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Poésie

Posts Tagged ‘flotter’

Le doux printemps est ton temps est le mien est le nôtre (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Karen L’Hémeury

    

« le doux printemps est ton
temps est le mien est le nôtre
car c’est le temps de l’amour
et vive le doux amour »

(tous les joyeux petits oiseaux
volent dans le flottant dans les
esprits mêmes ils chantent dans
le battement d’ailes des fleurs)

les amants vont les amants viennent
vagabondant ils s’émerveillent
mais tous les deux parfaitement
seuls il n’est nul autre au monde

(un tel ciel et un tel soleil
n’ai pas connu ni toi non plus
personne jamais n’a respiré
autant de variétés de oui)

nul arbre ne sait compter ses feuilles
chacune d’elles de s’ouvrir seule
mais ces qui brillant par milliers
ne font qu’un seul étonnement

(en secret adorant timides
petits s’allant dardant flottant
et joyeux dans le fleurissant
les heureux soi toujours chantent)

« le doux printemps est ton
temps est le mien est le nôtre
car c’est le temps de l’amour
et vive le doux amour »

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Cap au printemps (Miyoshi Tatsuji)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Cap au printemps les mouettes de la fin du voyage
Las! se sont éloignées en flottant dans le vent

(Miyoshi Tatsuji)


Illustration

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L’impatience des bourgeons (Jean L’Anselme)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Depuis quelques jours il flotte en toi
quelque chose comme si j’allais te retrouver.
Mais il faut surtout se garder d’y croire
il passe en effet sur les promesses du printemps
des coups de gelée qui brûlent
l’impatience des bourgeons.

(Jean L’Anselme)


Illustration

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Il n’y a pas de saut dans le vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019




    
Il n’y a pas de saut dans le vide.

Même si les anges n’existent pas pour nous soutenir
ni non plus des traverses de la pensée,
ni des relativisations ou des absolus
qui puissent nous retenir par les bras.

Il faut par avance gagner le vide,
le coloniser avec nos abandons
comme s’il était un territoire dépouillé
ou une nouvelle liberté jamais exercée.
Et cultiver à l’intérieur ses fragments flottants
qui s’entremêlent aux choses
pour leur apprendre à ne pas être.
Et presque sans le savoir
arriver à aimer le vide.
Ce qui est aimé nous soutient,
même si cela nous pousse vers l’abîme.

Un vide aimé
ne peut pas nous abandonner.
Et dans un vide non aimé
il n’est même pas possible de sauter.

***

No hay salto al vacío.

Aunque no existan ángeles para sostenernos,
ni tampoco travesaños de pensamiento,
ni relativizaciones o absolutos
que puedan retenernos de los brazos.

Hay que ganar el vacío desde antes,
colonizarlo con nuestros abandonos
como si lisera un despojado territorio
o una nueva libertad nunca ejercida.
Y cultivar adentro sus fragmentos flotantes,
que se entreveran con las cosas
para enseñarles a no ser.
Y casi sin saberlo,
llegar a amar el vacío.
Aquello que se ama nos sostiene,
aunque también nos empuje hacia el abismo.

Un vacío que se ama
no puede abandonarnos.
Y a un vacio que no se lo ama
no es posible ni siquiera saltar.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Un poème me réveille (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



Un poème me réveille
et m’accompagne au dehors.
Plus tard un autre poème
m’accompagne jusqu’au sommeil.

Entre deux poèmes flotte le temps
comme un cerf aux aguets
qui ignore le sommeil et les poèmes.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: F.A. Moore

 

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Un homme est-il déjà mort de mort pure ? (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



 Illustration: Pascal Renoux
    
Un homme est-il déjà mort de mort pure ?
D’une mort sans autre cause que la mort ?
L’âme serait son crime, plus mystérieusement
qu’un suicide — elle n’aurait besoin d’aucune arme
et ne réclamerait pas de main extérieure… elle seule suffirait.
Oeuf et serpent, elle-même se gobant.

Tendu, le jour où l’arc se relâchera, je partirai pour toujours
dans cet univers insoupçonné où aucun miroir n’arrête l’esprit.

Je serais aussi moins fausse si j’étais moins vraie.

Être soulagée, crier dans ta poitrine, la mienne n’est pas assez grande.
Mais comment te rejoindre ?
Ma tête tranchée flotte dans la nuit.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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« Echec » et « Réussite » (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019




Tu veux savoir les lois
qui régissent « échec » et « réussite »?

Flottent les chants des pêcheurs
devant le rivage immobile

(Wang Wei)

Illustration

 

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La digue aux cormorans (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



A peine plongé entre les lotus rouges,
Le voilà qui survole la berge claire:
Soudain, poisson au bec, plumes tendres,
Seul sur une branche, là, flottant.

(Wang Wei)

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Écrit sur la cellule d’un bonze (Wang Tch’ang-Ling)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
Écrit sur la cellule d’un bonze

Les fleurs de palmier couvrent la cour,
La mousse envahit la cellule solitaire.

L’hôte et le visiteur
ayant échangé des paroles sublimes
se taisent.

Dans l’air,
on sent flotter un parfum inconnu.

(Wang Tch’ang-Ling)

 

 

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Quand je mourrai (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




    
Quand je mourrai,
je voudrais pouvoir
serrer, entre mes

doigts, une pomme
reinette — une de ces
pommes légèrement

flétries dont l’odeur
cordiale flottait
sur la paille, dans

le grenier de mon
enfance, oit mon frère
me racontait de si

belles histoires
à dormir debout.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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