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Poésie

Posts Tagged ‘flic’

Renégat (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



 

Aron Wiesenfeld Dog

Renégat

Dans le grand parc
derrière la cité
un chien
se cachait.
II était trop malin
pour les gardiens alcooliques
et avait fait du sous-bois
son royaume.
Il se montrait parfois
au pied des premiers arbres
un calme d’assassin
autour des mâchoires.

Il a vécu
dans une cave sans lumière
aux ordres d’un dealer
qui n’a pas fait long feu.
Il dormait sur des armes
c’est pendant la perquise
qu’il a fui emportant
les doigts
d’un flic
en civil.
Depuis
il attend
ivre de soleil
de pluie et de vent
la punition
certaine.
Le souvenir du sang
le maintient en alerte
il connaît trop les hommes
pour n’être
qu’une bête.

(Balbino)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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Les mots ne sont que des fenêtres ouvertes (Bernard Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Entre le zig et le zag
la place d’un soupir

Entre le clic et le clac
la place d’un désir

Entre le tic et le tac
la place d’un sourire

Les mots ne sont que portes
qui s’ouvrent dès qu’on pousse.

Entre le cric et le crac
le temps d’une présence

Entre le flic et le flac
le temps d’une espérance

Les mots ne sont que des fenêtres ouvertes,
rideaux tirés, bouquets et plantes vertes.

(Bernard Jourdan)


Illustration

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La montagne (Jean Ferrat)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017




Ils quittent un à un le pays
Pour s’en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n’était pas original
Quand ils s’essuyaient machinal
D’un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu’au sommet de la colline
Qu’importent les jours les années
Ils avaient tous l’âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C’était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S’il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l’autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n’y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s’en faire
Que l’heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l’on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?

(Jean Ferrat)

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Les Amis de Georges (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2016



 

Les-amis-de-Georges-Brassens

Les Amis de Georges

Les amis de Georges étaient un peu anar
Ils marchaient au gros rouge et grattaient leur guitare
Ils semblaient tous issus de la même famille
Timides et paillards et tendres avec les filles
Ils avaient vu la guerre ou étaient nés après
Et s’étaient retrouvé à St-Germain-Des-Prés
Et s’il leur arrivait parfois de travailler
Personne n’aurait perdu sa vie pour la gagner

Les amis de Georges avaient les cheveux longs
A l’époque ce n’était pas encore de saison
Ils connaissaient Verlaine, Hugo, François Villon
Avant qu’on les enferme dans des microsillons
Ils juraient ils sacraient, Insultaient les bourgeois
Mais savaient offrir des fleurs aux filles de joie
Quitte à les braconner dans les jardins publics
En jouant à cache-cache avec l’ombre des flics

Les amis de Georges on les reconnaissait
A leur manière de n’être pas trop pressés
De rentrer dans le rang, pour devenir quelqu’un
Ils traversaient la vie comme des arlequins
Certains le sont resté, d’autres ont disparu
Certains ont même la Légion d’Honneur qui l’eut cru?
Mais la plupart d’entre eux n’ont pas bougé d’un poil
Ils se balladent encore la tête dans les étoiles

Les amis de Georges n’ont pas beaucoup vieilli
A les voir on dirait qu’ils auraient rajeuni
Le cheveu est plus long, la guitare toujours là
C’est toujours l’ami Georges qui donne le la
Mais tout comme lui ils ne savent toujours pas
Rejoindre le troupeau ou bien marcher au pas
Dans les rues de Paris, sur les routes de province
Ils mendient quelquefois avec des airs de prince

En chantant des chansons du dénommé Brassens

(Georges Moustaki)

 

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