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Poésie

Posts Tagged ‘forer’

La moelle des villes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



La moelle des villes

S’enfoncer dans l’étau d’une ville
Longer les parois de sa nuit
Marcher sur sa membrane d’asphalte
Avancer sous la dalle de son ciel
Arpenter ses méandres
Tressaillir de son cri

Forer l’os des solitudes
Se heurter au mutisme des seuils
Frôler l’arbre aux aguets

Se glisser dans la texture
Des pierres
Pénétrer la trame
Des murailles
S’imprégner des noces
Du fleuve et des pavés

Débusquer ses lueurs
Puiser sources sous son gravier
Faire émerger la Ville
De ses suaires

S’infiltrer dans sa moelle

Lui faire jour
Se faire jour !

(Andrée Chedid)


Illustration: Gottfried Salzmann

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Envers et contre tout (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Illustration: Kazimir Severinovitch Malevitch
    
Envers et contre tout
la maison rouge se tient
comme navire, tour de Babil
et les insectes qui l’habitent
creusent et forent et percent
tous les sommeils pulvérisés.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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LA LUMIÈRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Illustration: Daria Petrilli   
    
LA LUMIÈRE

Ouvrière rêveuse
mais comme effrayée
de sa beauté ardente
elle apporte la lampe lourde
ses épaules avenantes
frémissent d’être.
Quand elle aura placé
pour en être éclairée
la lumière à clarté soyeuse
ses cheveux ruisselleront
du chignon déroulé
tomberont les épingles
dans la nuit affable
sans vent ni neige
mais des insectes toujours forant.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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La poésie (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



 

La poésie permet d’aiguiser les angles,
elle est faite pour percer le réel, forer, trouer,
voir ce qu’il y a au-delà du mur des apparences

(Charles Dobzynski)

Illustration: Alain Gagnon

 

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Vers plus de silence (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2016



Je fore,
Je creuse.

Je fore
dans le silence

Ou plutôt
Dans du silence,

Celui qu’en moi
Je fais.

Et je fore, je creuse
Vers plus de silence,

Vers le grand,
Le total silence en ma vie

Où le monde, je l’espère,
Me révélera quelque chose de lui.

(Guillevic)

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L’Océan de la vie (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



L’Océan de la vie a surgi en secret,
La perle du savoir, nul n’a pu la forer.
Chacun va divaguant, poursuivant sa chimère,
Personne cependant n’a pu dire le vrai.

(Omar Khayam)

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Le total silence en ma vie (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2016



Je fore,
je creuse,

Je fore
Dans le silence

Ou plutôt
Dans du silence,

Celui qu’en moi
Je fais.

Et je fore, je creuse
Vers plus de silence,

Vers le grand,
Le total silence en ma vie

Où le monde, je l’espère,
Me révélera quelque chose de lui.

(Guillevic)

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LA CORNE DU HÉRAUT (Alfred Jarry)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2015



 

Michael Page 1979 - American Pop Surrealism painter -   (15) [1280x768]

LA CORNE DU HÉRAUT

Pouls dans le vent, pouls dans la mer, pouls sur la nuit qui fuit !
La toux du pouls clans mes artères bruit.
Les cornes des piliers forent leurs graminées
Comme les cors vrillés d’Ammon d’en haut sonnés.
Cloisonnant ton coeur de son marteau doux
Bergère d’Ammon, d’en haut tonne et bruit
Sur le vent, la mer et la nuit.
Le
Pouls.

Les oursins ronds ont hérissé leurs crins.
Les chevaux de mer de leur crinière de fer se creusent les reins
Et la rafale tonne et tord les cors et les cornes.
Voici le vol griffu des hippocampes au lieu des cornes d’Ammon.
Lourd sur le vent, lourd sur la mer, lourd sur la crête
Des bruits
Tapi clans les feuilles comme grimpe un menteur loup garou
Le
Pouls.

Pouls dans la vie et sur la mer hors de la nuit,
Hors du sommeil et par le bruit.
Mort pointillée en repos qui survit
Où soupçonne et bout et tonne partout
Le
Pouls.

(Alfred Jarry)

Illustration: Michael Page

 

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Mon crâne se resserre (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2015



Mon crâne se resserre comme ces têtes mortes
que des embaumeurs réduisent à la grosseur du poing.
Au bout de mes bras tendus,le mur.
Je tourne, et le mur tourne avec moi.

De l’autre côté on crie.
Trouez la pierre ! Cognez, forez !
Hélas, votre épieu m’a transpercée.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Leon Levinstein

 

 

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