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Poésie

Posts Tagged ‘fourche’

Fourche couchée (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019


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Fourche couchée,
perfection
de la mélancolie

(René Char)

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Oiseau (Joël Sadeler)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

acacia

Oiseau

Sous les jupons
de l’acacia
l’oiseau s’engouffre
à toutes plumes

Mais se pose-t-il
à la fourche du tronc
ce trousseur d’arbre
bien trop pressé?

(Joël Sadeler)

Illustration

 

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LA CHATTE MÉTAMORPHOSÉE EN FEMME (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



 

LA CHATTE MÉTAMORPHOSÉE EN FEMME

Un homme chérissait éperdument sa chatte ;
Il la trouvait mignonne, et belle, et délicate,
Qui miaulait d’un ton fort doux.
Il était plus fou que les fous.
Cet Homme donc, par prières, par larmes,
Par sortilèges et par charmes,
Fait tant qu’il obtient du destin
Que sa chatte en un beau matin
Devient femme, et le matin même,
Maître sot en fait sa moitié.
Le voilà fou d’amour extrême,
De fou qu’il était d’amitié.
Jamais la Dame la plus belle
Ne charma tant son favori
Que fait cette épouse nouvelle
Son hypocondre de mari.
Il l’amadoue, elle le flatte ;
Il n’y trouve plus rien de chatte,
Et poussant l’erreur jusqu’au bout,
La croit femme en tout et partout,
Lorsque quelques souris qui rongeaient de la natte
Troublèrent le plaisir des nouveaux mariés.
Aussitôt la femme est sur pieds :
Elle manqua son aventure.
Souris de revenir, femme d’être en posture.
Pour cette fois elle accourut à point :
Car ayant changé de figure,
Les souris ne la craignaient point.
Ce lui fut toujours une amorce,
Tant le naturel a de force.
Il se moque de tout, certain âge accompli :
Le vase est imbibé, l’étoffe a pris son pli.
En vain de son train ordinaire
On le veut désaccoutumer.
Quelque chose qu’on puisse faire,
On ne saurait le réformer.
Coups de fourche ni d’étrivières
Ne lui font changer de manières ;
Et, fussiez-vous embâtonnés,
Jamais vous n’en serez les maîtres.
Qu’on lui ferme la porte au nez,
Il reviendra par les fenêtres.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Table rase (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Illustration: Emile Munier
    
Table rase

Enfant, vois-tu, il n’y a plus d’Enfer.
Les grilles sont fermées,
les feux éteints,
la rouille a dévoré fourches, pinces et lames,
les démons ont fondu comme graisse au soleil,
le Grand Satan n’est plus qu’un roc
enlisé dans la boue.

De même en vain tu chercheras le Paradis,
noyé, perdu dans l’océan de brume.
Guichet fermé, faillite,
propriétaire en fuite,
nul repreneur en vue.

Il ne te reste ici
que le bel aujourd’hui,
l’arbre chéri, l’oiseau rêveur
et, sur ton front, le baiser d’une mère.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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La reine de tulipe (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



La reine de tulipe

à Florence
Sous le toit c’est le grenier
sous le grenier la maison.
Au-dessus le ciel ses oiseaux
et autour
le bourg
ses porches
ses cloches
ses colombiers la rivière ses roseaux
les fourches les huches
les sources les roches les ruches…
Et autour
du bourg
dort le Valois
qui est une île en France.
Et autour de la France
c’est la tête ronde
de la terre ses plateaux ses déserts
ses vallons ses volcans
ses savanes ses mers
ses roses des vents
ses archipels ses océans…
Mais sous le toit c’est le grenier
où la terre
demeure enfermée
dans le coeur les yeux les mains
les dix doigts merveilleux d’un gamin
où la terre gît enfermée
à côté des chapeaux des nacres des ors des nippes
des jais des Arlequins des illustrés des pipes

comme l’été dort entier
dans un oignon de tulipe
dans un oignon séché
de la Reine de Tulipe.

(Armand Lanoux)

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L’ANGLE DU MUR (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2016



 

Max Mitenkov  balanced_on_the_edge_by_vimark [1280x768]

L’ANGLE DU MUR

Ma méditation ton manteau se consument

Pour te perdre mieux
Ou te mordre blanche.

La tour délivrée de son lierre croule.

La terreur conduit sous terre ma semence,
L’éclaire et la refroidit.
J’attends la déflagration.

Et je tutoie les morts, les nouveaux venus.
Celle que j’aime est dans leur camp,
Fourche, flamme et minerai.

Le sang qui brille sur la page de garde
Ne sera jamais le sien.

(Jacques Dupin)

Illustration: Max Mitenkov

 

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Le laboureur (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Le semoir, la charrue, un joug, des socs luisants,
La herse, l’aiguillon et la faulx acérée
Qui fauchait en un jour les épis d’une airée,
Et la fourche qui tend la gerbe aux paysans ;

Ces outils familiers, aujourd’hui trop pesants,
Le vieux Parmis les voue à l’immortelle Rhée
Par qui le germe éclôt sous la terre sacrée.
Pour lui, sa tâche est faite ; il a quatre-vingts ans.

Prés d’un siècle, au soleil, sans en être plus riche,
Il a poussé le coutre au travers de la friche ;
Ayant vécu sans joie, il vieillit sans remords.

Mais il est las d’avoir tant peiné sur la glèbe
Et songe que peut-être il faudra, chez les morts,
Labourer des champs d’ombre arrosés par l’Érèbe.

(José-Maria de Hérédia)

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Venise (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Venise

Je fus réveillé à l’aube
Par le timbre d’un carreau.
Craquelin de craie qui trempe,
Venise flottait sur l’eau.

Aucun bruit. Mais comme en rêve,
J’avais entendu un cri
Qui troublait encore la grève
Comme un signe évanoui.

Cri lointain d’une victime?
Trident du scorpion, sous lui
Le miroir des mandolines,
Apaisé, dormait sans bruit.

Fourche fichée dans la brume
Jusqu’au manche, il se taisait,
Et le Grand Canal en fuite,
Ricanant, se retournait.

Loin, près du débarcadère,
Du rêve naissait le vrai,
Et Venise, Vénitienne,
Se jetait à l’eau du quai.

(Boris Pasternak)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Paul Signac

 

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Le brouillard (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2015



Le brouillard

Simone, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,
Nous irons comme en barque à travers le brouillard.

Nous irons vers les îles de beauté où les femmes
Sont belles comme des arbres et nues comme des âmes ;
Nous irons vers les îles où les hommes sont doux
Comme des lions, avec des cheveux longs et roux.
Viens, le monde incréé attend de notre rêve
Ses lois, ses joies, les dieux qui font fleurir la sève
Et le vent qui fait luire et bruire les feuilles.
Viens, le monde innocent va sortir d’un cercueil.

Simone, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,
Nous irons comme en barque à travers le brouillard.

Nous irons vers les îles où il y a des montagnes
D’où l’on voit l’étendue paisible des campagnes,
Avec des animaux heureux de brouter l’herbe,
Des bergers qui ressemblent à des saules, et des gerbes
Qu’on monte avec des fourches sur le dos des charrettes.
Il fait encore soleil et les moutons s’arrêtent
Près de l’étable, devant la porte du jardin,
Qui sent la pimprenelle, l’estragon et le thym.

Simone, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,
Nous irons comme en barque à travers le brouillard.

Nous irons vers les îles où les pins gris et bleus
Chantent quand le vent d’ouest passe entre leurs cheveux.
Nous écouterons, couchés sous leur ombre odorante,
La plainte des esprits que le désir tourmente
Et qui attendent l’heure où leur chair doit revivre.
Viens, l’infini se trouble et rit, le monde est ivre :
Nous entendrons peut-être, en rêvant sous les pins,
Des mots d’amour, des mots divins, des mots lointains.

Simone, mets ton manteau et tes gros sabots noirs,
Nous irons comme en barque à travers le brouillard.

(Remy de Gourmont)

 

 

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Langue liane (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2015


Benjamín Wu     [1280x768]

Langue liane Eau jade au jadis du temps des lanternes
traversières Je hélai ta chair au long des rives, soudain
nautonier du nocturne Le geste allait se brisant dans le crin
du corps avec des guerres civiles et des bouches d’entrailles
Une meute prenait garnison parmi tes seins Un jour d’empreintes

Déjà tu étais bannie de toi L’oiseau fuyait Les arbres s’en allaient
avec des élégances déchues et des années promises à qui étreint
pénètre Dans les ronciers de la fourche des jambes les chevaux
de mes dents venaient boire Tu étais libre des linges un éclat
de marbre avec des ombres

(Hubert Juin)

Illustration: Benjamín Wu

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