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Interlude (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



Interlude

Recueillons-nous; allons reviser nos amours.
Tous ces marais fermés sentent la pourriture,
La décadence; il faut oublier pour toujours
Ce qui fut notre seule nourriture.

Cette nuit sur l’étang de Foulc, en fin décembre,
Ces passages dans l’ombre et ce grand ciel hanté,
Tout cela serait-il une extase de chambre,
Un aveu brutal de stérilité ?

Pourtant le vent sentait l’homme si fortement!
Ce n’était pas un vent d’idéal, de chimère,
Il était tout gonflé des merveilleux relents
Des eaux dormantes et des fondrières.

Il y a quelque chose de mort dans cette âme,
Quelque chose qui ne bat plus, qui sonne creux!
Sagesse! et les destins ironiques proclament
La naissance d’un jour clair et joyeux!

Sagesse! il faut viser aux choses éternelles,
Retourner vers le temple et ses secrets accords,
Où l’on entend, quand on se penche sur leurs stèles,
Si doucement battre le coeur des morts…

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration

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Hautes sierras aux gorges nues (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



Hautes sierras aux gorges nues

Hautes sierras aux gorges nues,
Lacs d’émeraude, lacs glacés,
Isards sur les crêtes dressés,
Aigles qui planez par les nues ;

Sapins sombres aux larges troncs,
Fondrières de l’Entécade
Où chante la fraîche cascade
Derrière les rhododendrons ;

Et vous, talus plantés d’yeuses,
Irai-je encor par les sentiers
Mêlant les rouges églantiers
A la pâleur des scabieuses ?

Dans les massifs emplis de geais
Mènerai-je encore à la brune
La jeune belle à la peau brune,
Au pied mignon, à l’oeil de jais ?

(Jean Moréas)

 

 

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Voici que chancelle le ciel (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2015



 

Voici que chancelle le ciel avec ses étoiles
Vives comme des chèvres parmi les buissons.
Le printemps secoue la mauvaise odeur
Tenace des fondrières. Toutes les choses
Sont tellement sûres d’exister
Cette nuit, dans ce chant
De vieille grenouille à Abbasanta.

***

Ecco vacilla il cielo

Ecco vacilla il cielo, le stelle
Vive come capte tra i cespugli.
La primavera scuote il lezzo
Pungente dei pantani. Ogni cosa
E talmente sicura di esistere
Questa notte, in questo canto
Di vecchia rana ad Abbasanta.

(Leonardo Sinisgalli)

 

 

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