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Oses-tu voir une Ame en « Incandescence »? (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017


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Oses-tu voir une Ame en « Incandescence »?
Alors blottis-toi sur le seuil –
Le Rouge – est la teinte commune du Feu –
Mais lorsque le vif Minerai

A surmonté l’épreuve de la Flamme –
Il frémit au sortir de la Forge
Sans autre couleur que la Lumière
Du Brasier non consacré –

Le moindre Village, est fier d’avoir son Forgeron –
Son Enclume dont le son égal
Est le symbole de la Forge plus subtile
Qui sans bruit travaille – au dedans –

Affinant avec Brasier, et Marteau
Ces impatients Minerais
Jusqu’à ce que la Lumière choisie
Répudie la Forge –

(Emily Dickinson)

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En chacun (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



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En chacun
la mercerie des regrets
les désirs dans leur forge

Sur les vitres basses
les manies d’un feuillage

La lessive au jardin
porte le vent

(Georges Bonnet)

 Illustration: Gustave Caillebotte

 

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LES SORCIÈRES (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



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LES SORCIÈRES

Colère, ô jalousie,
Sorcières aux doigts crochus,
A la figure roussie,
Anges des amours déchus,

J’ai pénétré dans votre antre
Pour savoir la vérité.
Le cœur malade on y entre,
On en sort le cœur gâté.

Vous m’avez dans votre filtre
Et votre noir alambic
Distillé l’horrible philtre
Qui me mord comme un aspic.

Dans votre infernale forge
Dont la haine est le marteau,
Votre patte a pour ma gorge
Forgé le fil d’un couteau.

Et c’est avec votre lame,
C’est avec votre liqueur,
Que j’ai meurtri ma pauvre âme
Et soûlé mon pauvre cœur.

Sorcières de la caverne,
Gueuses je vous maudis.
Vous avez fait un Averne
De mon divin paradis.

(Jean Richepin)

Illustration: Edvard Munch

 

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Cela commence au point où tout s’achève (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016




Cela commence au point où tout s’achève

Dans la forge du coeur,
dans le vide ininterrompu.

Il vous cherche sans cesse,
la nuit les corps
ne s’insultent plus.

(Pascal Boulanger)

Illustration: Jean Paul Avisse

 

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Le ciel et la terre sont indifférents aux passions humaines (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



Le ciel et la terre sont indifférents
aux passions humaines.
Pour eux,
les vivants
ne sont que chiens de paille.
Ephémères.
Le Sage n’a pas d’affection.
Pour lui aussi,
les hommes
ne sont que chiens de paille.
Entre le ciel et la terre,
l’espace est
comme un soufflet de forge.
Il est vide
mais pas épuisé.
Soit qu’il s’enfle,
soit qu’il s’abaisse,
il est toujours prêt à servir,
toujours inépuisable.
L’homme qui veut saisir l’espace
n’étreint que le vide.
Mieux vaut se fondre dans ce vide,
dans ce vide immense,
dans ce vide merveilleux.
C’est le vide sublime,
c’est le Tao.

(Lao Tseu)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

 

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Le coteau (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016


 


Negrete Ezequiel Les dindons [1280x768]

Le coteau

Derrière ce coteau la vallée est dans l’ombre,
L’odeur du bois qui flambe et de l’herbe parvient
Jusqu’au désert présent, lueurs et rocs sans nombre,
Avec des cris d’enfant et des abois de chien.

Les cris sont déchirants de l’enfant qu’on égorge.
Le chien appelle en vain. Un sort est sur ces lieux.
Rien n’est réel ici que cette odeur de forge
Qui nous berce et nous saoule et nous rougit les yeux.

L’aube peut revenir et le soleil nous prendre.
En vain: les aboiements et les cris perceront
L’épaisseur de la nuit, l’épaisseur de la cendre
Qui remplissent nos coeurs, qui brûlent sous nos fronts.

(Robert Desnos)

Illustration: Negrete Ezequiel

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Dernier (Bernard Flucha)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016




Dernier

Dernier orfèvre de la nuit
Au matin nu des souvenances
Espoir vaincu serrant l’oubli
Dans le grain bleu de sa naissance

Au fer bleui de l’aventure
J’ai mis le cri j’ai mille forges
Le feu strident de sa blessure
Cautérise toutes mes gorges

Un oeil ouvert face à la mort
Cristal ennui gercé de peur
Un oeil fermé devant l’amour
Pétale rouge de sa fleur

Dernier coron des solitudes
Dans la veine d’un grand charbon
Frère d’éclipse ô négritude
Quand vient gémir l’accordéon

Un acrostiche hume la fête
Mentor de bruit coureur de jour
Rosace-accord sacre de tête
Mon initiale attend son tour

Sous le grand pin de nos aiguilles
Revient l’écume y buissonner
Et dans un verbe sans coquille
Nous conjuguons le temps aimer

Dernier coron des solitudes
Dernier orfèvre de la nuit

(Bernard Flucha)

 

 

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Les douze lutins (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2016



Jean-Marc Polizzi Le_Jongleur_et_le_Lutin-Etoile

Les douze lutins

Ils sont douze lutins
Dans ce joli village
De songe et de cristal
Derrière les montagnes

Trois qui frappent l’enclume
Et remplissent d’étoiles
La forge du grand gel

Trois qui font à l’enseigne
Du Rire de l’Hiver
De frais gâteaux de neige.

Trois qui tirent l’alêne
En secret dans la basse
Échoppe du sommeil

Trois autres qui allument
Leurs petites lanternes
Et n’attendent qu’un signe
Pour s’en aller sonner
Les cloches de Noël

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: Jean-Marc Polizzi

 

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Conte d’amour VI (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



Conte d’amour VI

Rouges comme un fer de forge
Ou le taureau qu’on égorge,
Sous les regrets assassins
Nos coeurs saignent dans nos seins.

Viennent donc des sorts propices
Nous garer des précipices !
Que nous nous serrions la main
Sans souci du lendemain ;

Qu’enfin nous puissions sans trêve,
Sans redouter l’heure brève,
Sous les ciels profonds des lits
Tordre nos corps affaiblis !

(Jean Moréas)

 

 

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Tu es ciel chargé par le suc (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015



Evgeni Gordiets 1008

Tu es ciel chargé par le suc
D’un long été tremblant de pentes, de verdure
Tout forgé de feuillage, ô jour
Abrupt de transparences, allié
Au soleil immergé des feuilles
Au feu fragile de la branche, au jour plus mûr
— Nourri de terres à distance, lac
Captif et eau arable dans le roc
Tu mêles tout bas sol et ciel
Ici

(Jean-Pierre Faye)

Illustration: Evgeni Gordiets

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