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Poésie

Posts Tagged ‘foudroyant’

Qu’il soit, ton livre (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




    
Qu’il soit, ton livre,
le refuge de ceux qui
vivent avec le silence !

qu’il adopte ce que tu
n’as pas su voir à temps!
qu’il dépose sur chaque
mot le frisson des oiseaux

fatigués, le friselis
des fleurs dans les soirs
solitaires! qu’il
rassemble les foudroyants

adieux et les enterre
sous une phrase pleine
d’amour! qu’il soit,

ton livre, entre clarté
et nuit, la boîte secrète
où tu ranges un pâle
sourire avec tes regrets!

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Par quel foudroyant éblouissement (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Par quel foudroyant
éblouissement
découvrirons-nous
la face cachée
de tout et de rien

celle qui dit tout
sans rien contredire
sans rien attester
sans verbe ou silence
dans le tout de rien
dans le rien de tout

celle qui n’est pas
l’envers de la vie
l’endroit de la mort
l’invisible atteint
dès qu’on la retourne

celle qui n’est pas
le tout ou le rien
côté pile ou face
la nuit ou le jour
le mal ou le bien

celle qui n’est pas
un ordre contraire
un monde masqué
car on peut toujours
contrarier l’ordre
arracher un masque

Mais peut-on surprendre
la face cachée
qui n’est d’aucun ordre
d’aucune couleur
d’aucune saveur
et d’aucun côté

sans rien qui la crée
sans rien qui l’efface
sans rien de semblable
à rien de connu
la face cachée
de tout et de rien
dans l’inimaginable
unité?

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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HIÉROGLYPHE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

HIÉROGLYPHE

Le langage des murs.
Ou un dernier mot—
coupé
du visible.

Premier mai. La métamorphose
du sceau de Salomon
en pierre. La juste
damnation du chemin
tracé, effiloché dans les remous
de la mémoire-pollen
et graine. N’
apparais pas, Eden. Reste
dans la bouche des condamnés
qui te rêvent.

Sur tonnerre et épine : l’air furtif
arme
le genêt foudroyant et le silence
de chaque ciel fauve
au-dessous. Sang Hébreu. Ou ce que
traduit
le retour de mon corps
à une image de terre.

Ce couteau
que je tiens contre ta gorge.

(Paul Auster)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Le pauvre héliotrope (Georges Ribemont-Dessaignes)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018



 

[…]
Et le pauvre héliotrope tout petit pour contenir tant
de chaleur et de lumière
Ignorant les limites de son amour,
Alors qu’il fallait se fondre et non posséder,
Et que si le repos de l’être exige du silence qu’il absorbe
l’esprit,
Au poème de la douce chair il n’est de foudroyant éclair
A unir les deux pôles du désir
Que dans l’ultime nuit,
Le pauvre héliotrope réduit à ne plus se connaître
Se fane, penche la tête,
Et le présent cligne de l’oeil,
Tandis que quelque part sur la voûte du zodiaque,
Du côté opposé au soleil,
Les éléphants de l’éternité sonnent de la trompe,
Et la chair inassouvie souhaite la mort
A l’heure que s’émeut le premier duvet de l’amour.

(Georges Ribemont-Dessaignes)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Passion et poésie (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Emma Nubel   
    
Passion et poésie aspirent à la notion énigmatique de beauté.
Elle n’est point définie.
À peine murmurée.
Rarement nommée, mise en évidence.

Ceux qui en parlent sont ceux qui ne la vivent pas
mais la voient sur le visage
ou dans le souffle des êtres pris de passion.

Vincent Van Gogh, Arthur Rimbaud, Antonin Artaud,
Francisco Goya ou même Francis Bacon ont été des témoins actifs, hallucinés;
ils ont transporté dans leur création la beauté brute,
cette poésie impossible dont l’une des portes donne sur l’enfer, la folie.

Né d’une turbulence, un torrent ou un éclair foudroyant,
le poème ne s’installe jamais tout à fait dans la vie.
Il est une vérité qui sommeille dans l’enfance.
L’enfance du monde, la douleur des hommes.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Cendres (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



Cendres
de si mortes choses, de maux perdus,
de contacts ineffables, de muets
soupirs;

flammes vives
vous me basculez dans ce moment où
d’anxiété en anxiété je m’approche
du seuil du sommeil

et dans le sommeil
avec ces liens passionnés et tendres,
de l’enfant à sa mère, à vous, cendres,
je me fonds.

L’angoisse
m’attend au passage, je la désarme. Comme
un bienheureux la voie du paradis
je monte un escalier, je m’arrête à une porte
où je sonnais en d’autres temps. Le temps
il a cédé d’un coup.

Je me sens,
avec les vêtements et l’âme d’alors,
dans une foudroyante lumière ; au cœur
ne se résout pas une joie vertigineuse
comme la fin.
Mais je ne crie pas.
Muet
je pars pour l’immense empire des ombres.

(Umberto Saba)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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D’un rivage (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016



D’un rivage

Du jour qui va s’éteindre la lumière
a la déchirante beauté d’un être
aimé dont le sourire au loin s’efface.

Je n’ai plus les mots ni le chant hélas
en réponse à ce foudroyant silence
du monde aux rives déjà de l’absence

pour que de la blessure puisse naître
avec la vie fuyante d’une alliance
ultime éprise de paix et d’oubli.

(Georges-Emmanuel Clancier)


Illustration

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Nyx (Catherine Pozzi)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2016



Ô mes nuits, ô noires attendues
Ô pays fier, ô secrets obstinés
Ô longs regards, ô foudroyantes nues
Ô vol permis outre les cieux fermés.
Ô grand désir, ô surprise épandue
Ô beau parcours de l’esprit enchanté
Ô pire mal, ô grâce descendue
Ô porte ouverte où nul n’avait passé
Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie
Avant d’entrer à l’éternel séjour.
Je ne sais pas de qui je suis la proie.
Je ne sais pas de qui je suis l’amour.

(Catherine Pozzi)

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D’un rivage (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2015


crepuscule2

Du jour qui va s’éteindre la lumière
a la déchirante beauté d’un être
aimé dont le sourire au loin s’efface.
Je n’ai plus les mots ni le chant hélas
en réponse à ce foudroyant silence
du monde aux rives déjà de l’absence

pour que de la blessure puisse naître
avec la vie fuyante une alliance
ultime de paix et d’oubli.

(Georges-Emmanuel Clancier)

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