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Posts Tagged ‘flammèche’

RÉCONFORTEZ (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019




    
RÉCONFORTEZ

Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort
Faites son coeur plus ferme et son esprit plus fort,
Ne soyez pas le vent qui éteint la flammèche,
Attisez-la plutôt, car la nuit est poison!
Versez de l’huile encore, époussetez la mèche,
Car la nuit est venin et le sommeil est mort !
Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort.

Faites son coeur plus ferme et plus fort son esprit!
L’on a vu s’embraser déjà plus d’une nuit
Être victorieux déjà plus d’un combat
Où le drapeau jamais de nos mains ne tomba!
Il se dresse – aussi fort que muraille de fer
Dans le chaos de mer dont bouillonnent les lames,
Ô faites fort mon peuple et soufflez sur sa flamme !

Ô faites fort mon peuple et qu’il ne s’affaiblisse !
Que les forces de vie radieuses jaillissent
En colonne de feu dans la nuit qui surgit!
La nuit chante, veillant le jour comme vigie !
Décochez, flèche d’or, son rayon lumineux
Pour saluer là-haut la colonne de feu!
Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort,
Faites son coeur plus ferme et son esprit plus fort!

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tombent lentement (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



 

    

tombent
lentement
de lourds flocons
éclairés soudain
par une vive
lumière

la féerie
de ces milliers
et milliers
de flammèches or
qui scintillent
et papillonnent
en descendant
du ciel

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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DANSE DES FLAMMÈCHES (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Berthe Morisot
    
DANSE DES FLAMMÈCHES

Meule de feu, je voltige
Autour de toi, en flammèches.
En boitillant je jaillis
De tes douces tiges courbes.
Et hop ! du bout de ton nez,
Je te souris, mon amour.
Et le crépuscule arrive,
Drapé dans sa houppelande,
Gardant en sa pipe fraîche
Tes fretins de flammes qui
Me giflent sur les deux joues.
Accroupie es-tu, coquine ?
Et voilà que le buisson
Jette au loin ta jupe rouge
Dont tu l’as, impertinente,
Couvert pour te joindre à moi.
Rentre tes cornes de feu,
Étends-toi sur l’herbe tendre,
Pour que ton corps brun je puisse
L’oindre d’entière blancheur.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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L’OISEAU DE FEU AUX FLAMMÈCHES (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018




    
L’OISEAU DE FEU AUX FLAMMÈCHES

J’ai hurlé au milieu du feu
A l’aide!
Je veux vivre
Pardonnez-moi une seule fois
Je ne suis pas mort dans le feu et j’ai pleuré

Ce que je ne peux plus supporter
Ce que je ne peux plus vénérer
Je l’ai bien
Reconnu
J’ai agité brusquement les ailes.

En me cognant les ailes à un au-delà du monde
une voix qui m’appelait
Je l’ai entendue. Je
M’anéantirai
Je l’ai promis.

En tombant en tas de cendres
Dans le tas de cendres
Ne pas renaître en chair
Ne pas naître encore
Vase d’argile sur le point de se briser

En repliant mes ailes moi,
Vers la mer d’aurore

Vers le pays du matin où je rêve de voler
J’ai reposé ma tête
Vers une fenêtre haute qui attend quelques heures
le lever du soleil.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes __..
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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Infinitif (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018


028-funambule

Y mourir ô belle flammèche y mourir
voir les nuages fondre comme la neige et l’écho
origines du soleil et du blanc pauvres comme Job
ne pas mourir encore et voir durer l’ombre
naître avec le feu et ne pas mourir
étreindre et embrasser amour fugace le ciel mat
gagner les hauteurs abandonner le bord
et qui sait découvrir ce que j’aime
omettre de transmettre mon nom aux années
rire aux heures orageuses dormir au pied d’un pin
grâce aux étoiles semblables à un numéro
et mourir ce que j’aime au bord des flammes.

(Robert Desnos)

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Nostalgie sourde (Gemma Tremblay)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017





Nostalgie sourde

je cherche un bahut de franchise autour de moi
tous les yeux se dérobent en cruelles oeillades
j’ai le coeur qui va battant tel un aiglon blessé

Tâter le pouls de la race humaine
m’enrôler dans cette horde matérialiste
de clinquant et d’ordure
m’acclimater m’acclimater
mais j’ai peur que mon rire de flammèche encor vivace
décime détruise
crée au sein de ce bal chahutant
une esclandre de casseurs de veillée

(Gemma Tremblay)

Illustration: Aron Wiesenfeld

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AUTOPORTRAIT (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016



AUTOPORTRAIT

Je regarde celui qui me regarde
Et dans l’entre-deux
Cette toile de flammèches bleues
Je suis là icône éclairée
Par les mille cierges du jour
Avec dans les yeux la lueur ultime
D’un homme en dépouille d’étoile

(Heather Dohollau)

Illustration

 

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Le retour (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016



Le retour

Si loin du monde et si près du miroir,
Tout lieu de l’onde est silence en mes mains
Mais que s’élève un vent de mort fragile
Et je me couche en l’image du ciel.

Libre prison, la porte est en moi-même.
En moi la chaîne, en moi murs et barreaux
Et le bâillon, ce n’est que la parole
Cachant des mots, d’autres mots interdits.

Douceur experte en la peine où je rêve
De vos présents chargez mon front de nuit.
Pour me brûler à la seule lumière,
Je me présente à la halte du temps.
A vous baisers plus clairs que fruits et feuilles,
J’offre le jour à jamais délivré.

Un écureuil peut me sauver du monde
S’il sait tourner à l’inverse des jours.
Vers mon passé, je reviendrai flammèche
Pour me trouver tel que sera demain.

(Robert Sabatier)

 

 

 

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Infinitif (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



Infinitif

Y mourir ô belle flammèche y
voir les nuages fondre comme la neige et l’écho
origines du soleil et du blanc pauvres comme Job
ne pas mourir encore et voir durer l’ombre
naître avec le feu et ne pas mourir
étreindre et embrasser amour fugace le ciel mat
gagner les hauteurs abandonner le bord
et qui sait découvrir ce que j’aime
omettre de transmettre mon nom aux années
rire aux heures orageuses dormir au pied d’un pin
grâce aux étoiles semblables à un numéro
et mourir ce que j’aime au bord des flammes.

(Robert Desnos)

 

 

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Si j’étais simplement un sapin de la forêt (Nils Collett Vogt)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2016



Si j’étais simplement un sapin de la forêt

C’est maintenant tard en automne,
l’air ne vibre plus,
l’air reste silencieux et voit
de son regard froid, bleu glacé,
les jeunes bouleaux droits,
aubes jaunes brillant
dans l’église de la forêt.

Quand vient la tempête hivernale,
toute la forêt tremble,
les cierges jaunes de l’autel
s’éteignent au premier frisson,
les feuilles s’envolent, flammèches,
l’air pâlit, et la neige tombe,-
alors les grands sapins,
comme de noirs drapeaux, murmurent
dans les salles de la forêt.

Et alors je vais en forêt,
j’écoute le murmure du vent
glisser dans les cimes vieillies,
gémir sur la montagne sombre,
si ténébreuse, là-haut.
Et je pense en moi-même :
tu n’es pas lumière terrestre
qu’éteint le premier coup de vent.

Si j’étais seulement un sapin de la forêt,
quand vient la tempête hivernale,
l’air pâlit, et la neige tombe,
les salles des forêts murmurent
comme un drapeau oscillant, loin,
guettant l’été pour reverdir !

(Nils Collett Vogt)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration

 

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