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Poésie

Posts Tagged ‘flacon’

Pas vu ça (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018


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Pas vu la comète
Pas vu la belle étoile
Pas vu tout ça

Pas vu la mer en flacon
Pas vu la montagne à l’envers
Pas vu tant que ça

Mais vu deux beaux yeux
Vu une belle bouche éclatante
Vu bien mieux que ça

(Robert Desnos)

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J’ai débouché le flacon de l’incertitude (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

J’ai débouché le flacon de l’incertitude
Les dessins tracés sur le sable
sont effacés par le vent

La houle arrive mes habitudes
se heurtent au récif de l’instable
nouvelle d’un autrement

L’éventail des possibles élude
mes décrets cartes sur table
et se déploie lentement

comme un nouveau jeu prélude
à l’amour véritable
seule ancre dans le tourment

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Qui donc vous a surpris… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Luana Béatrice Lazar

    
Qui donc vous a surpris…

Qui donc vous a surpris, ô concert de parfums,
Musique résonnant comme au bord d’un abîme,
Vert chaleureux d’un pâtre en l’arc-en-ciel des cîmes,
Orage sombre pleurant sur nos bonheurs défunts.

Plus parfaits, plus moelleux qu’un contour mélodique,
Vous parlez à notre âme et ravagez nos sens,
Et vous nous caressez, tels des doigts frémissants,
Gestes enténébrés qu’aucun devin n’explique.

L’accord des buis amers et des oeillets musqués
Nous verse des liqueurs aux sûres attirances,
Je percois à travers leurs subtiles fragrances
Le piège que nous tend le désir embusqué.

Au secret éternel seul accent qui déroge,
Les parfums sont des fleurs aux vases du Léthé;
Plus clairs que le reflet des ruisseaux enchantés,
Les magiques miroirs que mon coeur interroge.

Fruits blets des bois rouillés, feuillages des sureaux,
Il suffit qu’au flacon merveilleux je m’abreuve
Pour que tout ce qui dort épars en moi s’émeuve,
Que s’agitent des morts au fond de leurs tombeaux.

Plus loin que la raison vaine et la conscience,
Jusqu’aux instincts gisants à jamais ignorés,
Dieux qu’on a détrônés, parfums, vous pénétrez:
Vous êtes l’infini distillant son essence.

(Marie Dauguet)

 

 

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LE PAVILLON DES PARFUMS (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



 

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LE PAVILLON DES PARFUMS

Si j’ouvrais ce flacon dans lequel
repose un parfum illustre, son violent arôme t’incommoderait.

Quand je te caresse, ô ma buire d’ambre,
n’exhale pas tes pensées d’amour!

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

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PETITE FÊTE INTIME (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2017



lune [1280x768]

PETITE FÊTE INTIME

Je prends un flacon de vin
Et je vais le boire parmi les fleurs,
Nous sommes toujours trois,
Comptant mon ombre et mon amie la lune

Heureusement que la lune ne sait pas boire
Et que mon ombre n’a jamais soif

Quand je chante, la lune m’écoute en silence.
Quand je danse, mon ombre danse aussi.

Après tout festin les convives se séparent.
Je ne connais pas cette tristesse
Lorsque je regagne ma demeure,
La lune m’accompagne et mon ombre me suit.

(Li Taï Po)

 Illustration

 

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Combien dureront nos amours? (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017


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— Combien dureront nos amours?
Dit la pucelle au clair de lune.
L’amoureux répond : — Ô ma brune,
Toujours, toujours!

Quand tout sommeille aux alentours,
Élise, se tortillant d’aise,
Dit qu’elle veut que je la baise
Toujours, toujours!

Moi, je dis : — Pour charmer mes jours
Et le souvenir de mes peines,
Bouteilles ; que n’êtes-vous pleines
Toujours, toujours!

Mais le plus chaste des amours,
L’amoureux le plus intrépide,
Comme un flacon s’use et se vide
Toujours, toujours!

(Baudelaire)

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De deux coeurs séparés (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

 

De deux coeurs séparés par une loi fatale
L’amour subtil s’en va comme un parfum s’exhale
D’un flacon qu’on vient de briser ;

Si l’on a peur de voir son essence envolée
Il faut donc qu’elle soit à tout moment scellée
Sur la bouche par un baiser !

(Hippolyte Lucas)

Illustration

 

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Les fleurs (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2016


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Les fleurs distribuent leurs senteurs
dans des flacons fabriqués par l’air

(Adonis)

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LA BOUTEILLE (Charles-François Panard)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



LA BOUTEILLE

Que mon
Flacon
Me semble bon :
Sans lui
L’ennui
Me nuit,
Me suit ;
Je sens
Mes sens
Mourants,
Pesants,
Quand je le tiens,
Dieux ! que je suis bien !
Que son aspect est agréable !
Que je fais cas de ses divins présents !
C’est de son sein fécond et de ses heureux flancs
Que coule ce nectar si doux, si délectable,
Qui rend dans les esprits tous les coeurs satisfaits;,
Cher objet de mes voeux, tu fais toute ma gloire,
Tant que mon coeur vivra, de tes charmants bienfaits
ll saura conserver la fidèle mémoire.
Ma muse à te louer se consacre à jamais,
Tantôt dans un caveau et tantôt sous ma treille.
Ma lyre, de ma voix accompagnant le son,
Répétera cent fois cette aimable chanson :
Règne sans fin, ma charmante bouteille ;
Règne sans fin, mon cher flacon !

(Charles-François Panard)

Illustration

 

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LES FORMULES DE L’HIVER (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2016



LES FORMULES DE L’HIVER

I
Je m’assoupis dans mon lit
et m’éveillai sous la carène.

À quatre heures du matin
quand les os récurés de la vie
se fréquentent à froid.

Je m’assoupis parmi les hirondelles
et m’éveillai parmi les aigles.

II
Dans la lueur du phare, la glace du passage
brille comme de l’axonge.
Ce n’est pas l’Afrique.
Ce n’est pas l’Europe.
Ce n’est pas autre part qu’« ici».

Et ce que j’étais « moi»
n’est plus qu’un mot
dans la bouche de la nuit de décembre.

III
Les pavillons de l’asile
exposés à la nuit
luisent comme des écrans télé.

Un diapason caché
dans le grand froid
émet sa tonalité.

Je suis sous les étoiles
et sens que le monde entre
et ressort de mon manteau
comme d’une fourmilière.

IV
Trois chênes noirs sous la neige.
Si grossiers, mais adroits.
Dans leurs flacons immenses
la verdure au printemps moussera.

V
L’autobus se traîne dans la soirée d’hiver.
Il luit comme un navire dans cette forêt de pins
où la route est un canal mort étroit profond.

Peu de passagers : quelques vieux et aussi quelques très jeunes.
S’il s’arrêtait, s’il éteignait ses phares
le monde soudain disparaîtrait.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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