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C’est un gros travail Vivre (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
C’est un gros travail
Vivre, et
Puis c’est tout
Dans la lumière des phares
Ou bien l’ombre
Sur la côte
Cachée dans les dunes
Ou en plein vent follet
C’est un gros travail
Vivre, disent-ils
Et puis la maladie
Mourir de peu comme on aura vécu.

(Emmanuelle Le Cam)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Vivre, disent-ils
Traduction:
Editions: Soc et Foc

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Je n’appelle, ni ne pleure (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Jacques Muller
    
Je n’appelle, ni ne pleure, ni ne regrette rien,
tout passe comme brume de pommiers en fleurs.
Miné désormais par l’or de défloraison
je ne connaîtrai plus la jeunesse.

Tu ne battras plus comme avant
désormais, coeur transi,
plus ne t’incitera à flâner pieds nus
la terre du bouleau et du calicot.

Esprit follet qui attisa mes lèvres
comme tu te fais rare, rare aujourd’hui.
Flots d’émotion, pétulance du regard,
ô ma fraîcheur d’âme perdue.

De désirs même je deviens avare.
Ma vie ! Ou ne fut-ce qu’un songe ?
Comme si par un bruissant matin de printemps
j’eusse passé au galop sur un destrier rose.

Tous en ce monde, tous sont périssables,
lentement s’écoule le cuivre de l’érable…
Béni sois-tu néanmoins dans les siècles
toi qui es venu éclore et mourir.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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La fille de l’air (Jules Verne)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



    

La fille de l’air
A Herminie.

Je suis blonde et charmante,
Ailée et transparente,
Sylphe, follet léger, je suis fille de l’air,
Que puis-je avoir à craindre ?
Une nuit de m’éteindre ?
Qu’importe de mourir comme meurt un éclair !

Je vole sur la nue ;
Aux mortels inconnue,
Je dispute en riant la vitesse aux zéphirs !
Il n’est point de tempête
Qui pende sur ma tête ;
Je plane, et n’entends plus des trop lointains soupirs.

Je vais où va l’aurore ;
On me retrouve encore
Aux mers où tout en feu se plonge le soleil !
Quand son tour le ramène,
Prompte, sans perdre haleine,
je le joins, et c’est moi qu’on salue au réveil.

Qui suis-je ? où suis-je ? où vais-je ?
N’ayant pour tout cortège
Que les oiseaux de l’air, les étoiles aux cieux ?
Je ne sais ; mais tranquille,
Aux pensers indocile,
Je m’envole au zénith, au fronton radieux !

Parfois je suis contrainte ;
Mais c’est la molle étreinte
De l’amour qui me berce en ses vives ardeurs !
J’en connais tous les charmes ;
J’en ignore les larmes,
Et toujours en riant, je vais de fleurs en fleurs

Vive, alerte et folâtre
De l’air pur idolâtre
Je vole avec Iris aux couleurs sans pareil ;
Souvent je me dérobe
Dans les plis de sa robe
Faite d’un clair tissu des rayons du soleil.

Souvent dans mon courage,
Je rencontre au passage
Une âme qui s’envole au céleste séjour ;
Je ne puis, bonne et tendre,
Lorsqu’elle peut m’entendre,
Ne pas lui souhaiter vers moi le gai retour !

Des échos la tristesse
M’apprend que l’allégresse
Ne règne pas toujours aux choses d’ici-bas,
Et que parfois la guerre
Va remuer la terre.
La faim, le froid, la soif ! qu’on ne m’en parle pas !

Si jadis quelque chose
Me venait ; de la rose
C’était le doux parfum que le vent m’apportait !
Je croyais, pauvre folle,
La rose, le symbole
Du bonheur que la terre à mes yeux présentait !

La terre par l’espace
Dans l’ordre qu’elle trace
Traîne trop de malheurs et de peine en son vol ;
Le bruit souvent l’atteste,
Son spectacle est funeste,
Et certes ne vaut pas un détour de mon col !

Pourquoi m’occuper d’elle,
Je suis jeune, et suis belle ;
Mes lèvres sont de rose, et mes yeux sont d’azur :
A mes traits si limpides
L’honneur mettrait des rides ;
La terre ternirait l’éclat de mon ciel pur !

Parfois vive et folette,
Poursuivant la comète,
Dans l’espace inconnu nous prenons notre essor !
A mon front je mesure
Sa blonde chevelure
Qui traîne dans les airs un ardent sillon d’or !

Lorsque je me promène,
Pour qu’elle m’entretienne,
Pourquoi pas de compagne aux mots doux et vermeils ?
Quoi ! n’en aurais-je aucune ?
Ah ! pardon, j’ai la lune,
L’étoile, la planète, et mes mille soleils !

J’ai quelquefois des anges,
Car leurs saintes phalanges,
Je les suis en priant ; plus prompte que l’éclair ;
Sans leur porter envie,
Je préfère ma vie :
Rien n’est si doux aux sens que de nager dans l’air.

Si le sommeil me gagne,
Ma couche m’accompagne,
Couverte d’un manteau brodé de bleus saphirs ;
Dans les flots de lumière,
Je ferme ma paupière,
Laissant flotter ma robe entrouverte aux zéphirs.

(Jules Verne)

 

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NOCTURNE VIF (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2015



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NOCTURNE VIF

L’enclume soliloque et les frissons des seigles
Aux villages cernés par la douceur des soirs,

Nous ne regagnerons le conjugal pavois
Qu’à l’heure où les oiseaux flûtiotent dans les bois,

Où le crapaud s’éteint au bord des mares noires
Où l’ultime follet danse dans la mémoire.

La lune resplendine essaye son essor
Et sur les champs ses rets sont arentelles d’or.

Le loup-garou charge le passant comme hotte
Ainsi l’homme succombe : il en a plein ses bottes !

Mais dans ces nuits maléficiées je suis à l’aise :
C’est la nuit que l’on boit, c’est la nuit que l’on baise

C’est la nuit que l’on vit, c’est la nuit que l’on ment
Le miroir à la belle et la rose à l’amant,

C’est la nuit que le vent soupire sous les portes
Au sommeil dis adieu son fantôme l’emporte.

Mais le village est sourd et blanc comme un squelette
Aux cerisiers pleurant sur leurs escarpolettes.

(Maurice Fombeure)

 

 

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Bérénice (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2015



Recel nacré dans la toison sombre
de cette nuit en odeur froissée
échevelée en soi Bérénice
ce pleur de sel par fourrure épaisse
lumière noire en follets et flammes
dans tel cresson mes chevaux se battent
te délivrant écume en écume
rosée accrue ils la désétoilent

(Bernard Manciet)


Illustration: John William Godward

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