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Poésie

Posts Tagged ‘flamme’

C’est aux souffles d’agir (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




    
C’est aux souffles d’agir :
celui où s’attise la cendre,
celui où crépite une flamme,
ardeur est la même,
qu’ils inspirent.

(Pierre Dhainaut)

 

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Les promesses du feu (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



Illustration: Jean-Marie Reynaud
    
Les promesses du feu

Ce fer amour que je forge deux fois,
Va le jeter dans l’extase liquide.
Entends siffler le métal rouge orange
Devenu bleu par morsure de l’eau.

Comme un poumon ce soufflet qui s’anime
Et porte l’air au coeur du brasier.
Un autre fer pour un même cheval
Qui tirera le soc sur les labours.

Un autre, un autre encore pour l’image
De quatre fers, quatre points cardinaux
Qui jailliront comme des étincelles
Pour situer ta présence en ces lieux.

Coups sur l’enclume, un village s’éveille.
Coups sur le fer, une forme apparaît.
Le forgeron sous son cuir a des ailes
Et sur son front des perles de rosée.

Qui les dira ses prouesses cosmiques
Mariant l’air et la terre et le feu ?
Le bras se lève et retombe en cadence
Et le fer chante et chante le marteau.

L’adolescent qui regarde la flamme
Forge sa vie et contemple ce bras
Si musculeux, si noueux qu’il évoque
De vieux exploits enfouis dans l’Histoire.

Et cette odeur de charbon, de matière,
De fer à blanc, de sueur sur la chair
Grise l’instant. Des chapelets de fers
Sur le mur noir attendent leur voyage.

Frères du jour revenons à ces forges
Où fut un homme au visage de feu
Que je revois, présence salvatrice,
Quand le présent m’assaille de sa nuit

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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La sirène (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



 


    
La sirène

A toi la soeur des vagues
Mon chant marin.

Ce sont les jours qui volent
Non les oiseaux.

Est-ce ton corps qui brille
Ou le soleil ?

Tu nages mieux que moi
Qui suis galet.

Tu danses sur les plages
De l’avenir.

Nous sommes seuls au monde
Parmi les flots.

Petite soeur des vagues,
Existes-tu ?

N’es-tu qu’un peu d’écume,
Un souvenir ?

Ou bien la flamme bleue
Pour me brûler ?

— J’existe, dit la vague
Au vieux marin.

J’existe sans la mer
Et sans le vent.

Car je suis sur tes lèvres
Comme le sel.

Car je suis dans ta vie
Comme ta mort.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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MARINES (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



MARINES

I

Je me suis pris à caresser
La mer qui hume les orages

II

Ma bouche au ras des flots buveuse de paroles
Prenant l’or au soleil sur un chemin d’or chaud
Comme foule pressée entraînée exaltée
Les vagues les étés dans cet arbre ajouré
Dans cet arbre accessible aux couleurs et aux hommes
Leur azur leur ciel pur le mélange des eaux
Leur dentelle et la flamme du matin désert
Deux vallées trois sommets s’unissent font la chaîne
L’océan qui me mène a le destin du ciel
Et la vague initiale amenuise un nuage.

III

Miroir ouvert sur ces oiseaux uniques
Qui tremblent d’aise à chaque goutte d’eau.

IV

L’herbe grande d’océan
Sur les sables assoupis

La fleur de fille marine
Les astres vierges en fête
Midi blanc dans les fonds noirs
Et dans le filet l’hiver

L’injure jetée au vent À la vague du tombeau.

Tout au plus un navire
Tout au plus un navire à demi englouti
Comme un poignard dans sa blessure
Connaît encore l’ombre

Tout au plus un radeau
La mort simple
Et la mer est plus vide qu’un ivrogne pauvre.

VI

Dernière vague ivresse de vieillard
Les solubles coteaux et la lune risible
N’ont trouvé dans mon cœur qu’un espace restreint
Et la mer dans le ciel n’est qu’une goutte d’eau.

VII

C’est la pierre pâle au front des plus forts
Sous la terre humide et les feuilles mortes
Tous feux éteints dans les régions de l’ignorance

Sous les ongles de la rouille

Nous ne savons rien de la terre
L’homme n’a pas besoin de nous
Son ciel n’est plus le nôtre

Tout nous paraît immobile
L’oeil et le coeur de nos semblables
La lumière et ses géants
La profondeur et ses nains
La mort sans corps capitale

Le scandale de la tempête

Sauvés que notre poids s’élève
Comme la source à son premier éclair
Que notre forme soit sereine

La nuit se baigne dans les puits

Le risque de mourir s’annule
Comme deux des chiffres zéro
Une mousse de bluets
A blanchi jusqu’à la corde
La grand’voile de couleur.

(Paul Eluard)

Illustration: Tina Palmer

 

 

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O filles de Zeus (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2017



O filles de Zeus, Grâces aux bras de rose,
Venez, apportant les parfums de jadis,
Le frisson des voix, du rythme et de la pause,
Et l’or du paktis.

Vous dont la langueur divine se repose
Dans l’éclair de l’aube et la flamme du jour,
Venez en dansant, Grâces aux bras de rose,
Riant à l’amour.

(Renée Vivien)

Illustration: Raphaël

 

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Longtemps je t’ai cherchée (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017




    
Longtemps je t’ai cherchée, ô Réalité insaisissable!
Mon coeur est plein de la brûlure de l’attente.

Une musique très douce vibre dans les profondeurs du silence
Mais mieux vaudrait que je me perde dans l’extase de la musique.

Mes mains se sont jointes pour la prière
Mais je n’ai pas trouvé l’apaisement;
Une voix douloureuse en moi criait :
« A quoi sert la prière à l’amant de la vie? »

Le papillon grisé par sa danse folle
Dit à la chandelle ardente :
Le secret de la vie n’est ni dans ta flamme
dans le sacrifice que je consens à l’amour »

Ne crains pas de te meurtrir le cceur
cette urne fragile et combien vulnérable
Plus sera brisé par l’âpreté de la lutte
Plus il sera précieux et cher au créateur.

Crois et en vivant le Mystère deviendra lumineux
Que ton être se consume dans l’immense clarté!

(Mohammad Iqbal)

 

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PRIERE (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017




    
PRIERE

Toi qui emplis ma coupe de nectar divin,
Que sa chaleur me révèle à moi-même!

Fais de l’amour mon guide,
Que ton souffle ardent fasse jaillir de ma poussière une flamme hardie!

Lorsque je serai mort, fais de ma cendre une lampe
qui brille dans le désert au feu de ma douleur.

(Mohammad Iqbal)

 

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LE CHANT DU TEMPS (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017



Illustration: Josephine Wall 
    
LE CHANT DU TEMPS

Le soleil est dans mon coeur, les étoiles se cachent dans les plis de ma tunique.
Si tu me contemples, je ne suis rien; si tu regardes en toi, je suis toi-même.
Dans les villes et dans les campagnes, dans les palais et dans les chaumières,
Je suis la douleur et ce qui l’apaise, je suis la joie infinie.

Je suis l’épée qui déchire l’univers, je suis la Source de Vie.
Les Gengis Khan et les Tamerlan ne sont qu’une poignée de ma poussière,
Le bruit et la fureur de l’Europe ne peuvent rivaliser avec le plus infime de mes échos.
L’homme et son univers ne sont que l’une de mes esquisses,
C’est avec le sang de son cceur que je colore mon printemps.

Je suis flamme ardente, je suis divin paradis.
Ô étrange mystère! Je suis à la fois immobile et en marche,
L’éternité se reflète dans ma coupe éphémère.
Mille mondes rutilants sont enfouis dans mon coeur,
Mille étoiles filantes et mille globes d’azur.

Je suis le manteau de l’humanité et la robe de la divinité.
Je suis le maître du destin et le créateur de la liberté.
Tu es l’amant de Leila et moi le désert de ton amour.
Je suis au-delà de ta quête, inaccessible comme l’esprit.

Je suis le secret de ton coeur et tu es le secret du mien;
Caché au fond de toi-même, je me manifeste à travers toi.
Je suis le voyageur et toi le but du voyage. Je suis le champ et toi la moisson.
Tu es la musique des musiques, tu es l’âme de la vie.

Ô vagabond pétri d’argile, vois comme ton coeur est immense!
Un océan sans limites enfermé dans une coupe
dont les lames de fond sèment la tempête.

(Mohammad Iqbal)

 

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La vérité (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017




    
Quand elle est dépourvue de flamme,
la vérité est philosophie;

Elle devient poésie
quand elle emprunte sa flamme au coeur.

(Mohammad Iqbal)

 

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XIX) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017



Illustration: Carole Cousseau
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XIX)

Le soleil reste sur ta bouche
à la place où miroite encore un baiser.
Ton visage lui appartient mais il me le rend
pour des nuits plus longues que ma vie.

Ton corps pour lequel je m’éveille
s’éclaire plus vite que le jour
parce que le soleil surgit à toutes les places
où il y a des cailloux à pétrir.

Les forêts se dénudent pour lui
dans le secret de leurs clairières
mais c’est sur ta gorge
qu’il fait pousser ses plus beaux fruits.

La terre lui présente une à une
ses vallées les plus riches,
mais c’est sur ton ventre qu’il s’arrête,
simple bouquet de flammes.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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