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Poésie

Posts Tagged ‘fossé’

Tronc versé au fossé de tes hanches (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Tronc
versé au fossé
de tes hanches

Les lierres du ventre
à l’écorce des eaux
Fourreau
comme la chair à l’os
Mes mains
aux ronces de l’approche

Différemment:

Amande amère douce
Etoile aux toiles des toisons
toujours toi
sexe insecte aux élytres d’odeurs
Amanite incertaine amante

(Werner Lambersy)


Illustration: Zhaoming Wu

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J’ai appris à mener une vie simple et sage (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



J’ai appris à mener une vie simple et sage,
À regarder le ciel, à prier Dieu,
À marcher longuement avant la nuit
Pour fatiguer mon angoisse inutile.

Quand bruissent les bardanes dans le creux du fossé,
Quand jaune orange s’incline la grappe du sorbier,
Je fais des vers joyeux
Sur la vie éphémère, éphémère et superbe.

Je rentre. Me lèche la paume
Un chat duveteux, il ronronne, câlin.
Au bord du lac un feu perçant s’allume,
Sur la tourelle de la scierie.

De loin en loin le cri d’une cigogne
Se posant sur le toit transperce le silence.
Et si tu frappes à la porte
Je n’entendrai même pas, je crois.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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PASTEL (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Frits Thaulow neige champ [800x600]

PASTEL

Il fait froid
Dans le champ…
On voit encore
Des restes de neige,
De menues fleurs
Dans les fossés.
Tout au loin
Un soleil jaune
S’enfuit…
Zéphyr,
Azur,
Il fait froid
Dans le champ…

(George Bacovia)

Illustration: Frits Thaulow

 

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FÊTE AUX VILLAGES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



FÊTE AUX VILLAGES

Le matin, nous passerons
— Nous deux, le cousin Alphonse —
Nos joues à la pierre ponce
Et puis nous emprunterons
Le char-à-bancs du Léonce.

A la fête nous irons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour manger des macarons
Poursuivre des laiderons
Jusqu’au coeur des haies de ronces,

Tirer à la loterie
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour des vases compliqués
Pour qu’au fond un oeil y rie
De nos culs alambiqués.

Le soir nous nous saoulerons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Dans les fossés roulerons
Au jour les jôs chanteront,
Nous n’y ferons point réponse !

L’endemain nous reprendrons
– Nous deux, le cousin Alphonse-
La charrue les mancherons
Et nous nous dessoulerons
Sur la terre où l’on enfonce

Quelle vie que nous vivons
– Nous deux, le cousin Alphonse !

(Maurice Fombeure)

 

 

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MIROIR (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
MIROIR

Et voilà que sur le tronc
s’ouvrent les bourgeons:
un vert plus neuf que l’herbe
qui repose le coeur:
le tronc paraissait déjà mort,
penché sur le fossé.

Et tout en moi est miracle;
et je suis l’eau de ces nuages
qui aujourd’hui reflètent plus bleu
dans les fossés un pan de ciel
et le vert qui déchire l’écorce
et qui cette nuit n’était pas là.

***

SPECCHIO

Ed ecco sul trunco
si rompono gemme:
un verde più nuovo dell’erba
che il cuore riposa:
il tronco pareva già morto,
piegato sul botro.

E tutto mi sa di miracolo;
e sono quell’ acqua di nube
che oggi rispecchia nei fossi
piu azzurro il.suo pezzo di cielo,
quel verde che spacca la scorza
che pure stanotte non c’era.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Les corbeaux (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Les corbeaux

Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angélus se sont tus…
Sur la nature défleurie
Faites s’abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux.

Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous !

Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment des morts d’avant-hier,
Tournoyez, n’est-ce pas, l’hiver,
Pour que chaque passant repense !
Sois donc le crieur du devoir,
Ô notre funèbre oiseau noir !

Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu’au fond du bois enchaîne,
Dans l’herbe d’où l’on ne peut fuir,
La défaite sans avenir.

(Arthur Rimbaud)

 

Recueil: Rimbaud Cros Corbière Lautréamont Oeuvres Poétiques complètes
Traduction:
Editions: Robert Laffont

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Le Mort Joyeux (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Le Mort Joyeux

Dans une terre grasse et pleine d’escargots
Je veux creuser moi-même une fosse profonde,
Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
Et dormir dans l’oubli comme un requin dans l’onde.

Je hais les testaments et je hais les tombeaux;
Plutôt que d’implorer une larme du monde,
Vivant, j’aimerais mieux inviter les corbeaux
A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.

O vers! noirs compagnons sans oreille et sans yeux,
Voyez venir à vous un mort libre et joyeux;
Philosophes viveurs, fils de la pourriture,

A travers ma ruine allez donc sans remords,
Et dites-moi s’il est encor quelque torture
Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts!

(Charles Baudelaire)

Découvert ici: \ »Rouge Dessin\ »

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Extase (Théodore Agrippa d’Aubigné)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



 

Robert Liberace crucifix-study-close-up-12

Extase

Ainsi l’amour du Ciel ravit en ces hauts lieux
Mon âme sans la mort, et le corps en ce monde
Va soupirant çà bas à liberté seconde
De soupirs poursuivant l’âme jusques aux Cieux.

Vous courtisez le Ciel, faibles et tristes yeux,
Quand votre âme n’est plus en cette terre ronde :
Dévale, corps lassé, dans la fosse profonde,
Vole en ton paradis, esprit victorieux.

Ô la faible espérance, inutile souci,
Aussi loin de raison que du Ciel jusqu’ici,
Sur les ailes de foi délivre tout le reste.

Céleste amour, qui as mon esprit emporté,
Je me vois dans le sein de la Divinité,
Il ne faut que mourir pour être tout céleste.

(Théodore Agrippa d’Aubigné)

Illustration: Robert Liberace

 

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Votif (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




    
Votif

Quand j’irai à la vraie place

Au moins que ce soit un jour de cerisiers et de lilas
Et que ma tête ne ressemble pas encore à celle des morts
Avec cette mâchoire qu’ils ont
Avant qu’elle se détache et tombe seule dans l’ossuaire

Ce matin je pense à toi,
Mozart
Dans ta fosse de tibias et de crânes
Ô glorieux, et ce jour-là qui était ton jour ton ange pleurait
Parce que Dieu avait voulu pour toi
Ce Golgotha inversé dans la pluie du vieux novembre

À ma mort qu’il n’y ait pas d’ange mais qu’il me soit donné
D’entendre encore une fois la mésange de l’âme
Et le rossignol qui a égrené si souvent
ses trilles autour de mon cœur
Que je sois seul moi aussi

Mais que s’ouvre l’air à ma bouche
Que vienne une dernière fois le vent que j’ai bu
Avec l’avidité d’un enfant qui tète
Et que mes os commencent à descendre avec lenteur
Dans la terre printanière

Je bois la mort, maintenant
L’eau de la mort
J’ai les seins du vide aux dents
Et le regret du corps aimé
en creux dans l’ombre sonore

Ah Mozart, chante encore à mon cœur sans forme
Ce chant céleste où toi et moi
N’avons part dans nos espaces

(Jacques Chessex)

 

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Ce fut en un soir où les chansons (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



 

 

Jeanie Tomanek  -escapevelocity

Ce fut en un soir où les chansons
Des amants liés par leurs mains lasses
Mouraient, ô Dame pâle qui passes,
Au clair de la lune des moissons.

Long penchée au bord des lourds calices
Des lys, fleurs des reines et des rois,
Tu faisais le signe de la croix
Comme une qui renonce aux délices.

Chevelure éparse au vent léger,
Tu paraissais ceinte de lumière
Contre l’ombre de la nuit première
Et les feuilles du prochain verger.

L’eau tintait tristement dans les vasques
Qu’enguirlandaient des danses d’amours
Et de satyres faisant des tours
Au rire à jamais muet des masques.

La puisant dans tes chétives mains,
Cette eau par laquelle tu fus sainte,
Tu baptisas les fleurs de l’enceinte,
Où dormait l’âme des lendemains.

Fus-tu le Remords ou la Mémoire,
O Passante aux yeux pleins de passé ?
Maintenant l’eau stagne en le fossé
Et les lys sont morts avec la gloire

De ce soir où les lentes chansons
Des amants liés par leurs mains lasses
Mouraient, ô Dame pâle qui passes,
Au clair de la lune des moissons.

(Stuart Merrill)

Illustration: Jeanie Tomanek 

 

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