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Posts Tagged ‘fougue’

Le réveil d’une cascade (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

Le réveil d’une cascade

Tant de beauté, tant de bonheur et tant de jeux,
Ailleurs, où les trouverai-je ?
Emportée par la fougue de la jeunesse,
Je ne sais vers qui je m’en irai…
Mon envie sans fond, mon espoir sans fin
C’est découvrir le monde,
Irrésistible est mon désir de déferler
Tout autour de la terre.

Je peux déverser tout l’amour existant…
Je peux emporter tout le temps qui est…
Je peux envahir toutes les contrées,
Que pourrais-je espérer d’autre
Hormis cette seule envie du coeur?

***

The Waking of a Cascade

Where else shall I ever find
So much beauty and happiness and play ?
Drifted by my youthful feast
I wonder who will welcome me.
My depthless desire and my endless hope
Will be to discover the world,
I cannot resist the temptation
Of girdling the earth.

I can pour down all my love,
I can carry off Time that has been,
I can invade all the provinces,
Other than this heart’s desire
What could I expect more?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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QUELQUE CHOSE DU DEDANS (Agnès Schnell)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



 Alexander Anufriev  (11)

QUELQUE CHOSE DU DEDANS

Sortir de sa nuit
après une croissance imparfaite
se réveiller l’âme décolorée
ébouriffée.

Peut-on être nomade du temps ?
Peut-on être
d’une vie à une autre
passant ?

Silence des morts rebelles
qui renforcent les nœuds.
Silence de la vie
au hasard fixée
ou plantée telle une épine
indurée en nos rêves
irritant nos fougues.

Qui peut nous retenir
contre le vertige du dedans
si large si vide ?

Ceux à mi-chemin
arrêtés fébriles
comme des vagues poursuivies

ceux avec leurs mots lourds
tout fripés de tendresse
balancés à contre-temps

ceux boutefeux par désespoir
incendiaires
exacerbés d’espérance

ceux musiciens des songes
qui tâtonnent sans répit
lézardés jusqu’à la moelle

ceux que nulle main n’a guidés
qui s’épuisent à rassembler
leurs brisures

ceux qui mordent à bouche pleine
les pensées fauves
les passions sans remontée

ceux qui n’ont plus de frontières
et qui implosent chargés de sang
et de brûlures…

Qui peut emmurer
le vertige au-dedans
qui peut sceller notre cœur
pour qu’il cesse de s’affoler
pour un souffle d’air
ou d’ange distrait ?

Qui ?

(Agnès Schnell)

Découvert ici chez Emmila Gitana

Illustration: Alexander Anufriev

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Ardeur (Bruno Doucey)(Thierry Renard)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018




    
Étincelle.
Incandescence.
Rougeoiements du charbon enflammé.

Chaleur fiévreuse de l’été.
Vie, vivacité, vigueur et volupté.
Sens, sensualité,excitation, extase.

Fougue batailleuse ou conquérante, généreusement créatrice.
Combustion naturelle de l’existence.
Zèle des dieux qui sommeillent en nous
à la manière des rupestres dans leur abri sous roche…

Ardeur.

Le mot vibre de la charge solaire qui est en lui.
Qu’elles soient provençale, italienne ou espagnole,
ses parentés linguistiques puisent invariablement dans la même matière en fusion:
« ardeur » vient du latin ardor, de ardere qui signifie « brûler ».

(Bruno Doucey)(Thierry Renard)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Où que tu sois, je t’aime (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Où que tu sois, je t’aime

Pour te rejoindre
nul parcours sur la terre,
il y faut l’ascension
de la montagne immense
qui me déchire le coeur.

Là tout est vertical,
de l’abîme du sang
aux mille soleil de l’âme,
une épée de lumière
et pas un seul sentier.

Est-ce mon amour
au souffle fragile,
à la fougue patiente
et légère, qui va ouvrir
la septième voie ?

Amour sauvage que tu voulais
libre du chasseur et de la proie,
amour qu’inventait l’amour
sans un appui sans une corde,
amour absolu, tout à toi.

(André Velter)

 

 

 

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La fontaine (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
La fontaine

Dans la pâleur de l’air se dresse mon désir,
Fraîche rumeur sans repos sur un fond de verdure,
Telle une svelte colonne tronquée dont la grâce
Couronne le calme déjà céleste des eaux.

Bananiers et châtaigniers bordent de lisses avenues
Et emportent tout au loin mon soupir diaphane,
De chemins lumineux en nuages légers,
Du vol ralenti des colombes grises.

Au pied des statues vaincues par le temps,
Alors que je copie leur pierre dont le charme a figé
Ma tremblante sculpture de ces instants liquides,
Unique entre les choses, je meurs et toujours renais.

Ce jaillissement sans fin vient de la lointaine
Cime où tombèrent les dieux, des siècles
Passés, et son accent de paix baigne encore la vie
Qui dore faiblement le bleu de ma fougue glacée.

En moi flottent au vent les traces apaisées
De vieilles passions, de gloires et de deuils d’antan,
Ils demeurent, dans l’ombre naissante du soir,
Mystérieux face à la vaine rumeur de l’éphémère.

La magie de l’eau fige les instants :
Je suis le divin secours de la peine des hommes,
L’image de qui fuit la lumière pour l’ombre,
Le trouble de la mort devenu mélodie.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Les nuages
Traduction: Anthony Bellanger
Editions: Fata Morgana

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Douce symphonie (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Marie-Paule Deville Chabrolle
    
Douce symphonie

Une écharpe d’iris fleurissait à mes yeux,
La beauté éphémère est une jeune nymphe
Éplorée, une fleur, c’est le sang et la lymphe
En exaltation — Un éclat radieux !

Les notes de la vie ont davantage hâlé
Le fil de nos carats, et des flots limpides
Resculptaient ta cambrure et l’été des sylphides
Auréolait ta grâce, un vertige épousé !

Mille pétales d’or éclaboussaient ton âme
Pérenne, une rivière en corps dénudé ! Femme
Vêtue en baiser d’Ô, un art si sensuel.

L’horizon extravague ainsi que mes pensées
Qui soufflent mes élans, des fougues aiguisées
Comme cette orchidée où brille l’arc-en-ciel

(James Denis)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

Recueil: Symphonie amoureuse
Editions: Books on Demand Editions

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Estampe vernie (Fernando Arrabal)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2016



Estampe vernie
qui, réduite à sa rondeur de laque
reproduit l’immense firmament.
Prodigieusement l’artiste prodigue
fait don, un par un, de météorites peints
à chaque coccinelle

Avec quelle heureuse allégresse j’approfondis
l’essence de l’œuvre,
éprouvant le minuscule délice
extrayant les inoubliables joies.

Ses ailes pliées sur la scène
convexe et close
révéleront la représentation.
Quand l’estampe se fend en deux moitiés
les broderies noires et les ailes apparaissent
la coccinelle quitte la scène.

Avec quelle fougue s’élance-t-elle vers le ciel!

(Fernando Arrabal)

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Si vous saviez (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



Si vous saviez, passants, attirés
Par d’autres regards charmants
Que le mien, que de feu j’ai brûlé,
Que de vie j’ai vécu pour rien,

Que d’ardeur, que de fougue donnée
Pour une ombre soudaine ou un bruit…
Et mon cœur, vainement enflammé,
Dépeuplé, retombant en cendres.

Ô, les trains s’envolant dans la nuit
Qui emportent nos rêves de gare…
Sauriez-vous tout cela, même alors,
je le sais, vous ne pourriez savoir

Pourquoi ma parole est si brusque
Dans l’éternelle fumée de cigarette
Et combien de tristesse noire
Gronde sous mes cheveux clairs.

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration: Paul Delvaux

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Avec sa fougue végétale (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015



Avec sa fougue végétale
La campagne à l’horizon bleu
Aura rejoint la mer étale
Que le soir ombre peu à peu.

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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