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Posts Tagged ‘flamme’

On peut travailler… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Adrien Henri Tanoux
    
On peut travailler…

1
Moi je n’ai pas grand courage
J’aime rester dans mon lit
On m’a dit voulez-vous faire fortune.
Venez en Alaska chercher l’or dans la glace.
Chercher l’or dans la glace en Alaska?

Refrain
On peut travailler pour le roi de Prusse
Ou bien pour le Duce
Si on le veut.
Mais moi j’aime mieux
Travailler pour vos beaux yeux,
Mesdames!
Travailler pour vos beaux yeux
Qu’ils soient noirs ou bleus,
Ou remplis de flammes,
Travailler pour vos beaux yeux
Mesdames!

2
Une bell’ m’a dit tu es trop joli
Je ne veux pas que tu te surmènes
Je veux t’assurer la belle vie.
Je travaillerai pour toi.
Travailler pour moi oh que ça doit être fatigant!

3
Aussi je fais comme les copains
Je travaille, du soir au matin
Je chante et je me démène
Qu’importe la fortune
Si je travaille pour vos beaux yeux.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier
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L’Amour tombe des nues (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
L’Amour tombe des nues

1
Un Samedi du Moyen Âge
Une sorcière qui volait
Vers le sabbat sur son balai
Tomba par terr’ du haut des nuages.
Ho! Ho! Ho! Madam’ la sorcière
Vous voilà tombée par terre
Ho! Ho! Ho! sur votre derrière
Les quatre fers
En l’air.

Refrain 1
Vous tombez des nues
Toute nue
Par où êtes-vous venue
Sur le trottoir de l’Avenue?
Vous tombez des nues,
Sorcière saugrenue.
Vous tombez des nues,
Vous tombez des nues,
Sur la partie la plus charnue
De votre individu.
Vous tombez des nues!

2
On voulait la livrer aux flammes
Cette sorcière qui volait
Vers le sabbat sur son balai
Pour l’Ascension quel beau programme.
Ho! Ho! Ho! Voilà qu’ la sorcière
A fait un grand rond par terre
Ho! Ho! Ho! quel coup de tonnerre
Il tomba d’ l’eau
À flots!

Refrain 2
L’eau tombe des nues
Toute nue
Éteint les flammes ténues
Et rafraîchit la détenue.
L’eau tombe des nues
Averse bienvenue
L’eau tombe des nues
L’eau tombe des nues
Et la sorcièr’ se lave nue
Mais oui dans l’Avenue.
L’eau tombe des nues.

3
Qu’elle était belle la sorcière
Les Présidents du Châtelet
Les gendarmes et leurs valets
La regardaient dans la lumière.
Ho! Ho! Ho! un éclair qui brille
Et ses beaux yeux qui scintillent
Ho! Ho! Ho! notre coeur pétille
Nous sommes sourds
D’amour.

Refrain 3
Nous tombons des nues
Elle est nue
Oui mais notre âme est chenue
Nous avons de la… retenue
Nous tombons des nues
O Sorcière ingénue
Nous tombons des nues
Nous tombons des nues
Qu’on relaxe la prévenue
Elle nous exténue
Nous tombons des nues.

Coda
Je tombe des nues
Tu tombes des nues
Le monde entier tombe des nues
L’amour tombe des nues
Viv’ les Femmes nues.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Couplet du verre de vin (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



verre-de-vin

Couplet du verre de vin

Quand le train partira n’agite pas la main,
Ni ton mouchoir, ni ton ombrelle,
Mais emplis un verre de vin
Et lance vers le train dont chantent les ridelles
La longue flamme du vin,
La sanglante flamme du vin pareille à ta langue
Et partageant avec elle
Le palais et la couche
De tes lèvres et de ta bouche.

(Robert Desnos)

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Ma concierge… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Ma concierge…

Ma concierge est jolie jolie.
Quand je m’en vais de la maison
Je me sens triste sans raison
Et j’attends l’ soir
Pour la revoir
Et lui dir’ d’une voix polie

Refrain
Bonsoir madame
Mon coeur est en flamme.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Grand-Père Michu (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2018



Illustration: Dianne Dengel
    
Grand-Père Michu

1
Dans ma maison je fais un somme
Je dors content comme un brave homme.

Refrain
Dans ta maison, que fais-tu ?
Grand-Père Michu, Grand-Père Michu
Que fais-tu, que fais-tu?
Dans ta maison, auprès du pont ?
Grand-Père Michu, Grand-Père Michu.

2
Dans ma maison quand midi sonne
On y mange un bifteck aux pommes.

3
Dans ma maison quand le soir tombe
On y rôtit une colombe.

4
Dans ma maison qu’il fait bon vivre
Entre mon feu et mes beaux livres.

5
Dans ma maison on y travaille
Le coeur joyeux loin des batailles.

6
Dans ma maison les chansons naissent
Pour que l’enfant dorme et s’apaise.

7
Dans ma maison le chat ronronne
Le chien aboie et l’heure sonne.

8
Dans ma maison moi et ma femme
L’amour nous chauffe avec sa flamme.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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On ne quitte pas son ami… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2018



Illustration: Ekaterina Panikanova
    
On ne quitte pas son ami…

1
On ne quitte pas son ami
Comme un soulier
Dont la semelle prend la boue et la pluie
On n’use pas l’amitié
Et c’est bien ainsi.
Quand ils ont bien choisi
Main dans la main,
Deux amis bravent le destin
La même flamme éclaire leur visage
Leur visage.

2
Théodule aux yeux de chouette
A un ami
C’est le bel Ernest au nez en trompette
Qu’il n’aime pas qu’à demi
Et c’est bien ainsi.
Car il a bien choisi
Main dans la main
Ils peuvent braver le destin
Leur coeur est beau, qu’importe leur visage
Leur visage.

3
Théodule n’a que deux mains,
C’est un homme
Mais pour défendre Ernest, ce seront deux poings
Qui frappent et qui assomment
Et c’est bien ainsi
Car ils ont bien choisi
Main dans la main
Ils peuvent braver le destin
Leur coeur est beau, qu’importe leur visage
Leur visage.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Croyance (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Giampaolo Ghisetti -  (12)

Croyance

Souvent il m’apparut sous la forme d’un ange
Dont les ailes s’ouvraient,
Remontant de la terre au ciel où rien ne change ;
Et j’ai vu s’abaisser, pleins d’une force étrange,
Ses bras qui m’attiraient.

Je montais. Je sentais de ses plumes aimées
L’attrayante chaleur ;
Nous nous parlions de l’âme et nos âmes charmées,
Comme le souffle uni de deux fleurs embaumées,
N’étaient plus qu’une fleur.

Et je tremblerai moins pour sortir de la vie :
Il saura le chemin.
J’en serai, de bien près, devancée ou suivie ;
Puis, entre Dieu qui juge et ma crainte éblouie,
Il étendra sa main.

Ce noeud, tissu par nous dans un ardent mystère
Dont j’ai pris tout l’effroi,
Il dira que c’est lui, si la peur me fait taire ;
Et s’il brûla son vol aux flammes de la terre,
Je dirai que c’est moi !

Son souffle lissera mes ailes sans poussière
Pour les ouvrir à Dieu,
Et nous l’attendrirons de la même prière ;
Car, c’est l’éternité qu’il nous faut tout entière :
On n’y dit plus :  » Adieu !  »

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Aveu d’une femme (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Branko Bahunek (6)

Aveu d’une femme

Savez-vous pourquoi, madame,
Je refusais de vous voir ?
J’aime ! Et je sens qu’une femme
Des femmes craint le pouvoir.
Le vôtre est tout dans vos charmes,
Qu’il faut, par force, adorer.
L’inquiétude a des larmes :
Je ne voulais pas pleurer.

Quelque part que je me trouve,
Mon seul ami va venir ;
Je vis de ce qu’il éprouve,
J’en fais tout mon avenir.
Se souvient-on d’humbles flammes
Quand on voit vos yeux brûler ?
Ils font trembler bien des âmes :
Je ne voulais pas trembler.

Dans cette foule asservie,
Dont vous respirez l’encens,
Où j’aurais senti ma vie
S’en aller à vos accents,
Celui qui me rend peureuse,
Moins tendre, sans repentir,
M’eût dit :  » N’es-tu plus heureuse ?  »
Je ne voulais pas mentir.

Dans l’éclat de vos conquêtes
Si votre coeur s’est donné,
Triste et fier au sein des fêtes,
N’a-t-il jamais frissonné ?
La plus tendre, ou la plus belle,
Aiment-elles sans souffrir ?
On meurt pour un infidèle :
Je ne voulais pas mourir.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Branko Bahunek

 

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Le beau jour (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Brenda Burke 7 

Le beau jour

J’eus en ma vie un si beau jour,
Qu’il éclaire encore mon âme.
Sur mes nuits il répand sa flamme ;
Il était tout brillant d’amour,
Ce jour plus beau qu’un autre jour ;
Partout, je lui donne un sourire,
Mêlé de joie et de langueur ;
C’est encor lui que je respire,
C’est l’air pur qui nourrit mon coeur.

Ah ! que je vis dans ses rayons,
Une image riante et claire ?
Qu’elle était faite pour me plaire !
Qu’elle apporta d’illusions,
Au milieu de ses doux rayons !
L’instinct, plus prompt que la pensée,
Me dit : « Le voilà ton vainqueur. »
Et la vive image empressée,
Passa de mes yeux à mon coeur.

Quand je l’emporte au fond des bois,
Hélas ! qu’elle m’y trouble encore :
Que je l’aime ! que je l’adore !
Comme elle fait trembler ma voix
Quand je l’emporte au fond des bois !
J’entends son nom, je vois ses charmes,
Dans l’eau qui roule avec lenteur ;
Et j’y laisse tomber les larmes,
Dont l’amour a baigné mon coeur.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Brenda Burke

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Jour d’Orient (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Alberto Quintero - (12)

Jour d’Orient

Ce fut un jour pareil à ce beau jour
Que, pour tout perdre, incendiait l’amour !

C’était un jour de charité divine
Où dans l’air bleu l’éternité chemine ;
Où dérobée à son poids étouffant
La terre joue et redevient enfant ;
C’était partout comme un baiser de mère,
Long rêve errant dans une heure éphémère ;
Heure d’oiseaux, de parfums, de soleil,
D’oubli de tout… hors du bien sans pareil.

Nous étions deux !… C’est trop d’un quand on aime
Pour se garder… Hélas ! nous étions deux.
Pas un témoin qui sauve de soi-même !
Jamais au monde on n’eut plus besoin d’eux
Que nous l’avions ! Lui, trop près de mon âme,
Avec son âme éblouissait mes yeux ;
J’étais aveugle à cette double flamme,
Et j’y vis trop quand je revis les cieux.

Pour me sauver, j’étais trop peu savante ;
Pour l’oublier… je suis encor vivante !

C’était un jour pareil à ce beau jour
Que, pour tout perdre, incendiait l’amour !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alberto Quintero

 

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