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Poésie

Posts Tagged ‘fleurer’

Le Beau Temps (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



Le Beau Temps

La cerise commence à rougir,
mon cœur à n’avoir plus de peine,
et les lavandières à rire
le long de l’Oise et de la Seine.

Assis à l’ombre du village,
je ne me lasse point d’admirer,
d’ici au fond du paysage,
l’herbe à lapin aux fleurs dorées.

Sur un mur frissonnant de lierres,
avec leurs couronnes aux bras,
les croix de fer du cimetière
font une ronde tout là-bas.

Est-il bien utile d’agir ?
Entre mes doigts fleure une rose.
La cerise commence à rougir.
Ah ! Phébus, laissons faire aux choses

et se coiffer d’autres villages,
comme de gais bonnets pointus,
ces villages près des nuages
dans les bleus lointains confondus.

(Paul Fort)

 

 

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J’ai vu son ombre tailler les rosiers (Danielle Catarelli)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2016



Il savait teinter d’amour les groseilles
Et tomates aux senteurs acidulées.
Le violet de ses œillets et pensées,
Fleurait un mystérieux parfum secret.
La Paix nichait sous le vieux pommier.

Il savait appeler merles et mésanges,
En lançant des miettes de patience.
Une musique d’oiseaux en ritournelle
Coloriait la douceur de l’air tiède.
Les papillons semaient leurs couleurs.

Il savait planter les fleurs du bonheur,
Les arrosait d’une pluie de soleil.
Je remplissais mes poches de graines.
Il faisait bon rire et vivre avec lui,
A l’ombre du vieux pommier fleuri.

Reste au mur, un fer à cheval rouillé,
Clé du passé, témoin des souvenirs,
Près du banc, sous le vieux pommier,
J’ai vu boiter son ombre, au jardin ,
J’ai vu son ombre tailler les rosiers…

(Danielle Catarelli)

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BLOMET STREET BLUES (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2015



Henri Matisse Danseuse Créole l [1280x768]

BLOMET STREET BLUES

Des Vénus en flammes de punch
Frottaient la biguine créole
Leur doux contact a fait dresser
— O Blomet Street — des auréoles
Sur nos espoirs à caresser.

Des sergents de la Coloniale,
Des Hollandais, volants ou non,
Mussieu Poulet crack des Antilles
Et la corolle fleurant bon

Quand la nuit s’offrit aux vanilles
Il tombait le beau temps des Iles
Sur les pentes du rhum glacé !
Enseigne : Aux vahinés tranquilles »
Puis la clarinette a lancé
Son chant au sommeil des Marquises.

Mais, insensible à ces mirages,
Derrière son zinc, le patron
Surveillait la consommation :
Quand on a patente et façade
Faut penser à la limonade.

Nous, on s’est cassé dans la nuit
Citant Arthur et le grand Charles.
Très loin un sourire a pâli :
Le tien, qui sait ? — toi dont je parle,
Sans te connaître, au ciel du lit.

(André Hardellet)

Illustration: Henri Matisse

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Le zéphyr (Raymond Radiguet)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2015


 


 

Paul Chabas september-morning-img

Au ciel des plages, Virginie,
Ombres d’où je t’ai vue sortir,
Le zéphyr, la brise d’été
Apportaient l’odeur de peau nue
Que fleurait ta virginité.

(Raymond Radiguet)

Illustration: Paul Chabas

 

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