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Posts Tagged ‘fleurette’

J’écris ces vers (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021



    

J’écris ces vers, ainsi qu’on fait des cigarettes,
Pour moi, pour le plaisir ; et ce sont des fleurettes
Que peut-être il valait bien mieux ne pas cueillir ;
Car cette impression qui m’a fait tressaillir,
Ce tableau d’un instant rencontré sur ma route,
Ont-ils un charme enfin pour celui qui m’écoute ?
Je ne le connais pas. Pour se plaire à ceci,
Est-il comme moi-même un rêveur endurci ?
Ne peut-il se fâcher qu’on lui prête ce rôle ?
– Fi donc ! lecteur, tu lis par-dessus mon épaule.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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LES PRUNES (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2020



    

LES PRUNES.

I.

Si vous voulez savoir comment
Nous nous aimâmes pour des prunes,
Je vous le dirai doucement,
Si vous voulez savoir comment.
L’amour vient toujours en dormant,
Chez les bruns comme chez les brunes ;
En quelques mots voici comment
Nous nous aimâmes pour des prunes.

II.

Mon oncle avait un grand verger
Et moi j’avais une cousine ;
Nous nous aimions sans y songer,
Mon oncle avait un grand verger.
Les oiseaux venaient y manger,
Le printemps faisait leur cuisine ;
Mon oncle avait un grand verger
Et moi j’avais une cousine.

III.

Un matin nous nous promenions
Dans le verger, avec Mariette :
Tout gentils, tout frais, tout mignons,
Un matin nous nous promenions.
Les cigales et les grillons
Nous fredonnaient une ariette :
Un matin nous nous promenions
Dans le verger avec Mariette.

IV.

De tous côtés, d’ici, de là,
Les oiseaux chantaient dans les branches,
En si bémol, en ut, en la,
De tous côtés, d’ici, de là.
Les prés en habit de gala
Étaient pleins de fleurettes blanches.
De tous côtés, d’ici, de là,
Les oiseaux chantaient dans les branches.

V.

Fraîche sous son petit bonnet,
Belle à ravir, et point coquette,
Ma cousine se démenait,
Fraîche sous son petit bonnet.
Elle sautait, allait, venait,
Comme un volant sur la raquette :
Fraîche sous son petit bonnet,
Belle â ravir et point coquette.

VI.

Arrivée au fond du verger,
Ma cousine lorgne les prunes ;
Et la gourmande en veut manger,
Arrivée au fond du verger.
L’arbre est bas ; sans se déranger
Elle en fait tomber quelques-unes :
Arrivée au fond du verger,
Ma cousine lorgne les prunes.

VII.

Elle en prend une, elle la mord,
Et, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.
Mon pauvre cœur battait bien fort !
Elle en prend une, elle la mord.
Ses petites dents sur le bord
Avaient fait des points de dentelle…
Elle en prend une, elle la mord,
Et, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.

VIII.

Ce fut tout, mais ce fut assez ;
Ce seul fruit disait bien des choses
(Si j’avais su ce que je sais !…)
Ce fut tout, mais ce fut assez.
Je mordis, comme vous pensez,
Sur la trace des lèvres roses :
Ce fut tout, mais ce fut assez ;
Ce seul fruit disait bien des choses.

IX.

À MES LECTRICES.

Oui, mesdames, voilà comment
Nous nous aimâmes pour des prunes :
N’allez pas l’entendre autrement ;
Oui, mesdames, voilà comment.
Si parmi vous, pourtant, d’aucunes
Le comprenaient différemment,
Ma foi, tant pis ! voilà comment
Nous nous aimâmes pour des prunes.

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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CHANT DES OBSCURS (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 657

CHANT DES OBSCURS

N’oubliez pas surtout les solitaires
Avec leurs fronts et leurs poings dédaignés.
Quand s’accomplit la folle cavalcade,
On les retrouve aux pieds de vos chevaux.

Il fut la joie. Il n’est plus que ravines,
Rides sans eau pour en faire des fleuves,
Et sans rameurs, sans rêves navigables,
Même le temps ne les reconnaît plus.

Cet amoureux enchâssant une perle
Dans un poème et croyant qu’une aurore
Se lèverait sur son geste magique :
L’autre la prit pour orner sa cravate.

Et celui-là qui jetait des fleurettes
Sur les tombeaux des enfants inconnus.
Le poing s’ouvrant pour demander l’aumône
S’est refermé sur des ronces cruelles.

Tout l’or du temps, tout l’ambre, tout le sable
Pour ces obscurs. Un flacon d’amour pur
Pour enivrer leur chaste souvenir,
Et pour leur mort un silence de vie.

(Robert Sabatier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Quoi qu’on en dise (Patricia Castex-Menier)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2019



Illustration
    
Quoi
qu’on en dise,

on
se promène toujours un peu

sur
les chemins du langage :

roses
encore plus roses

dans
leurs noms de divas,

fleurettes
drapées dans leur latin,

et
colvert en col blanc.

(Patricia Castex-Menier)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: Jardins Publics
Traduction:
Editions: Aspect

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D’un vanneur de blé aux vents (Joachim du Bellay)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



 

Jean-François Millet  Vanneur

D’un vanneur de blé aux vents

A vous, troupe légère,
Qui d’aile passagère
Par le monde volez,
Et d’un sifflant murmure
L’ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,

J’offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.

De votre douce haleine
Éventez cette plaine,
Éventez ce séjour,
Cependant que j’ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.

(Joachim du Bellay)

Illustration: Jean-François Millet

 

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Casqués du heaume (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

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Casqués du heaume

Casqués du heaume et cuirassés,
S’en sont partis les gens de guerre.
Les chemins creux sont défoncés
Où nous cachions nos amours printanières.

Car l’homme doit aimer son frère
Comme l’oisel aime l’oisel
Et partir avec lui la terre
Comme ils se partissent le ciel.

Casqués du heaume et cuirassés
S’en sont partis les gens de guerre.
Les chemins creux sont défoncés
Où nous cachions nos amours printanières.

Mais peu s’en soucie la nature,
Les fleurettes poussent aux prés,
L’oisel jargonne en la ramure,
Le cerf en rut court les forêts.

Et nous aussi devons aimer,
Viens-t-en ès champs et feuillage
Nous livrant aux jeux printaniers,
Oublier la guerre sauvage.

Casqués du heaume et cuirassés,
S’en sont partis les gens de guerre.
Les chemins creux sont défoncés
Où nous cachions nos amours printanières.

(Robert Desnos)

Illustration: Hans Thoma

 

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ET AUTRE CHOSE ITOU (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



Illustration: François Boucher
    
ET AUTRE CHOSE ITOU

Colin et Colinette
Au fond d’un jardinet.
Assis dessus l’herbette
Se faisaient un bouquet…

Et autre chose itou,
Que je n’ose vous dire.
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

Il la prend, il la baise,
L’étend sur le gazon,
Et là tout à son aise
Lui saisit le menton…

Et autre chose itou.
Que je n’ose vous dire,
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

La bergère troublée,
Lui die d’un air malin :
« Ah ! Que je suis aimée !
Retire donc ta main…

Et autre chose itou.
Que je n’ose vous dire.
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout ! »

Mais le berger peu sage,
Ecoutant son ardeur.
Lui fit voir qu’à son âge
On a toujours du cœur…

Et autre chose itou,
Que je n’ose vous dire,
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

Après mainte fleurette,
Notre couple badin
S’endormit sur l’herbette
En se tenant la main…

Et autre chose itou.
Que je nose vous dire,
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

(Anonyme)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Où es-tu ? (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration    
    
Où es-tu ? où es-tu, maison du père
qui te chauffais l’échine sous le tertre ?
Et toi, ma fleurette bleue, si bleue
et le sable non foulé…
où es-tu, où es-tu, maison du père ?

Un coq chante sur l’autre rive.
Le berger paît son troupeau.
Trois lointaines étoiles
se sont allumées dans l’eau.
Un coq chante sur l’autre rive.

Le temps, ce moulin à une aile,
derrière le bourg fait descendre
la lune-balancier qui arrose le seigle
de l’invisible pluie des heures.
Le temps, ce moulin à une aile.

Cette petite pluie et sa volée de flèches
a lancé en toupie ma maison dans les nues,
elle a fauché la fleurette bleue
et piétiné le sable d’or.
Cette petite pluie et sa volée de flèches.

(Sergueï Essénine)

***

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Les petites fleurettes vertes (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018




    
Les petites fleurettes vertes du papier nankin
arrivaient avec calme et en ordre jusqu’aux barreaux de fer,
sans que ce contact funèbre les effarouchât et les fît tourbillonner.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les Misérables Tome II

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Le coeur (Claude Socorri)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2016



Le coeur

 » Le coeur, qu’est-ce donc que le coeur ?  »
Demanda la petite fille
En regardant avec candeur
Tous les membres de sa famille.

La grande soeur, en rougissant ,
Lui dit :  » Le coeur, c’est une étoile,
La plus belle du firmament ,
Mais qui ne soulève son voile
Que pour éclairer les amants.  »

Gérard, le père, dit en ricanant :
 » Le coeur, ah ! la belle foutaise !
Prétexte à vous mettre dedans ;
Heureusement faut qu’il se taise
Un jour , qu’on soit mort ou vivant.  »

La mère dit en pâlissant :
 » C’est une merveilleuse flamme
Que le ciel nous donne en naissant
Et qui rend plus belle la femme
Plus belle en la martyrisant.  »

Mais la grand-mère, en souriant ,
Dit :  » Le coeur, c’est une fleurette
Qu’arrosent bonheurs et tourments,
Afin de l’épanouir parfaite
Sous la neige des cheveux blancs.  »

 » Le coeur, c’est donc tout ça, le coeur ?  »
Murmura la petite fille
En regardant avec frayeur
Chaque membre de la famille.

(Claude Socorri)

 

 

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