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Poésie

Posts Tagged ‘flamber’

AVEC TOI (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



Illustration
    
AVEC TOI

Turquoise rafale fuient
Par couples les perroquets
Véhémences
Le monde flambe
Un arbre
Bouillonnant de corbeaux
S’embrase sans brûler
Immobile
Parmi les hauts tournesols
Tu es
Pause de la lumière
Le jour
Un vaste mot clair
Battements de voyelles
Tes seins
Mûrissent sous mes yeux
Ma pensée
Est plus légère que l’air
Je suis réel
Je vois ma vie je vois ma mort
Le monde est réel
Je vois
J’habite une transparence

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

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Mais la couleur (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Illustration: Catherine RÉAULT-CROSNIER
    

mais la couleur flambe
comme crie un cri
vous crève les yeux

effet d’apparence
qui tire vengeance
de son épaisseur

à triche conscience
toute la présence
devient du regard

plus de certitude
quant à la nature
de l’identité

le vocabulaire
un linge brûlé
au bord du chemin

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Flamme (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

Flamme, la
bûche mi-
flambée, qui flambe,
y est.

(Robert Creeley)

 

 

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ANGELA ADONICA (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018




ANGELA ADONICA

Aujourd’hui je me suis étendu près d’une jeune fille pure
comme sur le bord d’un océan blanc,
comme au centre d’une ardente étoile
d’espace lent.

De son regard longuement vert
la lumière tombait comme une eau sèche,
en de transparents et de profonds cercles
de force fraîche.

Ses seins dressés comme un feu à deux flammes
flambaient au-dessus de deux régions,
et en un double fleuve arrivaient à ses pieds
grands et clairs.

Un climat d’or commençait à mûrir
les longitudes diurnes de son corps
l’emplissant de fruits débordants,
d’un feu occulte.

(Pablo Neruda)

Illustration: Paul Sieffert

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Guitare (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Jean-Claude Forez_Le_dejeuner_sur_lherbe1

Guitare

Je sais rouler une amourette
En cigarette,
Je sais rouler l’or et les plats !
Et les filles dans de beaux draps !

Ne crains pas de longueurs fidèles :
Pour mules mes pieds ont des ailes ;
Voleur de nuit, hibou d’amour,
M’envole au jour.

Connais-tu Psyché? – Non ? – Mercure ?…
Cendrillon et son aventure ?
– Non ? -… Eh bien ! tout cela, c’est moi :
Nul ne me voit.

Et je te laisserais bien fraîche
Comme un petit Jésus en crèche,
Avant le rayon indiscret…
– Je suis si laid ! –

Je sais flamber en cigarette,
Une amourette,
Chiffonner et flamber les draps,
Mettre les filles dans les plats !

(Tristan Corbière)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Pétanque (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

Jacques Aubry__ Pétanque

Pétanque

Les joueurs de boules
chômaient sur les graviers rouges
du parc.
Cabane en bois
tu bois pour parler
parler pour rien dire
et dire que j’en étais.
Sur la poubelle
flamber les allocs
sur une paire
de valets.
La fin de journée
caressait les écharpes
et l’acier
des planètes.
Nous rentrions
en essuyant la terre rouge
sur nos mains
inutiles.

(Balbino)

Illustration: Jacques Aubry

 

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La terre est demeurée dans l’ombre (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

Jean-Marie Moll Nuage_rouge

La terre est demeurée dans l’ombre ;
écarlates, les nuages flambaient ;
et moi je pensais à la mort,
qui nous séparera un jour.

***

La tierra se quedó en sombra;
granas, las nubes ardían;
y yo pensaba en la muerte,
que ha de partirnos un día.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Jean-Marie Moll

 

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SOIR RELIGIEUX (Emile van Arenbergh)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



SOIR RELIGIEUX

La vesprée automnale a la paix d’une église.
Çà et là, sous la lune, un astre, au fond du soir.
Scintille ainsi qu’un cierge au pied d’un ostensoir,
Et, tel un flot d’encens, monte une brume grise.

Comme une foule en deuil massée à l’horizon,
Là bas s’étale au flanc des monts la forêt sombre,
Et sa plainte, à travers le mystère de l’ombre,
Longuement psalmodie une sourde oraison.

Tandis qu’en s’étoilant, les tombantes ténèbres
Sèment de pleurs d’argent leurs tentures funèbres,
L’écarlate vitrail du couchant flambe encor ;

Et l’orbe du soleil, de ses lueurs dernières,
Dans les pourpres rubis des célestes verrières,
Fait au loin flamboyer une rosace d’or.

(Emile van Arenbergh)

Illustration

 

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ELSA (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Patrick Marquès
    
ELSA

Suffit-il donc que tu paraisses
De l’air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse

O forte et douce comme un vin
Pareille au soleil des fenêtres
Tu me rends la caresse d’être
Tu me rends la soif et la faim
De vivre encore et de connaître
Notre histoire jusqu’à la fin

C’est miracle que d’être ensemble
Que la lumière sur ta joue
Qu’autour de toi le vent se joue
Toujours si je te vois je tremble
Comme à son premier rendez-vous
Un jeune homme qui me ressemble

Pour la première fois ta bouche
Pour la première fois ta voix
D’une aile à la cime des bois
L’arbre frémit jusqu’à la souche
C’est toujours la première fois
Quand ta robe en passant me touche

Ma vie en vérité commence
Le jour où je t’ai rencontrée
Toi dont les bras ont su barrer
Sa route atroce à ma démence
Et qui m’a montré la contrée
Que la bonté seule ensemence

Tu vins au cœur du désarroi
Pour chasser les mauvaises fièvres
Et j’ai flambé comme un genièvre
À la Noël entre tes doigts
Je suis né vraiment de ta lèvre
Ma vie est à partir de toi

Suffit-il donc que tu paraisses
De l’air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse

(Louis Aragon)

 

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FEMME EN FLEURS (Marcelle Delpastre)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

Abbott Handerson Thayer_A_Virgin_1892-3

FEMME EN FLEURS

Femme en fleurs comme un grand châtaignier qui répand ses senteurs puissantes
Tu te dresses sur la campagne, tu flambes de bonnes odeurs,
tu prends le soleil et la pluie à tes rameaux chargés de fruits,
Tu es debout sur la colline, le bleu de l’espace et le vent ruissellent sur toi de la bouche aux talons,
les moissons croissent sur tes bras ; la ronde blondeur de tes seins gonfle le temps des récoltes mûres,
et dans ton sein déjà la nuit profonde se fermente ; déjà la grande mer roule sur toi la courbe de ses vagues.

(Marcelle Delpastre)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

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