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Poésie

Posts Tagged ‘forme’

Un gros corbeau (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



Un gros corbeau sur le
faîte de la forme de
l’arbre plus nu
aux feuilles disparues
y pèse.

(Robert Creeley)


Illustration

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En vertu de l’amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



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En vertu de l’amour

Je n’ai rien séparé mais j’ai doublé mon coeur
D’aimer, j’ai tout créé ; réel, imaginaire,
J’ai donné sa raison, sa forme, sa chaleur
Et son rôle immortel à celle qui m’éclaire.

(Paul Eluard)

Illustration: Pablo Picasso

 

 

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La forme de tes yeux (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019


Amedeo Modigliani - Reclining Nude

La forme de tes yeux
ne m’apprend pas à vivre.

 

(Paul Eluard)

 

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Nuits sans sourire (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2019



Le plus profond sommeil animal végétal
Me fait naître et survivre dans la nuit sans bornes.

Dans les yeux assez d’ombre pour y voir la nuit
Pour voir la plus ancienne image de la nuit

Prolongée jusqu’à moi bonne nuit sur ce lit.

De grandes femmes nues annulent le désert
Ce monde est sous l’empire de la chair glorieuse.

Tout est en un instant réduit à l’abandon
Du reflet d’une robe dans un miroir vide.

Pour connaître la forme et le poids de ses seins
La plus belle au matin s’enferme dans ses bras.

Le coeur dissimulé dans ce blanc coquillage
Elle échappe à la crue sanglante des aurores.

Des corps filigranés de leur squelette pâle
Confirment le fossile éclaircissent la gangue.

Les voûtes de la nuit caresses idéales
Herbes jamais nouées vont plus haut que le temps.

L’espace de la terre ainsi s’entrouvre et vit.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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Présence informelle du silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



 

Présence informelle du silence
au coeur de l’homme
comme l’art en témoigne au dehors
La musique dans le ruissellement
des silences
Le poème en son propre dépassement
dans le silence
L’érection sur les sables
des tours de silence

Et si l’éblouissement sans forme
donnait forme à ce qu’il nous inspire

(Michel Camus)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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MAIS ELLE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



MAIS ELLE

Elle ne vit que par sa forme
Elle a la forme d’un rocher
Elle a la forme de la mer
Elle a les muscles du rameur
Tous les rivages la modèlent.

Ses mains s’ouvrent sur une étoile
Et ses yeux cachent le soleil
Une eau lavée le feu brûlé
Calme profond calme créé
Incarnant l’aube et le couchant

Pour en avoir connu le fond
Je sers la forme de l’amour
Elle ce n’est jamais la même
Je sers des ventres et des fronts
Qui s’effacent et se transforment

Fraîche saison promesse chaude
Elle est à l’échelle des fleurs
Et des heures et des couleurs
Niveau de force et de faiblesse
Elle est ma perte de conscience

Mais je refuse son hiver.

(René Char)

 

 

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Chaque jour en des instants semblables quelqu’un, quelque chose (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




    
QUELQU’UN, QUELQUE CHOSE

chaque jour
en des instants semblables
quelqu’un, quelque chose, sous quelle forme?
me rejoint — chaque jour — me rejoint –
m’enfonce le visage dans un sac et là, me terrorise et me fait mal
mêlé au grain, dans l’odeur d’écurie
ou
d’étable — chaque jour — me terrorise et me fait mal
c’est
c’est sa fonction, son rôle
voici exactement ce qui se passe, ce qu’il advient de moi au présent
lorsque
la chose approche, m’empêche — tête dans le sac — de respirer
c’est pour
c’est pour t’apprendre l’humilité
me dit une voix que je puis qualifier encore d’humaine
c’est pour cela
que
chaque jour, en des instants semblables,
la vie
se rétracte un peu plus encore
plus pénible
voici

(Franck Venaille)

 

Recueil: Ça
Traduction:
Editions: Mercure de France

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MALENTENDU (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019



Illustration: René Baumer
    
MALENTENDU

Ceci sera un poème triste. Je ne sais pas très bien
pourquoi je crache ce secret, mais depuis environ
trois mois je crois de plus en plus que la poésie
n’est pas une forme de charité. Plutôt une maladie
que l’on partage avec une poignée d’idiots sans espoir,

une plainte raffinée qui surtout ennuie les autres,
et la nuit – ce n’est pas un art de guérir.
La chambre reste une chambre, le lit un lit.
Ma vie est gâtée par la poésie et même
si je savais mieux avant, je ne me fais aucune illusion

quand, avec ce petit tas d’imprimés, je tracasse
soixante-quatre lecteurs ou, pire, abats deux arbres.

***

MISVERSTAND

Dit wordt een droef gedicht. Ik weet niet goed
waarom ik dit geheim ophoest, maar sinds een maand
of drie geloof ik meer en meer dat poëzie
geen vorm van naastenliefde is. Eerder een ziekte
die je met een handvol hopeloze idioten deelt,

een uitgekookte klacht die anderen vooral verveelt
en ‘s nachts — een heelkunst is het niet.
De kamer blijft een kamer, het bed een bed.
Mijn leven is door poésie verpest en ook
al wist ik vroeger beter, ik verbeeld me niets

wanneer ik met dit hoopje drukwerk vierenzesti g
lezers kwel of, erger nog, twee bomen vel.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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Nue (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




    
Nue

Ôte tes habits, laisse tomber le voile.
Couvre-toi seulement de ta robe de beauté nue,
Tenue d’une demoiselle céleste vêtue de lumière.
Forme plantureuse tel un lotus épanoui,
Un festin de la vie, de la jeunesse et de la grâce.
Apparais et tiens-toi seule dans la merveille qu’est ce monde.
Laisse envahir tes membres par le clair de la lune,
Laisse envahir tes membres par les caresses du zéphyr,
Plonge dans l’infini bleu de ton ciel
Telle la Nature nue toute parsemée d’étoiles.
Atanu’ peut dissimuler sa face dans le pli de sa tunique,
La tête baissée, honteux du corps fleuri.
Invite l’aube immaculée jusqu’à chez l’homme,
Virginité éhontée toute blanche et nue.

***

Nude

Shed your garments, drop the veil.
Be just clad in naked beauty’s robe
Attire of a heaven-lass dressed in light.
The buxom body like a full-blossomed lotus,
A feast of life and youth and grace.
Come and stand alone in the wonder, this world.
Let permeate your limbs with the beams of your moon,
Let permeate your limbs with zephyr’s caress.
Plunge into the infinite blue of the sky
Like naked Nature spangled with stars.
Let Atanu’ conceal his face with his tunic’s fold,
With bended head ashamed of the body’s bloom.
Invite immaculate dawn at men’s abode,
Shameless virginity, white, naked.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Quatre formes légères (Alfred de Vigny)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2019



quatre_danseuses-degas

 

Et je vois au-delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères

(Alfred de Vigny)

Illustration: Edgar Degas

 

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