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Poésie

Posts Tagged ‘fossé’

Beaucoup d’hommes souffrent de la solitude (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Beaucoup d’hommes souffrent de la solitude. Ils ne sont pas
forcément méchants, ils ne sont pas forcément sournois. La
solitude s’abat sur eux comme l’aigle fond sur sa proie,
l’enfant sur sa glace, la glace dans sa main. On ne choisit
pas la solitude comme on choisit framboise: c’est elle,
framboise, qui vous choisit comme cône.

La solitude n’est pas une maladie, elle ne s’attaque pas
aux fonctions vitales. Pas de symptôme, pas de traitement:
autour de soi le lien se défait et l’on reste seul au bord
de la route, dans le fossé, comme la casserole détachée du
pare-choc arrière de la voiture des jeunes mariés, avec
quelques éraflures sur le manche.

La solitude crée le personnage du solitaire, comme la mort
crée le mort. Elle lui donne ce nom que lui-même porte comme
une croix:

– Tiens, voilà le solitaire.

(On entend un bruit de casserole)

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

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Ce noir qui remonte (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



Illustration
    
Ce noir qui remonte

Les trous d’obus les fosses
les tranchées et les tombes
sont les lieux de naissance privilégiés
du coquelicot
de même que les blessures les non-dits
les plaies et les silences
sont les nurseries habituelles
du poème
voilà le véritable mouvement
de la lumière
ce noir qui remonte
de tout au fond du monde
et fait pousser les fleurs

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Faim (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



Illustration
    
Faim

Chercher par la fenêtre
et puis fouiller sur les trottoirs
dans les poubelles
dans les coins d’ombre
sur les toits les balcons
dans l’égout
Fouiller les noeuds
des platanes torturés
les fossés les ruelles
le terrain de foot
le parking
l’école
les terrasses de bistrot
le poissonnier
le cambouis du matin
Mettre ses yeux dedans
leur mettre quelque chose
sous la dent

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Le fossé (Nisargadatta Maharaj)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019




C’est en vous imaginant séparé que vous avez créé le fossé.
Vous n avez pas à le traverser.
Il vous suffit de ne pas le créer.

(Nisargadatta Maharaj)

Illustration: Gilbert Garcin

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Parmi les désastres du monde (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2019



Illustration: Vladimir Kush
    
Parmi les désastres du monde

J’ai hissé
Mon fardeau ratatiné
Du matin
Jusqu’au soir

Et puis j’ai contemplé
Sa culbute
Dans les fossés de la nuit

Sisyphe heureuse

Jusqu’à demain

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Tronc versé au fossé de tes hanches (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Tronc
versé au fossé
de tes hanches

Les lierres du ventre
à l’écorce des eaux
Fourreau
comme la chair à l’os
Mes mains
aux ronces de l’approche

Différemment:

Amande amère douce
Etoile aux toiles des toisons
toujours toi
sexe insecte aux élytres d’odeurs
Amanite incertaine amante

(Werner Lambersy)


Illustration: Zhaoming Wu

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J’ai appris à mener une vie simple et sage (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



J’ai appris à mener une vie simple et sage,
À regarder le ciel, à prier Dieu,
À marcher longuement avant la nuit
Pour fatiguer mon angoisse inutile.

Quand bruissent les bardanes dans le creux du fossé,
Quand jaune orange s’incline la grappe du sorbier,
Je fais des vers joyeux
Sur la vie éphémère, éphémère et superbe.

Je rentre. Me lèche la paume
Un chat duveteux, il ronronne, câlin.
Au bord du lac un feu perçant s’allume,
Sur la tourelle de la scierie.

De loin en loin le cri d’une cigogne
Se posant sur le toit transperce le silence.
Et si tu frappes à la porte
Je n’entendrai même pas, je crois.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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PASTEL (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Frits Thaulow neige champ [800x600]

PASTEL

Il fait froid
Dans le champ…
On voit encore
Des restes de neige,
De menues fleurs
Dans les fossés.
Tout au loin
Un soleil jaune
S’enfuit…
Zéphyr,
Azur,
Il fait froid
Dans le champ…

(George Bacovia)

Illustration: Frits Thaulow

 

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FÊTE AUX VILLAGES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



FÊTE AUX VILLAGES

Le matin, nous passerons
— Nous deux, le cousin Alphonse —
Nos joues à la pierre ponce
Et puis nous emprunterons
Le char-à-bancs du Léonce.

A la fête nous irons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour manger des macarons
Poursuivre des laiderons
Jusqu’au coeur des haies de ronces,

Tirer à la loterie
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour des vases compliqués
Pour qu’au fond un oeil y rie
De nos culs alambiqués.

Le soir nous nous saoulerons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Dans les fossés roulerons
Au jour les jôs chanteront,
Nous n’y ferons point réponse !

L’endemain nous reprendrons
– Nous deux, le cousin Alphonse-
La charrue les mancherons
Et nous nous dessoulerons
Sur la terre où l’on enfonce

Quelle vie que nous vivons
– Nous deux, le cousin Alphonse !

(Maurice Fombeure)

 

 

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MIROIR (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
MIROIR

Et voilà que sur le tronc
s’ouvrent les bourgeons:
un vert plus neuf que l’herbe
qui repose le coeur:
le tronc paraissait déjà mort,
penché sur le fossé.

Et tout en moi est miracle;
et je suis l’eau de ces nuages
qui aujourd’hui reflètent plus bleu
dans les fossés un pan de ciel
et le vert qui déchire l’écorce
et qui cette nuit n’était pas là.

***

SPECCHIO

Ed ecco sul trunco
si rompono gemme:
un verde più nuovo dell’erba
che il cuore riposa:
il tronco pareva già morto,
piegato sul botro.

E tutto mi sa di miracolo;
e sono quell’ acqua di nube
che oggi rispecchia nei fossi
piu azzurro il.suo pezzo di cielo,
quel verde che spacca la scorza
che pure stanotte non c’era.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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