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Posts Tagged ‘flore’

Tapisserie (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



 

jardin secret

Tapisserie

Un magique jardin aux merveilleuses flores,
Avec des escaliers, des rampes, des bosquets ;
Sur les arbres taillés un vol de perroquets
Mêle un éclat vivant d’ailes multicolores ;

Et, tout au fond, dans les charmilles compliquées
Que l’Automne pique de ses parcelles d’or,
Se dresse, solitaire, un vieux Palais où dort
Un lointain souvenir de fêtes évoquées ;

La dégradation douce d’un crépuscule
Enveloppe le beau jardin et s’accumule
Sur le luxe défunt des fastes accomplis ;

Dans les arbres les perroquets à vifs plumages
Volettent, comme si, troublant les longs oublis,
Quelque Belle y traînait ses robes à ramages.

(Henri de Régnier)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

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Nuit sur la lande (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Nuit sur la lande

Toi qui m’as désappris la douleur
sirène qui chante à la rade la meilleure
je tresserai pour toi les âmes de mon âme.

Fleur de l’ardent épithalame
temple oisif aspirais du seuil de mes tentes
je te bercerai des légendes de l’attente.

Au portique de ta beauté
je suis venu chargé des toisons d’aurore
brodées loin des yeux, de toutes les flores.

J’en ferai les tapis pour ta sérénité
et si l’heure chagrine attristait votre front
je le caresserai des aubes de ma passion.

(Gustave Kahn)

 

 

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Attente (Federico García Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Attente

L’univers
est en attente de quelque chose
qui encore n’a pas éclos.
La flore infinie
des étoiles
et les faunes de l’âme
retiennent leur souffle
et regardent vers un point
qui est loin
attendant la clé
du mystère,
point qu’attaque la mort
avec un marteau fantastique.
Car si le point lointain
venait à s’effacer du ciel
il y aurait une catastrophe
d’étoiles
un énorme amas
d’étoiles
couronnées de fantastiques
squelettes.

***

Espera

El universo
está en espera de algo
que aún no se ha abierto.
La floresta infinita
de los luceros
y las faunas del alma
contienen el aliento
y miran hacia un punto
que está lejos
esperando la clave
del misterio,
punto que ataca la muerte
con un martillo feérico.
Mas si el punto lejano
se borrara del cielo
habría una catástrofe
de luceros,
un enorme montón
de luceros
coronados por feéricos
esqueletos.

(Federico García Lorca)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Grenier d’étoiles
Traduction: Danièle Faugeras
Editions: Erès

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ARCHIPEL (René Purnal)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017


 


Paul Gauguin  te_arii_vahine

ARCHIPEL

Là-bas : et c’est la flore exsangue /
Lune verte / Monstres / Musiques /
Et tes seins durs taillés en cangue
O fille couleur de la figue /
Foin de la lampe casanière
Où des livres morts de poussière
M’attendent en rond !
(…)
Partir / tir / tir / Ah, vieux flonflon !

(René Purnal)

Illustration: Paul Gauguin 

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Écouter dans le coeur les passions lointaines (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017




Le jardin sur la place, enfoui
dans la fraîcheur et dans l’obscurité.
Dans la nuit, les maisons
qui se perdent dans le noir, gigantesques,
font entrevoir entre leurs masses des lumières.

Un désert terrifiant au fond du ciel
lointain, entre les étoiles.
La grande fièvre splendide
s’assourdit lorsqu’elle atteint ce noir.
Ici c’est le silence,
l’immobilité haute d’un cimetière.

Les bruits et les lumières
parviennent du lointain,
d’au-delà de ces arbres.

De vivantes lumières
jaillissent dans le noir,
les voix les plus joyeuses
hululent frénétiques
dans le triste abandon.

Étouffées elles viennent mourir
dans le noir insondable
comme de pâles suicidés
encore fous d’amour pour la vie.

Écouter dans le coeur
les passions lointaines,
les écouter qui montent dans la nuit,
sur le moite parfum de la terre.

Une flore inconnue
de désir, enfermée dans ce ciel
de noir et de silence.

Une flambée qui perce dans le noir
comme la lueur rouge
qui saigne entre les arbres.

(Cesare Pavese)

Illustration

 

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Lumière vivante (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Lumière vivante

Un enfant parle et déjà l’alouette
Vient recueillir tout le feu qu’il a dit
Chacun s’éloigne et porte en ses prunelles
Des clartés d’aube et des temps reverdis
L’enfant s’endort et rêve sur la terre.

S’il dit soleil, aussitôt une plage
S’offre à ses pas sous le ciel irisé
Le coquillage est un reflet d’étoile
Et dans la mer un dieu vient à danser
Pour se vêtir de la flore et des vagues.

Un enfant parle, ou peut-être une roche
Est-ce un parfum qui s’échappe de lui ?
Mots éblouis, la bouche qui les nomme
A leur image a dépassé la nuit,
L’amour éclate et délivre l’aurore.

Un enfant parle et c’est une planète
Qu’il offre au monde avec tous ses dangers
Prenez ce front vulnérable à la pierre
Un seul baiser pourra le protéger
Il ressuscite aux caresses des lèvres.

(Robert Sabatier)

 

 

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LE RÉCIF DE CORAIL (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2016



 

LE RÉCIF DE CORAIL

Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore,
Eclaire la forêt des coraux abyssins
Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins,
La bête épanouie et la vivante flore.

Et tout ce que le sel ou l’iode colore,
Mousse, algue chevelue, anémones, oursins,
Couvre de pourpre sombre, en somptueux dessins,
Le fond vermiculé du pâle madrépore.

De sa splendide écaille éteignant les émaux,
Un grand poisson navigue à travers les rameaux.
Dans l’ombre transparente indolemment il rôde ;

Et, brusquement, d’un coup de sa nageoire en feu
Il fait, par le cristal morne, immobile et bleu,
Courir un frisson d’or, de nacre et d’émeraude.

(José-Maria de Heredia)

 

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De Silex Et De Feu (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



De Silex Et De Feu

La mer ce n’est pas même un miroir sans visage
Un terme de comparaison pour les rêveurs
Un sujet de pensées pour l’engeance des sages
Pas même un lavoir propre à noyer les laveurs

Ce n’est pas un grimoire où dorment des secrets
Une mine à trésor une femme amoureuse
Une tombe où cacher la haine et les regrets
Une coupe où vider l’Amazone et la Meuse

Non la mer c’est la nuit qui dort pendant le jour
C’est un écrin pillé c’est une horloge brève
Non pas même cela ni la mort ni l’amour
La mer n’existe pas car la mer n’est qu’un rêve

Et moi qui l’appelais à l’assaut de la digue
je reste au pied des rocs jonchés de goémon
Tandis que le soleil ouvert comme une figue
saigne sur les tourteaux errant dans le limon

Jamais plus la tempête en sapant les falaises
N’abîmera la ville d’Ys les icebergs
Ne dériveront plus à moins qu’il ne me plaise
De recréer les flots les voiles et les vergues

Déjà sentant la mort et la teinture d’iode
Dans la putréfaction qui comblera les mares
Une flore nouvelle apparaît comme une ode
Vers le ciel impalpable où s’éteignent les phares

(Robert Desnos)

 

 

 

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PARLE-MOI (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2016



PARLE-MOI

Donne-moi la brise en les feuilles rieuses,
Et le vent qui court en poussière aux chemins,
Et l’arôme sain des flores pieuses,
Tous les hiers et les demains;

Donnez-moi le poème des fleuves graves,
Le regard placide des lacs oubliés,
Le rêve intraduit des heures suaves
Où nos regrets sont palliés;

Donnez-moi l’Océan, en la nuit, qu’on écoute
— En la nuit des yeux clos ou des astres voilés —
Donne-moi l’aveu de ton âme toute
Et le son de tes songes parlés;

Parle-moi de ta voix aux gammes réelles
— Que m’importe, à présent, la banale victoire:
J’ai songé vingt ans à des choses mortelles,
Et l’Ombre m’a drapé de ses langes de gloire.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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VERRE ARDENT (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2016



VERRE ARDENT

Je regarde d’anciennes heures,
Sous le verre ardent des regrets;
Et du fond bleu de leurs secrets
Emergent des flores meilleures.

Ô ce verre sur mes idées !
Mes désirs à travers mon âme !
Et l’herbe morte qu’elle enflamme
En approchant des souvenirs !

Je l’élève sur mes pensées,
Et je vois éclore au milieu
De la fuite du cristal bleu,
Les feuilles des douleurs passées.

Jusqu’à l’éloignement des soirs
Morts si longtemps en ma mémoire,
Qu’ils troublent de leur lente moire
L’âme verte d’autres espoirs.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration

 

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