Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘foncer’

Tout pour l’homme est ciel illimité (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



Tout pour l’homme est ciel illimité
vent qui fonce à l’appel du vide
ou mer cernant des continents rongés.
Tout est conquête en fonction de nature.
L’herbe est promise à la faucille
comme au bélier la brebis
et la mortaise au tenon qui la justifiera…

(Pierre Béarn)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA DERNIERE INNOCENCE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018




LA DERNIERE INNOCENCE

Partir
corps et âme
partir.

Partir
se défaire des regards
pierres oppressantes
qui dorment dans la gorge.

Je dois partir
plus d’inertie sous le soleil
plus de sang ébahi
plus de prendre la file pour mourir.

Je dois partir

Mais fonce, voyageuse!

(Alejandra Pizarnik)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je ne trace pas de cercle (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration
    
Je ne trace pas de cercle
je le franchis —

Je veux des mots
comme des éperviers
volant
fonçant
ivres de soleil
sanguinaires
sans pardon

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE ROULIER (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




Illustration    
    
LE ROULIER

La route va, sans espoir,
Droit entre bise et galerne :
Coteaux plus bas que les soirs
De grands vents et de lanternes.

Le roulier suit cette route
Sous les cabans étoilés,
Épie l’ombre, ruse, écoute
L’acide vent vert des blés.

Bise en proue, galerne en poupe,
Il fonce au coeur des forêts,
Mais là-bas l’attend la soupe
Et le pichet de vin frais.

Délivré des peurs mortelles,
Il claque d’un fouet vainqueur,
Et le vent ferme ses ailes
Puis se couche dans son coeur.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’est tout près des rails que j’habite (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



C’est tout près des rails que j’habite,
près du va-et-vient permanent
des vitres de ces trains en fuite
dans le vent nocturne ondoyant.
Dans la nuit éternellement,
Foncent les jours qui se font suite.
Dans chacun des compartiments
c’est moi qui m’accoude et médite.

(Attila Jozsef)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A la fin il y en a marre (Dan Fante)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
A la fin il y en a marre
d’expliquer

les gens te voient comme tu es ou pas

pourquoi se crever à décrire le brouillard sur Venice
ou la passion des sublimes Chevrolet 1957
— ça intéresse qui ? —
soit tu es branché brouillard et Chevrolet soit pas

Pour moi la magie tient à la vie elle-même
au cadeau immérité
d’être ici présent
de foncer tête baissée contre les murs
ou assis dans un fauteuil à m’extasier sur l’origine du souffle

La vie est improvisation — du théâtre — avec billet de faveur —
imprévisible
horrible
grotesque
absurde
brutale
précieuse
et
romantique

une aventure

Je sais que je ne vaux pas cher — mais je suis ce que je pense

***

After a while you just get tired
of explaining things

people see you for what you are or they don´t

why try to describe the fog on Venice Beach
or having a passion for the perfection of the 1957 Chevy
—who gives a shit—
either you are into fog and Chevys or you are not

For me the magic comes from the privilege of living itself
the undeserved gift
and being present right now

going head-first against the bricks
or simply sitting in a chair and marveling at the cause of
breathing in and breathing out

It is all improvising—theater—a complimentary ticket—
unpredictable
horrible
ridiculous
senseless
brutal
precious
and
inspiring

an adventure

I know that I may not be much—but I am all that I think about

(Dan Fante)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: De l’alcool dur et du génie Editions
Traduction: Léon Mercadet
Editions: 13e Note

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

En pleine matinée sur la place de la Bastille (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



C’était en pleine matinée sur la place de la Bastille.
L’air vif colorait les joues des femmes qui marchaient
nerveuses et légères comme le génie.
La Seine souriait et le printemps faisait lever la tête.

Lui était là, sur la grille d’une bouche de métro,
dans le sommeil impénétrable de la misère.

Les passants l’enjambaient et fonçaient vers leur travail,
vers leur joie, vers leur détresse.

Le ciel piquait des pâquerettes dans les yeux des femmes.

(Gabriel Cousin)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Insomnia (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Illustration
    
Insomnia

La nuit darde ses innombrables yeux sur moi.
Ai-je dit des yeux?
Des flèches, plutôt.
Elles foncent sur moi en sifflant, se plantent dans ma peau.

Qui donc aimerait être dans ma peau?
En vain, je m’efforce à longueur de nuit
de les ôter, de les jeter par-dessus bord.

Le matin, je me retrouve bordée par un tas d’éclats de pensée
et je m’étonne d’avoir pu sauver ma peau.

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À VOS MARQUES (Michel Martin de Villemer)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2016



cercueil

À VOS MARQUES

Pour mon départ il n’y aura ni clairon ni harmonium,
Je foncerai tous feux éteints sur la route de l’oubli,
Sans limitation de vitesse, et, bien sûr, à tombeau ouvert !

(Michel Martin de Villemer)

 

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Abandon (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2016



Je fonce en noctambule à travers la forêt;
Etrange, autour de moi, luit un cercle magique.
Aimé, maudit? Je n’y porte pas d’intérêt
Et suis la voie qu’un sens intérieur m’indique.

Que de fois m’éveillant, cette réalité
Où vous autres vivez a voulu me reprendre!
J’y vécus à mon tour, tête basse, hébété,
Et de nouveau j’ai fui bien loin, sans plus attendre.

Tiède pays natal duquel vous me privez,
Rêve d’amour que vient troubler votre présence,
Mon coeur par cent chemins vous a tôt retrouvés,
Comme l’eau vers la mer incessamment s’élance.

Des sources en secret me guident de leur chant,
L’oiseau du rêve agite une aile de lumière,
J’entends l’écho des jours où j’étais un enfant
Et dans le lacis d’or, d’abeilles bourdonnant,
Je retourne en pleurant dans les bras de ma mère.

(Hermann Hesse)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :