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Poésie

Posts Tagged ‘fourneau’

Tant de travail (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration: Josephine Wall
    
Tant de travail, docteur, pour découvrir enfin
Que l’Être se nourrit, et meurt de pourriture ?
Ah! cesse, à tes fourneaux, d’avilir la nature :
Ce n’est que songe et fleurs dont nos âmes ont faim.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Elle (Jean-Marie Le Huche)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018


Elle

Je l’ai d’abord enfermée dans l’armoire mais elle a
déchiré mes draps
Je l’ai collé dans le frigidaire mais elle a dévoré
mon kilo de beurre
Je l’ai transformée en fourneau à gaz mais elle a
cramé mon plat de nouilles
J’en ai fait une cocotte en papier mais elle a caqueté
jusqu’à minuit
Je l’ai flanquée excédé à la porte mais elle est revenue
par la fenêtre
Je l’ai poussée dans le canal Saint-Martin mais elle
nageait comme une anguille
Enfin je me suis tué
Et quand j’ai été mort je l’ai vue fondre en larmes
Devant son café crème place Saint-Michel
Alors j’ai ressuscité. Je lui ai dit
Viens. On rentre. Il faut pas pleurer
Et puis ça a recommencé.

(Jean-Marie Le Huche)

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VUE SUR LA COUR (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018


 


 

John Singer Sargent -petite-eplucheuse-pommes-img

VUE SUR LA COUR

La cuisine est très propre et le pot-au-feu bout
Sur le fourneau.
La bonne, attendant son troubade,
Épluche en bougonnant légumes et salade.
Ses doigts rouges et gras, avec du noir au bout,
Trouvent les vers de terre entre les feuilles vertes.
On bat des traversins aux fenêtres ouvertes.
Mais voici le pays.
Après un gros bonjour,
On lui donne la fleur du bouillon, leur amour
S’abrite à la vapeur du pot, chaud crépuscule…
Et je ne trouve pas cela si ridicule.

(Charles Cros)

Illustration: John Singer Sargent

 

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La nuit tourne (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017




    
La nuit tourne autour de la lampe
comme un oiseau qui doit tomber.
Les hommes meurent, la bouche serrée,
et font à la terre des racines de sang.

Le fourneau est sans doute seul heureux
avec le rire facile de ses flammes.
Au bout du monde, se lève une femme
sur qui se ferme un cercle de regards.

Comment sortir, sans le poids du plafond
à la place où l’épaule étrangle le cou,
sans celui des portes qu’on n’ose pas ouvrir
parce qu’on craint de déranger la douleur?

Pourquoi courir sans cesse les routes
pour faire des pas de plus avec la mort?
De quelle façon croiser ce regard
d’où elle guette déjà un autre regard?

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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La Vie, la Nuit (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



La Vie, la Nuit

A la recherche de la première étoile dans le ciel
je vais entre les murs
qui me tutoient.
La lumière qui ne se lève pas
dans les tunnels du sang
attend près du regard
combien de pierres
dont elle s’enveloppe
pavent le ciel.

Les fenêtres de la veille sont mortes
ouvertes aux couchants.
L’humus de la chambre
un peu tiède comme le cœur
est toujours plein de femmes
qui tricotent en songeant à l’amour.

L’ombre fait un cercle autour de la lampe
et le fourneau est sans doute seul heureux
comment sortir de cette maison
sans avoir l’air gauche, sans mentir
comment jouer le rôle de passant
sans penser à la mort
qui compte mes pas
qui me pousse si je m’arrête
comment croiser ce regard
où elle est déjà montée ?

(Lucien Becker)

 

 

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La grosse femme nue (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017


 


 

Fernando Botero [1280x768]

La grosse femme nue
Au-dessus de son fourneau
Goûte la compote.

***

A nude fat woman
Stands over a kitchen stove,
Tasting applesauce.

(Richard Wright)

Illustration: Fernando Botero

 

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Empêtré dans le gris (Bob Dylan)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



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Empêtré dans le gris

Un matin tôt le soleil brillait,
J’étais couché au lit
A me demander si elle avait changé
Si ses cheveux étaient encore roux.
Ses vieux ils disaient que notre vie ensemble
Pour sûr serait dure
Ils n’avaient jamais aimé les robes maison de Maman
Le compte en banque de Papa n’était pas assez gros.
Et j’étais debout sur le bord de la route
La pluie me mouillait les chaussures
En partance pour la côte Est
Dieu sait que j’en ai bavé pour survivre,
Empêtré dans le gris.

Elle était mariée à notre première rencontre
En voie de divorcer
Je l’ai tirée d’embarras, je crois,
Mais j’y ai été un peu trop fort.
Nous avons conduit cette voiture aussi loin que nous pouvions
L’avons abandonnée dans l’Ouest
Avons rompu par une triste et sombre nuit
D’accord tous les deux qu’il valait mieux.
Elle s’est retournée pour me regarder
Comme je m’éloignais
Par-dessus l’épaule je l’ai entendu dire,
« Nous nous reverrons un jour sur la route »,
Empêtrés dans le gris.

J’ai eu un job dans les forêts du Grand Nord
Comme cuisinier quelque temps
Mais je n’ai jamais vraiment aimé ça
Et un jour le couperet est tombé.
Alors j’ai dérivé jusqu’à la Nouvelle-Orléans
Où par hasard j’ai été employé
A travailler un moment sur un bateau de pêche
Juste à la sortie de Delacroix.
Mais tout ce temps-là j’étais seul
Le passé était tout proche,
J’ai eu des femmes par dizaines
Mais elle ne s’est jamais évadée de ma tête, et je me suis encore plus
Empêtré dans le gris.

Elle travaillait dans un bar topless
J’y suis entré boire une bière,
Je n’arrêtai pas de regarder son profil
Dans la clarté des spots.
Plus tard comme la foule se dispersait
J’étais sur le point d’en faire autant,
Elle se tenait là derrière ma chaise
Et dit « J’connaîtrai pas ton nom? »
J’ai marmonné quelque chose dans ma barbe,
Elle étudiait les traits de mon visage.
Je dois avouer que je me sentais un peu mal à l’aise
Comme elle se courbait pour nouer mes lacets de soulier,
Empêtré dans le gris.

Elle a allumé un brûleur au fourneau et m’a offert une pipe
« J’croyais qu’tu dirais jamais bonjour » dit-elle
« T’as l’air d’un silencieux ».
Puis elle ouvrit un livre de poèmes
Et me le tendit
C’était écrit par un poète italien
Du treizième siècle.
Et chacun de ces mots sonnait juste
Et luisait comme des charbons ardents
Ils se déversaient de chaque page
Comme si c’était gravé dans mon âme rien que pour toi,
Empêtrée dans le gris.

Je vivais avec eux sur la rue Montague
Au sous-sol en bas des marches,
Il y avait de la musique dans les cafés le soir
Et la révolution dans l’air.
Puis il commença à faire du trafic d’esclaves
Et quelque chose mourut en lui.
Elle dût vendre tous ses biens
Et se glaça en dedans.
Et quand enfin ils touchèrent le fond
Je me repliai en moi-même,
La seule chose que je savais faire
C’était de continuer comme un oiseau en vol,
Empêtré dans le gris.

Voilà, je repars à nouveau,
Il faut que je la voie d’une façon ou d’une autre.
Tous les gens qu’on connaissait
Ne sont qu’illusion pour moi désormais.
Certains sont mathématiciens
D’autres sont femmes de charpentiers.
Je ne sais pas comment tout ça a commencé
Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs vies.
Mais moi, je suis toujours sur la route
En direction d’un autre joint
On se sentait vraiment pareils,
On avait juste des points de vue différents,
Empêtrés dans le gris.

***

Tangled Up In Blue

Early one mornin’ the sun was shinin’,
I was layin’ in bed
Wond’rin’ if she’d changed at all
If her hair was still red.
Her folks they said our lives together
Sure was gonna be rough
They never did like Mama’s homemade dress
Papa’s bankbook wasn’t big enough.
And I was standin’ on the side of the road
Rain fallin’ on my shoes
Heading out for the East Coast
Lord knows I’ve paid some dues gettin’ through,
Tangled up in blue.

She was married when we first met
Soon to be divorced
I helped her out of a jam, I guess,
But I used a little too much force.
We drove that car as far as we could
Abandoned it out West
Split up on a dark sad night
Both agreeing it was best.
She turned around to look at me
As I was walkin’ away
I heard her say over my shoulder,
« We’ll meet again someday on the avenue, »
Tangled up in blue.

I had a job in the great north woods
Working as a cook for a spell
But I never did like it all that much
And one day the ax just fell.
So I drifted down to New Orleans
Where I happened to be employed
Workin’ for a while on a fishin’ boat
Right outside of Delacroix.
But all the while I was alone
The past was close behind,
I seen a lot of women
But she never escaped my mind, and I just grew
Tangled up in blue.

She was workin’ in a topless place
And I stopped in for a beer,
I just kept lookin’ at the side of her face
In the spotlight so clear.
And later on as the crowd thinned out
I’s just about to do the same,
She was standing there in back of my chair
Said to me, « Don’t I know your name? »
I muttered somethin’ underneath my breath,
She studied the lines on my face.
I must admit I felt a little uneasy
When she bent down to tie the laces of my shoe,
Tangled up in blue.

She lit a burner on the stove and offered me a pipe
« I thought you’d never say hello, » she said
« You look like the silent type. »
Then she opened up a book of poems
And handed it to me
Written by an Italian poet
From the thirteenth century.
And every one of them words rang true
And glowed like burnin’ coal
Pourin’ off of every page
Like it was written in my soul from me to you,
Tangled up in blue.

I lived with them on Montague Street
In a basement down the stairs,
There was music in the cafes at night
And revolution in the air.
Then he started into dealing with slaves
And something inside of him died.
She had to sell everything she owned
And froze up inside.
And when finally the bottom fell out
I became withdrawn,
The only thing I knew how to do
Was to keep on keepin’ on like a bird that flew,
Tangled up in blue.

So now I’m goin’ back again,
I got to get to her somehow.
All the people we used to know
They’re an illusion to me now.
Some are mathematicians
Some are carpenter’s wives.
Don’t know how it all got started,
I don’t know what they’re doin’ with their lives.
But me, I’m still on the road
Headin’ for another joint
We always did feel the same,
We just saw it from a different point of view,
Tangled up in blue.

(Bob Dylan)

 

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Laissez votre main (Albert Einstein)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



Laissez votre main une minute sur un fourneau,
et cela vous semblera une heure.
Restez assis à côté d’une jolie fille pendant une heure,
et elle vous semblera une minute.
C’est cela la relativité.

(Albert Einstein)

 

 

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Habitudes (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016



 

Dans une vie difficile
elle enlevait au capitaine
ses épaulettes à torsades
pour le regarder dans les yeux
on entendait parfois sonner
le clairon d’un poste d’alarme
le vent emportait l’odeur fauve
mais le fourneau de fonte restait
entretenu comme un autel
il y tombait une larme.

(Jean Follain)

 

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Juillet (Seishi Yamaguchi)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2015



Juillet
Près des montagnes bleues
Un haut fourneau.

(Seishi Yamaguchi)

Illustration

 

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