passer un coche,
Le lourd coche de la mort.
Il vient, il roule, il approche.
L’eau hurle et la bise mord.

Le dur cocher, dans la plaine
Aux aspects noirs et changeants,
Conduit sa voiture pleine
De toutes sortes de gens.

Novembre souffle, la terre
Frémit, la bourrasque fond ;
Les flèches du sagittaire
Sifflent dans le ciel profond.

III

– Cocher, d’où viens-tu ? dit l’arbre.
– Où vas-tu ? dit l’eau qui fuit.
Le cocher est fait de marbre
Et le coche est fait de nuit.

Il emporte beauté, gloire,
Joie, amour, plaisirs bruyants ;
La voiture est toute noire,
Les chevaux sont effrayants.

L’arbre en frissonnant s’incline.
L’eau sent les joncs se dresser.
Le buisson sur la colline
Grimpe pour le voir passer.

IV

Le brin d’herbe sur la roche,
Le nuage dans le ciel,
Regarde marcher ce coche,
Et croit voir rouler Babel.

Sur sa morne silhouette,
Battant de l’aile à grands cris,
Volent l’orage, chouette,
Et l’ombre, chauve-souris.

Vent glacé, tu nous secoues !
Le char roule, et l’oeil tremblant,
A travers ses grandes roues,
Voit un crépuscule blanc.

V

La nuit, sinistre merveille,
Répand son effroi sacré ;
Toute la forêt s’éveille
Comme un dormeur effaré.

Après les oiseaux, les âmes !
Volez sous les cieux blafards.
L’étang, miroir, rit aux femmes
Qui sortent des nénuphars.

L’air sanglote, et le vent râle,
Et, sous l’obscur firmament,
La nuit sombre et la mort pâle
Se regardent fixement.

(Victor Hugo)

 

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