Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘forestier’

ÉLÉGIE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
ÉLÉGIE

Quel jardin habitent les vertes adolescentes ?
Quand elles chantent, leurs voix sont pures comme le cristal des collines ;
dans le silence du soir, quelle blanche obscurité les recouvre ?

Le prétexte du poème les poursuit.
Il leur donne l’éternité d’un chemin forestier,
en automne, parmi les troncs qui blanchissent.

Il entend leurs rires d’oiseaux
dans leur fièvre de partir.
La nuit tombe plus tôt.
Les champs ont abandonné l’écho des eaux,
le murmure indistinct d’un dieu.

Même un regard attentif ne reconnaît pas,
en ces fleurs piétinées par le couchant,
les lèvres que l’ombre a tues.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Personne (José Craveirinha)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2020




    
Personne

jusqu’au quinzième étage
de l’édifice moderne en béton armé.
Le rythme
forestier du ferraillage dressé
architectoniquement dans l’air
Et un passant curieux
qui demande :
– Quelqu’un est-il déjà tombé des échafaudages?

Le ronronnement modéré des
moteurs aux huiles lourdes
et la réponse tranquille de l’entrepreneur:
– Personne. Rien que deux Noirs.

(José Craveirinha)

In amigos-de-mocambique.org
traduit du portugais par Marie-Claire Vromans

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour comme (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020


Comme un amas forestier la fille consentante.
Comme une source en haut de l’arbre la fille convoitée.

Comme une statue d’amiante une femme interdite.
Comme un ventre de jument une bouche embrasée.

Comme une rayure de quartz une femme attendant.
Comme un chaos de pierres une femme perdue.

Comme un cuivre qui luit l’épouse aimante.
Comme une branche reverdie la femme aimée.

(André Frénaud)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CRÉPUSCULE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

François Malespine  cm [1280x768]

CRÉPUSCULE

C’est un jour dont le soir a la beauté d’un songe,
Tant l’air que l’on respire est pur en ces beaux lieux;
Et, sous le doigt levé du Temps silencieux,
La lumière s’attarde et l’heure se prolonge…
Gardes-en longuement la mémoire en tes yeux.

Si la source a la voix de sa Nymphe limpide,
Le frêne sous l’écorce étire son Sylvain:
Un lent souffle palpite au feuillage incertain;
Le ruisseau qui s’esquive est comme un pas rapide,
Et, nocturne, le bois va s’éveiller divin!

Mais nous, nous n’avons pas en cette nuit mortelle
Qui déjà nous entoure et qui rampe à nos pieds
De fontaine éloquente et de dieux forestiers;
Nous avons peur de l’ombre, et nous redoutons d’elle
L’impassible sommeil qui nous prend tout entiers.

(Henri De Régnier)

Illustration: François Malespine

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rangées d’arbres pins (Geoffrey Squires)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




    
Rangées d’arbres pins ou épicéas
mince lit d’aiguilles sur le sol forestier
monde symétrique et silencieux
soudain nous y sommes
la répétition des arbres
la répétition des silences

***

Rows of trees pine or spruce
soft bed of needles on the forest floor
symmetrical and silent world
we are suddenly in
the repetition of trees
the repetition of silences

(Geoffrey Squires)

 

Recueil: Poème en trois sections
Traduction: François Heusbourg
Editions: Unes

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Source (Michel Voiturier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



Illustration: Jean-Jacques Henner
    
Source

L’une se pencha. Elle tendit sa paume vers l’eau.
La peau prenait l’allure d’une amphore.
La main s’approcha, coupe charnelle.

Le forestier était créature honnête.
Il tira d’abord en l’air.
Ensuite il ajusta, comme au stand d’entraînement.
De façon que le corps en tombant ne rougisse pas le flux transparent
et ne perturbe pas les poissons autorisés à aller et revenir selon leur fantaisie.

(Michel Voiturier)

 

Recueil: Dits en plain désert
Editions: Clarisse

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’avance (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



J’avance

J’habille les endroits où je passe d’énigmes et de signes
Je les encense de mon délire forestier, feu et tatouage,
Je me crois vague et je te crois rivage :
Ton dos est la moitié d’un continent, et sous tes seins
se trouvent mes quatre points cardinaux.

Je pousse arbre autour de toi
Et je tombe, entre toi et moi, aigle aux milliers d’ailes

(Adonis)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Grenouille Bleue (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Prière au bon forestier

Nous vous en prions à genoux, bon forestier, dites-nous le!
à quoi reconnaît-on chez vous la fameuse grenouille bleue?
à ce que les autres sont vertes?
à ce qu’elle est pesante?
alerte?
à ce qu’elle fuit les canards?
ou se balance aux nénuphars?
à ce que sa voix est perlée?
à ce qu’elle porte une houppe?
à ce qu’elle rêve par troupe?
en ménage?
ou bien isolée
Ayant réfléchi très longtemps et reluquant un vague étang,
le bonhomme nous dit: eh mais, à ce qu’on ne la voit jamais.

Réponse au forestier

Tu mentais, forestier.
Aussi ma joie éclate!
Ce matin je l’ai vue:
un vrai saphir à pattes.
Complice du beau temps,
amante du ciel pur,
elle était verte,
mais réfléchissait l’azur.

(Paul Fort)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Venez chanter pour moi (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2015



 

Kathryn Jacobi 14

Venez chanter pour moi la complainte des trépassés,
ma parentèle, mes preux, mes freux, mes chevaliers,
mes aveugles, mes mal-chaussés, mes forestiers !

(Hubert Juin)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :