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Ce n’était pas encore l’allégresse (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



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Ce n’était pas encore l’allégresse
mais le ciel dans les pommiers
au plus près des oiseaux
allait jusqu’à la danse
et les fleurs les plus graciles
se faisaient libellules

Ils se donnaient tels qu’ils étaient
avec dans leurs paroles
le risque de l’amitié

(Georges Bonnet)

Illustration: Edvard Munch

 

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L’Amitié (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



L’Amitié

aussi diverse et liée que les fleurs du vase
sur la table de l’après-midi

leurs parfums
n’en font qu’un

les oiseaux lèvent le ciel
sur nos têtes
par mille poulies chantantes

celui qui ne dit rien
et celle qui parle
sont les faces de la même médaille

(Daniel Boulanger)


Illustration: Francine Van Hove

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Les larmes (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



 

Les larmes

Larmes, qu’êtes-vous devenues,
Larmes si promptes à couler ?
Je pleurais rien qu’à voir les nues
Vers le nord tristement aller.

Je pleurais quand la tourterelle
Roucoulait ses tendres douleurs ;
Je pleurais lorsque, d’un coup d’aile,
Le vent brisait les douces fleurs.

Je pleurais lorsqu’aux jours d’automne,
Dans les bois errant triste et seul,
Je voyais leur pâle couronne
Couvrir le sol comme un linceul.

Tout ce qui se fane ou s’effeuille,
Le lys, la rose ou l’amitié,
Tout ce que la sombre mort cueille,
Avait sa part de ma pitié.

Sans pleurs je ne pouvais entendre
Un mot héroïque ou touchant,
Et combien n’en a fait répandre
La bergère avec un vieux chant!

Oiseaux de la mélancolie,
Vous vous abattiez sur mon sein,
Comme sur un roseau qui plie,
Le soir, tombe un nocturne essaim…

A toute image fugitive
Un soupir sortait de mon coeur,
Et mon émotion craintive
Se cachait au monde moqueur,

Maintenant dans la solitude,
On ne m’entend plus soupirer:
Brisé par tant d’ingratitude.
Pourquoi ne puis-je pleurer ? …

Tristesses encore inconnues,
Que je voudrais vous exhaler!…
Larmes, qu’êtes-vous devenues,
Larmes, si promptes à couler?…

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Rose (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Rose,
Parmi toutes les fleurs,

Tu as une façon
De t’offrir sans te donner
Qui n’appartient qu’à toi.

Pour rivaliser avec toi
Il n’y a que le soleil.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pas une fleur épanouie (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Pas une fleur épanouie
Qui ne crie au monde

Sa joie d’exister,
Sa certitude
Qu’elle est indispensable.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Attendez que ma Joie revienne (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 
    
Attendez que ma Joie revienne

Attendez que ma joie revienne
Et que soit mort le souvenir
De cet amour de tant de peine
Pour lequel j’ai voulu mourir
Avant de me dire je t’aime,
Avant que je puisse vous le dire,
Attendez que ma joie revienne
Et qu’au matin je puisse sourire.

Laissez-moi,
Le chagrin m’emporte et je vogue sur mon délire,
Laissez-moi,
Ouvrez cette porte,
Laissez-moi,
Je vais revenir.

J’attendrai que ma joie revienne
Et que soit mort le souvenir
De cet amour de tant de peine
Pour lequel j’ai voulu mourir
J’attendrai que ma joie revienne
Et qu’au matin je puisse sourire
Que le vent ai séché ma peine
Et la nuit calmé mon délire.

Si tu veux que ma joie revienne
Et qu’au matin je puisse sourire,
Vers ce pays où meurt la peine
Je t’en prie,
Laisse-moi partir
Il faut de mes amours anciennes
Que périsse le souvenir,
Pour que, libérée de ma chaîne,
Vers toi je puisse revenir…

Alors, je t’en fais la promesse
Ensemble nous irons cueillir
Au jardin, rue de la tendresse,
La fleur d’amour qui va s’ouvrir.

Mais c’est trop tôt pour dire je t’aime,
Trop tôt pour te l’entendre dire,
La voix que j’entends c’est la sienne
Ils sont vivants mes souvenirs…

Pardonne-moi,
C’est lui que j’aime
Le passé ne veut pas mourir.

(Barbara)

 

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Paroles de Perlimpinpin (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Paroles de Perlimpinpin

Pour qui, combien, quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?
C’en est assez de vos violences
D’où venez-vous ?
Où allez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire le silence,
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S’il faut absolument qu’on soit
Contre quelqu’un ou quelque chose,
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes
Je suis pour des forêts profondes,
Car un enfant qui pleure,
Qu’il soit de n’importe où,
Est un enfant qui pleure,
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils,
Est un enfant qui meurt
Que c’est abominable d’avoir à choisir
Entre deux innocences !
Que c’est abominable d’avoir pour ennemis
Les rires de l’enfance !
Pour qui, comment, quand et combien ?
Contre qui ? Comment et combien ?
À en perdre le goût de vivre,
Le goût de l’eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles !
Mais pour rien, mais pour presque rien,
Pour être avec vous et c’est bien !
Et pour une rose entrouverte,
Et pour une respiration,
Et pour un souffle d’abandon,
Et pour ce jardin qui frissonne !
Rien avoir, mais passionnément,
Ne rien se dire éperdument,
Ne rien savoir avec ivresse
Et riche de dépossession,
N’avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne pas parler de poésie,
Ne pas parler de poésie
En écrasant les fleurs sauvages
Et voir jouer la transparence
Au fond d’une cour au murs gris
Où l’aube n’a jamais sa chance
Contre qui, ou bien contre quoi ?
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
Pour retrouver le goût de vivre,
Le goût de l’eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles,
Et contre rien et contre personne,
Contre personne et contre rien,
Et pour une rose entrouverte,
Pour l’accordéon qui soupire
Et pour un souffle d’abandon
Et pour un jardin qui frissonne !
Et vivre, vivre passionnément,
Et ne combattre seulement
Qu’avec les feux de la tendresse
Et riche de dépossession,
N’avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne plus parler de poésie,
Ne plus parler de poésie
Mais laisser vivre les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d’une cour aux murs gris
Où l’aube aurait enfin sa chance.

(Barbara)

 

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SEUL (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

SEUL

Ils me plaignent :
« Le voilà qui prend son bâton
Et sort tout seul.
Il nous fuit. Voyez ses yeux étranges.
Il n’emporte pas même un livre. Que fait-il ?
Est-ce un méchant ? Un révolté ? Est-ce un malade ? »
Seul, belle route blanche,
Entre tes bas-côtés pleins d’herbes et de fleurs;
Sur tes cailloux qui content de si vieilles histoires!

Seul, forêt, avec l’écorce bleue de tes sapins;
Avec ton vent qui sait parler à tous les arbres;
Avec tes processions de fourmis qui entraînent
Des petits corps de scarabées.

Seul, avec vous, prairies imbibées de soleil,
Pleines de bruits, de cris et de têtes dressées.

Seul parmi vous, mouches, émerillons, milans,
Buses, sources, rochers, crevasses, ronces,
Brumes, nuages, brouillards, aiguilles, cimes, abîmes.
Chaleur, odeurs, ordre, chaos, désordre,
Parmi les dialogues que vos bouches rivales
Ne cessent d’échanger!

Seul avec mon bâton, seul avec ma fatigue,
Ma poussière, mes tempes qui battent, mon vertige,
Et la fière sueur qui colle sur ma peau.

(André Spire)

Illustration: Lahitte

 

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Un nouveau poète (Linda Pastan)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Un nouveau poète

Découvrir un nouveau poète
c’est comme découvrir une nouvelle fleur sauvage
dehors dans les bois. On ne trouve pas

son nom dans les livres sur les fleurs, et
aucun de vos interlocuteurs ne croit
à sa couleur étrange ou à sa façon

de laisser ses feuilles pousser en rangées évasées
sur toute la longueur de la page. De fait
la page elle-même sent le vin rouge

renversé et le moisi comme la mer
les jours de brume – l’odeur de la vérité
et du mensonge.

Et les mots sont si familiers,
si étrangement nouveaux, des mots
que vous auriez pu quasiment écrire vous-même, si seulement

il y avait eu dans votre rêve un crayon
ou une plume ou même un pinceau,
si seulement il y avait eu une fleur.

***

Finding a new poet
is like finding a new wildflower
out in the woods. You don’t see

its name in the flower books, and
nobody you tell believes
in its odd color or the way

its leaves grow in splayed rows
down the whole length of the page. In fact
the very page smells of spilled

red wine and the mustiness of the sea
on a foggy day – the odor of truth
and of lying.

And the words are so familiar,
so strangely new, words
you almost wrote yourself, if only

in your dream there had been a pencil
or a pen or even a paintbrush,
if only there had been a flower.

(Linda Pastan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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JAMAIS PLUS ! (Noël Bazan)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



JAMAIS PLUS !

Quand le printemps revient, sous l’ombre des saulaies,
Mirer son jeune front à la fraîcheur des eaux,
Et rendre au bois feuillu toutes les notes gaies
Qu’en bâtissant leur nid fredonnent les oiseaux,

Quand la fleur d’aubépin se courbe sous une aile,
Que le blé qui grandit estompe les sillons,
Que le muguet s’entr’ouvre, et que, sur sa dentelle,
A travers le soleil, volent les papillons,

L’esprit chargé de rêve et de mélancolie,
Sans cueillir les lilas, sans respirer le jour,
Je vais, comme l’on va vers une ensevelie,
Écarter un linceul et contempler l’amour.

Il est là, pâle et froid, la paupière fermée,
Le coeur ne battant plus, et, cependant, si beau!
Insensible à ma voix, jadis la voix aimée,
Endormi pour jamais dans la nuit du tombeau.

Je mets, les yeux en pleurs, ma lèvre sur sa bouche,
Je lui dis : « Viens, je t’aime!… Ecoute, tout renaît!
Viens! C’est moi qui te parle et c’est moi qui te touche!»
Mais il ne me répond ni ne me reconnaît.

« Mon amour, mon amour, éveille-toi, c’est fête!
La violette a mis son étoile au gazon,
C’est la saison d’aimer, pour aimer je suis prête,
C’est la délicieuse et divine saison!

« Viens !… nous irons encor, sous la lune attiédie,
Redire les serments que tu m’as répétés ! »
Mais sa main de ma main s’échappe, refroidie,
Et l’arc brisé d’Eros demeure à ses côtés.

Il n’est plus ! je maudis le sourire des choses,
Le velours de la mousse et la paix des étangs;
Je maudis la nature et ses métamorphoses,
Je maudis le soleil, je maudis le Printemps,

Et, l’esprit plein de rêve et de mélancolie,
Sans cueillir les lilas, sans respirer le jour,
Je laisse ma jeunesse, hélas! ensevelie,
S’endormir pour jamais au tombeau de l’Amour!

(Noël Bazan)

Illustration: Emile Vernon

 

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