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Poésie

Posts Tagged ‘flaque’

Les garages dans la cour (Dirk Von Petersdorff)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



Les garages dans la cour

Ainsi, comme le vent essuie le toit –
tachète les flaques, luisantes,
se hérisse le merle –
prompt

le ciel, mon coeur, il est
clair – vide comme l’endroit,
où à l’instant le merle
était encore.

***

Die Garagen im Hof

So, wie der Wind übers Dach wischt –
sprenkelt die Pfützen, hell,
plustert die Amsel,
schnell –
der Himmel, mein Herz, er ist
klar – leer wie die Stelle,
wo eben die Amsel
noch war.

(Dirk Von Petersdorff)

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Vaches blanchâtres (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
Vaches blanchâtres
flaques de lait
répandues sur le pré
ruminantes molles

Plus loin
enrobée
d’un soleil déclinant
une solitaire
en majesté
motte de beurre dorée

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Il prend une boule de neige (Paul Vincensini)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



Il prend une boule de neige
La serre très fort sur son cœur
Et fond tout entier avec elle
Ne laissant ici-bas
Qu’une paire de bretelles
Dans une flaque d’eau.

(Paul Vincensini)


Illustration

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LA VIEILLE VILLE (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Bordel, Aurore Durozelle, Bd Alsace Lorraine, avril 2012.

LA VIEILLE VILLE

Souvent, pour revenir à la maison,
je prends une rue sombre de la vieille ville.
Jaune dans une flaque de boue un fanal se reflète
et le chemin est encombré.

Là, parmi ceux qui vont et qui viennent
de l’auberge à la maison ou au bordel,
parmi ces choses et ces hommes,
rebut d’un grand port de mer,
là en passant je retrouve
l’infini dans l’humilité.
Là, prostituée et marin, le vieux
qui jure, la femme qui se dispute,
le dragon attablé devant
une friture,
la tumultueuse jeune fille folle
d’amour,
sont toutes créatures de la vie
et de la douleur.
En elles, comme en moi, s’agite le Seigneur.
Là en compagnie des humbles
je sens ma pensée se faire
plus pure quand plus abjecte est la rue.

(Umberto Saba)

Illustration

 

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JEUX D’EAUX (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

Don Hong-Oai dark-

JEUX D’EAUX

Eaux du matin
Eau primordiale
Seule la lumière t’échappe
qui t’a faite mère.

*

Eau matutinale
baignée, nue
du jour qui ruisselle.

*

Rosée, perle d’un chagrin.
Larme sans sel
pour le coeur fragile des fleurs.

*

Eau de lumière
astre de feu liquide,
tu éveilles
la soif du faire
et du possible

Eaux antiques
Eaux sibyllines
eaux pures
eaux douces
comme du premier âge du monde.

*

Eau qui parle
oraculaire
Et qui s’est tue.

Robe qu’habille
la statue nue
qu’on retire de la mer.

Eaux simples
Lac
plat,
muet.

*
Étang,
miroir
éteint.
*

Pluie
eau-de-vie triste.
Tu titubes
éclaboussant les murs.

*

Flaques
(qui claquent
sous le pas),
reflets
mous
du temps.

*

Givre, l’eau qui écrit
— en guise de pinceau
les moustaches du froid.

*

Source
qui lèche la terre
comme un chien
lèche sa blessure
et crèverait
de savoir
se guérir.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Don Hong-Oai

 

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L’objet (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



 

    

L’objet et sa petite flaque.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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LA PLUIE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LA PLUIE

La pluie fine a mouillé toutes choses, très doucement, et en silence.
Il pleut encore un peu. Je vais sortir sous les arbres.
Pieds nus, pour ne pas tacher mes chaussures.

La pluie au printemps est délicieuse.
Les branches chargées de fleurs mouillées ont un parfum qui m’étourdit.
On voit briller au soleil la peau délicate des écorces.

Hélas! que de fleurs sur la terre! Ayez pitié des fleurs tombées.
Il ne faut pas les balayer et les mêler dans la boue;
mais les conserver aux abeilles.

Les scarabées et les limaces traversent le chemin entre les flaques d’eau;
je ne veux pas marcher sur eux,
ni effrayer ce lézard doré qui s’étire et cligne des paupières.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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A quoi bon dresser des murailles (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



 

James Zwadlo vbrl

A quoi bon dresser des murailles

dans ta rue, il y a
des passants, des pastèques
des flic-floc dans les flaques
des cagettes d’igname et de manioc
des bazars turcs
des coiffeurs pakistanais
des tailleurs juifs
deux joueurs de go poussant leur pions
sur la nappe en papier
d’un restaurant chinois

ton corps
est prêt à tout accueillir

tout

à quoi bon dresser des murailles
pour séparer les différentes couleurs
du vent?

(Thierry Cazals)

Illustration: James Zwadlo

 

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Chaque matin, je me prépare à exister (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



Chaque matin,
je me prépare à exister
et je n’arrive
qu’à cette pauvre présence
d’arbre foudroyé,
de flaque plus ou moins vivante
selon les averses.

Dieu n’est rien,
rien d’autre que Dieu,
le dire est un supplice.
L’essence du miracle est sa durée
et la forme qu’il manifeste
dans l’insignifiant.

(Dominique Sampiero)

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Marée basse à Landrellec (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



    


    
marée basse à Landrellec

1.
mer pleine encore

mouettes immaculées
sur les hauts promontoires

calme océanique.

2.
Lente, très lente
la mer quitte les rochers

laissant une frange
d’algues archaïques

qu’un corbeau avide
fourrage avec fièvre.

3.
Les sables à présent dénudés
tantôt lisses, tantôt cannelés

la mer un scintillement bleu au loin
long après-midi de silence

brisé seulement par le cri des goélands

4.
Plus bas entre les rochers
étrange vie marine

baroque beauté

cette éruption de rugueuses balanes

berniques
fermées comme des Chinois

Là-bas
bleue et noire
une épaisse plaque de moules

l’herbe ondulante des posidontes

5.
Dans cette flaque tranquille
parmi les éponges jaune vert
les hydraires roses
et le bleu des mousses irlandaises

des crabes tâtonnent
de leurs pattes maladroites

6.
Dans cette autre
gelées lunaires
Les vertes couronnes de chair
des anémones

une étoile hyperboréenne

7.
Un crabe (de Jonas ?)
calé dans une crevasse

remuant ses antennes
attend

8.
murmure de la marée
qui remonte à présent

brissements blancs çà et là
le long de la baie

Soleil déclinant
or froid

(Kenneth White)

 

 

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