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Rien ne ressemble plus à Dieu dans l’immensité de l’univers que le silence (Maître Eckhart)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



 

Rien ne ressemble plus à Dieu dans l’immensité de l’univers que le silence

Les gens ne devraient pas tant penser à ce qu’ils font,
ils devraient penser à ce qu’ils sont.

Si les gens étaient bons ainsi que leur manière d’être,
leurs œuvres pourraient vivement rayonner.
Si tu es juste, tes œuvres aussi sont justes.

Ne pense pas que la sainteté se fonde sur les actes,
on doit fonder la sainteté sur l’être,
car ce ne sont pas les œuvres qui sanctifient,
c’est nous qui devons sanctifier les œuvres.

Si saintes que soient les œuvres,
elles ne nous sanctifient absolument pas en tant qu’œuvres,
mais dans la mesure où sont saints notre être et notre nature,
dans cette mesure, nous sanctifions toutes nos œuvres,
que ce soit manger, dormir, veiller ou autre chose.
Ceux qui ne sont pas d’une nature élevée,
quelles que soient les œuvres qu’ils accomplissent,
elles ne valent rien.

Remarque par là tout le zèle qu’il faut apporter à être bon,
non pas tant pour ce que l’on fait ou par la nature des œuvres,
mais bien par le fondement des œuvres.

(Maître Eckhart)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Il n’y a aucune raison (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019




Illustration: Gilbert Garcin
    
Il n’y a aucune raison d’occuper les espaces vides.
Les espaces vides sont plus nécessaires
que les espaces pleins.

La vacuité fonde les choses
et allège l’être
lorsqu’elle mesure les mondes.

Le vide, en outre, nous appelle,
même si nous ne savons pas répondre à l’appel.

***

No hay por qué ocupar los espacios vacíos .
Los espacios vacíos son mas necesarios
que los espacios llenos.

La vacuidad funda las cosas
y aligera el ser
mientras mide los mundos.

Además , lo vacío nos llama,
aunque no sepamos responder al llamado

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’apparition et la disparition (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018




    
(…) mais c’est un des charmes de l’existence : « on apparaît »…
Je suis sûr que la vie est fondée sur l’apparition;
il n’ y a que ça, deux phénomènes, l’apparition et la disparition.

– Mais il y a quelque chose entre ?

– Entre ? il y a ce qui est apparu et ce qui a disparu…
mais la vie est une vraie sorcellerie une fois qu’on a vu ça.

(Henri Thomas)

 

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Mouvante place des hommes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



Mouvante place des hommes

Où sommes-nous ?

Dans la tempérance d’une rivière
Dans la démesure des torrents

Dans le compas de l’oeil
Dans les brumes de la chair

Dans l’attelage des monstres
Dans les mains sans épine

Dans les nasses du doute
Dans la force des granges

Dans l’angoisse qui mobilise
Dans la peur qui engloutit

Dans le foisonnement du corps
vivier qui fonde l’esprit

Dans le songe insulaire
Dans le rêve faiseur d’hommes

Dans la dissolution des mots
Dans le tissu de la parole

Dans les randonnées du sang
Dans la réunion du coeur ?

Où sommes-nous ?

Où aucun ciel ne peut prétendre !

(Andrée Chedid)


Illustration: Maryse Casol

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Alors – poèmes ? (Florence Pazzottu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
alors – poèmes ?
d’où tombés ? d’où s’élèvent ? vont si vite !
font-ils formes ? fondent-ils ? (forme fonde)

des dehors-au-dedans
s’ils font abri sont seuils (d’un trait ils font espace)
et le profond va vite

(Florence Pazzottu)

 

Recueil: Alors, Poésie
Traduction:
Editions: Flammarion

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Le cube de bois (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
Le cube de bois

Le cube de bois ne peut être décrit que de l’extérieur.
Nous sommes ainsi condamnés à une ignorance éternelle quant à son essence.

Même si on le coupe vite en deux, son intérieur devient tout de suite son extrémité
et le secret devient peau en un éclair.

Il est donc impossible de fonder la psychologie d’une boule de pierre,
d’une barre de fer, d’un parallélépipède de bois.

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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La vacuité (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
La vacuité fonde les choses
et allège l’être
lorsqu’elle mesure les mondes.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Il pleut sur la pensée (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018




    
Il pleut sur la pensée.

Et la pensée pleut sur le monde
comme les restes d’un filet décimé
dont les mailles ne parviennent pas à se rejoindre.

Il pleut dans la pensée.

Et la pensée déborde et pleut dans le monde,
comblant vers l’intérieur tous les récipients,
même les mieux gardés et scellés.

Il pleut sous la pensée.

Et la pensée pleut sous le monde,
diluant le soubassement des choses
pour fonder à nouveau
l’habitation de l’homme et de la vie.

Il pleut sans la pensée.

Et la pensée
continue de pleuvoir même sans le monde,
continue de pleuvoir même sans la pluie,
continue de pleuvoir.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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EN UN ÉCLAIR (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



EN UN ÉCLAIR

En un éclair ils se connurent. L’un et l’autre venaient
d’un pays de fontaines taries, d’astres éboulés. La nuit
eut pour eux des bras en harpe de lune, des genoux
de velours. Parlant sans mots, écoutant le silence tinter
dans leurs verres, lorsque l’étoile de la séparation eut
tracé au-dessus d’eux son signe, ils burent une gorgée
de jour et s’en furent.

Que la route, pluie ou canicule, fonde sous leurs pas
disjoints, il n’importe !

Une flamme atrocement belle pèse sur leurs yeux, ligote
leurs corps.

Amour où fermentent des bulles, à sa douleur s’abreuve
un cyclone.

(Jules Tordjman)

 

 

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Je regarde un arbre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



Illustration

Je regarde un arbre.
Tu regardes autre chose au loin.
Mais je sais que si je ne regardais pаs cet arbre
tu le regarderais pour moi
et tu sais que si tu ne regardais pas ce que tu regardes
je le regarderais pour toi.

Il ne nous suffit plus
de regarder chacun avec l’autre.
Nous sommes parvenus
à ce que si manque l’un des deux,
l’autre regarde
ce que l’un devrait regarder.

Il ne nous reste maintenant
qu’à fonder un regard qui regarde pour les deux
ce que nous devrions regarder l’un et l’autre
quand nous ne serons plus nulle part.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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