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Posts Tagged ‘fleur’

Pour calmer mon coeur (Ôtomo no Yakamochi)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Nicholas Roerich saint-pantaleon-the-healer-1916-1

 

Pour calmer mon coeur,
Sur les collines et dans les plaines
De Takamoto
Je suis parti
Promener mes pas.
Mais les fleurs étaient seules
A montrer leur splendeur,
Plus je les regardais,
Plus je pensais à toi,
Comment
Pourrais-je oublier
Ce désir ardent qu’est l’amour ?

(Ôtomo no Yakamochi)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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LE PAVILLON DE LA SOIE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Gérard Hunot   enlacement site [1280x768]

LE PAVILLON DE LA SOIE

Puisque l’hiver a pétrifié les cascades et défeuillé les canneliers du jardin,
puisque nous ne reverrons plus avant longtemps les fauvettes, les libellules et les pivoines,
allons dans le Pavillon de la Soie, où brillent des ruisseaux
parmi des arbres chargés de fleurs et d’oiseaux.

Afin que tu entendes gazouiller les fauvettes brodées,
je te chanterai la Chanson de la Naissance du Printemps,
et tu n’auras qu’à fermer les yeux pour te croire sur une rive du Tchiang-hang,
le troisième jour de la troisième lune.

Peut-être, t’endormiras-tu…
Alors, je te donnerai des baisers si légers,
que tu croiras sentir palpiter contre tes joues
des ailes de libellules

(La Flûte de Jade)

Illustration: Gérard Hunot

 

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Un homme comme une ville et une femme comme une fleur (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

Un homme comme une ville et une femme comme une fleur
— et qui s’aiment. Deux femmes. Trois femmes.
D’innombrables femmes, chacune comme une fleur.
Mais
seulement un homme — comme une ville.

***

A manlike and a city and a woman like a flower
— who are in love. Two women. Three women.
Innumerable women, each like a flower.
But
only one man — like a city.

(William Carlos Williams)

Illustration: Robert Doisneau

 

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La bouche (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Bouche qui fus la fleur de nos glaciers,
seule présence écarlate en ce lieu
où ne neigeaient que lumière et que chaux,

oiseau de braise et rose déchirée,
torche où veillait une furtive flamme
dans le silence irrité de la nuit:

à d’autres vents se creuse ton baiser,
pour d’autres yeux tu brûles, tu fleuris,
tu vas soufflant promesse de brasier,

tandis que nous comptons dans la pâleur
du jour que lèche une langue de pierre
le peu de biens que nous laisse l’hiver.

(Jean Joubert)


Illustration: Katerina Belkina

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DANS LE PARC (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

DANS LE PARC

Allant à nouveau dans le vieux parc,
O calme des fleurs jaunes et rouges.
Vous aussi êtes en deuil, vous, dieux de douceur,
Et l’or automnal de l’orme.
Immobiles, près de l’étang bleuté pointent les roseaux.
Le soir la grive se tait.
Oh ! Baisse alors le front, toi aussi,
Devant le marbre déchu des aïeux.

***

IM PARK

Wieder wandelnd im alten Park,
O ! Stille gelb und roter Blumen.
Ihr auch trauert, ihr sanften Götter,
Und das herbstliche Gold der Ulme.
Reglos ragt am bläulichen Weiher
Das Rohr, verstummt am Abend die Drossel.
O ! dann neige auch du die Stirne
Vor der Ahnen verfallenem Marmor.

(Georg Trakl)

Illustration: Henri Martin

 

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Vendange (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Vendange

La fleur déclose
me prive de tout comme elle s’abandonne
en fruit. Mon sang charrie des glaçons, fleur
de la récolte quand le cortège de ce soir m’ouvrira les veines.
Meuniers, ramoneurs et ceux que le sel a déteints,
mes démons se laissent apparaître, vêtus de soufre et
plus près des papillons pour cette race légère que saura
fixer une pointe dans l’aile. A des fleurs les papillons
font l’amour, eux vont aux baisers des fruits.
Délaissant ces bouches entr’ouvertes qui pendent aux
branches, d’un galop les vendangeurs passeront fouler
mon corps
une grappe de leur vigne.

(Olivier Larronde)

Illustration: Giuseppe Arcimboldo

 

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Dans les yeux, rien de leur histoire ne s’efface (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Dans les yeux, rien de leur histoire ne s’efface;
Rien n’est soluble; tout s’avère à leur surface…

Ainsi tels yeux ont l’air pauvres dorénavant
Pour avoir médité d’entrer en un couvent;
Tels sont en fleur pour avoir vu des orchidées;
D’autres sont nus de tant de fautes regardées;
On y perçoit des courtisanes se baignant
Et par leurs fards perdus l’eau des yeux est nacrée;
D’autres, pour être nés près d’un canal stagnant,
Portent un vaisseau noir qu’aucun marin ne grée
Et qui semble, dans eux, captif en des glaçons…
Prolongement sans fin ! Survie ! Aubes lointaines !
Ciel qui met dans les puits de bleus caparaçons !
Nuages habitant les prunelles humaines !

Tout le passé qui s’y garde, remémoré !
Tout ce qui s’y trahit qu’on croyait ignoré :
Les voeux qu’on viola; les seins que nous fleurîmes;
Et le regard qu’on eut en pensant à des crimes;
Et le regard qu’on eut, pris d’un dessein vénal,
Fût-ce un instant, jadis, devant des pierreries
— Trésor qu’on troquerait contre ses chairs fleuries —
Et qui fait à jamais, de 1’oeil, l’écrin du Mal.

Car tout s’y fige, y dure, et tout s’y perpétue
Désirs, mouvements d’âme, instantané décor,
Tout ce qui fut, rien qu’un moment, y flotte encor;
Dans l’air des yeux aussi survit la cloche tue,
Et l’on voit, dans des yeux qui se croient gais et beaux,
D’anciens amours mirés comme de grands tombeaux !

(Georges Rodenbach)

 

 

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Fleuve, lune et fleurs printanières (Zhang Ruoxu)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



Illustration: Koho Shoda 

    

Fleuve, lune et fleurs printanières

Au printemps le fleuve déborde, s’unissant à la mer,
De l’océan, la lune monte avec la marée;
Scintillante, suivant les flots sur dix mille lis,
La lune glisse omniprésente le long du fleuve au printemps.

Le courant serpente entre les prairies parfumées,
Les arbres fleuris deviennent neigeux sous les rayons argentés;
Dans l’air qui semble condensé, se meut le givre
Qui voile les rives sablonneuses, à peine distinctes.

Ciel et fleuve, sans l ‘ombre d ‘une poussière, forment un camaïeu pur,
Au-dessus duquel brille une lune solitaire dans le firmament infini;
Qui fut le premier à contempler la lune au bord du fleuve?
Et quand pour la première fois, la lune a-t-elle éclairé la nuit?

La vie se perpétue, génération après génération,
Fleuve et lune paraissent immuables, année après année.
Innombrables sont les hommes qui s’en sont allés sous cette lune,
Seul demeure le grand Yangtsé charriant ses eaux précipitées.

Autant me semble, éloigné ce flocon de nuage qui va s’effilochant,
Autant est triste l’homme sur la rive aux érables verts;
Cette nuit-dans quelle maison, pense-t-on au voyageur sur l ‘eau
Sous cette lune qui s’attriste d’éclairer en solitaire le pavillon vide?

Elle s’y attarde, comme accrochée par dessus son toit,
Et pénètre le boudoir habité par une âme esseulée.
Elle se présente, insistante, à la fenêtre au rideau tiré,
Indélébile sur la planche où tomberont les coups du battoir.

A cette heure, à défaut de nouvelle, nous regardons la même lune,
Mais je voudrais être un de ces rayons qui te caresse…
Que l ‘oie sauvage porte mon message aussi loin que la lune!
Que les ondes nées des ébats des poissons composent mon courrier!

La nuit précédente, un rêve, où les pétales tombaient sur l’étang;
La mi-printemps déjà passée, et toi, malheureuse, tu ne me reviens pas…
Avec les eaux du fleuve, le printemps touche presque à sa fin,
A l’ouest, près de l ‘étang, la lune est sur son déclin;

Elle va bientôt se coucher au fond de la mer brumeuse,
Mais longue est la route, avant que les fleuves, Xiao et Xiang se rejoignent:
Combien sont-ils, ceux qui rentrent au clair de lune, cette nuit-là?
A la lune déclinée, les arbres du fleuve soupirent, mélancoliques.

***

春江潮水连海平,
海上明月共潮升。
滟滟随波千万里,
何处春江无月明!

江流宛转绕芳甸,
月照花林皆似霰;
空里流霜不觉飞,
汀上白沙看不见。

江天一色无纤尘,
皎皎空中孤月轮 。
江畔何人初见月?
江月何年初照人?

人生代代无穷已,
江月年年只相似;
不知江月照何人,
但见长江送流水。

白云一片去悠悠,
青枫浦上不胜愁。
谁家今夜扁舟子?
何处相思明月楼?

可怜楼上月徘徊,
应照离人妆镜台。
玉户帘中卷不去,
捣衣砧上拂还来。

此时相望不相闻,
愿逐月华流照君。
鸿雁长飞光不度,
鱼龙潜跃水成文。

昨夜闲潭梦落花,
可怜春半不还家。
江水流春去欲尽,
江潭落月复西斜。

斜月沉沉藏海雾,
碣石潇湘无限路。
不知乘月几人归,
落月摇情满江树。

(Zhang Ruoxu)

 

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L’inscription (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2017



L’inscription
Tu regardes mes mains
frêles — dis-tu — comme des fleurs

tu regardes ma bouche
trop petite pour dire : monde

— balançons-nous plutôt sur la tige des instants
buvons le vent
voyons comme nos yeux s’éteignent
l’odeur de fané est la plus belle
et la forme des ruines insensibilise

il est en moi une flamme qui pense
un vent pour l’incendie et pour la voile

mes mains sont impatientes
je peux
façonner avec de l’air
la tête d’un ami

je répète un poème que je voudrais
traduire en sanscrit
ou en pyramide :

quand la source des étoiles se tarira
nous éclairerons les nuits

quand le vent deviendra pierre
nous attendrirons l’air

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Ismael Nery

 

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Je suis triste comme est pur un ciel (Lucie Albertini)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2017



Je suis triste
Comme est pur un ciel
Sur les prés sereins
De juillet plein de foins.

Je souris à l’air
Où l’on se perd,
Au choc des couleurs,
Des parfums,
Au silence des fleurs,
A l’ombre des buis,
Sur le chemin.

Ciels qui se nuancent,
Pétales et cadences.

(Lucie Albertini)

 

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