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Poésie

Posts Tagged ‘flamboiement’

L’objectif du discours amoureux (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



L’objectif du discours amoureux:
aboutir tôt ou tard
dans l’amour au seul
flamboiement du silence

(Michel Camus)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Tristesse d’été (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



Tristesse d’été

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,
En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

De ce blanc Flamboiement l’immuable accalmie
T’a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux,
« Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l’antique désert et les palmiers heureux! »

Mais ta chevelure est une rivière tiède,
Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,
Pour voir s’il sait donner au coeur que tu frappas
L’insensibilité de l’azur et des pierres.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Giorgione

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Orange de la clarté pétrifiée (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Ô attitude engloutie
dans la matière,
muraille opaque protégeant
la tour de saphir,
écorces des pierres
inhérentes
au solide, au docile,
au chaud secret
et à la peau immuable de la nuit,
yeux intérieurs,
à l’intérieur
de la scintillance cachée,
muets
comme une prophétie
qu’un choc clair exhumerait.
Ô radiation,
orange de la clarté pétrifiée,
forteresse inviolée de la lumière
séquestrée dans un lent, très lent silence
jusqu’au moment où l’explosion
déterrera le flamboiement de ses épées.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Les Couleurs (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2018



Les Couleurs

ELOIGNEZ de mes yeux les flamboiements barbares
Du Rouge, cri de sang que jettent les fanfares.

Eteignez la splendeur du Jaune, cri de l’or,
Où le soleil persiste et ressurgit encor.

Ecartez le sourire invincible du Rose,
Qui jaillit de la fleur ingénument déclose,

Et le regard serein et limpide du Bleu, —
Car mon âme est, ce soir, triste comme un adieu.

Elle adore le charme atténué du Mauve,
Pareil aux songes purs qui parfument l’alcôve,

Et la mysticité du profond Violet,
Plus grave qu’un chant d’orgue et plus doux qu’un reflet.

Versez-lui l’eau du Vert, qui calme le supplice
Des paupières, fraîcheur des yeux de Béatrice.

Entourez-la du rêve et de la paix du Gris,
Crépuscule de l’âme et des chauves-souris.

Le Brun des bois anciens, favorable à l’étude,
Sait encadrer mon silence et ma solitude.

Venez ensevelir mon ancien désespoir
Sous la neige du Blanc et dans la nuit du Noir.

(Renée Vivien)

Illustration: Albert-Joseph Pénot

 

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Il rend grâce au soleil (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: Olga Guyot
    
Il rend grâce au soleil de cet automne
Qui cire les feuilles

Il les voit maintenant
Sans pitié
Sans colère
Sans amertume
Consentir aux agaceries de la saison
Qui brise leur pétiole
Et laisser place
Au flamboiement des fruits

Tant il est vrai que sont passées
Et leur verte jeunesse
Et les razzias de la lumière

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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Inconsolables (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2017



 

Illustration

    

Quelques vérités nous sont octroyées :
l’unique à laquelle l’accès nous est refusé se soustrait à toute définition,
étoile noire au coeur des galaxies.

Nous disparaîtrons,
inconsolables d’avoir questionné en vain les dieux
sur ce qui nous semblait comme le seul flamboiement de l’être en ce monde.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Lenteur de l’immensité (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



Lenteur de l’immensité
le geste large de l’horizon

Les flamboiements de l’eau
sous la torpeur des ponts

Le pommier derrière l’église
mémoire de la faute

La mort peut-être
la plus douce saison

(Georges Bonnet)

 

 

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Tristesse d’été (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



Tristesse d’été

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,
En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

De ce blanc flamboiement l’immuable accalmie
T’a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux,
« Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l’antique désert et les palmiers heureux ! »

Mais ta chevelure est une rivière tiède,
Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas !

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,
Pour voir s’il sait donner au cœur que tu frappas
L’insensibilité de l’azur et des pierres.

(Stéphane Mallarmé)

 

 

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Automne (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2015



Automne

Ce que j’écris et qui,
doré par mon orgueil,
me semble traits de feu
n’est peut-être que lueurs sur un marécage
ou flamboiement de feuilles mortes.

(Michel Leiris)

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QUE FAIS-TU DANS CETTE VILLE ? (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2015



Que fais-tu
Dans cette ville
Avec moi
Avec eux ?
Tu es trop belle

Sous leur rempart
Dans leurs portes
Nous nous cachons
Beauté amère
Tu es le vent et l’écume et l’odeur inouïe de la mer

Tu couronnes les rues et les flamboiements
Et tous ceux-là qui se remuent la ville
Et s’ils montent en foule
Tu es leur couronne

Entre le soleil qui les écrase
Et eux c’est toi la lumière
Tu es le sable doux aux pieds
Et qu’on oublie tu es le sable

Le regard des enfants
La beauté des jeunes filles
Sont affluents
De ta beauté d’orage et de torrent

Le désir te fait dôme
Le désir est le chemin des hommes
Tu y passes

La haine des femmes
Qui veulent te détruire
S’ouvre devant la proue de ta beauté
Oui tu les fends
Sur elles tu marches et tu avances
Ce qui les ronge est l’innocence
De ta beauté incessante

En rue
Tu es
Un diamant
Et nul n’ose y toucher
S’y brûler

Chez moi
Ton secret est meilleur
Ah ! s’ils savaient que tu te réserves
Ils te tueraient dans la rue
Et je te cache dans une étoffe
Modeste et trompeuse.

(Pierre Morhange)


Illustration: Leonid Afremov

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