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Poésie

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L’inconstant (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




L’inconstant

Mes yeux s’en sont allés
derrière une brunette
qui passait.

Était de nacre noire,
était raisin violet.
De sa traîne de feu
elle a fouetté mon sang.

Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Une blonde est passée
telle une plante d’or
en balançant ses charmes.
Et ma bouche s’est faite
vague qui s’en allait
décharger des éclairs
de sang sur sa poitrine.
Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Mais vers toi, sans bouger,
sans te voir, ma lointaine,
mon sang, mes baisers volent,
ma brunette et clairette,
ma grande et ma petite,
ma vaste et ma menue,
ma jolie laideronne,
faite de tout l’argent
et faite de tout l’or,
faite de tout le blé
et de toute la terre,
faite de toute l’eau
des vagues de la mer,
faite pour mes deux bras,
faite pour mes baisers,
faite, oui, pour mon coeur.

(Pablo Neruda)

Illustration: Danielle McManus

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Le vent de sable (Anonyme)(maître Meng)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Illustration: Ludovic Florent
    
Le vent de sable
Me fouette au visage.
Un jour je serai
Ce vent et ce sable.

(Anonyme)(maître Meng)

 

Recueil: Le livre des vingt et un poèmes
Traduction:
Editions: William Blake

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L’inconstant (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



L’inconstant

Mes yeux s’en sont allés
derrière une brunette
qui passait.

Était de nacre noire,
était raisin violet.
De sa traîne de feu
elle a fouetté mon sang.

Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Une blonde est passée
telle une plante d’or
en balançant ses charmes.
Et ma bouche s’est faite
vague qui s’en allait
décharger des éclairs
de sang sur sa poitrine.
Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Mais vers toi, sans bouger,
sans te voir, ma lointaine,
mon sang, mes baisers volent,
ma brunette et clairette,
ma grande et ma petite,
ma vaste et ma menue,
ma jolie laideronne,
faite de tout l’argent
et faite de tout l’or,
faite de tout le blé
et de toute la terre,
faite de toute l’eau
des vagues de la mer,
faite pour mes deux bras ,
faite pour mes baisers,
faite, oui, pour mon coeur.

(Pablo Neruda)


Illustration: Fabienne Contat

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AUJOURD’HUI, MOI, SUR LA MER DE LA SAGESSE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018




    
AUJOURD’HUI, MOI, SUR LA MER DE LA SAGESSE

L’oiseau fend l’air, fouettant son corps,
Se flagellant, toute une vie,
Il vole sur les eaux,
Vers une autre côte que baigne la mer,
Invisible, mais présente, vers le lointain,
L’oiseau s’en va.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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Le Visiteur nocturne (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



 

solitude

Le Visiteur nocturne

C’était l’automne, la nuit.
Le vent sifflait dans les arbres dépouillés du bois,et miaulait le long des bergeries,
comme s’il eût voulu, pour se réchauffer, partager la litière des moutons.

La pluie fouettait avec rage les vitraux de ma chaumière,
et comme irritée de la trouver fermée.
Assis près du feu, j’écrivais à la lueur de ma lampe mes souvenirs ou mes rêves,
ce que j’ai vu ou ce que j’aurais voulu voir ;
et, tout en m’occupant du passé, je l’oubliais.

Le travail est un dieu qui nous permet de changer de monde.
Un autre bruit que celui de l’orage me ramena bientôt sur la terre.
J’entendis bien distinctement frapper à ma porte.
J’ouvris, et je ne vis personne.
Je me remis à ma place et je repris ma plume.
Mais je n’étais plus seul. Un hôte que je n’avais pas vu était entré,
un hôte bien connu qui ne souffre pas qu’on l’oublie,
qui venait voir si j’étais tranquille,
ou si je pensais à lui : c’était le chagrin.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Quercia

 

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HIVER DE LUMIÈRE (Thérèse Mercier)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2018



 

étoile

HIVER DE LUMIÈRE

Donnez-moi
Des matins frileux
Des ciels molletonnés
Des arbres argentés.

Donnez-moi
Des flocons légers
Des bois engourdis
Des pas sur la neige
Des silences blancs
Des oiseaux perdus.

Donnez-moi
Des pentes glacées
Vertige grisant
L’amour du danger.

Donnez-moi
Des brouillards givrants
Des bises qui pincent
Des vents qui vous fouettent.

Donnez-moi
Une main amie
De chaudes paroles
La complicité.

Donnez-moi
Des nuits étoilées
Des ombres bleutées
Et l’Immensité.

Donnez-moi
Des bains de lumière
Pour toute une vie.

(Thérèse Mercier)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Les mots (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Les mots

Mets les mots dessus dessous,
attrape-les par la queue
qu’ils couinent, ces pourceaux,
fouette-les,
gave-les de sucre,
gonfle-les comme des ballons, crève-les,
gobe leur sang, suce leur moelle,
fais-les sécher, fais-les castrer,
piétine-les, coq vert galant,
cuisinier, tords-leur le cou,
déplume-les,
taureau, étripe-les,
bœuf, traîne-les dans la boue,
refais-les, poète,
fais-leur avaler toutes leurs couleuvres.

(Octavio Paz)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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A ma Mère (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
A ma Mère

Où as-tu appris à sécher tes larmes
à supporter en silence la douleur
à enfouir dans ton cœur chagrin blessures
souffrance tourment et peine ?

Ecoute le vent !
La gueule béante
il hurle par monts et par vaux

Regarde l’océan
avec fureur et colère
il fouette d’énormes falaises

la nature toute vibrante et frémissante
brise chaque barrière et chaque obstacle

D’où vient la sagesse de ton cœur ?
Où as-tu puisé cette force ?

(Hannah Senesh)

 

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Cette plainte merveilleuse de l’âme (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



Cette plainte merveilleuse de l’âme, c’est l’amour.
Écoute-la. Je n’ai point d’âge, mais, nourri d’épices, chargé de sel, couvert d’humus, empli de choses à naître,
Je suis maître de moi comme d’un navire, et mon corps est un voilier d’avril, de vice, d’impudeur.
J’ose aimer et je délire.
Notre amour sent le lys et le soufre.
Désir rauque, fouette-moi de tes ronces.
Je lutte avec toi dans la broussaille.
Cherche-moi. Trouve-moi.
Les herbes giclent vert.
Nous sommes un printemps au monde,
Acharnés comme des lutteurs au-dessus de la mort.

(Jean Malrieu)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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Cette plainte merveilleuse de l’âme (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Cette plainte merveilleuse de l’âme,
c’est l’amour.

Écoute-la.

Je n’ai point d’âge,
mais, nourri d’épices,
chargé de sel, couvert d’humus,
empli de choses à naître,

Je suis maître de moi
comme d’un navire,
et mon corps est un voilier
d’avril, de vice, d’impudeur.

J’ose aimer et je délire.
Notre amour sent le lys et le soufre.
Désir rauque, fouette-moi de tes ronces.
Je lutte avec toi dans la broussaille.

Cherche-moi.
Trouve-moi.

Les herbes giclent vert.
Nous sommes un printemps au monde,
Acharnés comme des lutteurs
au-dessus de la mort.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Possible imaginaire

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