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Posts Tagged ‘fleurer’

JE VOUDRAIS CISELER POUR TOI (Ruben Dario)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



 

Armand Point  l

JE VOUDRAIS CISELER POUR TOI
(Yo quisiera cincelarte)

Je voudrais ciseler pour toi
une rime
délicate et élégante
telle marguerite d’or,
ou couverte d’irisée
pierrerie,
ou tel joyau d’Orient
ou coupe florentine.

Je voudrais pouvoir te donner
une rime
tel le collier de Zobéide,
fait de perles d’Ormuz,
qui fleurent bon comme les roses
et qui brillent
comme la rosée sur les pétales
de la fleur qui vient d’éclore.

Je voudrais pouvoir te donner
une rime
qui exprimerait l’amertume
de mes peines profondes
dans l’or de la sertissure
des phrases cristallines.

Je voudrais pouvoir te donner
une rime
qui en toi ne provoquerait
ni indifférence ni rire,
mais que tu contemplerais
en ta pâle allégresse,
et qui après l’avoir lue
te laisserait pensive.

(Ruben Dario)

Illustration: Armand Point

 

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Fanfan, la termite (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018


termite

«J’ai une vie intérieure! »
Dit Fanfan, le Termite.
« Il faut qu’on se le dise:
J’ai une vie intérieure!»
Son logis aux orties,
Son épouse en ermite,
Ses enfants en fouillis,
Au diable, le labeur!
Ruisselant d’oripeaux,
Fleurant la marguerite,
Voilà Fanfan le Termite
Qui taquine l’Ailleurs!

(Andrée Chedid)

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FAIM (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration
    
FAIM

La machine débraye. Une poussière lourde
En sort comme un brouillard d’automne qui s’attarde.
Tous ces hommes courbés dont les nuques se tordent
Ils mangent maintenant. Poisseux, fleurant la merde,
Leur linge refroidit, la sueur l’entrelarde.
Midi. Bâfrez du pain, allons passez la gourde !
Pas de mie et pas de minute qui se perde,
Et pas plutôt mordu, la faim veut qu’on remorde.
On ne sait déjà plus rien du temps qui passe outre,
Chaque morsure n’attend pas et mord sur l’autre,
Mais ils mâchent à fond chaque morceau. Leurs rouges
Poumons de paysans boivent, encore valides,
Les miasmes noirs. Mâchant tout ce charbon malade,
Ils mangent. Ces mangeurs ne parlent pas. Ils mangent.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Tu as dit est -il quelque chose (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration
    

tu as dit Est
-il quelque chose qui
mort ou vivant soit plus beau
que mon corps, l’avoir entre tes doigts
(tremblant toujours un peu)?
Te regardant
au fond des yeux Rien,ai-je dit,sinon cet
air printanier fleurant le jamais le toujours.

…et au travers du treillage qui s’agitait comme
si une main touchait une
main(qui
s’agitait comme si
des doigts touchaient d’une fille
les seins,
légèrement)
Crois-tu en toujours,a demandé
le vent à la pluie
je suis trop occupé avec
mes fleurs pour croire,a répondu la pluie

***

you said Is
there anything which
is dead or alive more beautiful
than my body,to have in your fingers
(trembling ever so little)?
Looking into
your eyes Nothing,i said,except the
air of spring smelling of never and forever.

….and through the lattice which moved as
if a hand is touched by a
hand(which
moved as though
fingers touch a girl’s
breast,
lightly)
Do you believe in always,the wind
said to the rain
I am too busy with
my flowers to believe,the rain answered

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Jeunes mortes (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




Illustration: Lionel Valot
    
Jeunes mortes

Par-delà la tiédeur enivrante des choses
il y a le doux froid, vois la ville des girouettes
les lits caressés de jeunesse fleurante dorment dans l’aube,
l’acier de l’innocence perce les coeurs adolescents
le pic-vert d’amour veille les nénuphars et tremble
les chevelures étranges montent des puits lourdes de songe,

Dans l’aube sonne et dans le sang le premier son des cloches
dans l’aube et dans le sang des cloches de vos gorges
soeurs mes sources solitaires prisonnières de toiles
l’ombre du rossignol pleure sur vos quinze ans
mortes givreuses mortes de satin blanc
mais la pierre est moins rude que l’étreinte de l’homme.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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La cerise commence à rougir (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2017



Est-il bien utile d’agir?
Entre mes doigts fleure une rose.
La cerise commence à rougir.

(Paul Fort)

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Retouche aux infusions (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



retouche aux infusions

mémoire à sourd battement de tambour voilé
ta route fleure le tilleul
des rêves quittent leur linceul
et s’enivrent à l’anis étoilé

(Daniel Boulanger)

 

 

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Caresse (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



 

Lauri Blank -    (46)

Caresse

Tu m’as pris jeune, simple et beau,
Joyeux de l’aurore nouvelle ;
Mais tu m’as montré le tombeau
Et tu m’as mangé la cervelle.

Tu fleurais les meilleurs jasmins,
Les roses jalousaient ta joue ;
Avec tes deux petites mains
Tu m’as tout inondé de boue.

Le soleil éclairait mon front,
La lune révélait ta forme ;
Et loin des gloires qui seront
Je tombe dans l’abîme énorme.

Enlace-moi bien de tes bras !
Que nul ne fasse ta statue
Plus près, charmante ! Tu mourras
Car je te tue – et je me tue.

(Charles Cros)

Illustration: Lauri Blank

 

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Le Beau Temps (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



Le Beau Temps

La cerise commence à rougir,
mon cœur à n’avoir plus de peine,
et les lavandières à rire
le long de l’Oise et de la Seine.

Assis à l’ombre du village,
je ne me lasse point d’admirer,
d’ici au fond du paysage,
l’herbe à lapin aux fleurs dorées.

Sur un mur frissonnant de lierres,
avec leurs couronnes aux bras,
les croix de fer du cimetière
font une ronde tout là-bas.

Est-il bien utile d’agir ?
Entre mes doigts fleure une rose.
La cerise commence à rougir.
Ah ! Phébus, laissons faire aux choses

et se coiffer d’autres villages,
comme de gais bonnets pointus,
ces villages près des nuages
dans les bleus lointains confondus.

(Paul Fort)

 

 

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J’ai vu son ombre tailler les rosiers (Danielle Catarelli)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2016



Il savait teinter d’amour les groseilles
Et tomates aux senteurs acidulées.
Le violet de ses œillets et pensées,
Fleurait un mystérieux parfum secret.
La Paix nichait sous le vieux pommier.

Il savait appeler merles et mésanges,
En lançant des miettes de patience.
Une musique d’oiseaux en ritournelle
Coloriait la douceur de l’air tiède.
Les papillons semaient leurs couleurs.

Il savait planter les fleurs du bonheur,
Les arrosait d’une pluie de soleil.
Je remplissais mes poches de graines.
Il faisait bon rire et vivre avec lui,
A l’ombre du vieux pommier fleuri.

Reste au mur, un fer à cheval rouillé,
Clé du passé, témoin des souvenirs,
Près du banc, sous le vieux pommier,
J’ai vu boiter son ombre, au jardin ,
J’ai vu son ombre tailler les rosiers…

(Danielle Catarelli)

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