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Poésie

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Du mystère qui gît dans la terre et la mer (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



Du mystère qui gît dans la terre et la mer
Et qui plane à travers les espaces des airs.
La caresse des voix, le contact des regards,
Les doigts entremêlés dans un tremblant échange,
La chaleur de deux corps qui se font un rempart,
Qui montent l’un vers l’autre hors des tombes de fange,
Qui s’enlacent, cherchant parmi leur nudité
En deux êtres fondus l’impossible unité,
Voilà tout ce qui reste aux tristes voyageurs,
Au couple que n’a pas rompu l’ange vengeur.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

 

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Cette non-distance dans la distance (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration
    
cette non-distance dans la distance
est, peut-être, l’unifié, le plat,
le scrupuleusement égal, le ras;

enfin le simple fondu
dans le simple.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: L’ineffaçable L’inaperçu
Traduction:
Editions: Gallimard

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NOS MAINS AU JARDIN (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



NOS MAINS AU JARDIN

Nous avons eu cette idée
de planter nos mains au jardin

Branches des dix doigts
Petits arbres d’ossements
Chère plate-bande.

Tout le jour
Nous avons attendu l’oiseau roux
Et les feuilles fraîches
A nos ongles polis.

Nul oiseau
Nul printemps
Ne se sont pris au piège de nos mains coupées.

Pour une seule fleur
Une seule minuscule étoile de couleur
Un seul vol d’aile calme
Pour une seule note pure
Répétée trois fois.

Il faudra la saison prochaine
Et nos mains fondues comme l’eau.

(Anne Hébert)

Illustration: Ray Massey

 

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Le 30 Février (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



La nuit plie la tente.
Une poule chante.
Un coq a pondu.

L’horloge est en cendres.
L’école est à vendre.
L’auto a fondu.

Au calendrier:
Le 30 Février

(Pierre Coran)

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J’ai vu j’ai vu (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



 

j’ai vu j’ai vu on était
des petites parts du temps prises
dans le soleil tant ce qui
était à voir faisait de
nous des fragments de lumière
fondus l’un dans l’autre le
paysage dans le corps
le corps dans le paysage
comme on n’avait jamais vu

(Henri Meschonnic)

 

 

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Le monastère (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration
    
Le monastère où, mécréant, je me languis —
C’est du granit fondu par la raison torride.
J’étouffe dans le noir de cette ardeur trompeuse,
Et je pars pour un autre ermitage brûlant…

Mais ce sera l’ardeur d’une terre banale.
La boule de sang fondra mon cerveau.
Et je perdrai l’esprit, plus calme et courageux
Qu’ici, où chair et sang sont harassés.

Ermitage, où es-tu ? Où es-tu, monastère ?
Tu n’es pas dans le ciel où règne un noir mortel,
Mais sur la terre, où, trivial et plein de forces,
Je saurai trouver tout, quand je perdrai l’esprit!…

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Patience (Claire Malroux)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Patience

Les yeux à peine clos dans la nuit
la plante boit la lumière
à nos yeux invisible

Sa pensée est sa patience
et patients le soleil l’air et l’eau
en leurs attouchements fulgurants
pour elle l’amour est temps non perçu
veine fondue dans le bloc d’ombre…

(Claire Malroux)


Illustration

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LES DIMENSIONS DU JOUR (VIII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



 

Illustration: Paul Delvaux
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (VIII)

Dans les trains que les gares tirent
à bout portant sur la nuit,
dans la chambre où nous nous brûlons
au plomb fondu de l’amour,

dans la rue où tu passais tout à l’heure
en faisant descendre le ciel jusqu’à toi,
dans les mains qui ne peuvent déchirer
les dernières affiches du plus beau des couchants,

dans l’espace qu’on voudrait tirer à soi
pour le contraindre à s’ancrer quelque part,
dans les paroles lancées comme des amarres
qu’autour de nous rien ne peut retenir,

il y a toujours le même miroir où la vie regarde
sans savoir pourquoi les pas qu’elle entend décroître
sont ceux d’un être qui n’existe plus
que par les gestes que lui permet ton amour.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Les plaisirs (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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Les plaisirs, comme les coquelicots dans les prés,
Se fanent si vous les cueillez;
Ou comme un blanc flocon qui tombe dans un ru
Blanc un instant, puis pour toujours fondu
ou le chatoiement boréal merveilleux
Qui fuit dés qu’on y veut poser les yeux
Ou comme la forme gracieuse de l’arc-en-ciel
évanescente dans l’orage

***

But pleasures are like poppies spread,
You seize the flower, its bloom is shed
Or like the snow falls in the river,
a moment white – then melts for ever;
or like the borealis race,
that flit ere you van point their place;
Or like the rainbow’s lovely form
Evanishing amid the storm –

(Robert Burns)

Illustration: Alexander Goudie

 

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L’arc-en-ciel des oiseaux (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016



L’arc-en-ciel des oiseaux

L’arc-en-ciel des oiseaux
fondu dans la matière de l’azur
s’émiette à travers
les prairies de l’espace
un fil de brise effleure
mes tempes
insiste et me défend
de bouger

le soleil vert réveille
les premières cigales
dont le crissement attire
la campagne au fond
de son absence
ne me regarde pas puisque
je dors les yeux tournés
vers l’autre bord
murmure l’horizon.

(Jean Mambrino)

Illustration

 

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