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Deux mois (Hippolyte Taine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Deux mois

Les petits ont deux mois; fourrés comme des ours,
Lustrés comme des loirs, ils sont bien de leur race.
Juin flambe en eux, jamais leur souplesse n’est lasse ;
Il faut à leurs ébats les seize heures des jours.

Dressant leurs reins arqués sur leurs pieds de velours
Ils s’affrontent; soudain, l’un à l’autre s’enlace;
Ils roulent; tous leurs jeux sont des assauts de grâce;
Auprès d’eux les chevreuils bondissants semblent lourds.

La grâce en les enfants, la beauté dans les roses,
La nature impuissante en ses métamorphoses,
N’a que deux fois produit le chef-d’oeuvre parfait.

Hors d’elle, l’art vagit empêtré dans ses langes.
Qu’a fait l’orgueil humain ? les peintres, qu’ont-ils fait ?
Corrège, des amours, et Raphaël, des anges !

(Hippolyte Taine)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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LE CHAT (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

LE CHAT

Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.

Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,
Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds ;
Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse,
C’est la beauté plastique en robe de velours :
Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,

Vivant dans la pénombre et le silence austère
Où ronfle son ennui comme un poêle enchanté,
Sa compagnie apporte à l’homme solitaire
Le baume consolant de la mysticité
Vivant dans la pénombre et le silence austère.

Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre,
C’est bien l’âme du gîte où je me tiens sous clé ;
De la table à l’armoire et du fauteuil à l’âtre,
Il vague, sans salir l’objet qu’il a frôlé,
Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre.

Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue
Où livres et cahiers gisent ouverts ou clos,
Il passe comme un souffle, effleurant de sa queue
La feuille où ma pensée allume ses falots,
Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue.

Quand il mouille sa patte avec sa langue rose
Pour lustrer son poitrail et son minois si doux,
Il me cligne de l’œil en faisant une pause,
Et je voudrais toujours l’avoir sur mes genoux
Quand il mouille sa patte avec sa langue rose.

Accroupi chaudement aux temps noirs de décembre
Devant le feu qui flambe, ardent comme un enfer,
Pense-t-il aux souris dont il purge ma chambre
Avec ses crocs de nacre et ses ongles de fer ?
Non ! assis devant l’âtre aux temps noirs de décembre

Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes
À la face bizarre, aux tétons monstrueux,
Il songe à l’angora, mignonne des mignonnes,
Qu’il voudrait bien avoir, le beau voluptueux,
Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes.

Il se dit que l’été, par les bons clairs de lune,
Il possédait sa chatte aux membres si velus ;
Et qu’aujourd’hui, pendant la saison froide et brune,
Il doit pleurer l’amour qui ne renaîtra plus
Que le prochain été, par les bons clairs de lune.

Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve,
Et quand nous en sortons encor pleins de désir,
Il nous jette un regard jaloux et presque fauve
Car tandis que nos corps s’enivrent de plaisir,
Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve.

Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte,
Comme pour y cueillir un brin de volupté,
La passion reluit dans sa prunelle verte :
Il est beau de mollesse et de lubricité
Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte.

Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante,
Dans le creux où son corps a frémi dans mes bras,
Il se roule en pelote, et sa tête charmante
Tourne de droite à gauche en flairant les deux draps,
Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante.

Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule,
Et quand il s’est grisé de la senteur d’amour,
Il s’étire en bâillant avec un air si drôle,
Que l’on dirait qu’il va se pâmer à son tour ;
Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule.

Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières
Où, matou lovelace et toujours triomphant,
Il s’amuse à courir pendant des nuits entières
Les chattes qu’il enjôle avec ses cris d’enfant :
Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières.

Panthère du foyer, tigre en miniature,
Tu me plais par ton vague et ton aménité,
Et je suis ton ami, car nulle créature
N’a compris mieux que toi ma sombre étrangeté,
Panthère du foyer, tigre en miniature.

(Maurice Rollinat)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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FEU (Manolis)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2022




    
Poem in French, English, Spanish, Dutch and in Arabic, Bangla, Catalan, Chinese, Farsi, German, Greek, Hebrew, Hindi, Icelandic, Indonesian, Irish (Gaelic), Italian, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Macedonian, Malay, Polish, Portuguese, Romanian, Russian, Serbian, Sicilian, Tamil

Poem of the Week Ithaca 708 “FIRE”,
MANOLIS, Greece, 1947

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

FEU

Le feu prendra sa revanche
après le dessèchement de la terre
il deviendra un tigre dompté, mis en cage
pour faire flamber une masure à moitié délabrée
une bougie isolée
pour cuire du pain dans une poêle en métal
placée sur deux pierres
le premier four extérieur réemployé
vêtement d’amour imprégné de sueur
pendu au fil à sécher le linge

Le feu prendra sa revanche
après le dessèchement de la terre
pour devenir le sauveur,
un vieux saint mythologique,
peint sur des icônes
un roc immobile, conservé comme statue
dans l’infinité du temps.

(Manolis)

GRÈCE (1947)
Traductión Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

FIRE

Fire will take its revenge
after scorching the earth
it will become a tamed, caged tiger
to light the half-fallen hovel,
a lonely candle,
to bake bread in the iron pan
placed over two stones
the first reused exterior oven
love cloths moistened by sweat
drying up on cloths-line
Fire will take its revenge
after scorching the earth
to become the savior
an ancient mythological saint
depicted in icons
a static rock standing, as a statue
preserved in the endlessness of time.

MANOLIS, GREECE (1947)

***

FUEGO

El fuego se vengará
después de abrasar la tierra,
convertido en un tigre enjaulado
para iluminar la casucha derruida,
una vela solitaria,
para cocer el pan en un molde metálico
colocado sobre dos piedras,
el primer horno exterior reutilizado
entre paños de amor humedecidos por el sudor
secándose en el tendedero

El fuego se vengará
después de abrasar la tierra
para convertirse en el salvador,
un antiguo santo mitológico
representado en iconos,
una roca quieta en pie, como una estatua
preservada en la infinitud del tiempo.

MANOLIS, GRECIA (1947)
Traducción Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

VUUR

Het vuur zal wraak nemen,
na het verschroeien van de aarde
zal het een getemde, gekooide tijger worden
om het half vervallen krot aan te steken,
een eenzame kaars,
om brood te bakken in een metalen pan
geplaatst op twee stenen
de eerste herbruikte buitenoven
door zweet doordrenkte liefdeskledij
die op de wasdraad te drogen hangt

Het vuur zal wraak nemen
na het verschroeien van de aarde
om de redder te worden,
een oude mythologische heilige,
afgebeeld in iconen
een statische rots, als standbeeld bewaard
in de eindeloosheid van de tijd.

Manolis, Griekenland (1947)
Vertaling Germain Droogenbroodt

***

حريق

ستنتقم النار بعد جفاف الأرض
ستصبح نمرًا مروضًا،
محبوسًا لإشعال النار في كوخ مخرو.
شمعة معزولة
لخبز الخبز في مقلاة معدنية موضوعة على حجرين
أول فرن خارجي يعاد استخدامه
لباس حب مبلل بالعرق
معلق على حبل تجفيف الملابس
ستنتقم النار بعد جفاف الأرض
…. لتصبح المنقذ ،
قديسًا أسطوريًا قديمًا ….
يرسم صخرة ثابتة على أيقونات
محفوظة كتمثال في ما لا نهاية من الزمن

مانوليس، اليونان (1947)
ترجمة للعربية : عبد القادر كشيدة
Translated into Arab by Mesaoud Abdelkader

***
অগ্নি

অগ্নি নিবে তার
প্রতিশোধ
পৃথিবীকে দুঃসহ তাপে বিদীর্ণ করার
পর
এটি পরিণত হবে একটি
আয়ত্তাধীন, খাঁচার বাঘ
আলোকিত করতে অধঃ-পতিত
গর্ত,
একটি একাকী মোমবাতি,
লোহার তাওয়াতে রুটি
সেকার জন্য
বসানো হয়েছে দুটি পাথরের
উপর
প্রথম পুনর্ব্যবহৃত
বাহ্যিক তাওয়া
ভালোবাসে ঘামে
সিক্ত কাপড়গুলি কে
শুকিয়ে যায় জামা কাপড় শুকাতে দেওয়ার
দড়িতে

অগ্নি নিবে তার
প্রতিশোধ
পৃথিবীকে দুঃসহ তাপে বিদীর্ণ করার
পর
ত্রাণকর্তা রূপে আবির্ভূত হওয়ার জন্য
একজন প্রাচীন
পৌরাণিক সাধু
বর্ণিত হয়েছেন অঙ্কিত প্রতিমূর্তি গুলিতে
একটি স্থির পাথর
দাঁড়িয়ে আছে, ভাস্কর্য রূপে
সংরক্ষিত হয়ে আছে
সময়ের সীমা হীনতায়।

মানোলিস, গ্রীস (১৯৪৭)
লেখক এবং জার্মেইন ড্রুজেনব্রুডট দ্বারা অনুবাদ
Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

FOC

El foc es venjarà
després de cremar la terra
es convertirà en un tigre domesticat i engabiat
per encendre la barraca mig caiguda,
una espelma solitària,
per coure pa a la paella de ferro
col·locada sobre dues pedres
el primer forn exterior reutilitzat
roba estimada humitejada per la suor
assecant-se a la línia de draps

El foc es venjarà
després de cremar la terra
per convertir-se en el salvador
un sant mitològic antic
representat en icones
una roca estàtica dempeus, com una estàtua
conservada en la infinitud del temps.

MANOLIS, GRÈCIA (1947)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

火在烧焦大地之后
它将报仇雪恨
将变成一只驯服的、笼里的老虎
变成一支孤独的蜡烛
照亮那间半塌的茅屋,
变成首个可重复用的外烤炉
在放在两块石头上
的铁锅里烘烤面包
变成汗湿的爱的衣服
正在晾衣绳上晾干

火在烧焦大地之后
它将报仇雪恨
将变成救世主
变成一位神像描绘的古代
神话中的圣人
变成矗立静止的岩石,如雕像
保存在时间的永恒里。

原 作:希 腊 马诺利斯(1947年)
英 译:作者和杰曼·卓根布鲁特
汉 译:中 国 周道模 2021-11-27
Translated into Chinese by Willam Zhou

***

آتش

آتش انتقامش را می‌گیرد
پی از سوزاندن زمین
تبدیل به ببری رام شده در قفس خواهد شد
برای روشن کردن نیمه‌ی چاله‌ی تاریک
یک شمع تنها،
برای پختن نان در تابه‌ی آهنی
گذاشته شده روی دو سنگ
اولین اجاق قابل مصرف دوباره
لباس‌هایی که از عرق عشق‌بازی مرطوبند
روی بند رخت خشک می‌شوند

آتش انتقامش را می‌گیرد
پس از سوزاندن زمین
تا نجات دهنده‌یی شود
چون قدیسی اساطیری باستانی
نشان داده شده در نماد
یک سنگ ثابت ایستاده به عنوان مجسمه
حفظ شده در بی‌پایان زمان
مانولیس، یونان

١٩٤٧
ترجمه: سپیده زمانی
Translated into Farsi by Sepedih Zamani

***

FEUER

Das Feuer wird sich rächen
nachdem es die Erde verbrannt hat
es wird ein gezähmter, gefangener Tiger werden
es wird eine verfallene Hütte entzünden,
eine einsame Kerze,
es wird Brot in einer Metallpfanne backen
auf zwei Steine gestellt
der wiedergebrauchte erste Außenofen
mit Schweiß befeuchteten Tüchern
trocknend am Waschdraht

Das Feuer wird sich rächen
nachdem es die Erde verbrannt hat
es wird der Retter sein
ein uralter mythologischer Heiliger
abgebildet auf Ikonen
ein unbewegter Felsen wie eine Statue
bewahrt in der Unendlichkeit der Zeit.

MANOLIS, GRIECHENLAND (1947)
Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

FΦΛΟΓΑ

Η φλόγα θα πάρει την εκδίκηση της
κι αφού κατακάψει τη γη
θα γίνει ήμερη, σε κλουβί τίγρη
να φωτίσει το μισογκρεμισμένο χαμώϊ,
καντήλι ορφανό,
που θα ψήσει ψωμί στο τηγάνι
πάνω σε δυο πέτρες
πρωτόγονος, υπαίθριος φούρνος
του έρωτα ρούχα νωπά
απ’ τον ιδρώτα στεγνώνουν στο σχοινί

η φλόγα θα πάρει την εκδίκηση της
κι αφού κατακάψει τη γη
σωτήρας για να γίνει
πανάρχαιος μυθολογικός άγιος
ζωγραφισμένος σε εικόνα
στατικός βράχος ορθός, άγαλμα
να παραμείνει στον αιώνα

MANOLIS, Greece

***

אש / מנוליס
Manolis, Greece (1947)

הָאֵשׁ תִּנְקֹם אֶת נִקְמָתָהּ
אַחֲרֵי שֶׁתַּחְרֹךְ אֶת הָאֲדָמָה
הִיא תַּהֲפֹךְ לְנָמֵר מְאֻלָּף, כָּלוּא בִּכְלוּב
לְהָאִיר אֶת הַסְּכָכָה הַנְפוּלָה-לְמֶחֱצָה,
נֵר בּוֹדֵד,
לֶאֱפוֹת לֶחֶם בְּמַחֲבַת בַּרְזֶל
מֻנַּחַת עַל שְׁתֵּי אֲבָנִים
הַתַּנּוּר הַחִיצוֹנִי הָרִאשׁוֹן בְּשִׁמּוּשׁ חוֹזֵר
בִּגְדֵי אַהֲבָה לַחִים מִזֵּעָה
מִתְיַבְּשִׁים עַל חֶבֶל כְּבִיסָה

הָאֵשׁ תִּנְקֹם אֶת נִקְמָתָהּ
אַחֲרֵי שֶׁתַּחְרֹךְ אֶת הָאֲדָמָה
הִיא תַּהֲפֹךְ לְמוֹשִׁיעַ
לְקָדוֹשׁ מִיתוֹלוֹגִי קָדוּם
מְתֹאָר בְּצַלְמִיּוֹת
סֶלַע יַצִּיב עוֹמֵד, כְּפֶסֶל
שָׁמוּר בְּאֵינְסוֹפִיּוֹת הַזְּמַן.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translated into Hebrew by Dorit Weisman

***

आग

आग ले लेगी अपना बदला
धरती को झुलसाने के बाद
यह एक पालतू, पिंजरे में बंद बाघ बन जाएगा
आधे गिरे फावड़े को रोशन करने के लिए,
एक अकेली मोमबत्ती,
लोहे की कड़ाही में रोटी सेंकने के लिए
दो पत्थरों पर रखा
पहला पुन: उपयोग किया गया बाहरी ओवन
पसीने से भीगे प्यार के कपड़े
कपड़े की लाइन पर सूख रहा है l
आग ले लेगी अपना बदला
धरती को झुलसाने के बाद
उद्धारकर्ता बनने के लिए
एक प्राचीन पौराणिक संत
चिह्नों में दर्शाया गया है
एक स्थिर चट्टान खड़ी है, एक मूर्ति के रूप में
अनंत काल में संरक्षित।

मानोलिस, ग्रीस (1947)
Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

ELDUR

Eldurinn mun hefna sín
eftir að brenna jörðina
verður hann gæfur tígur í búri
og lýsir upp hálfhrunið hreysi,
einmana kerti
og bakar brauð í járnformi
yfir hlóðum
fyrsta endurnýtta útiofninum
svitablaut ástarföt
til þerris uppi á snúru

Eldurinn mun hefna sín
eftir að brenna jörðina
verður hann frelsari
forn ævintýradýrlingur
sem er lýst í helgimyndum
stífur klettur eins og myndastytta
varðveittur endalausan tíma.

MANOLIS, Grikklandi (1947)
Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu höfundar & Germains Droogenbroodt
Translated into Icelandic by Thor Stefansson

***

API

Api akan membalas dendam
setelah membakar bumi
akan menjadi harimau jinak yang terkurung
untuk menyalakan gubuk yang doyong,
lilin yang kesepian,
untuk memanggang roti di wajan besi
ditempatkan di atas dua batu
yang pertama didaur bagian luar tanur
kain cinta yang dibasahi oleh peluh
mengering di jemuran

Api akan membalas dendam
setelah membakar bumi
menjadi penyelamat
santo mitologi kuno
digambarkan dalam ikon
batu statis yang tegak, seperti patung
diawetkan dalam keabadian waktu.

MANOLIS, Greece (1947)
Translated into Indonesian by Lily Siti Multatuliana

***

TINE

Bainfidh an tine díoltas amach,
loiscfidh sí an talamh,
déanfaidh sí tíogar fíochmhar di féin.
Soilseoidh sí na botháin bheaga ainnise,
Ina coinneal aonair.
Bácálfaidh sí an t-arán ar an ngrideall
Triomóidh sí na héadaigh ar an líne
Atá báite le hallas.

Bainfidh an tine díoltas amach
Loiscfidh sí an talamh,
Déanfaidh sí slánaitheoir di féin,
Naomh ársa drithleach,
Iocón sa chúinne,
Carraig stuama nach féidir a chorraí.
Seasfaidh sí linn go síoraí.
MANOLIS, An Ghréig (1947)
Aistrithe go Gaeilge ag Rua Breathnach
Translated into Irish (Gaelic) by Rua Breathnach

***

FUOCO

Il fuoco avrà la sua vendetta
dopo aver bruciato la terra
diventerà un tigre in gabbia, addomesticata
per illuminare un baracca mezza diroccata,
una candela solitaria,
per cuocere il pane su una padella di metallo
appoggiata su due pietre
il primo forno da esterno usato di nuovo
vestiti d’amore zuppi di sudore
si asciugano sul filo dei panni

Il fuoco avrà la sua vendetta
dopo aver bruciato la terra
per diventare il salvatore
di un antico santo mitologico
dipinto in icone
un pietra ferma, in piedi, come una statua
conservata nell’infinità del tempo.

MANOLIS, Greece (1947)
Traduzione dell’autore – Germain Droogenbroodt – Luca Benassi

***

火は大地を焼き焦がした後に
復讐をする
飼い慣らされた檻の虎となり
半分崩れ落ちたあばら家を照らす
一本のろうそくは
ふたつの石の上におかれた
鉄のフライパンでパンを焼き
はじめて使われる天火は
物干しの上の
汗で愛で濡れた衣服を乾かす

火は大地を焼き焦がした後
復讐をする
救世主となるために
イコンに描かれた
古代の神話の聖人
動かない岩は彫像となって立ち
永遠の時間の中に保たれる

マノリス(ギリシア,1947)
Translated into Japanese by Manabu Kitawaki

***

MOTO

Moto utalipiza kisasi,
baada ya kuunguza ardhi,
utakuwa simbamarara aliyefugwa,
kuwasha makao duni iliyoanguka nusu,
mshumaa wa upweke,
kuoka mkate katika sufuria ya chuma,
kuwekwa juu ya mawe mawili,
tanuri ya kwanza ya nje iliyotumika tena,
vitambaa vya mapenzi vilivyolowa maji kwa jasho
kukauka kwenye waya ya kuanika nguo.

Moto utalipiza kisasi,
baada ya kuunguza ardhi,
ukuwe mwokozi mtakatifu wa kale wa ngano
aliyeonyeshwa kwa
ishara,
mwamba mtulivu uliosimama, kama sanamu
kuhifadhiwa katika wakati usio na mwisho.

MANOLIS, GREECE (1947)
Mtafsiri: Bob Mwangi Kihara
Translated into Kiswahili by Bob Mwangi Kihara

***

AGIR

Agir wê tola xwe vedê
piştî şewitandina erdê
wê bibê pilingekî girtî, lîwankirî
wê bibê gomeke kavilbûyî, şewitandî,
erê, findeke tenyayî,
wê nan di tewkeke kanî de li ser
du kuçikan bê birajtin
li ser agirdanka yekê li derva
desmalkên terbûyî
bi xwîhdanê bêne ziyakirin

Agir wê tola xwe vedê
piştî şewitandina erdê
rizgarkar wê bê
ewê pîroz ji mejvemeya kevnar
li ser îkonan hatiye neqişkirin
ew peykerê li ser zinêr
wê berdewamiya demê biparêze.

MANOLIS, 1947, Yonanistan
Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

ОГАН

Огнот ќе ни се одмазди
откако ќе ја пеплоса земјата
ќе стане скротен тигар затворен во кафез
за да ја запали полураспаднатата колипка,
осамената свеќа,
за да испече леб во железната тава
поставена на два камења
првата повторно употребена надворешна печка
љубовна ткаенина натопена од пот
се суши на жицата за алишта

Огнот ќе ни се одмазди
откако ќе ја пеплоса земјата
за да стане спасител
стар митолошки светец
прикажан на иконите
неподвижна карпа што стои како статуа
зачувана во бескрајноста на времето.

Манолис, Грција (1947)
Manolis, Greece (1947)
Превод од англиски на македонски: Даниела Андоновска-Трајковска
Translation into Macedonian: Daniela Andonovska Trajkovska

***

AGIR

Agir wê tola xwe vedê
piştî şewitandina erdê
wê bibê pilingekî girtî, lîwankirî
wê bibê gomeke kavilbûyî, şewitandî,
erê, findeke tenyayî,
wê nan di tewkeke kanî de li ser
du kuçikan bê birajtin
li ser agirdanka yekê li derva
desmalkên terbûyî
bi xwîhdanê bêne ziyakirin

Agir wê tola xwe vedê
piştî şewitandina erdê
rizgarkar wê bê
ewê pîroz ji mejvemeya kevnar
li ser îkonan hatiye neqişkirin
ew peykerê li ser zinêr
wê berdewamiya demê biparêze.

MANOLIS, 1947, Yonanistan
Malayan translation by Dr. Irwan Abu Bakar

***

OGIEŃ

Ogień weźmie odwet,
kiedy wypali ziemię
zamieni się w poskromionego tygrysa w klatce,
by rozjaśnić na pół upadłą ruderę
świecą-sierotką,
wypiecze chleb w żelaznej formie
ustawionej na dwóch kamieniach
w tak prymitywnym piecu pod gołym niebem,
a tkanina miłości, przesiąkła potem
będzie schła na sznurze.

Ogień weźmie odwet,
kiedy wypali ziemię
by stać się wybawcą,
pradawnym legendarnym świętym
ukazanym na ikonach
stojącą bez ruchu skałą stromą jak posąg
zachowany w nieskończoności czasu.

MANOLIS, Grecja- Kanada (1947)
przekład na polski: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień
Translated to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***

O FOGO

O fogo vingar-se-á
depois de queimar a terra
transformar-se-á num tigre amansado, enjaulado
para iluminar o casebre semi-destruído,
uma vela solitária
para cozer pão na panela de ferro
colocada sobre duas pedras,
o primeiro forno exterior usado de novo
roupas do amor humedecidas pelo suor
secando nos fios do estendal

O fogo vingar-se-á
depois de queimar a terra
para se tornar o Salvador,
um santo, um mito antigo
representado em ícones,
uma rosa estática levantada, como uma estátua
preservada na infinitude do tempo.

MANOLIS, Grécia (1947)
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

FOC

Focul se va răzbuna
pârjolind pământul,
mai apoi, dresat, tigrul încarcerat
va aprinde șura gata să se surpe
candela stingheră
pâinea o va coace în tava de oțel
sprijinită pe doi bolovani
sub cer liber fi-va el întâiul cuptor reciclat
hainele îmbibate de sudori de amor
vor sta atârnate pe frânghie, la uscat.

Focul se va răzbuna
pârjolind pământul
transformat în antic sfânt mântuitor
personaj de mit
zugrăvit de icoane
stâncă neclintită, stană și statuie,
ferecat în veșnicia timpului.

MANOLIS, Grecia(1947)
Traducere: Germain Droogenbroodt și Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translated into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

ОГОНЬ

Огонь будет мстить
он сожжет землю и
станет прирученным пойманным в клетку тигром
подожжет заброшенную лачугу
одинокую свечу
поджарит хлеб на железном листе
на двух камнях
на вновь первобытной печи
одежды любви, пропитанные потом,
высушит на бельевой веревке.

Огонь будет мстить
он сожжет землю, но
ее и спасет
станет святым из мифов,
написанным на иконах,
безжизненный камень, памятник
в бесконечности времени.

Манолис, Греция (1947)
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translated into Russian by Daria Mishueva

***

VATRA

Osvetiće se vatra
kad sagori zemlju.
Postaće pitomi tigar
u kavezu
koji osvetljuje polusrušenu kolibu.
Biće ona usamljena sveća.
Opet će se peći hleb
u gvozdenom tiganju
postavljenom preko dva kamena-
spoljašna peć.
Ljubavne tkanine ovlažene znojem
sušiće se na kanapima.

Osvetiće se vatra
posle spaljivanja zemlje
da bi postala spasitelj,
drevni mitološki svetac
opisan u ikonama,
nepokretan kamen, uspravljen kao kip
sačuvan u beskraju vremena.

MANOLIS, Greece (1947)
Sa engleskog prevela S. Piksiades
Translated into Serbian by S. Piksiades

***

FOCU

Lu focu si vinnica
doppu ca bruciau la terra
diventa na tigri manza nta na gaggia
pi lluminari na casuzza menza sdirrupata
na canniredda sulitaria
pi cociri lu pani nta na padedda di ferru
supra a du petri
lu primu furnu a l’apertu riusabbili
robbi d’amuri vagnati di suduri
ca s’asciucanu stinnuti supra a corda

Lu focu si vinnica
Doppu ca bruciau lu munnu
Pi divintari lu sarvaturi
un anticu santu miltologicu,
pittatu nta iconi
na petra statica addritta, comu na statua
prisirvata nta lu tempu senza fini.

MANOLIS, Greece (1947)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

நெருப்பு

நெருப்பு
பூமியை கொளுத்திவிட்டு தனது
பழிவாங்கும் படலத்தை
முடித்துக் கொள்ளும்
அது முரட்டுத்தன்மையற்ற,
கூண்டில் இடப்பட்ட புலியைப்போல
இரண்டு கற்களின் மேல் வைக்கப்பட்ட
அடுப்பில் ரொட்டித்துண்டை சுடுவதற்காக
ஒரு மெழுகுவர்தியை ஏற்றி
முதல் திரும்ப பயன்படுத்தும் சூட்டடுப்பு
வியர்வையினால் ஈரமான துணிகளை
காயவைக்க விரும்பி காயவைத்து!

நெருப்பு
பூமியை கொளுத்திவிட்டு தனது
பழிவாங்கும் படலத்தை
முடித்துக் கொள்ளும்
ஒரு மீட்பராக
பண்டைய புராணத் துறவி
புனித தெய்வச்சிலையாக
அசையாத குன்றின்மேல் வைக்கப்பட்டு
முடியாத காலத்திற்காக
பாதுகாக்கப்பட்டு!
ஆக்கம் Great.

MANOLIS, Greece (1947)
Translated into Tamil by DR. N V Subbaraman

Recueil: ITHACA 708
Editions: POINT
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Le rubis de l’été (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2021




    
Le rubis de l’été
flambe dans la rosée :
sur nous la majesté
du monde s’est posée.

Comme l’espace enferme
et divulgue le jour,
dans la parole germe
la gloire du retour.

Haute présence
ô clarté sainte
ô verbe enfin concilié.

Double silence
et simple étreinte,
ô monde enfin sanctifié.

(Claude Vigée)

Recueil: L’homme naît grâce au cri
Traduction:
Editions: POINTS

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En un éclair (Malcolm de Chazal)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021


incandescence

Quand on plante des si et des quand,
qu’est-ce qui pousse ?
Rien.

Tout concourt au bien de celui qui aime Dieu

La dernière
Allumette
Flambée
On vit.

Le noir
Se consumer
En un éclair.

(Malcolm de Chazal)

Illustration

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PROMESSE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

Charles West Cope -« The Thorn »

PROMESSE

Quand tu me donnes ta main c’est ton être entier
Nous voilà dépossédés copropriétaires de deux corps
Un coq flambera entre nos souffles
et nous nous évanouirons une seule présence réelle

(André Frénaud)

Illustration: Charles West Cope

 

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Soleils à gué (Jean-François Roger)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



Soleils à gué
dans la paume
des seringas
où flambe
une sève d’images

(Jean-François Roger)


Illustration

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LES BOTTINES (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2020




    
LES BOTTINES.

…Ce bruit charmant des talons qui
résonnent sur le parquet : clic ! clac ! est
le plus joli thème pour un rondeau.

GŒTHE, Wilhelm Meister.

I.

Moitié chevreau, moitié satin,
Quand elles courent par la chambre,
Clic ! clac !
Il faut voir de quel air mutin
Leur fine semelle se cambre.
Clic ! Clac !

Sous de minces boucles d’argent,
Toujours trottant, jamais oisives,
Clic ! clac !
Elles ont l’air intelligent
De deux petites souris vives.
Clic ! clac !

Elles ont le marcher d’un roi,
Les élégances d’un Clitandre,
Clic ! clac !
Par là-dessus, je ne sais quoi
De fou, de railleur et de tendre.
Clic ! clac !

II.

En hiver au coin d’un bon feu,
Quand le sarment pétille et flambe,
Clic ! clac !
Elles aiment à rire un peu,
En laissant voir un bout de jambe.
Clic ! clac !

Mais quoique assez lestes, – au fond,
Elles ne sont pas libertines,
Clic ! clac !
Et ne feraient pas ce que font
La plupart des autres bottines.
Clic ! clac !

Jamais on ne nous trouvera,
Dansant des polkas buissonnières,
Clic ! clac !
Au bal masqué de l’Opéra,
Ou dans le casino d’Asnières.
Clic ! clac !

C’est tout au plus si nous allons,
Deux fois par mois, avec décence,
Clic ! clac !
Nous trémousser dans les salons
Des bottines de connaissance.
Clic ! clac !

Puis quand nous avons bien trotté,
Le soir nous faisons nos prières,
Clic ! clac !
Avec toute la gravité
De deux petites sœurs tourières.
Clic ! clac !

III.

Maintenant, dire où j’ai connu
Ces merveilles de miniature,
Clic ! clac !
Le premier chroniqueur venu
Vous en contera l’aventure.
Clic ! clac !

Je vous avouerai cependant
Que souventes fois il m’arrive,
Clic ! clac !
De verser, en les regardant,
Une grosse larme furtive.
Clic ! clac !

Je songe que tout doit finir,
Même un poème d’humoriste,
Clic ! clac !
Et qu’un jour prochain peut venir
Où je serai bien seul, bien triste,
Clic ! clac !

Lorsque, – pour une fois,
Mes oiseaux prenant leur volée,
Clic ! clac !
De loin, sur l’escalier de bois,
J’entendrai, l’âme désolée :
Clic ! clac !

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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Seul (Joachim Kaboré Drano)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration: Karen L’Hemeury
    
Seul…

Seul
un grain de terre chante

Seul
un feu flambe

Seul
un bruit garde la parole

Seule
une parole garde la mappemonde

Seul
un regard ailé de l’enfance
au fond de la calebasse
tourbillonne dans la nature serpentée
où se trouvent la tête et le pied

Arpenteur du lombaire
des mystères de nos pas

Ton regard croisé
tu gardes le corps qui pactise

C’est le vieil arbre qui s’élance
à la suite de l’étoile perdue
Ton sourire emporté
joue le tambour effréné
des racines hirsutes

(Joachim Kaboré Drano)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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CHANT D’UN FANTASSIN (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



 

Illustration: Erich Heckel
    
CHANT D’UN FANTASSIN
À André Bacqué

Je voudrais être un vieillard
Que j’ai vu sur une route ;
Assis par terre au soleil
Il cassait des cailloux blancs
Entre ses jambes ouvertes.
On ne lui demandait rien
Que son travail solitaire.
Quand midi flambait les blés,
Il mangeait son pain à l’ombre.

*

Je connais, dans un ravin
Obstrué par les feuillages,
Une carrière ignorée
Où nul sentier ne conduit.
La lumière y est furtive
Et aussi la douce pluie ;
Et un seul oiseau parfois
Interroge le silence.
C’est une blessure ancienne,
Étroite, courbe et profonde
Oubliée même du ciel ;
Sous la viorne et sous la ronce
J’y voudrais vivre blotti.

*

Je voudrais être l’aveugle
Sous le porche de l’église :
Dans sa nuit sonore il chante !
Il accueille tout entier
Le temps qui circule en lui
Comme un air pur sous des voûtes.
Car il est l’heureuse épave
Tirée hors du morne fleuve
Qui ne peut plus la rouler
Dans sa haine et dans sa fange.

*
Je voudrais avoir été
Le premier soldat tombé
Le premier jour de la guerre.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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