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Poésie

Posts Tagged ‘fleuri’

A Pen Men (Robert Notenboom)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017




    
A Pen Men
Au-dessus des falaises, sur le roc
Il n’y a presque pas de terre
Et pas d’eau
La moindre pluie asséchée par le vent
Il y a la lande
Vite fleurie
Vite rabougrie
Et une herbe rase et fine
Aux tiges blotties les unes contre les autres
Comme pour se réchauffer
Et résister ensemble

(Robert Notenboom)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: Les chemins du silence
Editions: Puits de Roulle

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Musique slave (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Musique slave

C’est le concert doux des voix pleureuses,
Vieux chagrins résignés et tendresses
Que l’on méconnut et la tristesse
Des élans réprimés. Effleureuses
Voix sourdes, pleurez comme les ifs
Embrumés qu’échevèle un vent convulsif.

C’est le concert tout en lancinances
Des désirs contraires et la ronde
Des corbeaux et des folles arondes
Par le ciel fleuri d’incohérences:
Rouges pompeux, tristes violets
Dont se mêlent, en accords faux, les reflets.

C’est le concert vraiment sans mesures
Des baisers profonds et des morsures;
Le vibrement nerveux des ciguës
Sous l’archet des bises ambiguës
D’avril où reluit un soleil blond
Que voile une averse blême de grêlons.

C’est surtout l’écart entre le rêve
Et le réel qui, sans nulle trêve,
Par des accents forcenés s’exprime,
Comme une blessure s’envenime,
Puis éclate enfin en gémissant
Et remplit l’horizon noir d’un flot de sang.

(Marie Dauguet)

 

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Au milieu des champs fleuris (Michiko Saïto)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Au milieu des champs fleuris
des mauvaises herbes de l’automne
j’en oublie mon âge… et la mort

(Michiko Saïto)

Illustration: Zachary Brown

 

 

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La chanson du jasmin fleuri (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
La chanson du jasmin fleuri

Tant de mornes cinéraires
D’un violet mortuaire
Sous le terne effleurement

Du jour captif de la serre
Sans qu’un rayon les éclaire,
Languissent inertement!

En la paix crépusculaire
Où donc es-tu, ma lumière,
O mon beau jasmin soyeux?

La neige inlassable tombe
Sur le vitrail et la tombe
Est moins sombre que les cieux.

Quelle torpeur s’éternise
Où lentement agonise
Le rêve silencieux?

Ah! sortons parmi la neige,
Les lacs sanglants et les pièges,
Parmi les luisants remous

De l’herbe haute qui craque,
Où sournoisement nous traque
La troupe hagarde des loups.

La neige et le vent m’oppressent;
Au jardin bleu des tendresses
Jadis tu t’épanouis,

O mon beau jasmin! La neige
Implacablement m’assiège
Où mes pas sont enfouis.

Loin des mornes cinéraires
Et des tiédeurs de la serre,
Je vais, les yeux éblouis,

Cueillir la fleur que j’adore,
Aux blancheurs qui s’évaporent
Par les cieux endoloris.

A travers les bois farouches,
J’ai ton parfum sur la bouche
Que levent âpre meurtrit,

Et je crois parmi la nue
Baiser enfin ta chair nue,
O mon beau jasmin fleuri!

(Marie Dauguet)

 

 

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Mon Lou adoré (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017




    
Le 9 janvier 1915
Mon Lou adoré,

Dans tout ce déluge d’imprévu et d’émotions, tes deux lettres d’aujourd’hui
où tu devines ma lettre du 3 et y réponds, m’ont causé une joie inouïe.

Je me fiche de toutes ces compositions du moment que tu m’aimes
et me le prouves si gentiment, si complètement.

Je te prends mon Lou, tu es à moi,
je t’adore, je t’aime,
je n’aime rien d’autre que toi.

Oui, tu es moi-même et je suis toujours en toi
comme tu es toujours là.
Baisers, mon Lou, je m’énerve.

[…]

Oui, ma Lou, tu es ma Lou à moi,
ma chose vivante que j’aime infiniment,
mon bijou précieux,
ma petite perle ronde comme ton derrière,
comme tes deux petits seins infiniment jolis
et si joliment fleuris de deux roses sans épines.

Tu te donnes toute et je te prends toute
comme tu te donnes ma toute chérie,
oui, nous sommes ensembles pour toujours oui,
tu m’as tout dit,
et tu es si à moi
et si en moi que tu devines tout de moi.

Il y a une correspondance unique
et inouïe entre nos âmes.

Non, je n’ai plus de noir après tes lettres
et tu me rends infiniment heureux.

Ne sois pas triste, mon Lou.
Ne sois pas triste puisque je ne suis plus triste

(Guillaume Apollinaire)

 

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Cantique au bien-aimé de la Reine de Saba (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017




    
Cantique au bien-aimé de la Reine de Saba

« Je te ferai boire un vin parfumé. »
Cantique des Cantiques

Bienheureuse , ô mon amour, la main qui te touche,
Bienheureuse la bouche qui s’attache à ta bouche,
Qui goûte tes baisers semblables à l’encens,
Au cinname, à l’odeur des pêches mûrissant.

Tu es un lys altier au jardin de l’aurore,
Un rosier flamboyant que le couchant décore
Et, flot mystérieux où s’abreuvent les faons,
La source au pied d’un cèdre et que l’ombre défend.

Tu es, ô bien-aimé, la divine fontaine
Fleurant le thym, l’anis, le miel et la verveine;
Le puits de l’oasis que les noirs chandeliers
Devinent dans la nuit sous les troncs des palmiers.

Tu es comme un chèvrefeuille dans la rosée,
Comme un parfum de vigne en Mai; comme, irrisées
De matinal soleil, se mirant à l’étang,
Les campanules aux calices éclatants.

Les touffes des genêts, les lavandes fleuries,
Et ton corps est pareil à l’herbe des prairies
Quand la lune y répand en onduleux reflets
Ses rayons pâlissants sous les bleus serpolets.

Ta voix a la fraîcheur des flûtes bucoliques
A qui l’écho lointain au fond du soir réplique
Et ton regard puissant m’émeut plus que l’accord
Voluptueux des tambourins et des kinnors.

Tu es parmi mon coeur comme un figuier qui penche
Et dont les fruits nombreux font s’écrouler les branches;
Comme le rampement nerveux des pampres d’or
Où pend la grappe ardente et que l’abeille mord.

Tu es fort, mon amour, et mon corps brisé ploie
Quand tu m’emportes dans tes bras comme une proie.
Tel un soleil brûlant pesant sur les blés roux,
Ton corps est lourd et ton geste d’amour plus fou

Qu’à la cime des pins l’élan du vent sauvage;
Tu es le léopard au rutilant pelage,
Et tu te dresses lumineux à travers l’air
Comme une tour d’albâtre aux créneaux d’argent clair.

Cherchez mon bien-aimé, ô tremblantes gazelles
Qui bondissez frôlant le silence des bois;
Cherchez mon bien-aimé, fauvette et tourterelle
Et rossignol pensif dont s’éplore la voix.

Cherchez mon bien-aimé, plainte du vent qui erre
Par les noirs oliviers courbant leurs troncs retors;
Par la ville déserte où sommeillent les pierres,
Cherchez mon bien-aimé, gardiens des portes d’or!

Dans les soupirs flottant aux corolles des roses,
Les langoureux frissons qui bercent les lilas,
Aux marches de mon seuil sous les étoiles roses,
Est-ce mon bien-aimé dont bruissent les pas?…

(Marie Dauguet)

 

 

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Extrême-Orient (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




    
Extrême-Orient

I

Le fleuve au vent du soir fait chanter ses roseaux.
Seul je m’en suis allé. – J’ai dénoué l’amarre,
Puis je me suis couché dans ma jonque bizarre,
Sans bruit, de peur de faire envoler les oiseaux.

Et nous sommes partis, tous deux, au fil de l’eau,
Sans savoir où, très lentement. – O charme rare,
Que donne un inconnu fluide où l’on s’égare !…
Par instants, j’arrêtais quelque frêle rameau.

Et je restais, bercé sur un flot d’indolence,
A respirer ton âme, ô beau soir de silence…
Car j’ai l’amour subtil du crépuscule fin ;

L’eau musicale et triste est la soeur de mon rêve
Ma tasse est diaphane, et je porte, sans fin,
Un coeur mélancolique où la lune se lève.

II

La vie est une fleur que je respire à peine,
Car tout parfum terrestre est douloureux au fond.
J’ignore l’heure vaine, et les hommes qui vont,
Et dans 1’Ile d’Émail ma fantaisie est reine.

Mes bonheurs délicats sont faits de porcelaine,
Je n’y touche jamais qu’avec un soin profond ;
Et l’azur fin, qu’exhale en fumant mon thé blond,
En sa fuite odorante emporte au loin ma peine.

J’habite un kiosque rose au fond du merveilleux.
J’y passe tout le jour à voir de ma fenêtre
Les fleuves d’or parmi les paysages bleus ;

Et, poète royal en robe vermillon,
Autour de l’éventail fleuri qui l’a fait naître,
Je regarde voler mon rêve, papillon.

(Albert Samain)

 

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Tel qu’un enfant, perdu (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Illustration: Frederick McCubbin

    
Tel qu’un enfant, perdu la nuit dans une forêt,
et qui frissonne et tremble devant la profondeur mystérieuse des ombres,

dans cette forêt de l’infini, dont les cimes sont fleuries d’étoiles,
parfois je marche égaré et comme fou,
épouvanté de son silence,
et des regards muets que me jettent les choses.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Etoile sur le Navire (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Etoile sur le Navire

Tristement je rêvais en regardant les flots…
Le vent occidental portait ma rêverie
Vers des cieux inconnus, et les anciens sanglots
Sourdaient confusément dans mon âme meurtrie.

Sur les embruns, fleuris de sillages légers,
Se mirait le reflet orangé d’une voile,
Et, fraternel parmi les astres étrangers,
Souriait le regard attendri d’une étoile.

Tristement je rêvais en regardant les flots
Que fendait le passage orangé d’une voile ;
Dans mon âme, où somnolaient d’antiques sanglots,
Souriait le regard attendri d’une étoile.

(Renée Vivien)

 

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L’invisible contemple (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017



Illustration
    
L’invisible contemple,
Mais ne dit pas mot ;
L’invisible ressent,
Mais ne dit pas mot.
Parfois, trouant la mémoire,
Il nous réveille
Par un furtif geste.

La brume levée, le paysage
Un instant révélé :
Appel d’une prairie fleurie ?
Rappel d’une cascade cachée ?
Nous entendons pousser en nous
Le cri d’un geai,
Sans trouver le mot.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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