Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘flûte’

Le Mystère (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



Illustration
    
Le Mystère

La flûte reconnaît : Je n’ai nul mérite;
Seulement la force du souffle me fait résonner.
Le souffle admet : Je suis trompeur, je ne suis que du vent,
Nous ignorons effectivement qui fait la musique.

***

The Mystery

The flute admits : I cannot take any pride,
It is the breath alone that turns me eloquent.
The breath adds : I am void, I am mere wind :
Nobody quite knows who the real player is.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ATTENTE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
ATTENTE

Tu restes toujours présent
À la lisière de mes chants,
Mes mélodies sont à Tes pieds
Sans que je puisse T’atteindre.
Le vent supplie avec insistance :
« Ne laisse pas ton rafiot amarré ! »
Gouverne vite pour parvenir
Au centre de mon cœur.

Avec Toi le jeu de mes chants
Est un jeu venant de loin,
Sa flûte émet des notes chagrines
Tout le long du jour.
T’emparant de ma flûte donc, quand voudras-tu
La remplir de Ton souffle,
Dans la dense obscurité
Par une nuit joyeuse et muette ?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La flûte de Stravinsky (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
La flûte de Stravinsky

Le cou du cygne se contracte
et le cygne
quitte les marécages du Silence

Une voix d’évangile de haute glace
s’envole à travers la voûte fendue

Le siffleur élyséen
entraîne une tresse de sons
dans l’altitude flûtée

comme la main d’un Hindou lancerait
une corde jusqu’au Nirvana

S’élèvent
aiguës les résonances d’étoiles —

À cette écoute
la bouche et l’oreille
de la musique
ne font qu’une

(Mina Loy)

 

Recueil: Il n’est ni vie ni mort, poésie complète
Traduction: Olivier Apert
Editions: Nous

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

GAUDEAMUS (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



GAUDEAMUS

Les flûtes chantent vainement
En ces tristes, païennes heures.
Désirs dissipés par le vent…
Plus rien, non, plus rien ne demeure…

Exposés au vent, à l’oubli,
Ployant sous le temps qui les leurre,
Etres et choses ont péri,
Et plus rien, plus rien ne demeure…

(George Bacovia)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AU RIVAGE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



AU RIVAGE

O amères pensées…
Solitudes,
Soirées printanières, vagabondes,
Parfums qui s’en vont avec le vent
Et flûtes faites des rochers de la mer…
— Il était une fois…
Vagues bruissantes au rivage,
Inquiètes attentes,
Solitudes,
Et flûtes faites
Des rochers de la mer…

(George Bacovia)

Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que l’on jette ces lis (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019


 


 

Léon Spilliaert

Que l’on jette ces lis …

Que l’on jette ces lis, ces roses éclatantes,
Que l’on fasse cesser les flûtes et les chants
Qui viennent raviver les luxures flottantes
A l’horizon vermeil de mes désirs couchants.

Oh ! Ne me soufflez plus le musc de votre haleine,
Oh ! Ne me fixez pas de vos yeux fulgurants,
Car je me sens brûler, ainsi qu’une phalène,
A l’azur étoilé de ces flambeaux errants.

Oh ! Ne me tente plus de ta caresse avide,
Oh ! Ne me verse plus l’enivrante liqueur
Qui coule de ta bouche – amphore jamais vide –
Laisse dormir mon coeur, laisse mourir mon coeur.

Mon coeur repose, ainsi qu’en un cercueil d’érable,
Dans la sérénité de sa conversion ;
Avec les regrets vains d’un bonheur misérable,
Ne trouble pas la paix de l’absolution.

(Jean Moréas)

Illustration: Léon Spilliaert

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Source (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Victor Karlovich Shtemberg X8IHE

La source

Une eau vive étincelle en la forêt muette,
Dérobée aux ardeurs du jour ;
Et le roseau s’y ploie, et fleurissent autour
L’hyacinthe et la violette.

Ni les chèvres paissant les cytises amers
Aux pentes des proches collines,
Ni les pasteurs chantant sur les flûtes divines,
N’ont troublé la source aux flots clairs.

Les noirs chênes, aimés des abeilles fidèles,
En ce beau lieu versent la paix,
Et les ramiers, blottis dans le feuillage épais,
Ont ployé leur col sous leurs ailes.

Les grands cerfs indolents, par les halliers mousseux,
Hument les tardives rosées ;
Sous le dais lumineux des feuilles reposées
Dorment les Sylvains paresseux.

Et la blanche Naïs dans la source sacrée
Mollement ferme ses beaux yeux ;
Elle songe, endormie ; un rire harmonieux
Flotte sur sa bouche pourprée.

Nul oeil étincelant d’un amoureux désir
N’a vu sous ces voiles limpides
La Nymphe au corps de neige, aux longs cheveux fluides
Sur le sable argenté dormir.

Et nul n’a contemplé la joue adolescente,
L’ivoire du col, ou l’éclat
Du jeune sein, l’épaule au contour délicat,
Les bras blancs, la lèvre innocente.

Mais l’Aigipan lascif, sur le prochain rameau,
Entr’ouvre la feuillée épaisse
Et voit, tout enlacé d’une humide caresse,
Ce corps souple briller sous l’eau.

Aussitôt il rit d’aise en sa joie inhumaine ;
Son rire émeut le frais réduit ;
Et la Vierge s’éveille, et, pâlissant au bruit,
Disparaît comme une ombre vaine.

Telle que la Naïade, en ce bois écarté,
Dormant sous l’onde diaphane,
Fuis toujours l’oeil impur et la main du profane,
Lumière de l’âme, ô Beauté !

(Leconte de Lisle)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La poésie… (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



Illustration: Robert Delaunay
    
La poésie…

Elle se tient là dans le miroir des jours
Elle caresse le ciel du bout des doigts
Elle se tait entre deux battements d’ailes
Elle dit le feu le vent et l’étincelle
Elle est la faim la soif qui ensorcelle

Elle est soleil levant
pépiement matinal
Elle est poisson volant dans un feu végétal
Elle est lointaine et proche étrange et familière
Elle est le chant secret
la danse des fougères
Elle est la fleur sauvage la flûte traversière

Ombre posée sur les paupières de la nuit
Elle se tient silencieuse aux carreaux de ta vie

Elle est celle qui prie aux croisées de ta joie

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’entends battre mon Sacré-Coeur (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



J’entends battre mon Sacré-Coeur
Dans le crépuscule de l’heure,
Comme il est méconnu, sans soeur,
Et sans destin, et sans demeure!

J’entends battre ma jeune chair
Equivoquant par mes artères,
Entre les Edens de mes vers
Et la province de mes pères.

Et j’entends la flûte de Pan
Qui chante: « bats, bats la campagne!
« Meurs, quand tout vit à tes dépens;
« Mais entre nous,va, qui perd gagne! »

(Jules Laforgue)


Illustration: Ricardo Casal

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis neuf (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration

    
Je suis neuf

Je suis neuf tu m’agrandis
passe tes mains dans mes cheveux
passe tes doigts dans ces jours morts
pose tes lèvres sur mes yeux

image double du secret
fermé trois fois dans ma colère
au bord d’un soir tu apparais
mon rêve exact de chair et d’air

depuis ce lit entends la flûte
errant la nuit parmi les rues
sommeil au loin baisers de flûte
et le chant d’ombre en moi s’est tu

J’ai traversé le poids des choses
je te conduis au fil des nuits
tu as fendu la porte close
si je suis neuf accueille-moi.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :