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Poésie

Posts Tagged ‘fleurir’

Chemin (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Chemin

Je saute dans la barque que m’offrent les mouvements rêveurs de la nostalgie
et je m’en vais vers mon enfance couronnée des gouttes de rosée de l’accueil.
Serait-ce donc une seconde aurore ?
Non.
C’est une veillée funèbre d’automne où un cercueil
— je sais qu’il est fait de souvenirs – me cherche comme une proie.

O forêts vierges de senteurs pures et d’yeux piqués
comme des étendards sur l’arête molle des insouciances,

O Eden où fleurit la neige de nos cris et de nos rires
et qui répètes dans ton soliloque désespéré les échos de noms doux comme des étoiles.

Je vous ai à peine traversés tant mes pieds étaient pleins d’air
et tant je réclamais le bâillon de l’adolescence !

(Lucien Becker)

Illustration: Lisa Lea Bemish

 

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Tout fait l’amour à tout instant (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022


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Tout fait l’amour à tout instant
pour que fleurisse la mort
et que grandisse le silence

(Michel Camus)

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Je suis une fleur (Guido Gezelle)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2022



 

Jeanie Tomanek   thebeesapprentice [1280x768]

Je suis une fleur
et fleuris sous tes yeux
ô Soleil tout puissant
à jamais immuable.

(Guido Gezelle)

Illustration: Jeanie Tomanek 

 

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La mer s’assèchera (Bernard Dimay)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022


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La mer s’assèchera, je l’ai déjà prédit,
Et le sel fleurira aux lèvres des lézardes,
Des bateaux morts debout se dresseront transis,
Cà et là des forêts caravelles vieillardes
Toutes emperruquées d’algues et de coraux,
Maquillage vivant des figures de proue,
Squelette travesti les deux mains sur la roue
Qui savait découvrir des chemins sur les eaux.

Quand la terre aura bu toute l’eau de la mer
Nous irons explorer notre monde à l’envers,
Ceux qui collectionnaient des fanons de baleine
Rechercheront alors des dents de capitaine,
Rotule passagère ou tibia de marin.

(Bernard Dimay)

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Même pur le désert s’adoucit (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



 

Goyo Dominguez _500

Même pur le désert s’adoucit tu te mires
Dans l’eau qui lui sourit à la bouche désir
De t’offrir le secret de sa meilleure source
C’est ton heure et pour toi les mirages se couchent

Je te vois et le beau temps de la journée
Où j’ai vécu sans y voir clair
Enfin prend corps pour m’éclairer
Sur les baumes qui ont fleuri
En ton absence à notre insu
Tu en es toute imprégnée

Toi la trouvaille tu viens parée
D’un fin collier d’instants perdus
Qui ont perlé de mes pensées
D’où mon amour était exclu

Ton art parfait entre les lignes
Chasse le blanc confus de n’être
Que la fumée autour des signes
Où les flammes n’ont pas pu naître

Quand la mémoire en secret rêve
Profond contre l’oubli forcé
Tu sors réelle de l’absence
Naturelle de ta légende
Suggérée insinuante
Innocente de tes tours

Tu vis heureuse entre les ombres
Ouvrant mon livre à deux battants
Et consacrant cette fenêtre
A la lumière du satin
Au filigrane de tes veines
Au grain le plus fin du destin
A la nacre ayant la peau chaude
Au miroir que tu mets que tu ôtes

Mon livre comme un lit ouvert
Où je te trouve et je te perds

(Ernest Delève)

Illustration: Goyo Dominguez

 

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Errance (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022



Errance

Sans cesse je vais
Sous des ciels mouillés
Sur des eaux où flottent
Voyages et rêves

Je vais où fleurit
La rose des vents
Sur la mer où voguent
Les pêcheurs de lunes.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Désert vivant (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




Illustration: Gabriel Lefebvre
    
Désert vivant

Écoute ce silence
Le désert est à nos portes
Voici que s’avance
La muette cohorte

Poids figé des dunes
Crêtes miragées
Ce soir sous la lune
Fleurit l’apogée

La caravane évanouie
Dans ce sable opulent
Trace l’inouï

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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Le ruisseau de montagne coule sans intention (Ci’an Shoujing)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2022



Illustration
   
Le ruisseau de montagne coule sans intention,
Le nuage dans la grotte pénètre sans idée.
Que soit la vie humaine comme nuage et eau
Et des arbres de fer fleuriront au printemps.

(Ci’an Shoujing)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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SON JARDIN (Friedrich Georg Junger)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022




    

SON JARDIN

Tu me demandes de chanter et de célébrer ton jardin,
Mais c’est toi que ton jardin fleurit ; c’est par toi qu’il verdoie ;
C’est toi le feuillage et les fleurs, les ceps qui poussent et qui grimpent,
Le lis, le rayon, la rosée, et je ne vois ici que toi.

Puisque je dois fêter le beau et puisque tu aimes mes vers,
En comparant ce qui est un, je cherche et ne trouve que toi.
Sache-le, j’aime la violette qui toujours se cache dans l’ombre,
Et c’est toi, l’amie des parfums, qu’en chantant ton jardin je chante.

(Friedrich Georg Junger)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Eugène Bestaux
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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GRAAL (Gil Jouana)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022



Illustration: Alice de Miramon
    
GRAAL

Je voudrais retourner là-bas,
Où chaque geste portait charge utile,
Où mentir ne venait pas au jour,
là-bas, où je sais bien que tu m’attends,
les yeux couverts de nuages
que le matin oublie chaque jour
un peu plus de balayer.

Je voudrais, quand la chaleur
retourne se cacher entre les céréales
et que l’horizon lance son dernier cri d’orgueil,
arriver par le versant de ton sommeil
où tu tisses le suaire de ta patience,
et voir par la fenêtre
ton visage incliné sur nos souvenirs,
et te tendre la main
comme si j’étais seulement allé
te cueillir un bouquet.

Mais je ne sais plus où fleurit ce
là-bas, ni même si jamais tu existas.

(Gil Jouana)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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