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Poésie

Posts Tagged ‘flétrir’

Ma Poésie (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration

    
Ma Poésie

Il est dans le Midi des fleurs d’un rose pâle
Dont le soleil d’hiver couronne l’amandier ;
On dirait des flocons de neige virginale
Rougis par les rayons d’un soleil printanier.

Mais pour flétrir les fleurs qui forment ce beau voile,
Si la rosée est froide, il suffit d’une nuit ;
L’arbre alors de son front voit tomber chaque étoile,
Et quand vient le printemps il n’a pas un seul fruit.

Ainsi mourront les chants qu’abandonne ma lyre
Au monde indifférent qui va les oublier ;
Heureuse, si parfois une âme triste aspire
Le parfum passager de ces fleurs d’amandier.

(Louise Colet)

 

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Les roses (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: Alexander Sigov
    

Les roses, impatientes d’aimer,
les roses déchirent leurs robes vertes,
ouvrent leurs jeunes seins
et les tendent vers les lèvres d’or du soleil.

Les roses, les lis pâles,
les violettes se meurent consumés d’amour.
O Dschelaleddin, l’amour tue :

tout ce qui veut aimer doit mourir.
L’amour brûle, l’amour flétrit:
le premier baiser de l’amour
est le premier aussi que te donne la Mort.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Le Lys noir (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017




    
Le Lys noir

L’inquiétant Lys noir, large ouvert, semble offrir
Dans sa coupe de deuil une ivresse infernale.
Il a le fier mépris de la beauté banale
Qu’un rayon de soleil trop fervent peut flétrir.

Et la sinistre fleur du vice sans désir
Se fane dans l’ardeur de l’âpre bacchanale
S’effeuillant aux cheveux d’une femme vénale
Dont le coeur ennuyé dédaigne de choisir.

Sachant combien le rire est énervant et triste
Elle exhale en mourant son parfum où persiste
Un relent affadi de festins et d’amour

Et l’aube vient brûler la paupière rougie
De la Douleur souillée essuyant au grand jour
Parmi les pleurs sacrés les sueurs de l’orgie.

(Renée Vivien)

 

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Le froid (Philistin Panger)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



Le froid

Et le vent? violent, glacial, dans le sang.
Ressens-tu aussi, ce froid saisissant?
Fuir, courir, agir pour lutter,
il est bien trop tard, il t’a rattrapé !

Et la pluie? violente, glaciale, sur la peau.
là, tu ressens sur toi couler cette eau
glissante, pénétrante, et infinie,
ton corps tout entier se flétrit.

Et la peur? violente, glaciale dans le ventre,
tu la ressens parfois lorsqu’elle entre.
Protéger, abriter, cacher pour oublier,
la peur est là, bien enfermée.

Et la peine? violente, glaciale dans le cœur.
Tu saignes, tu gémis, quelle douleur,
hurlante, déchirante, et jamais ne finie.
Ton âme cherche toujours une autre vie.

Et les larmes? violentes, brûlantes dans les yeux.
je ne me souviens plus de ce que je veux.
Effondré, écroulé, enterré, je me meurs,
Les paupières lourdes comme des heures.

(Philistin Panger)


Illustration

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Sur ta bouche (Armand Silvestre)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017




    
Sur ta bouche

Les étoiles effarouchées
Viennent de s’envoler des cieux :
J’en sais deux qui se sont cachées,
Mignonne, dans vos jolis yeux,

A l’ombre de vos cils soyeux
Et sous vos paupières penchées.
Attendez ! — mes baisers joyeux
Les auront bientôt dénichées !

Vous feignez de dormir encor :
Eveillez- vous, mon doux trésor !
L’aube pleure sous les feuillées,

Le ciel désert est plein d’ennui.
Ouvrez les yeux et rendez-lui
Les deux étoiles envolées !

Sur ta bouche, avec le désir
Je bois ta dernière caresse;
Car je ne veux plus de maîtresse
Que celle qui ne sait trahir.

Sur ta bouche, avec le désir
Je veux boire l’oubli des roses;
Car je n’aimerai plus des choses
Que celles qu’on ne peut flétrir.

Sur ta bouche, avec le désir
J’ai bu ma dernière espérance;
Car je ne veux plus de souffrance
Que celle, dont je dois mourir!

(Armand Silvestre)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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METAMORPHOSE (Artachés Ohanessian)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

METAMORPHOSE

Que ne suis-je la rose sur ton sein !

Que m’importe d’y vivre un seul matin !

Du moins je me flétrirais
Sous tes doux regards,
Je pâlirais sous la chaude haleine
De tes baisers
Et me dessécherais
Tout près des battements
De ton cœur.

Que m’importe d’y vivre
Un seul matin !

(Artachés Ohanessian)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Sergio Lopez

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Rêverie (Elisa Mercoeur)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2017



Rêverie

Qu’importe qu’en un jour on dépense une vie,
Si l’on doit en aimant épuiser tout son coeur,
Et doucement penché sur la coupe remplie,
Si l’on doit y goûter le nectar du bonheur.

Est-il besoin toujours qu’on achève l’année ?
Le souffle d’aujourd’hui flétrit la fleur d’hier ;
Je ne veux pas de rose inodore et fanée ;
C’est assez d’un printemps, je ne veux pas d’hiver.

Une heure vaut un siècle alors qu’elle est passée ;
Mais l’ombre n’est jamais une soeur du matin.
Je veux me reposer avant d’être lassée ;
Je ne veux qu’essayer quelques pas du chemin

(Elisa Mercoeur)

 Illustration: Ettore Tito

 

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Pourquoi mon âme est-elle triste ? (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2017



 

Bruno Walpoth 5172

Pourquoi mon âme est-elle triste ?

Pourquoi gémis-tu sans cesse,
O mon âme ? réponds-moi !
D’où vient ce poids de tristesse
Qui pèse aujourd’hui sur toi ?
Au tombeau qui nous dévore,
Pleurant, tu n’as pas encore
Conduit tes derniers amis !
L’astre serein de ta vie
S’élève encore; et l’envie
Cherche pourquoi tu gémis !

La terre encore a des plages,
Le ciel encore a des jours,
La gloire encor des orages,
Le coeur encor des amours ;
La nature offre à tes veilles
Des mystères, des merveilles,
Qu’aucun oeil n’a profané,
Et flétrissant tout d’avance
Dans les champs de l’espérance
Ta main n’a pas tout glané !

[…]

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: Bruno Walpoth

 

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A UNE JEUNE FILLE (Emile Lante)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



A UNE JEUNE FILLE

Le charme de vos yeux est chose si fragile,
Qu’un regard, s’attardant à fixer leur douceur,
Pourrait en profaner l’intimité tranquille
Et flétrir d’un désir leur exquise candeur ;

Vos yeux ignorent tout… Les éveils de la brise
N’ont jamais alangui l’or léger de vos cils :
Dans leur rayonnement, jamais ne s’imprécise
Le nostalgique émoi des jours troublants d’avril ;

Vos yeux ne cherchent pas les tiédeurs amoureuses
Dont s’énerve l’air bleu des jardins de printemps ;
Le soir, le sommeil de vos prunelles songeuses
Ne sait que la blancheur des blancs rêves d’enfant…

Oh ! conservez longtemps vos paupières baissées
Aux sourires menteurs, à la vie, aux passants ;
D’avoir levé les yeux, bientôt l’âme est lassée.
Ignorez ; de savoir on souffre, on souffre tant…

(Emile Lante)

Illustration: Leslie Adams

 

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La branche d’amandier (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2016


 


 

La branche d’amandier

De l’amandier tige fleurie,
Symbole, hélas! de la beauté,
Comme toi, la fleur de la vie
Fleurit et tombe avant l’été.

Qu’on la néglige ou qu’on la cueille,
De nos fronts, des mains de l’Amour,
Elle s’échappe feuille à feuille,
Comme nos plaisirs jour à jour!

Savourons ces courtes délices;
Disputons-les même au zéphyr,
Epuisons les riants calices
De ces parfums qui vont mourir.

Souvent la beauté fugitive
Ressemble à la fleur du matin,
Qui, du front glacé du convive,
Tombe avant l’heure du festin.

Un jour tombe, un autre se lève;
Le printemps va s’évanouir;
Chaque fleur que le vent enlève
Nous dit : Hâtez-vous de jouir.

Et, puisqu’il faut qu’elles périssent,
Qu’elles périssent sans retour!
Que ces roses ne se flétrissent
Que sous les lèvres de l’amour!

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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