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Poésie

Posts Tagged ‘flou’

CASSÉS tous les miroirs (Rafael Carcelén)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2019



    

CASSÉS
tous les miroirs,

défigurés même dans l’envers
en friche même du nom,

nos empreintes floues,

ton moi
mon toi
– la trace invisible –
nous survivent.

***

ROTOS
todos los espejos,

desfigurados hasta en el reverso
baldío del propio nombre,

nuestras huellas desvaídas,

tu yo
mi tú
–invisible el rastro–
nos sobreviven.

(Rafael Carcelén)

 

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Farineuse insomnie (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
Farineuse insomnie
néant friable

Sommeil titubant
on chemine on écrit
de travers

Tournant
sur l’ aire
meulant
un grain maigre

On se perd
des mots chutent
se dispersent
poussière
charpie des nerfs
des chairs

Désir flou
de se résigner
à l’identité saumâtre
du jour et de la nuit

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Je ne sors plus (Hervé Prudon)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018



Illustration: Hervé Prudon  
    
je ne sors plus trop fatigant
alors j’écris feignant
je voudrais vous y voir
mes efforts vont à l’essentiel
j’écris du fond de mon fauteuil
un oeil au ciel
et l’autre au seuil
de mon cercueil
l’infime poésie
il va être à court de noisettes
le petit écureuil
je voudrais vous voir mes mignons
à court de provisions
le corps mou l’esprit flou
vous seriez mes beaux frères moins sévères

(Hervé Prudon)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Devant la mort
Traduction:
Editions: Gallimard

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Qui te connaît (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration: Zofia Rozwadowski
    
Qui te connaît Georges Perros
Nul au monde ni moi ni vous
Toi peut-être fille aux seins roux
Prêtresse de ce vieil Eros
Je ne sus que te caresser
Alors qu’intense amour à faire
Qu’es-tu devenue ô beauté
Dont je perçus mal le mystère
Qu’est-il devenu ton cher corps
Terreux, dansant avec les morts
L’horrible, l’éternel quadrille
Où es-tu folle jeune fille
Folle d’aimer qui ne sait pas
Être aimé autrement qu’en rêve
Non plus aimer sinon trop brève
La férocité d’un désir
Moins à vivre hélas qu’à mourir.

Si je te rencontrais demain
Tu me verrais main dans leurs mains
A ces enfants que je fis naître
Tu me dirais bonjour peut-être

— Je l’ai vu quelque part mais où
Cet homme près de la vieillesse
Avec ce regard un peu flou
Mais quand mon Dieu mais où était-ce ?

(Georges Perros)

 

Recueil: J’habite près de mon SILENCE et 27 autres poèmes
Traduction:
Editions: Finitude

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Flou caniculaire (Hélène Duc)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

bleu

Flou caniculaire –
la vague prolonge le bleu
d’un jean vide

(Hélène Duc)

 

 

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Qui a le néant flou (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



Illustration: Francis Ray
    
Qui a le néant flou,
ne vaut rien.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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Était-ce une aube (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018




    
Était-ce une aube, était-ce un crépuscule,
ce moment flou hors de l’histoire
où l’homme enfin domestiqué
s’est mis à labourer son champ,
pendant que le chien se séparait du loup?

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

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Les arbres étaient immobiles (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



 Illustration: Robert Cattan
    
Les arbres étaient immobiles,
la lumière grise,
les collines inertes
s’étalaient d’étrange façon.

Les hommes creusaient
un peu le sol,
comme pour dégager un trésor,
mais calmes et prudents.

Partout sur terre sans doute
c’était ainsi,
le monde et le végétal humain
vivotaient.

J’observais en marchant
craintif et satisfait,
mes pieds obéissants
marchaient sur le sol.

Calme sur la lande,
à l’entour pleine lumière,
comme un fuseau d’argent
la lumière du soleil;

partis les nuages
par delà le bleu-gris flou,
route blanche lointaine
comme argentée.

Je sens le vent
me souffler aux oreilles,
J’aurais voulu partir
me perdre dans la lumière.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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Quel délicieux petit plaisir (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018




    
Quel délicieux petit plaisir
de retenir
dans la zone floue
où n’ont pas encore
pris corps les mots
le moment d’écrire

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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On a peu de temps (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



on a peu de temps

dans l’eau lente puis stagnante
on prend sans voir
une figure d’arbre mort
d’oiseau figé

ainsi même des désirs
ou des rêves demeurés rêves
il ne reste vite
qu’un peu de sable clair
ou bien de vase

***

en continu les jours
on tente de s’enraciner
plus loin à l’intérieur
dans quelques visages
quelques poèmes qui durent
au travers de la masse
des actes des sommeils

***

à la longue
on apprend à vivre
de peu
et à tenir
dans ce long combat sans adversaire
sur qui s’appuyer
mémoire
épaisseur mouvante
enlisement
quand dehors
vite
c’est l’affolement matinal et présent du ciel

***

mémoire vaine
les êtres deviennent flous
puis noms retenus sans visage
et puis nuages qui filent
ou bien terre

on continue
avec ceux qui vivent
parce qu’il n’y a rien d’autre

(Antoine Emaz)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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