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Poésie

Posts Tagged ‘fléchir’

Si ton Ame vacille (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019


ame

« Si ton Nerf, se dérobe –
Surmonte ton Nerf –
Il peut s’appuyer à la Tombe,
S’il craint l’embardée –

Voilà une ferme posture –
Nul ne fléchit jamais
Tenu entre ces bras d’Airin-
Au mieux forgés par des Géants –

Si ton Ame vacille –
Lève la porte de Chair –
La Poltronne a besoin d’Oxygène –
Et de rien d’autre – »

(Emily Dickinson)

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Il y a des moments où les femmes sont fleurs (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2018



 

Hermann Albert  url

Il y a des moments où les femmes sont fleurs

Sonnet

Il y a des moments où les femmes sont fleurs ;
On n’a pas de respect pour ces fraîches corolles…
Je suis un papillon qui fuit des choses folles,
Et c’est dans un baiser suprême que je meurs.

Mais il y a parfois de mauvaises rumeurs ;
Je t’ai baisé le bec, oiseau bleu qui t’envoles,
J’ai bouché mon oreille aux funèbres paroles ;
Mais, Muse, j’ai fléchi sous tes regards charmeurs.

Je paie avec mon sang véritable, je paie
Et ne recevrai pas, je le sais, de monnaie,
Et l’on me laissera mourir au pied du mur.

Ayant traversé tout, inondation, flamme,
Je ne me plaindrai pas, délicieuse femme,
Ni du passé, ni du présent, ni du futur !

(Charles Cros)

Illustration: Hermann Albert

 

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Dans le plus doux des emprisonnements (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Dans le plus doux des emprisonnements,
Ма chère entre toutes, mon âme est heureuse —
Tendres bras qui m’invitent à fléchir,
Qui m’invitent à cette détention.

Ah, puissent-ils toujours m’étreindre,
Heureux serais-je alors d’être ce prisonnier!
Chère entre toutes, à travers nos bras mêlés
Que l’amour fait trembler,

Cette nuit me charme où nulle crainte
Ne pourrait nous troubler;
Que le sommeil épouse le sommeil des rêves
Où l’âme avec l’âme se couche prisonnière.

***

Of that so sweet imprisonment
Му soul, dearest, is fain —
soft arms that woo me to relent
And woo me to detain.
Ah, could they ever hold me there
Gladly were I a prisoner!

Dearest, through interwoven arms
By love made tremulous,
That night allures me where alarms
Nowise may trouble us;
But sleep to dreamier sleep be wed
Where soul with soul lies prisoned.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Février (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018




février

déjà ici
le printemps
triomphe

jamais
l’élan
ne fléchit

la faim
ne s’apaise

jamais
ne vient
le repos

et comment
vivre

comment aller
du labour aux moissons

comment ne rien détruire
et consentir à la soif

*

être un jour cet amandier
ne plus avoir
à s’inventer un chemin

(Charles Juliet)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Vincent Van Gogh

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Cette nuit je cherche des mots (Joséphine Bacon)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: https://wordart.com/
    
Cette nuit je cherche des mots
Des mots qui sonnent musique
Des mots qui peignent couleur
Des mots qui hurlent silence
Des mots sans dimension

Cette nuit mon dos se courbe
Mes genoux fléchissent
Tu es la nudité du monde

(Joséphine Bacon)

 

Recueil: Un thé dans la toundra – Nipishapui nete mushuat
Traduction:
Editions: Mémoire d’encrier

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DÉMARCHE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

Jean-Claude Forez  Dies_irae-2

DÉMARCHE

J’ai tenté de joindre ma terre, à la terre ;
Les mots, à la trame du silence ;
Le large, au chant voilé.

Tenté de dire la rencontre possible,
Dégager le lieu de la nasse des refuges ;
Fléchir la parole, jusqu’à la partager.

Puis, saluer celle-là,
Plus affranchie que nous :
Mort,
notre très certaine !

Pierre de touche, qui déroute l’épisode ;
Compagne, qui retimbre la durée.

Mort,
dont l’image abolit les frontières,
Rétablit, ici même, notre face commune ;
Et recentre, en ce monde,
tous nos temps dissipés.

(Andrée Chedid)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Lèvres (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses,
Mais d’une chair plus tendre et plus fragile encor,
Des rêves de chair rose à l’ombre des poils d’or
Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.

Des fleurs aussi, des fleurs molles,
des fleurs de nuit,
Pétales délicats alourdis de rosée
Qui fléchissent, pliés sur la fleur épuisée
Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.

Ô lèvres, versez-moi les divines salives,
La volupté du sang, la chaleur des gencives
Et les frémissements enflammés du baiser !

Ô fleurs troublantes, fleurs mystiques,
fleurs divines,
Balancez vers mon cœur, sans jamais l’apaiser,
L’encens mystérieux des senteurs féminines !

(Pierre Louÿs)


Illustration

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Jalousie (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
Jalousie

Jeunes femmes, parfois, quand je vais me mêler
A vos jeux… si je sens mon âme se troubler,
Si soudain sur mon front une ride se creuse,
Si ma pensée empreint sa trace douloureuse
Sur mes traits, que l’on voit se couvrir de pâleur,
Ce n’est point jalousie, ô femmes ! c’est douleur !

Du bonheur passager de la nouvelle épouse,
De ses illusions je ne suis pas jalouse.
Quand elle apparaît, j’aime à l’entendre applaudir,
A voir sous l’oranger son front pur resplendir,
Sa parure éblouir la foule qui l’entoure,
J’aime à la croire heureuse alors qu’elle savoure
Cet encens que le monde aux femmes jette un jour,
Encens de vanité parfumé par l’amour !…

Mais ce qui me torture et fait fléchir mon âme,
C’est de voir auprès d’elle assise une autre femme,
Jeune de son bonheur dont elle prend sa part,
Fière de ses succès, l’adorant du regard,
Et la nommant tout haut sa fille, ô peine amère !
Je suis jalouse alors, car je n’ai plus de mère !

(Louise Colet)

 

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L’ARC DECLINANT (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



L’ARC DECLINANT

Nous fûmes purs et pourtant nous sommes en deçà de notre mesure.
Qui parle de parfaire ?
Nous entrons dans l’arc déclinant où la corde mollit,
la ferveur comme la flèche ne vibre plus.
Nous n’aurons pas plus de repos que nous n’eûmes de larmes.

N’est-il plus rien à voir, rien à entendre.
Rien pour le soleil. Rien pour la récompense.
Rien pour la vanité. Rien pour le délire ?
La lampe des amants s’éteint
et l’âme est écorchée de tous les incendies de l’ombre.

Elle n’a plus de bouche et sa bouche est pleine de Dieu.
Au dernier communiqué des flammes,
le geste qu’elle tendit vers moi
fut celui d’un versant inconnu qui s’éclaire,
et nous fléchissons sur la beauté
comme le brasier touché par la grâce.

Nous garderons les armes à la main
pour d’autres combats,
dans d’autres mondes impossibles.

(Jean Malrieu)

 Illustration: Josephine Wall

 

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Ah que je vive assez pour être ce chanteur (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



 

viviane 

Ah que je vive assez pour être ce chanteur
Pour ce cri pur où crépite la délivrance

Ah que je vive assez pour l’instant d’en mourir
Guetteur des tours oiseau de la plus haute branche

Ah que je vive assez pour
Brûler du même feu né de Brocéliande
Et dire à l’avenir le nom de notre amour

Nuit belle nuit d’août de colline à colline
Parlant le langage étrange des bergers
Nuit belle nuit d’août couleur des cendres
Belle nuit d’août couleur du danger

Je ne demande rien que de vivre assez pour voir la nuit fléchir et le vent changer.

(Louis Aragon)

 

 

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