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Posts Tagged ‘fol’

Où est le fol ? Où est le sage ? (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



 

Ora Tamir - Israeli Surrealist painter - Tutt'Art@ (4)

Où est le fol ? Où est le sage ?
Celui qui d’avoir rêvé
compose le paysage,
celui qui sème le blé,
celui qui ferme la cage
d’où l’oiseau s’est envolé ;
l’enfant qui pêche une image,

où est le fol ? Où le sage ?
Eve et le fruit enchanté,
celui qui part en voyage
à bord d’un simple nuage,
celui qui cherche la clé
de tous les yeux verrouillés,
celui qui tourne la page
pour lire l’autre côté,

où est le fol ? Où le sage ?
Celui qui met son visage
sur l’épaule de l’été,
l’écolière du village
avec le coeur buissonnier,
pour le froment qu’on partage,
celui qui a tout donné ;

où est le fol ? Où le sage ?

(Géo Libbrecht)

Illustration: Ora Tamir

 

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Dans ce bistrot mal famé (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Edouard Manet 
    
dans ce bistrot mal famé
les servantes apportaient sur des plateaux de lèvres les jupons usés
fanés de leurs rires d’antan

les clients tous buvaient au même verre où leurs langues cherchaient
le stigmate du baiser en vain espéré coursé traqué une vie durant

sur les écrans des yeux grands d’une fille solitaire de farouches
ombres s’embrassaient bouche à bouche ses mains d’écume
dessinaient l’espoir

d’un fol amour fou
tout son jeune être adhérait
n’était qu’une unique pensée

Elle n’entendait pas le choc que produisaient s’entrecognant les
épaves des voix éraillées des hommes attablés — ombres —

Un amas opaque de fumée enlaçait ses tentacules brumeux
à l’asphalte de leur chevelure hirsute que la main fatiguée
des ans avait décoiffée.

là dans ce bistrot mal famé je te vis TOI
que j’avais patiemment tissé de rêves
ne m’oublie pas dans
tes pleurs
pleur de la nuit sur la paupière qui
ne veut pas s’ouvrir au
jour
pleur de feu sur les doigts qui veulent
griffer
non caresser

ne m’oublie pas dans
tes pleurs
pleur de la fange dans
un amour qui s’élargit comme
manche défaite
ne peut s’extérioriser

pleur de l’encre dans un lit
que creusèrent deux ombres
érotiques
ne m’oublie pas dans
tes pleurs
pleur de la lumière dans un
tunnel où grimacent multicolores
des affiches de vie

pleur du silence
à des lèvres frémissantes
adolescentes
ne m’oublie pas dans
tes pleurs

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

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LE MAUDIT (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



LE MAUDIT

J’ai mené mon chagrin maudit dans les prairies
Où je me suis roulé, sanglotant comme un fol ;
Mes pleurs salés faisaient des brûlures au sol
Et laissaient des trous noirs dans les herbes fleuries.

Je l’ai conduit au bois et dans les closeries
Pour entendre le gai pinson, le rossignol ;
Mais les oiseaux bien loin de nous prenaient leur vol
Devant l’épouvantail de nos mines flétries.

Alors je l’ai traîné jusqu’au bord de la mer
Où les pleurs en tombant se noient au gouffre amer.
Où l’on n’a pour témoins que la vague et la roche ;
Mais la roche restait muette de stupeur,
La vague en frissonnant fuyait à mon approche,
Et les monstres marins en avortaient de peur.

(Jean Richepin)

Illustration

 

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À Annick (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



À Annick

Ses yeux sont bleus et verts tels les ciels quand il neige
Ses cils pareils à la splendeur des roses tendres
Et son regard profond mène aux fjords de Norvège
Aux nirvanas ouverts qui ne cessent d’attendre

Le flux des océans et le ressac des mers
Ceux qui nous reviendraient des plus anciens âges
Du temps où l’amour fol régnait sur cette terre
Tout comme les édens de tendresses sauvages

Je t’aime à l’infini des voies lactées futures
Ensemble nous suivrons le chemin de la vie
À l’instar de tous les amoureux qui se turent

Enlacés l’un à l’autre au bonheur qu’ils connurent
À contempler à deux l’aube des éclaircies
Et les mille soleils illuminant les nuits

(Jean-Claude Demay)

Illustration

 

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Parce que de la viande (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



Parce que de la viande était à point rôtie,
Parce que le journal détaillait un viol,
Parce que sur sa gorge ignoble et mal bâtie
La servante oublia de boutonner son col.

Parce que, d’un lit grand comme une sacristie,
Il voit sur la pendule un couple antique et fol
Ou qu’il n’a pas sommeil et que sans modestie
Sa jambe sous les draps frôle une jambe au vol,

Un niais met sous lui sa femme froide et sèche
Contre son bonnet blanc frotte son casque-à-mèche
Et travaille en soufflant inexorablement:

Et de ce qu’une nuit sans rage et sans tempête
Ces deux êtres se sont accouplés en dormant
Ô Shakespeare, et toi Dante , il peut naître un poète!

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Margarita Sikorskaia

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BONHEUR (Hourig Mayssian)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



BONHEUR

Voilà que passe devant toi
une jolie jeune fille,
les cheveux au vent, les yeux brillants.
Un frisson agréable parcourt ton corps

Elle passe très vite à côté de toi;
un clin d’oeil magique
et sa trace est déjà perdue
dans l’épais brouillard.

Elle passe à côté de toi.
Unique souvenir, nostalgie ou douleur,
elle te laisse un fol espoir,
de la rencontrer encore un jour !

(Hourig Mayssian)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

 

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Tu es ma phrase et ma chanson (Jean-Yves Yven)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2016



Tu es la vague tu es le flot
Tu es cette ombre sur ma peau
Qui se déchire au jour éclos
Tu es la vague tu es le flot

Tu es ma peine et mon chagrin
Ma larme haine mon jour sans pain
Ma plage vide au frais matin
Tu es ma peine et mon chagrin

Tu es mon rire ma muse belle
Mon soleil ivre ma voix rebelle
Tu es mon tendre ma fleur nouvelle
Tu es mon rire ma muse belle

Tu es ma barque mon univers
Mon voyage fou jusqu’aux enfers
Tu es mon rêve si fol si fier
Tu es ma barque mon univers

Et je te chante ma déraison
Mon coeur avide sans une raison
Tu es mon fleuve et ma maison
Tu es ma phrase et ma chanson

Tu es ma phrase et ma chanson

(Jean-Yves Yven)

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Au ciel (André Devynck)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2016


Quand serons nus et profonds
têtes folles galets ronds
écueils
à la porte où nos doigts s’usent
Un signe noir
sur le seuil.
Le temps ruse et nous confond
haute écluse.

Sable et sel
silence
seul.

Quel cri
quelle vague de fond
ô juge
nous rejettera ?

Liberté
le vent
l’écume.

Au ciel, étoiles posthumes.

(André Devynck)

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Sans cesse je veux accourir vers l’amour qui est mien (Reinmar de Hagueneau)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2016




Sans cesse je veux accourir
vers l’amour qui est mien.
Mais rien n’est si lointain
que la fin de mon fol espoir.

Chaque jour pourtant je m’efforce et la sers
si bien qu’en joie, sans le vouloir,
elle change le tourment que je souffre.

***

Ích wil allez gâhen
zúo der liebe, die ich hân.
Só ist ez níender nâhen,
dáz sich ende noch mîn wan.

Dóch versuoche ich ez álle tage
und gedíene it sô, daz si âne ir danc
mit fröiden muoz erwenden kumber, den ich trage.

(Reinmar de Hagueneau)

Illustration: Lionel Le Jeune

 

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