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Posts Tagged ‘fougères’

Etre baigné par les fougères (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Etre baigné par les fougères
Et renouveler l’immersion
Dans l’obscur bosquet d’yeuses –
Telle fut sans doute la plus ancienne image :
Quand à l’onde originelle se mêla
L’humeur de la moite matrice.

Sortir à grand peine de l’eau…
Pour aspirer aussitôt
Au ventre protecteur de la mère.

***

Esser bagnati dalle felci
E rinnovare il lavacro
Nell’atro bosco d’elci –
Tale forse l’immagine più antica :
Ove alla primigenia onda si mesce
L’umore della madida matrice.

Trarsi dall’acqua con fatica…
Per subito agognare
Il grembo della madre protettrice.

(Tommaso Landolfi)


Illustration

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LE PÉRIPLE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
LE PÉRIPLE
pour Winifred Nicholson

En gravissant la colline de fossiles
J’ai recueilli des petites pierres soudées:
Je me suis souvenue de la mer archaïque
Où jadis ces cailloux furent mes os.

Je marchais le long du mur d’Hadrien;
Le vent du nord soufflait, venant du pôle.
Oh, je fus cet assaut de violence
Contre les remparts du monde!

Au crépuscule, dans une crypte déserte,
J’ai éprouvé la peur de toutes mes morts :
Des formes que j’avais vues avec des yeux de bête
Peuplaient l’obscurité de mystères.

Je suis restée près d’un torrent
Et d’un tertre où poussaient des chardons;
Ce lieu qui si longtemps avait été mon lieu,
Maintenant mon coeur y pourrit sous terre.

J’ai été la truite qui hante le lac,
L’ombre, la présence qui traverse l’eau.
Tant et tant de vies dont je laisse
Les os épars, les ailes brisées !

J’ai été l’animal qui meurt,
Œil qui se ferme sur l’aubépine dentelée,
Carcasse étouffée bientôt par la mousse,
Crâne englouti sous les fougères.

Les traces de mes pas s’enfoncent dans les sables mouvants
Et les champs d’orge ont bu mon sang, .
Ma sagesse a tracé la spirale d’un coquillage,
Mon labeur a dressé un tumulus de pierres sur une colline.

De loin je suis venue et je dois aller loin,
Il y a tant de tombes qu’habite ma douleur,
Mais toujours les doigts morts font naître
Les fleurs que je bénis de mes yeux vivants.

***

THE JOURNEY
For Winifred Nicholson

As I vent over fossil hill
I gathered up small jointed stones,
And I remembered the archaic sea
Where once these pebbles moere my bons.

As I walked on the Roman wall
The wind blew southward from the pole.
Oh I have been that violence hurled
Against the ramparts of the world.

At nightfall in an empty kirk
I felt the fear of all my deaths:
Shapes I had seen with animal eyes
Crowded the dark with mysteries.

I stood beside a tumbling beck
Where thistles grew upon a mound
That man, a day had been my home,
Where now my heart rots in the ground.

I was the trout that bannis the pool,
The shadowy presence of the stream.
Of many many lives I leave
The scattered bone and broken wing.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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HOUILLE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



HOUILLE

Par l’oracle muet des feuilles
il était dit que tu serais
oraison de fougères, convoi
des sigillaires au deuil du carbone.
Alors ton silence scella les langues du soleil,
figeant le feu primal dans la défroque des forêts.

(Jacques Lacarrière)

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Air de ronde (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



On dansa la ronde,
Mais le roi pleura.
Il pleurait sur une
Qui n’était pas là.

On chanta la messe,
Mais le roi pleura.
Il pleurait pour une
Qui n’était pas là

Au clair de la lune,
Le roi se tua,
Se tua pour une
Qui n’était pas là.

Oui, sous les fougères
J’ai vu tout cela,
Avec ma bergère
Qui n’était pas là.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Maurice Fombeure et son chat Papillon

(photo envoyée par sa nièce que je remercie pour sa grande gentillesse)

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Cette branche dans les fougères (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



 

cerf 2

Cette branche dans les fougères
était un cerf rouge
s’abritant de la pluie

***

That branch among the fern
was a red stag
sheltering from the rain

(Kenneth White)

Illustration

 

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DESTIN D’UNE EAU (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



    

DESTIN D’UNE EAU

Où cours-tu, ru ?
où cours-tu, ru,
au fond des bois ?
agile comme une ficelle
tu coules liquide étincelle
qui éclaire les fougères
minces souples et légères
abandonnant derrière toi
la mobile splendeur des bois

où cours-tu, ru ?
où cours-tu, ru,
du fond des bois
tu te précipites à la mort
tu perdras tes eaux vivaces
dans un courant bien plus fort
que le tien qui se prélasse
au pied des fougères
minces souples et légères
ignorant sans doute tout ce qui t’attend
la rivière le fleuve et le dévorant océan

(Raymond Queneau)

 

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Je me repais de bruyères … (Tadeusz Miciński)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



 

Nicholas Roerich. Song of Shambhala

Je me repais de bruyères …

Je me repais de bruyères, de fougères de cuivre,
m’abreuve du soleil d’argent et de l’azur profond.
Les torrents qui débordent —
coulent — par la vallée —
ils s’unissent et confluent —
s’égouttent — à travers les neiges, les rocs —
laissant leur sein diminuer —
leurs épaules se pressent contre les nuages.
Mon âme vole autour des sommets de l’Himalaya —
autour de villes fortifiées —
de pagodes que le cœur seul connaît —
depuis un cloître endormi — j’observe la mer,
mon regard se porte vers le Nirvana céleste, doré et miroitant —
vers les granites noirs, insondables, écumants.

(Tadeusz Miciński)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration: Nicholas Roerich

 

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Avec fracas dehors le vent grondait (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



pluie 04

Avec fracas dehors le vent grondait
Dans le ciel pâli de l’automne,
Froide et drue, la pluie qui tombait à flots
Parlait d’hivers de tempête proches.

Bien trop pareils à ce morne soir.
Des soupirs, d’un chagrin plaintif —
Des soupirs d’abord — mais brefs,
Doux. Avec quelle douceur exhalés !
Des mots sauvages d’une vieille chanson,
Indéfinie, sans nom —

“C’était le printemps, car l’alouette chantait.”
Ces mots-là créaient une magie —
Ils descellaient une source profonde
Qu’Absence ni Distance ne peuvent tarir.

Dans la tristesse d’un gris novembre
Ils disaient la musique de mai —
Ils ranimaient la braise mourante
D’une ferveur qui ne s’éteindrait

Éveillez sur toutes mes chères landes
Le vent dans sa gloire et son orgueil !
O appelez-moi des vallées et des montagnes,
Que je marche au bord du torrent !
Il s’est gonflé des premières neiges ;
Les rochers sont blanchis et glacés
Plus sombre ondoie autour la longue bruyère
Sur les fougères le soleil ne luit plus.

(Emily Brontë)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

 

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Le regard secoue les plumes de sa nostalgie (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2017



le regard secoue les plumes de sa nostalgie
s’insinue entre les fougères jusqu’à la plage
vêtu d’un reste de tendresse nocturne

sur les galets la mer dépose ses vaisseaux
brûlés d’avoir cherché l’aurore

(Rabah Belamri)

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Une vierge arrose d’eau chaude les fougères (Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



Illustration: Marie-Paule Deville Chabrolle

    
Une vierge arrose d’eau chaude les fougères
Une troupe de petites filles observe l’ermite en sa cellule
Mes soeurs sont endormies au fond d’une grotte vénéneuse

(Maeterlinck)

 

 

 

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