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Posts Tagged ‘foi’

Le cadeau de la foi c’est la foi (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022


machaon

Le cadeau de la foi
c’est la foi.
En croyant à l’harmonie secrète
on aide à la faire advenir
en n’y croyant pas on la contrarie.

Ne pas croire est un barrage
contre le flot vivifiant de l’invisible.

Ceux qui n’ont pas la foi
sont des croyants du doute,
ils croient qu’ils n’ont pas la foi
et empêchent ainsi certaines fleurs
d’éclore dans leur coeur.

On est fait
de ce qu’on ne sait pas.
Nous sommes tissés d’inconnu.

Mais tout cela est du langage encore,
les mots sont des couvercles sur les choses.
Celui qui veut comprendre a déjà fait
les trois-quarts du chemin:
pour le reste, motus.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Eloge des cavernes (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2022


Neandertaliens3

Quand l’Histoire a commencé,
le cerveau humain était déjà pleinement formé,
ce qui veut dire que notre cerveau est
préhistorique.
Au temps des cavernes l’altruisme
était une nécessité,
les concepts ne mitaient pas les coeurs
et la foi agissait l’invisible.
C’est grâce à ce qui reste en nous
de préhistorique
que nous n’avons pas complètement sombré
dans la barbarie.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Dessein de quitter une dame (François de Malherbe)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration:  Emile Eisman-Semenowsky
    
Dessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesse

Beauté, mon beau souci, de qui l’âme incertaine
A, comme l’océan, son flux et son reflux,
Pensez de vous résoudre à soulager ma peine,
Ou je me vais résoudre à ne la souffrir plus.

Vos yeux ont des appas que j’aime et que je prise.
Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté :
Mais pour me retenir, s’ils font cas de ma prise,
Il leur faut de l’amour autant que de beauté.

Quand je pense être au point que cela s’accomplisse
Quelque excuse toujours en empêche l’effet ;
C’est la toile sans fin de la femme d’Ulysse,
Dont l’ouvrage du soir au matin se défait.

Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire
De me l’avoir promis et vous rire de moi.
S’il ne vous en souvient, vous manquez de mémoire
Et s’il vous en souvient, vous n’avez point de foi.

J’avais toujours fait compte, aimant chose si haute,
De ne m’en séparer qu’avecque le trépas
S’il arrive autrement ce sera votre faute,
De faire des serments et ne les tenir pas.

(François de Malherbe)

Recueil: Poèmes par coeur
Traduction:
Editions: Seghers

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Je ne veux pas qu’elle soit morte (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2022



Je ne veux pas qu’elle soit morte.
Je veux un espoir, je demande un espoir.
Dieu de ma mère, mon Dieu que j’aime
malgré mes blasphèmes de désespoir.
Je T’appelle au secours.

Aie pitié de ce mendiant abandonné au coin du monde.
Je n’ai plus de mère, je n’ai plus de maman,
je suis tout seul et sans rien
et j’appelle vers Toi qu’elle a tant prié.

Donne-moi la foi en Toi,
donne-moi la croyance en une vie éternelle.
Cette croyance, je l’achèterais au prix d’un milliard d’années en enfer.
Car après ce milliard d’années en enfer où l’on Te nie,
je pourrai revoir ma mère qui m’accueillera,
sa petite main timidement à la commissure de sa lèvre.

(Albert Cohen)

Illustration

 

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Le seul poème (Guy Allix)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2022



Illustration: Marie Waltz
    
Le seul poème

1

Silence tant de silence
Pour que germe cette parole autre
Sans la foi donnée aux mots
Les mots il faut les taire les torturer
Et risquer le taire jusqu’à terre

Il faut cette parole qui ne croit plus en la
parole Pour parler enfin
Comme il faut peut-être ne plus croire en l’amour pour aimer

Pour croire à cette vie qui ne croyait plus

Car c’est là au bout du doute
Que le mot jaillit dans une autre ferveur

2

Et tu te couches dans les draps blancs du
poème Ces draps qui t’appellent de leurs bras
Et te somment de dire
Le dedans qui n’a pas de mots

Le seul poème

(Guy Allix)

Recueil: Nous, avec le poème comme seul courage
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Acte de foi (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021



Acte de foi

Alors que l’arbre offre son feuillage
Au premier oiseau venu
Que le soleil éclabousse le sol
Et que l’horizon bouscule les nuages
Je me partage avec le monde entier

Alors que la clarté lisse les cailloux du chemin
Et que les oiseaux qui s’abattent sur les sillons
Lacèrent jusqu’à la faire saigner
La poitrine du champ
Je bois l’espace
À longues lampées

Ma pensée crée le monde
Si je meurs il meurt avec moi
Être de chair je marche vers l’éternité

Sous un soleil assoupi
J’écoute le rire des enfants dans le pré
Et respire les odeurs de la grange

Tandis que la brise fait frissonner les arbres
Je contemple le bleu mouvement de la mer
Plus pures
Les couleurs se dépouillent de leurs formes
Dans la valse des vagues

J’empoigne l’univers
Et défie le mystère profond
Des plus banales choses.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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On peut aussi prier une sardine (Proverbe japonais)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2021




    
on peut aussi prier une sardine
ce n’est qu’une question de foi

(Proverbe japonais)

 

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DITES! DITES! (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



DITES! DITES!

Ah ! dites, dites
Où sont passés les troglodytes?

Où sont passés les troglodytes?
Où sont passés les Mohicans?
Et Blériot avec son biplan ?
Et l’Arabie pas Séoudite ?

Où sont passés les fiacres
Qu’étaient couverts de nacre?
Et les cochers boiteux
Qui devenaient le Diable en moins de deux?

Où sont passées les Amazones
Qui n’avaient qu’un sein comme bouclier?
Où est parti le puits de Dôme ?
Que sont devenus les Alliés ?

La guerre de Cent Ans ? Celle de Soixante-Dix ?
Et celle de Trente Ans?
Et Vercingétorix
Mon ancêtre, mon Gaulois,
Où donc est-il passé avec ses guêtres et ses oies?

Où sont passés les habitants
Des cavernes du bon vieux temps
Qui s’éclairaient modestement
Au moyen de vers luisants ?

Où sont passés les Thermopyles?
Où sont passés les Thermidors ?
Et les Anglais qu’ont pris la pile
Quand Jeanne d’Arc était en or ?

Et Léontine la femme à Léon ?

Et ce monsieur Napoléon
Qui donnait son foie
A tous les soldats
Et faisait semblant d’être là
Même quand il était dans les draps
Avec la Joséphine extra?

Et Samson? Et Dalila ?

Ah ! dites, dites
Y’en a des choses qui existent.

Moi, je veux bien. Moi, je vous crois.
Mais faut vraiment avoir la Foi!

(René de Obaldia)


Illustration: Johann Heinrich Wilhelm Tischbein

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UNE VILLE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2021



Illustration: Gottfried Salzmann
    
UNE VILLE

Dans la ville où l’on pend le diable par les cornes
Dans la ville ouverte et fermée
Dans la ville où l’on tient comptoir pour tous les désirs

Dans la ville sans feu ni lieu
Dans la ville sans foi ni loi
Dans la ville sans fieux

Dans la ville où l’on s’amuse
Dans la ville où l’on pleure à froides larmes
Dans la ville d’onze heures
Je ne sais pas très bien ce qui se passe
Car je n’y suis pas encore allé.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les poètes et la ville
Traduction:
Editions: Le cherche midi

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Prends cette rose (Pierre de Ronsard)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Prends cette rose aimable comme toi,
Qui sert de rose aux roses les plus belles,
Qui sert de fleur aux fleurs les plus nouvelles,
Dont la senteur me ravit tout de moi.

Prends cette rose et ensemble reçois
Dedans ton sein mon coeur qui n’a point d’ailes
Il est constant et cent plaies cruelles
N’ont empêché qu’il ne gardât sa foi.

La rose et moi différons d’une chose
Un Soleil voit naître et mourir la rose,
Mille Soleils ont vu naître m’amour,

Dont l’action jamais ne se repose.
Que plût à Dieu que telle amour, enclose,
Comme une fleur, ne m’eut duré qu’un jour.

(Pierre de Ronsard)


Illustration: Henri Matisse

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