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Poésie

Posts Tagged ‘fouiller’

Secret de ton regard (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Vito Russotto
    
Secret de ton regard, ô souple
Source, enveloppe de soie
De ton regard dans l’eau des rêves
Goutte, cristal et la buée
De ta pudeur à l’aiguille d’ombre
Fouillant l’envers de ton visage

Secret de clairière, opaline
À luire à la lune et l’iris
À pointes de feu, l’ouverture
Du néant où je viens nager

Quand je plonge au puits de ton œil
Au centre, regard en miroir
D’un songe à jamais sans sommeil
Dans la nuit originelle

Secret de ta gloire enfouie
Dans la terre légère des morts
Si je la rejoins sous ton règne
Bénéfique ô fée
Morgane
Et l’empire enfin des sorts
A refermé les ravines
La nuit dans ses plis de suie

(Jacques Chessex)

 

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L’abeille (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



L’abeille va, vient, fouille, quête,
Travaille comme un moissonneur,
Et par moments lève sa tête
Et dit au nuage: flâneur!

(Victor Hugo)


Illustration

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Ce fil (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Il s’enroule dans le coeur,
Ce fil ininterrompu
Du présent au passé,
Du dehors au dedans,
D’être vu à voir,
Ciel, jardin, arbre, oiseau
Transmués, transposés
En souvenir, en souffrance
Ces jeunes feuilles, ces pâquerettes,
Le vent contrasté
Qui miroite sur les brins
D’herbe chatoyante,
Deviennent ce que je suis
Moi qui suis la somme
De tout ce que j’ai perdu,
Qui suis celle qui fait,
De ce qui verdoie une joie,
Du vent, une sagesse,
De la froide terre, de l’or,
De l’or du soleil
Le sang vital du chagrin
Qui plonge dans le coeur.
Je suis mon passé
Et mon avenir qui s’approchent
De jours inconnus.

Mais d’eux tous aucun
N’est plus brillant ni plus précieux
Que le vent et les pâquerettes,
La petite fauvette des haies
Intrépide et lustrée de soleil
Qui fouille le parterre de fleurs
Sous ma fenêtre,
Avec ses ailes de temps
L’éternel présent
Voletant et faisant parade
De son ici et maintenant
Lumière qui va à l’amour,
Feuille qui va à l’abandon.

***
It winds into the heart,
That unbroken thread
From present to past,
Without to within,
From seen to seer,
Sky, garden, tree, bird
Transmuted, transposed
To memory, to pain
These young leaves, these daisies,
The dappling wind
That glances on blades
Of glistering grass,
Become what I am
Who am the sum
Of all I have lost,
Who am the maker,
From greenness a joy,
From wind, wisdom,
From cold earth, gold,
From gold of the sun
Life-blood of sorrow
That sounds the heart.
I am my past
And future approaching
Days unknown.

But of all these none
Brighter nor dearer
Than the wind and the daisies,
The little hedge-sparrow
Fearless and sun-glossed
Searching the flower-bed
Outside my window,
Winged with time
The ever-present
Flitting and flaunting
Its here and now
Light into love,
Leaf into loss.

(Kathleen Raine),

Illustration: Isabelle Planté

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Relier (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



Manier l’outil et les mots
Tendre le filet des lignes
Encocher les paroles
Ajuster l’image

Elargir le sens
Fouiller la taille
Affranchir ou retenir
Perdre de vue ou cibler

Enfin accoster l’autre
Relier

(Andrée Chedid)


Illustration: Vladimir Kush

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LE GRAND COMBAT (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



 

LE GRAND COMBAT

Il l’emparouille et l’endosque contre terre ;
Il le rague et le roupéte jusqu’à son drâle ;
Il le pratéle et le libucque et lui baroufle les ouillais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l’écorcobalisse.
L’autre hésite, s’espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
C’en sera bientôt fini de lui ;
Il se reprise et s’emmargine… mais en vain
Le cerveau tombe qui a tant roulé.
Abrah ! Abrah ! Abrah !
Le pied a failli !
Le bras a cassé !
Le sang a coulé !
Fouille, fouille, fouille,
Dans la marmite de son ventre est un grand secret.
Mégères alentours qui pleurez dans vos mouchoirs;
On s’étonne, on s’étonne, on s’étonne
Et on vous regarde,
On cherche aussi, nous autres le Grand Secret.

(Henri Michaux)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Bosch Hieronymus

 

 

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Chassé (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



Illustration: Colette Leinman
    
chassé
livré à la nuit et la soif

alors il fut ce vagabond
qui essaie tous les chemins
franchit forêts déserts
et marécages
quête fiévreusement
le lieu où planter
ses racines

cet exilé
qui se parcourt et s’affronte
se fouille et s’affûte
emprunte à la femme
un peu de sa terre et sa lumière

ce banni que corrode
la détresse des routes vaines
mais qui parfois
aux confins de la transparence
hume l’air du pays natal
et soudain se fige
émerveillé

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Les longues pluies d’automne (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



    
les longues pluies
d’automne
qui me coupent
du monde

journées de silence
et de bien-être

l’oeil fouillant
l’interne

trouvant
quelques pépites

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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LES BEAUX YEUX BRUNS D’UN CHIEN BÂTARD (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LES BEAUX YEUX BRUNS D’UN CHIEN BÂTARD

Un matin, en sortant de la maison, au coin de la ruelle,
j’ai rencontré par hasard un chien bâtard. Ses yeux étaient
tellement clairs et tristes, que j’ai penché la tête et ai fixé sur
lui mon regard. Ah, ce chien a aussi penché la tête et m’a
fixé du regard. Son regard est plus doux et limpide que le
ciel printanier de notre pays. Dans ses yeux innocents — la
cornée naïve — le cristallin — la rétine, je suis là, debout,
tenant une enveloppe jaune, habillé d’un imperméable de la
marque London Fog 100%. Tout y est entré : mon
corps entier, mon image entière, l’apparence extérieure de
ma vie entière. Dans la cornée — le cristallin — la rétine d’un
chien bâtard, j’ai impression d’avoir déjà rencontré une fois,
peut-être pas, mon corps entier, mon image entière, l’аpparence
extérieure de ma vie entière. Alors que j’étais dans
cette pensée incertaine, le chien bâtard est parti pour fouiller
une, poubelle. Je suis arrivé à l’arrêt de bus ; sur le poteau
électrique une annonce : La famille Jeon est en deuil. Pompes
funèbres Sion: Tel. 999-1984

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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Vois-tu, dans ces silences (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Vois-tu, dans ces silences en lesquels les choses
s’abandonnent et semblent tout près
de trahir leur ultime secret,
parfois on s’attend
découvrir un défaut de la Nature,
le point mort du monde, le chaînon qui ne tient,
le fil à débrouiller qui enfin nous conduise
au centre d’une vérité.
Le regard fouille à l’entour,
l’esprit enquête, accorde, sépare
dans le parfum qui sans cesse gagne
lorsque le jour se fait plus languissant.
Ce sont les silences où l’on voit
dans chaque ombre humaine qui s’éloigne
quelque Divinité surprise.

Mais l’illusion cède, et nous ramène le temps
dans les cités bruyantes où l’azur se montre
par morceaux seulement, tout en haut, entre les cimaises.
La pluie fatigue la terre, ensuite; et s’accumule
la tristesse de l’hiver sur les maisons;
la lumière se fait avare — amère l’âme.
Quand, un jour, d’un porche mal clos,
entre les arbres d’une cour,
nous apparaît le jaune des citrons;
et voici fondre le gel du coeur
et faire en nous ruisseler
leurs chants
les trompes d’or de la solarité.

***

Vedi, in questi silenzi in cui le cose
s’abbandonano e sembrano vicine
a tradire il loro ultimo segreto,
talora ci si aspetta
di scoprire uno sbaglio di Natura,
il punto morto del rondo, l’anello ehe non tiene,
il filo da disbrogliare che finalmente ci metta
nel mezzo di una verità.
Lo sguardo fruga d’intorno,
la mente indaga accorda disunisce
nel profumo che dilaga
quando i1 giorno più languisce.
Sono i silenzi in cui si vede
in ogni ombra umana che si allontana
qualche disturbata Divinità.

Ma l’illusione manca e ci riporta il tempo
nelle città rumorose dove l’azzurro si rostra
soltanto a pezzi, in alto, tra le cimase.
La pioggia stanca la terra, di poi; s’affolta
il tedio dell’inverno sulle case,
la luce si fa avara – amara l’anima.
Quando un giorno da un malchiuso portone
tra gli alberi di una corte
ci si mostrano i gialli dei limon;
e il gelo del cuore si sfa,
e in petto ci scrosciano
le loro canzoni
le trombe d’oro della solarità.

(Eugenio Montale)

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C’est vrai (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018




    
C’est vrai
Qu’il y a aussi des étoiles
Et qu’elles sont belles.

Que brûler leur donne
En fruit la lumière,

Et que rien ne dit
Qu’en leurs feux de pierre
Elles ne sauront rien

De nos mains qui grouillent,
De nos mains qui fouillent.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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