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Poésie

Posts Tagged ‘forge’

Rosée (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Rosée

Accroupi, se balance
Un framboisier. Sur lui,
Un papier gras poursuit
Sa douce somnolence.

Feuillages s’enlaçant!
Beau soir de perle fine!
Brume sur la colline
Où plane aussi mon chant!

Bourdon dans la prairie,
Sans trêve j’ai trimé.
Que le ciel est léger
Sur ma forge assombrie!

Je suis las, un peu sot…
– Ou bon, que vous en semble? –
Comme l’herbe je tremble
Et l’étoile, là-haut…

(Attila Jozsef)

Illustration: Île Nancy

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GLANEUSES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Illustration: Jean-François Millet
    
GLANEUSES

Des villages
avec leur forge éteinte
si vite s’agrandissent
dans leur amour de l’or
il reste deux glaneuses
qui ne savent quoi dire
voyant à l’horizon
les mêmes nuages perle ;
sur leurs paumes se croisent
des sillons
que la terre emplit
et leurs robes
ne sont plus noires.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA FORGE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Illustration
    
LA FORGE

Le peintre installé
dans la forge des champs
abandonnée enfin
dessine les courbes
de ses figurations
devant la silencieuse fille
dont le corps prétexte à des couleurs
mains aux hanches se tient
sur la flaque de soleil.
Sa gorge s’enfle avivée
prés du soufflet vétuste
vert comme l’étang tiède
où parfois elle se baigne
entendant dans le lointain les voix
des charretiers invisibles et bons.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Table (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Table de solitude et de travail
d’amitié et de combat.

Braises de la lumière et du néant.
Forge où l’homme construit
son armure de chardon.

Fleur exhumée.

Mon coeur se pare
de pétales de bronze
et de griottes d’eau pure.

***

Mesa de soledad y trabajo
de amistad y combate.
Brasas de la luz y de la nada.

Fragua donde el hombre construye
su armadura de cardo.

Flor desenterrada.

Mi corazón se adorna
con pétalos de bronce
y guindas de agua pura.

(Luis Mizón)

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Il est des fleurs (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Il est des fleurs

Il est des fleurs que je ne vois qu’en rêve.
Où vous voyez des mots, je vois des ailes.
Le ciel est plein de fabuleux exploits.

Les feux de joie ont fait tant d’étincelles
que l’horizon en est tout embrasé.
Frottez des mots comme on frotte des pierres.
La flamme vive est langage nouveau
pour allumer les forges de la vie.

Si je suppose une rose, elle éclôt.
J’ai des poissons dans la tête qui nagent,
un arbre en moi, tous les fleuves du monde.
Si je dis fête, il tourne des manèges.
Je suis cheval de bois pour une ronde
où des enfants construisent l’univers.

Mon chant d’été force l’invraisemblable.
On me trahit ? Je suis fidèle aux fables.
Suis-je une fleur dans un livre séchée ?
Je ne sais plus si je ris, si je pleure.
Simple passant, je vous offre mon ombre
pour vous prouver que vous êtes soleils.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Retouche à la stupeur (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




    
retouche à la stupeur

je connais l’enfance
toutes les chiourmes
la main de l’amour
la table de famille
les ongles de la passion
l’été sa forge de rosée
les lotus sous les glaciers
le mal qui fait pencher les tours
la laine rase et rose du désert
la taille de la terre l’ardillon du soleil
la mort qui m’enferma dans de frais rideaux gris
et des miroirs de toutes sortes

mais non vos yeux qui me regardent

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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L’ouragan (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’ouragan

Rauque le vent mugit, un taureau qu’on égorge!
Tout s’effondre et se brise; au fond du ciel béant
Résonnent les marteaux de quelque horrible forge,
S’effrènent les galops des esprits du néant.

Les corbeaux effarés et battus par l’averse
Tourbillonnent perdus aux creux des noirs sillons
Qui labourent le ciel et que l’éclair traverse
Avec un craquement de verdâtres rayons.

Tout un choeur inconnu semble chanter des stances,
L’ardente Volonté y clame son tourment,
Son éternel désir et ses douleurs intenses
Et l’amour qui promet et la mort qui dément.

Il s’exhale du sol une odeur sulfureuse
Ainsi que d’un trépied, mais l’oracle exilé
N’explique plus l’énigme et la raison la creuse
En vain. – Les dieux sont morts et leur secret scellé.

(Marie Dauguet)

 

 

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Courante (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



 

 

Illustration: Pierre Corratgé
    
Courante

Mon coeur est lourd comme un caillou;
Le vent souffle on ne sait d’où
Piquant comme un buisson de houx;
Au bord de l’étang qui frissonne,
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Soleil couchant sur un champ d’orge,
Il est rouge autant qu’une forge
Mon coeur brûlant dedans ma gorge
Et qui, telle une enclume, sonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Fleurant la mousse et la bourdaine,
J’ai mis ma jupe de futaine
Et chaussé mes sabots d’ébène.
Au vent âpre qui tourbillonne
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Mon coeur est lourd! Ma gorgerette
Est de fin chanvre, ma cornette
D’indienne, mon épinette
Du Val d’Ajol vibre et résonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Las, mé! mon corps est en lambeaux
Aussi pantelant que l’agneau
Qu’un loup déchire en son liteau,
Car mon bon ami m’abandonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

(Marie Dauguet)

 

 

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Le temps (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017




    
Le temps ne règne pas pour les chaises
qui ne sont que bois mort
l’ombre est à l’étroit entre armoire et murs
même quand le couchant a des lueurs de forge

(Lucien Becker)

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LE POÈME FINAL (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



 

Carry Akroyd Aerial (May)

LE POÈME FINAL

J’ai une forge dans le coeur.
Je sens plus pourpre que l’aurore,
Plus noyé que l’algue,
Plus lointain que la mouette,
Plus creux que les puits.
Mais je ne donne naissance
Qu’à l’écaille et qu’aux grains.

Ma langue se prend aux mots :
Je n’exprime plus blanc,
Je ne dis plus noir ;
A peine le gris d’une falaise rongée,
Le bref vertige d’une ombre,
L’hirondelle entrevue
Et l’iris deviné.

Où sont les justes paroles,
Le feu sans agonie,
Le poème final ?
En quel lieu est la vie ?

(Andrée Chedid)

Illustration: Carry Akroyd

 

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