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Poésie

Posts Tagged ‘fleur’

Bourdons somnolents (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2017



 

 

Bourdons somnolents
Parmi les fleurs de prunier
Au soleil couchant.

***

Sleepy bumble bees
Buzzing about plum blossoms
In the setting sun.

(Richard Wright)

 

 

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En buvant avec des amis devant les pivoines en fleurs (Lieou Yu-Si)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



En buvant avec des amis devant les pivoines en fleurs

Je bois aujourd’hui devant les fleurs,
Décidé à m’enivrer tasse après tasse.
Quelle tristesse si j’entends les fleurs murmurer :
«Ne nous épanouissons pas pour le vieillard!»

(Lieou Yu-Si)

 Illustration: Hiroshige

 

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Pin et cigogne (Tai Chou-Louen)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



Pin et cigogne

La pluie mouille le pin, l’ombre fraîchit.
Le vent fait tomber ses fleurs fines.
Une cigogne solitaire, amoureuse du silence,
S’arrête là et ne s’envole plus.

(Tai Chou-Louen)

 

 

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Le privilège de savoir qu’elles sont Belles (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017


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Combien de Fleurs s’étiolent dans le Bois –
Ou périssent sur la Colline –
Sans avoir le privilège de savoir
Qu’elles sont Belles –

Combien lancent une Gousse anonyme
Sur la plus proche Brise –
Inconscientes du Fret Ecarlate –
Offert à d’Autres Yeux –

(Emily Dickinson)

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Sentiment – de quasi solitude (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017




Je me cache – dans ma fleur,

Pour, me fanant dans ton Urne –

T’inspirer – à ton insu – un sentiment –

De quasi solitude –

(Emily Dickinson)

Illustration: Max Szoc Leuven

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Les bois sacerdotaux (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Les bois sacerdotaux chamarraient l’horizon
Où les lampes du soir rallumaient leurs feux rouges;
Au rideau des forêts où mille branches bougent
Peignaient leurs cheveux d’étranges visions.

Une femme parût, de sardoine et d’opale
Décorant son manteau pourpre comme le ciel;
Ses yeux brillaient dans l’or bleui des cheveux pâles.
Sacerdotales fleurs aux feux surnaturels.

Un rebec cajôleur aux doigts des mains divines
Si doucement pleurait que les rois des bois noirs
Appelaient par delà les célestes collines
Les reines accoudées aux balustres du soir.

Un vent plus fort tordit les crinières des bois
Eveillant les orgues des profondeurs sonores
Et la voix se perdit comme efface l’aurore
Dans les voiles du jour les bagues de ses doigts.

(Antonin Artaud)

Illustration: Herb Dickinson

 

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Retouche à l’innocence (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



retouche à l’innocence

premier amour plus simple que la fleur des champs

sous le ciel en ceintre
la prairie séchait sur la barre d’horizon
et le ruisseau plus bas s’en allait comme avant

(Daniel Boulanger)

Illustration: William Bouguereau

 

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LE BLEU DE LA QUESTION (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



 

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LE BLEU DE LA QUESTION

L’homme est fait de la matière de l’arc-en-ciel
Il est couleur
Le jaune le bleu nilotique le noir le rouge d’Amérique
Le blanc, le blanc aussi, est couleur
D’autres couleurs existent que je ne connais pas
Qui sont à l’intérieur dans les cœurs et les âmes
Couleurs qui paraissent qui transparaissent
Dans les beaux yeux des femmes les yeux des hommes
L’iris et le frais cristallin des enfants
Iris bleu iris violet iris marron iris vert
Iris noir, tout ce champ de fleurs naïves
Tourné en grand jardin vers le soleil visible
Transparence de l’air feu de l’orage
Et l’invisible aussi
Que l’homme voit si même il dit ne pas le voir
Cela qui fait de nous l’humanité
Celle qui rêve et qui vit qui crée et souffre
Qui souffre et s’interroge
Et qui est vraie de la vérité des vraies racines
Hommes et femmes ayant rendez-vous de parole
Sous l’arbre des prairies
Leurs passions leurs récits leurs fables leurs poèmes
Conduits comme un troupeau vers la trompe d’Eustache
Mots chanteurs nidifiant
Puis, tout quitté, l’incompréhensible vache
Laboure avec ses cornes le bleu de la Question

(Salah Stétié)

Illustration

 

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Dans la suave minuit d’été (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Dans la suave minuit d’été
Une lune pure brillait à travers
La fenêtre ouverte du parloir
Et les rosiers mouillés de rosée —

Je songeais assise en silence —
Le vent caressait mes cheveux
Le Ciel, me disait-il, est splendide
Et belle la Terre en son sommeil —

Point n’était besoin de son haleine
Pour m’inspirer de telles pensées
Mais toujours chuchotant il ajouta :
« Comme les bois vont être noirs ! —

«Mon murmure comme en rêve
Fait bruire les feuillages épais,
Et leurs myriades de voix
D’âme semblent douées.»

j’ai dit : « Va, aimable chanteur,
Ta voix tendre veut séduire
Mais ne crois pas qu’elle a pouvoir
D’atteindre mon esprit —

«Joue avec la fleur odorante,
Le rameau souple du jeune arbre —
Mais laisse mes sentiments humains
Suivre leur propre cours. »

L’Errant ne voulait pas me quitter
Son baiser s’est fait plus ardent —
« Ô viens, susurrait-il,
Je ferai malgré toi ta conquête —

«Ne sommes-nous pas des amis d’enfance ?
N’y a-t-il pas longtemps que je t’aime?
Aussi longtemps que tu aimes la nuit
Dont le silence éveille mon chant ?

«Et quand ton coeur reposera en paix
Sous la pierre du cimetière
J’aurai tout loisir de me lamenter
Et toi d’être solitaire» —

***

In summer’s mellow midnight
A cloudless moon shone through
Our open parlour window
And rosetrees wet with dew —

I sat in silent musing —
The soft wind waved my hair
It told me Heaven was glorious
And sleeping Earth was fair —

I needed not its breathing
To bring such thoughts to me
But still it whispered lowly
`How dark the woods will be ! —

« The thick leaves in my murmur
« Are rustling like a dream,
« And all their myriad voices
« Instinct with spirit seem. »

I said, « Go gentle singer,
« Thy wooing voice is kind
« But do not think its music
« Has power to reach my mind —

« Play with the scented flower,
« The young tree’s supple bough —
« And leave my human feelings
In their own course to flow »

The Wanderer would not leave me
Its kiss grew warmer still —
« O come,’ it sighed to sweetly
« I’ll win thee ‘gainst thy will —

« Have we not been from childhood friends ?
« Have I not loved thee long ?
« As long as thou hast loved night
« Whose silence wakes my song ?

« And when thy heart is laid at rest
« Beneath the church-yard stone
« I shall have time enough to mourn
« And thou to be alone » —

(Emily Brontë)

Illustration: Szinyei Merse Pál

 

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Lourde pend la goutte de pluie (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Lourde pend la goutte de pluie
Au rameau chargé ;
Lourde s’amasse la brume
Au loin, sur les Hautes Terres ;

Lourd plane le ciel maussade.
Lourde déferle la mer —
Et lourd bat le jeune coeur
Sous l’arbre solitaire —

Jamais lueur bleue depuis l’aube
N’a fendu les nuages —
Jamais depuis sa naissance
N’a souri son sinistre Destin —

Menaçant pour le tout-petit,
Ternissant les joies de l’enfant
Il ignore, l’ange gardien,
Ce garçon mélancolique.

Le jour dépasse vite
Son printemps triste et sombre :
Bientôt la jeunesse déborde
Sur l’âge d’homme plus austère —

Il n’est pas de fleur qui ne prie
Le soleil avant de se fermer

***

Heavy hangs the raindrop
From the burdened spray ;
Heavy broods the damp mist
On Uplands far away ;

Heavy looms the dull sky.
Heavy rolls the sea —
And heavy beats the young heart
Beneath that lonely tree —

Never has a blue streak
Cleft the clouds since morn —
Never has his grim Fate
Smiled since he was born —

Frowning on the infant,
Shadowing childhood’s joy ;
Guardian angel knows not
That melancholy boy.

Day is passing swiftly
Its sad and sombre prime :
Youth is fast invading
Sterner manhood’s time —

All the flowers are praying
For sun before they close

(Emily Brontë)

 Illustration

 

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