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Poésie

Posts Tagged ‘foire’

Les mains dans les poches (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Les mains dans les poches,
Le long de la route,
J’écoute
Mille cloches
Chantant : « les temps sont proches;
« Sans que tu t’en doutes! »
Ah! Dieu m’est égal!
Et je suis chez moi!
Mon toit
Très-natal
C’est Tout. Je marche droit,
Je fais pas de mal.
Je connais l’Histoire,
Et puis la Nature,
Ces foires
Aux ratures;
Aussi je vous assure
Que l’on peut me croire!

(Jules Laforgue)

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TÊTE DE BÉTAIL (Paul Fournel)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018



TÊTE DE BÉTAIL

Pas deux bêtes semblables
pas deux pareilles
dans toute l’histoire
des foires
et dans l’histoire des bêtes
pas deux bêtes pareilles
pas deux mêmes poils
pas deux mêmes oreilles
pas deux mêmes pis
mais l’oeil
toujours le même
saisit le pareil
dans le même

(Paul Fournel)


Illustration

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Le chant (Charles Le Quintrec)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Le chant

Le chant monte à la mer
avec les souvenirs

Nous avons eu de beaux jours et du ciel bleu
Nous avons dansé sur les dunes
et joué sous les vagues à capturer des hippocampes

Notre jeunesse a grandi
nous sommes devenus grands
nous sommes devenus jeunes

Nous avons revêtu la jeunesse des astres.

Le chant monte à la mer
à l’heure du jusant.
Le monde veut jouer comme l’enfant des foires
Le monde fait de l’or en frottant ses cailloux
Le monde n’est pas mort
Ses rêves sont debout.

Le chant monte à la mer
qui le sème à tous vents
Le monde est plus heureux
depuis qu’il n’est plus temps.

(Charles Le Quintrec)

Illustration: BAEL DAINA

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La valise (Georges-L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018


Hilaire est à la foire.
Il pense à sa femme
qui garde la ferme.
Alors il achète un cadeau.
Une valise blanche
garnie de linge fin.
Il rentre tôt.
Il pose le présent sur la table.
Sa jeune femme est médusée.
Jamais elle n’a vu de valise blanche.
Elle a une idée.
Vite elle dénoue son tablier,
elle met son manteau
et prend la valise.
Elle se regarde
dans le grand miroir,
elle est élégante,
elle marche,
elle arrive à la ville,
elle monte dans le train pour Paris.
Paris, Hilaire!
Le paysan se tait.
Il attend patiemment
qu’elle revienne.
C’est son premier voyage.

(Georges-L. Godeau)

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Ce n’était pas la peine (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018




    
Ce n’était pas la peine
de trancher le cou du clown
pour montrer que la foire est finie,
le cadavre suffisait et ce gilet de coutil.

(Max Jacob)

 

Recueil: Le Cornet à dés
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES GRANDS PRINCIPES (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



LES GRANDS PRINCIPES

Aujourd’hui les filles s’émancipent
Et vous parlent de leurs grands principes
Puis elles font comme leur maman
En vertu des grands sentiments

Elle aussi avait ses phrases types
Et me parlait de ses grands principes
Puis agissait n’importe comment
En vertu des grands sentiments

Elle aimait surtout vivre en équipe
Toujours en vertu des grands principes
Mais me surveillait jalousement
En vertu des grands sentiments

Elle allait au Louvre avec Philippe
Toujours en vertu des grands principes
Mais faisait la foire avec Armand
En vertu des grands sentiments

Elle me soigna pendant ma grippe
Toujours en vertu des grands principes
Puis elle me quitta bien portant
En vertu des grands sentiments

Elle épousa vite un autre type
Toujours en vertu des grands principes
Mais elle prit un nouvel amant
En vertu des grands sentiments

Il faudra qu’un beau jour je l’étripe
Toujours en vertu des grands principes
Mais que je le fasse élégamment
En vertu des grands sentiments

Je lui porterai quelques tulipes
Toujours en vertu des grands principes
Mais je pleurerai abondamment
En vertu des grands sentiments

(Guy Béart)

Illustration

 

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Les moissonneurs reviennent du champ (Karl Ristikivi)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



 

Les moissonneurs reviennent du champ,
les pêcheurs de la mer,
et leurs pas sont lourds sous le fardeau qu’ils portent.
Tout est fardeau, même l’amour.

Les vieilles femmes reviennent de l’église,
les jeunes garçons de la foire.
Les larmes sont séchées. Mais où donc est resté le rire ?
Il y a toujours des choses qui restent en arrière,
et l’on regrette tout, même le deuil.

(Karl Ristikivi)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Erich Heckel

 

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Brune (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



 

Igor Galanin  manège

Brune

Sur le terrain de foire, au grand soleil brûlé,
Le cirque des chevaux de bois s’est ébranlé
Et l’orgue attaque l’air connu :  » Tant mieux pour elle !  »
Mais la brune grisette a fermé son ombrelle,
Et, bien en selle, avec un petit air vainqueur,
Elle va se payer deux sous de mal de coeur.
Elle rit, car déjà le mouvement rapide
Colle ses frisons noirs sur son front intrépide,
Et le vent fait flotter sa jupe et laisse voir
Un gai petit mollet, en bas rouge à coin noir.

(François Coppée)

Illustration: Igor Galanin

 

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La seule faveur que le monde ait jamais fait à Emily (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



La seule faveur que le monde ait jamais fait à Emily
a été de lui décerner en octobre 1856 un second prix
pour son pain de seigle, à la foire d’Amherst.

(Christian Bobin)

Poèmes d’Emily ici

 

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Je n’oublierai jamais (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




    
Je n’oublierai jamais, un soir d’été, dans un champ de foire,
au fond d’une baraque, devant laquelle s’agitait bruyamment,
parmi les lampions fétides,

une grosse femme soufflant dans un cornet à piston,

un homme à trois jambes, qui, tout souriant et satisfait,
montrait pour deux sous sa laideur.
Oui, il était fort aise, et il dit ce mot véritable :
Cela me fait gagner ma vie!

— Ô étoiles, ô ciel, ô Nature, qu’est-ce donc alors que la vie?

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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