Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘folie’

D’un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant (Théophile de Viau)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



 

D’un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant
J’éveille avant le jour mes yeux et ma pensée,
Et cette longue nuit si durement passée,
Je me trouve étonné de quoi je suis vivant.

Demi désespéré je jure en me levant
D’arracher cet objet à mon âme insensée,
Et soudain de ses voeux ma raison offensée
Se dédit et me laisse aussi fol que devant.

Je sais bien que la mort suit de près ma folie,
Mais je vois tant d’appas en ma mélancolie
Que mon esprit ne peut souffrir sa guérison.

Chacun à son plaisir doit gouverner son âme,
Mytridate autrefois a vécu de poison,
Les Lestrigons de sang, et moi je vis de flamme.

(Théophile de Viau)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Il avait fait son temps sur terre (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


 


 

Cristina Pérez de Villar  Llanto con Ojos Shiva

Il avait fait son temps sur terre
il s’était aboli
reine des grandes folies

la nuit qui est noire comme on dit
l’avait allaité dans ses bras
de plus d’une folie

et l’ombre l’emmaillotant d’astres
lui fit croire à son génie
reine des grandes folies

et le rayon des prunelles tendu
s’amollit s’incurva dans une larme
reine des grandes folies

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Cristina Pérez de Villar

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le vent (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019




Le vent

Le vent du printemps
Souffle tout le temps.
Avec lui, il apporte
Une musique avant-coureuse d’été,
Un tourbillon de papillons,
De sensations tièdes,
Des ondées fraîches et pures
Et des pluies de fleurs…
Il transporte l’air chaud
Qui vient de loin,
Et qui rappelle les oiseaux,
Les insectes, les abeilles,
Toutes ces merveilles de la nature
Qui finit son sommeil…
Il réveille en nos cœurs
La beauté, la gaité…

Le vent du printemps,
Il souffle tout le temps,
Il met dans nos vies
Un air de folie…

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Le Pouvoir des Mots (Jean-Marie Petit)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2019



Michelle Paulet--peintre-de-Nice--24-

Le Pouvoir des Mots

D’un livre ouvert
Sortit une averse
Et une poignée
D’oiseaux de couleur…
Le pouvoir des mots
Est plus fort que le vent
Et celui du poème
Plus que la folie…
Au coeur de ton coeur
J’écris une lettre
En lettres de jour…
Au bleu de tes yeux
Commence la mer…

(Jean-Marie Petit)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Michelle Paulet

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

O saisons ô forêts (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



O saisons ô forêts ô déserts ô mers ô terres ô ciels
Quittez vos parures la folie est une légende certaine

***

O seasons o forests o deserts o seas o l ands o heavens
Abandon your finery madness is a certain legend

(Tahar Bekri)


Illustration: Podkowinski

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Désapprendre les routes du petit jour (Emmelie Prophète)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



 

Duy Huynh -  (12)

Désapprendre les routes du petit jour
Inventer des commencements
Parce que la folie disparaît
Les soupirs se meurent
Dans ces nuits qui s’effondrent.

Désapprendre les routes
Où traînent les témoins aveugles,
La bande blanche qui sépare
La mémoire et l’amour.

(Emmelie Prophète)

Illustration: Duy Huynh

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un jour rappelle-toi (Emmelie Prophète)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



 

Erik Johansson  on

Un jour rappelle-toi
cette ville dépecée
entre le bruit la bêtise et la douleur.
On a créé l’infidélité,
le bleu des trottoirs d’un autre continent.
La folie est devenue utile.
Nous nous appliquons à dessiner
des portes de sortie

Depuis tes yeux
le vide est à réinventer.

(Emmelie Prophète)

Illustration: Erik Johansson

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

EST-CE VOUS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019




    
EST-CE VOUS

Qui est fou
est-ce moi est-ce vous
est-ce le temps avec sa faux
ou la cloche qui sonne faux
est-ce le père est-ce l’enfant
est-ce le cerf ou bien le faon
la nuit et tous ses parfums
le rêveur et ses songes sans fin
celui qui mange sans avoir faim
est-ce vous est-ce moi enfin
C’est moi c’est vous
il faut aimer à la folie
croire au songe et à l’oubli
bien sage est qui l’avoue

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

OBSCUR DÉJÀ (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Guillaume Bourquin Trois peupliers 2005

OBSCUR DÉJÀ

Crépuscule du soir.
Sur les hauts peupliers
roucoulent les tourterelles.
À peine, çà et là,
bercées dans la brise,
des cimes d’or légères.

Un pépiement perdu, là-haut ;
en bas, deux yeux
qui regardent l’ombre et s’en vont vers elle,
comme fleuves profonds vers une mer profonde,
profonde.

Fermés, très noirs,
sur le fond de folie
du couchant à vif,
les troncs
comme des hommes tristes,
si nombreux et chacun si seul.

***

YA OSCURO
El anochecer.
Se arrullan las tórtolas
en los altos olmos.
Apenas, aquí y allá, quedan,
mecidas en brisa,
cimas leves de oro.

Un pío perdido, en lo alto;
abajo, dos ojos
que miran la sombra y se van a ella,
como ríos hondos a un mar hondo, hondo.

Cerrados, muy negros,
contra el fondo loco
del ocaso agudo,
los troncos,
como hombres tristes,
cada uno isiendo tantos! solo.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Guillaume Bourquin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

PULVIS (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



PULVIS

Éternité, ô infini,
Toi, chaos, qui rassembles tout…
En ton vide il y a folie,
Et de nous tous tu fais des fous.

Devant toi je suis un poltron.
Eternité, ô infini,
J’aime une fille, oui, un tendron,
Apprends-moi la philosophie.

Éternité, ô infini,
Tandis que je tremble d’amour,
Tu me fais voir, triste ironie,
Un cimetière, au carrefour !

(George Bacovia)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :